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Israël derrière les accusations d’antisémitisme de LFI ?

mardi 31 mars 2026, par Commission Démocratie

Nous assistons à des attaques répétées et systématiques ciblant spécifiquement les figures de La France Insoumise accusées d’être antisémites et la "honte" du paysage politique. Comment se fait-il que cette propagande ait pris un tour aussi rapide et aussi massif ?

Nous assistons à des attaques répétées et systématiques ciblant spécifiquement les figures de La France Insoumise accusées d’être antisémites et la "honte" du paysage politique. Rappelons-nous cependant que l’antisémitisme est un délit et que la justice condamne toute personne convaincue d’antisémitisme et interdit tout parti politique antisémite. Or, combien de plaintes ou d’autosaisines instruites pour ce délit d’antisémitisme contre LFI ou ses dirigeants ? Zéro... Quand, dans un état de droit, la justice ne s’implique pas dans des dénonciations aussi massives de délits, c’est un signe sérieux que ces dénonciations sont infondées et ne sont que de la propagande…

Mais comment se fait-il que cette propagande ait pris un tour aussi rapide et aussi massif ?

Tout d’abord, dans une émission d’Arrêt sur image, Manuel Cervera-Marzal, sociologue à l’université de Liège, établit que d’après toutes les enquêtes quantitatives, plus les gens sont à droite, plus ils sont antisémites. Et les condamnations pour des faits d’antisémitisme touchent massivement les élus d’extrême droite et non ceux de la gauche.

Manuel Cervera-Marzal montre ensuite que LFI était accusé jusqu’en 2023 de wokisme, d’islamo-gauchisme, de populisme. Depuis lors, ces accusations assez vagues et facilement retournables contre ses accusateurs ont été remplacées par les accusations beaucoup plus dures d’antisémitisme, de complicité avec le terrorisme, voire de néo-fascisme. Pour France 24, ces accusations d’antisémitisme se multiplient notamment depuis les attaques du 7 octobre 2023 en Israël. LFI est ainsi passé d’adversaire politique à ennemi à éliminer, à faire disparaître de la carte, dans une quasi unanimité des médias du service public et des milliardaires.

Un billet de Nikos Smyrnaios, enseignant-chercheur à l’université de Toulouse, spécialiste du numérique et des médias, montre clairement que lors de la dernière campagne des élections municipales, Israël et des sionistes ont manipulé l’opinion française pour entraver la principale force politique antisioniste française (LFI) et préserver la mansuétude de la France vis-à-vis du colonialisme israélien. À Toulouse comme à Marseille ou Roubaix, des campagnes de désinformation d’une intensité inédite ont eu lieu, par le biais de fake news, de QR codes apposés sur des affiches électorales, de courriels anonymes adressés à des journalistes, de publicités mensongères diffusées sur des plateformes pendant la trêve électorale pour associer le candidat à un radicalisme religieux, ou pour lui attribuer une citation fallacieuse évoquant un refus des blancs, ou construisant une association visuelle directe entre LFI et une violence extrême. L’ensemble reposait sur un écosystème de faux comptes et de réseaux automatisés, majoritairement localisés en Asie, destinés à simuler un engagement citoyen massif. Selon le Canard enchaîné, le contenu des faux sites et comptes évoqués aurait été généré par une société israélienne spécialisée dans les opérations d’influence. Ces stratégies de désinformation s’articulent avec des provocations et des agressions sur le terrain.

Cela rejoint l’analyse de Pascal Boniface Gaza : le vrai problème entre le PS et LFI qui montre que les têtes du PS qui s’opposent le plus violemment à LFI en l’accusant d’antisémitisme soutiennent Israël quoi qu’il fasse. Ils n’ont jamais condamné Israël, ni l’occupation de la Cisjordanie, ni les bombardements massifs sur la population de Gaza, ni les tortures sur les prisonniers, ni l’actuel nettoyage ethnique en Cisjordanie. Ils refusent de parler de génocide à Gaza et accusent d’antisémitisme toute critique du gouvernement israélien. Pour eux, les provocations verbales de Mélenchon sont infiniment plus graves que les dizaines voire centaines de milliers de morts palestiniens à Gaza et en Cisjordanie.

La diabolisation de LFI aurait donc principalement à voir avec son positionnement antisioniste et sa lutte contre la colonisation sioniste. Ces accusations ont en outre été accueillies, relayées et amplifiées par bon nombre d’opportunistes qui voyaient là une occasion unique d’affaiblir LFI, ou d’affaiblir toute la gauche ou de masquer leur propre antisémitisme d’extrême-droite.

Cela montre aussi la puissance du lobby sioniste, il est vrai largement appuyé et financé par un État, Israël, lui-même largement soutenu financièrement par les États-Unis. La propagande de l’État israélien est très active, notamment depuis le 7 octobre 2023, en France comme dans tous les pays étrangers : utilisation de volontaires et d’étudiants (via des bourses) et d’applications mobiles qui coordonnent les signalements ou les commentaires pour influencer les algorithmes de X (Twitter), TikTok ou Instagram ; recours à l’étranger à des groupes de pression - le Crif étant le plus connus en France, mais aussi des associations culturelles.

Ces interventions d’un pays étranger dans la vie politique française sont inadmissibles. Leur existence doit être diffusée le plus largement possible, pour déconsidérer ceux qui se sont prêtés à ces manipulations parmi les journalistes, commentateurs, hommes et femmes politiques d’une part, et d’autre part pour juger LFI sur ce qu’il dit et ce qu’il fait et non sur la base de manipulations étrangères. Comme pour tout autre mouvement politique.

Robert Joumard, Christian Delarue, Jean-Yves Sage, Jean-Luc Picard-Bachelerie,
Jeanne Parreau, Jean-Michel Toulouse, Wolfgang Wietzke, Martine Monier et Jacques Testart