Pré-texte d’orientation d’Attac France 2012

mardi 7 août 2012, par Attac France.

Le rapport d’orientation est soumis aux adhérents avant une nouvelle mandature de trois ans. Il a pour but de définir les perspectives de réflexion et d’action sur lesquelles s’appuieront le Conseil d’administration et l’ensemble de l’association.

En cette fin d’année 2012, la crise globale s’aggrave du fait de l’inadéquation totale des réponses apportées par les puissants. Elle est l’occasion de mettre en œuvre une régression sociale d’ampleur historique. Les dévastations imposées par la finance montrent malheureusement l’exactitude du diagnostic d’Attac depuis sa fondation. La taxation des transactions financières est désormais incontournable quoique toujours pas concrétisée. Cela prouve que nos idées avancent, mais sa mise en œuvre viendra trop tard : des transformations d’une tout autre ampleur sont désormais nécessaires pour éviter les pires catastrophes sociales, écologiques et démocratiques.

Un monde en chamboulement

Le basculement géostratégique

La crise financière a accéléré le déclin des vieilles puissances impériales, les États-Unis et l’Europe, fragilisées par leur système financier hypertrophié et explosif. La croissance des pays émergents a peu ralenti, du moins dans un premier temps, et leurs excédents commerciaux maintenus leur ont permis d’accroître leur poids dans les économies des pays centraux. Malgré la hausse des salaires, leur compétitivité se maintient, voire s’accroît, du fait de leur montée en qualité et en innovation dans la production.

Mais leur mode de développement est insoutenable à moyen et long terme. La dictature du parti unique en Chine survivra difficilement si, comme c’est probable, les déséquilibres colossaux de l’économie chinoise aboutissent à une crise économique majeure. Surtout, la généralisation du modèle consumériste occidental, désirée par les populations, se heurte déjà aux limites écologiques de la planète. Pollutions multiples, épuisement des ressources, flambée des prix des matières premières, dégradation des sols, sécheresses, « accidents » climatiques ou nucléaires... vont de plus en plus entraver, voire anéantir les améliorations espérées du niveau de consommation. La crise systémique ouverte en 2007-2008 va rebondir cette fois-ci sans épargner les pays émergents. Ils devront eux aussi rechercher la voie d’une transition juste.

L’Europe à la dérive

Dans la guerre économique de la mondialisation néolibérale, le capitalisme européen n’a pas su tirer son épingle du jeu. Seule l’Allemagne est parvenue à préserver ses positions en imposant à ses salariés des réductions de coûts qui ont accru encore sa traditionnelle compétitivité fondée sur la qualité. Elle a ainsi déstabilisé les autres pays européens, y compris la France, dont les déficits extérieurs abyssaux sont la contrepartie des excédents allemands. La récession, venant après vingt ans de politiques fiscales néolibérales, a fait exploser les déficits et les dettes publiques. L’emploi, les salaires, les droits sociaux sont partout remis en cause. Le château de cartes de l’euro, monnaie unique construite par des États en guerre économique les uns contre les autres, menace de s’effondrer. Sa dislocation aggravera dramatiquement la crise sociale, qui déjà frappe en particulier les salariés précaires, les femmes, les migrants... Elle favorisera la montée des extrêmes droites européennes, qui surfent déjà sur le rejet populaire des dégâts de la mondialisation.

Dans ce contexte, les politiques d’austérité sans fin symbolisées par le Pacte budgétaire ne sont pas principalement des erreurs fondées sur un mauvais diagnostic. Elles mettent en œuvre un projet porté par une large fraction de l’oligarchie, celui de l’ajustement structurel européen. C’est une véritable et irresponsable « stratégie du choc » qui vise à sabrer les coûts salariaux et sociaux de la zone euro pour préserver la rentabilité des capitaux. Fût-ce au prix de l’exclusion des pays « laxistes » de la zone euro, de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir dans nombre de pays, voire de l’effondrement de la construction européenne. Au bout de la guerre économique, la guerre tout court ?

Premier axe de travail : refonder le projet européen

Contre les politiques d’austérité et le piège de la dette publique

Le libre-échange et la libre circulation des capitaux ont commencé à défaire les conquêtes salariales et sociales de l’après-guerre. Aujourd’hui, la dette publique est instrumentalisée pour porter le coup de grâce à l’État social en Europe. Comme nous le disions déjà lors de la lutte contre le Traité constitutionnel européen, et cela devient aujourd’hui criant, la construction européenne sera rejetée par les peuples et s’effondrera si elle ne s’engage pas très vite dans une refondation radicale. Il ne suffira pas, comme le préconisent certains fédéralistes européens, de mutualiser les dettes publiques et d’accroître les ressources propres du budget européen tout en maintenant l’austérité au niveau national. Il faut bien plus profondément rompre la dépendance des États vis-à-vis des marchés financiers, renoncer au libre-échange et redistribuer les richesses par une réforme fiscale ambitieuse. Il s’agit de financer un plan européen de transition écologique et de modifier profondément les modes de production et de consommation, de réduire l’empreinte écologique européenne tout en créant des millions d’emplois. Pour cela, il faudra en particulier réduire le temps de travail, développer et rénover les services publics et enclencher une convergence vers le haut en Europe des droits sociaux et de la fiscalité sur les bénéfices des sociétés et les plus hauts revenus. Notre responsabilité spécifique est de continuer à déconstruire les discours mensongers justifiant l’austérité et d’éclairer les citoyens sur la nature des intérêts privilégiés par les politiques actuelles. Attac va renforcer sa démarche d’éducation populaire et de construction de convergences contre l’austérité, en particulier par l’audit citoyen de la dette publique à l’échelle européenne. L’audit devrait déboucher sur des propositions des mouvements sociaux pour reconstruire un système de financement solidaire des urgences sociales et écologiques en Europe et dans le monde.

À court terme, il faut empêcher la ratification du Pacte budgétaire, élaboré pour éliminer définitivement les marges de manœuvre économiques et ce qui reste de souveraineté démocratique des peuples. Attac fait tout pour contribuer à construire la résistance européenne aux traités néolibéraux et exiger que les peuples décident directement de leur destin. Nous voulons faire émerger partout un vrai débat public sur les objectifs et les moyens de la construction européenne, Nous visons à terme l’élaboration démocratique d’un nouveau traité de refondation de la construction européenne. Celle-ci ne doit plus servir à saper la démocratie, mais au contraire à bâtir à travers les luttes populaires une souveraineté démocratique européenne.

Faire converger les forces, en France, en Europe et dans le monde

Les résistances qui montent à travers les initiatives syndicales et citoyennes, la polarisation des forces politiques avec la montée d’une gauche de résistance mais aussi d’une extrême droite agressive, montrent les potentialités mais aussi les graves dangers de la situation. Les classes possédantes utilisent cyniquement l’insécurité sociale et la peur pour légitimer leur domination. Les dérives liberticides, sécuritaires et racistes menacent les droits civils. La vocation spécifique d’Attac, en lien avec ses organisations fondatrices, est de favoriser, en France, en Europe et dans le monde, la convergence des forces qui veulent que la responsabilité écologique, la justice sociale et la démocratie l’emportent sur le productivisme et la loi du profit.

En France, nous saluons bien sûr la défaite de Nicolas Sarkozy, président cynique et brutal, mais l’arrivée d’un gouvernement d’orientation social-libérale ne change aucunement notre rapport au politique. François Hollande et son gouvernement espèrent atténuer au niveau européen l’austérité qu’ils acceptent sur le plan national, sans remettre en cause la domination des marchés financiers. Cela n’est pas cohérent. Nous sommes conscients que, dans l’histoire, les avancées démocratiques et sociales majeures ont toujours résulté de mouvements sociaux puissants et autonomes. Nous continuerons à interpeller les pouvoirs publics et les institutions, à faire pression sur eux, à favoriser la convergence dans les luttes des forces associatives, syndicales et politiques, tout en préservant notre autonomie.

La meilleure façon de contrer les discours nationalistes et xénophobes est de s’appuyer sur les solidarités internationales, sur les luttes communes entre les peuples contre l’hégémonie de la finance. C’est particulièrement vrai en Europe : la crise ne se résoudra pas par l’exclusion des Grecs ou des Allemands, mais par la refondation de l’Europe grâce à la montée de résistances populaires se renforçant mutuellement dans les différents pays. La gauche alternative grecque s’est renforcée précisément en s’appuyant sur les luttes sociales et en visant non pas une sortie mais une refondation de l’euro, avec les autres peuples européens. Attac France continuera à relier ses réflexions et ses actions à celles des Attac d’Europe, dans la perspective de campagnes européennes et d’une prochaine université d’été commune. Les Attac d’Europe continueront à travailler à la construction d’espaces de convergences à l’échelle européenne (initiatives d’audit citoyen, Joint Social Conference, alter-sommet européen...), qui visent à revivifier et élargir la dynamique du Forum social européen.

Mais si l’éclatement de l’Europe rendrait infiniment plus difficile l’émergence d’un ordre mondial juste et soutenable, les « Indignés », « Occupy » et autres mouvements étudiants et citoyens expriment quant à eux le début d’une insurrection démocratique mondiale d’une dimension qu’on peut espérer au moins aussi importante que celle de 1968. Ces mouvements indiquent qu’émerge dans la jeunesse une critique radicale de ce système inégalitaire et prédateur. Ils posent la question d’une nouvelle organisation de la société fondée sur la démocratie à tous les niveaux. Un système social alternatif au capitalisme, qui apparaît désormais incapable d’honorer les promesses sociales et démocratiques faites aux peuples et de traiter la question écologique. Ces mouvements se retrouveront avec ceux des révolutions dans les pays arabes et les mouvements sociaux du monde entier lors du Forum social mondial en Tunisie, en mars 2013 : ce forum constitue une étape essentielle pour Attac France, qui s’y impliquera avec les autres Attac, notamment le réseau des Attac d’Afrique.

Deuxième axe de travail : œuvrer pour la transition écologique et sociale, ici et maintenant

L’urgence de la transition écologique

La précarité sociale et la crise écologique ne cessent de s’aggraver, menaçant à court et moyen terme les conditions d’existence de centaines de millions de personnes, et à terme de toute la biosphère. La dépendance aux carburants fossiles importés pèse sur les budgets des familles populaires, creuse les dettes européennes et menace le climat mondial. Les réponses néolibérales, « croissance verte » et pseudo-« économie verte », veulent approfondir la marchandisation et la financiarisation des ressources naturelles. Face à cette pure folie, il est décisif que les mouvements écologistes approfondissent leur critique du productivisme et la lient à celle du capitalisme financier. Faute de quoi les mirages de la finance « écologique » et les délires techno-scientistes nous entraîneront tous dans une impasse dramatique. Il faut aussi que l’ensemble du mouvement syndical rejette clairement le productivisme et la croissance à tout prix, en s’engageant dans la perspective d’une prospérité économe et partagée, créatrice d’emplois et de richesses utiles, et respectueuse des limites de la planète. Le rôle spécifique d’Attac est d’y contribuer en rappelant que toute alternative soutenable à l’austérité sociale doit inscrire en son cœur la dimension écologique. Il nous faut mettre à nu les mensonges de leur « économie verte » et favoriser les convergences entre mouvements sociaux et écologistes, notamment grâce aux forums sociaux et aux sommets des peuples. Nous œuvrons à articuler les luttes locales, comme celles contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, contre les gaz de schistes et l’extractivisme ou en défense de l’eau comme bien commun, et les luttes globales, dans la lignée des mobilisations de Copenhague ou de Rio+20. Nous travaillons à construire un agenda commun aux mouvements sociaux et écologiques, avec en perspective la domestication de la finance et la maîtrise démocratique de la production et de l’économie.

Relocaliser pour vivre et décider autrement

Le refus de la mise en concurrence des travailleurs dans la guerre économique mondiale a alimenté de nombreux débats ces dernières années, notamment autour du thème de la démondialisation et du protectionnisme. Le G20 et l’Union européenne n’ont de cesse de poursuivre leurs politiques de libéralisation commerciale, en multipliant les accords bilatéraux pour contourner la paralysie de l’OMC. Le besoin de protections face au libre-échange qui s’étend et aux pouvoirs de la finance mondialisée est une préoccupation réelle des citoyens. Ce besoin de protection a aussi été instrumentalisé par l’extrême droite dans des termes mensongers et nationalistes. Loin d’opposer les peuples entre eux, la relocalisation est un moyen de définir de nouveaux modes coopératifs de production et de consommation partout respectueux de la démocratie, des besoins sociaux et des limites de la planète. Le rôle d’Attac est de développer la réflexion sur les façons concrètes d’y parvenir, dans un esprit de solidarités internationales et d’ouverture à la diversité des peuples.

La transition a déjà commencé

Déjà, des milliers d’initiatives émergent sur le plan local pour engager la transition écologique et sociale. Villes lentes ou en transition, agriculture paysanne biologique, circuits courts, coopératives de production ou d’habitat, finance solidaire, monnaies complémentaires, mouvements du logiciel libre préfigurent des formes de production durable fondées sur la solidarité et la démocratie. Ces innovations montrent que d’autres logiques productives, financières et commerciales sont possibles, plus efficaces car plus humaines que la logique du profit. Elles doivent inspirer les démarches de démocratisation et de socialisation des banques et des entreprises qui seront nécessaires pour replacer le développement économique dans une trajectoire soutenable. Le rôle spécifique d’Attac est de populariser ces initiatives locales, de favoriser leur appropriation par les citoyens, de montrer leur pouvoir transformateur de la société et de les relier aux démarches de transformation globale de la société.

Troisième axe de travail : mettre la démocratie au poste de commande

La démocratie comme moyen et comme finalité

Nous sommes convaincus que la démocratie, c’est-à-dire la capacité des citoyens à délibérer et trancher sur les choix qui les concernent, est au cœur de toute démarche de transformation sociale et de préservation de la nature. C’est la confiscation des décisions par l’oligarchie qui lui permet de saccager les droits sociaux et les écosystèmes. Le personnel politique et les hauts responsables de l’État sont très majoritairement, par intérêt ou par conviction, prisonniers de l’idéologie néolibérale.

C’est pourquoi la transition écologique et sociale ne sera durablement possible que si elle résulte de l’irruption des citoyens dans la gestion de leurs propres affaires au plan local, national, européen et mondial. Cela suppose une rénovation fondamentale des mécanismes de participation à la vie économique et politique, une véritable socialisation de l’économie et de la politique. Le rôle d’Attac est de contribuer à l’élaboration et à l’expérimentation de formes de contrôle social et démocratique, de socialisation des entreprises et des institutions. Dans le champ de l’action politique démocratique, nous promouvons les mécanismes qui permettent une participation directe des citoyens aux décisions les concernant et un véritable contrôle des représentants.

Faire d’Attac un laboratoire démocratique

Les organisations qui, comme Attac, recherchent la transformation sociale, ont devant elles une tâche décisive qui ne dépend que d’elles : être elles-mêmes le théâtre de ce processus de démocratisation. Nous y contribuerons en expérimentant des modes innovants de participation des adhérents dans le fonctionnement interne de notre association et en incluant davantage les militants et l’ensemble des élus dans l’élaboration et la mise en œuvre des campagnes. Nous devons également mieux adapter nos modes de communication aux attentes diversifiées des citoyens de tous milieux. Pour cela il nous faut évoluer d’une conception de l’éducation populaire souvent pratiquée comme une éducation du peuple par les « sachants » vers un processus d’auto-éducation collective dans lequel les citoyens construisent ensemble des savoirs collectifs.

Après plusieurs dizaines d’années d’hégémonie néolibérale, des alternatives ne se construiront que sur un nouveau socle idéologique et culturel, alimenté par une pluralité de pensées. Notre rôle est d’être un espace de débat entre personnes et mouvements de différents horizons, sur des questions essentielles pour l’ensemble du mouvement social. À cet égard, nous devons élargir et diversifier le Conseil scientifique, affermir nos liens avec les organisations fondatrices d’Attac, et donner une impulsion nouvelle au Collège des fondateurs. Beaucoup de débats ne sont pas tranchés et sont à poursuivre, comme la prospérité avec ou sans croissance, les moyens de la relocalisation, la place des biens communs, les modalités de la transition énergétique, les outils d’une démocratie réelle...
Les mouvements citoyens qui émergent, comme les Indignés ou Occupy, renouvellent les formes de résistance et interrogent nos propres façons d’agir. Nous travaillerons à construire des formes de mobilisation diversifiées et attractives, qui permettent la participation du plus grand nombre et favorisent la popularisation de nos idées. Nous pourrons notamment investir les réseaux sociaux et médias alternatifs. Nous développerons des actions politiques en lien avec nos revendications (occupation de lieux de pouvoir de la finance, cyber-actions...), avec une mutualisation des expériences déjà existantes et des formations à ces actions.

Pour mener à bien ces projets, nous avons besoin d’une grande diversité de milieux sociaux et de générations. Attac reste marquée, comme bien d’autres organisations du mouvement social en France, par un déséquilibre flagrant entre générations. Ce n’est pourtant pas le cas des autres Attac dans le monde. En lien avec Attac Campus et le réseau jeunes qui s’est constitué récemment, nous mènerons un travail spécifique pour que bien plus de jeunes trouvent dans Attac un outil qui donne sens à leurs révoltes.

Plus que jamais, il est urgent d’agir local et de penser global, pour nous réapproprier ensemble l’avenir de notre monde !

43 Messages

  • Pré-texte d’orientation d’Attac France 2012 Le 8 août 2012 à 18:24, par HV

    Je suis d’accord avec le projet d’orientation, mais il manque de débat pratique et pouvant déboucher sur la définition d’une politique concrète.
    Aussi je propose qu’on mette en discussion :

    Europe et Nation : Avant d’arriver à la souhaitable « refondation de la construction européenne » qui risque d’attendre des années, vue l’état politique des 27, il me parait indispensable de passer par l’étape nationale pour assoir une vraie démocratie. Si la France (éventuellement en concertation avec d’autres nations favorables) n’applique pas un système politique et économique démocrate, alors on n’avancera jamais. On reprend s’il faut le control de la monnaie, on désobéit aux traités européens etc.

    Protectionnisme : Si on laisse en l’état le libre échange des capitaux et des marchandises sans mettre rapidement en place rapidement, à l’échelle nationale s’il le faut, des barrières douanières sélectives anti dumping social, fiscal et environnemental (en discutant avec les pays concernés), toute notre industrie va mourir (voir Leur grande trouille de F. Ruffin). Si on ne fait rien on soutient implicitement le libre échange que l’on condamne par ailleurs.

    Citoyenneté dans l’entreprise : Tout le monde demande que du pouvoir soit donné aux employés d’une entreprise (Econnomiste attérés, G. Massia, le front de gauche...), mais pratiquement personne ne fait de propositions concrètes pour réduire le pouvoir absolu des actionnaires en France. Une proposition de loi intéressante de partage des décisions et des bénéfices, faite par C. Escarguel en juillet 2012 à Aix en provence lors des rencontres des « Déconomistes » mériterait un débat. Si l’entreprise, cellule économique de toute économie, est laissée aux mains des actionnaires, comment peut on bâtir une société démocratique ?

    Ces trois propositions visent à nous inciter à dépasser nos positions théoriques, qui en l’absence d’avancées véritables finissent par lasser un certain nombre de militants.
    Il ne suffit pas d’énoncer des principes, mais il fait faire des propositions pragmatiques et réalistes sinon on reste dans le vide !

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    • Pré-texte d’orientation d’Attac France 2012 Le 17 août 2012 à 11:52, par Bauduret

      Pour éviter de critiquer (positivement ou négativement) de façon abstraite il serait bon de donner les références des ouvrages cités ou les liens vers les articles. Sinon la critique passe au dessus de la tête de bonsnombre d’adhérents (j’en fais partie)

      Amicalement

      Jean-Claude Bauduret

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      • Pré-texte d’orientation d’Attac France 2012 Le 18 août 2012 à 15:38, par Hubert Viallet

        Merci Jean Claude de votre commentaire. Voici quelques réferences :

        Concernant le protectionnisme
        Elie Lambert,Inspecteur des Douanes, membre de Solidaires Douane
        Remarquable étude de janvier 2012 http://www.medelu.org/Le-protectionnisme-outil-d-une
        François Ruffin, « Leur grande trouille, jounal intime de mes pulsions protectionnistes » LLL les liens qui libèrent, oct 2011,

        Concernant la citoyeneté dans l’entreprise :
        Gustave Massiah, une statégie altermondialiste, La Découverte,dec 2010,
        Page 197 « Une revendication stratégique concerne l’indispensable montée en puissance de la démocrtie dans l’entreprise »
        Manifeste d’économistes attérés, LLL, nov 2010, page 19, mesure N°5 :
        « renforcer significativement les contre pouvoirs dans les entreprises pour obliger les directions à prendre en compte les intérêts des parties prenantes »
        Mélencchon : écouter ses nombreux discours durant la campagne électorale
        Claude Ecarguel, PARTAGEZ SNON..." préprint 2012, AUTOCHTONE,
        pour avoir le texte (sous word),vous pouvez me le demander : hubert.viallet@orange.fr

        Cordialement
        Hubert Viallet

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        • Pré-texte d’orientation d’Attac France 2012 Le 4 octobre 2012 à 10:06, par Joël MARTINE, du CL Marseille

          Je me demande quelle est la meilleure façon de procéder pour que l’AG se saisisse le plus efficacement possible de ce genre de débat (en l’occurrence, sur les 3 points mentionnés par Hubert Viallet : Europe/nation, protectionnisme, démocratie ds l’entreprise) : la discussion est-elle assez mûre (??) et la situation est-elle tellement critique (oui, sûrement) pour qu’on cherche une prise de position de l’AG par des votes sur amendements ou résolutions ? ou la discussion doit-elle encore mûrir par des textes plus étoffés, des ateliers ...?

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  • Pré-texte d’orientation d’Attac France 2012 Le 23 août 2012 à 16:42, par germain

    Lignes d’ATTAC de juillet 2012.
    Pré-texte d’orientation.
    Sous titre : Faire d’ATTAC un laboratoire démocratique.
    Fin du 1° alinéa.
    Je lis :

    « Pour cela il nous faut évoluer d’une conception de l’éducation populaire souvent pratiquée comme une éducation du peuple par des « sachants » vers un processus d’auto-éducation collective dans lequel les citoyens construisent ensemble des savoirs collectifs ».

    Il me semble évident qu’un processus d’auto-éducation, c’est à dire l’acquisition de connaissances, ne peut pas se construire à partir de rien. Il faut bien, à la base, avoir quelque chose qui apporte les éléments qui constitueront les connaissances.
    Ce quelque chose, je l’appelle « sachant »

    Le « savoir collectif » ajoute à l’apport d’un sachant, d’autres éléments apportés par d’autres « sachant », construisant ainsi un savoir plus élaboré, assumant les différentes facettes de chaque problème

    Les citoyens intégrés dans un processus d‘auto-éducation, assimilent les connaissances apportées par les uns et les autres, en réalisent la synthèse, et construisent un savoir collectif utilisable par la collectivité.

    Il faut bien remarquer que cette progression demande du travail, de la réflexion et l’acquisition de connaissances.
    Jusqu’à quel niveau peuvent s’accumuler les connaissances ?
    Il n’est pas possible que tout le monde sache tout. (La capacité du cerveau étant limitée, ce que l’on gagne en surface on le perd en profondeur). Chaque groupe d’auto-éducation saura une certaine quantité de choses, mais pour d’autres choses il sera forcément tributaire de ce qu’en sait un autre groupe d’auto-éducation.

    Plus, il est bien connu que plus on connaît de chose et plus on mesure l’étendue de son ignorance.

    Et on se retrouve dans un processus où le citoyen qui sait certaines choses, est obligé, pour d’autres choses, à s’en remettre à d’autres citoyens qui eux sont compétents dans cette autre chose. Et on se retrouve avec des « sachants ».

    Pour être clair je vais prendre un exemple :

    Il existe un phénomène physique que l’on appelle « osmose ». Un « sachant » dit que dans certaines conditions, sur lesquelles je suis incompétent, il est possible en utilisant l’osmose de produire de l’énergie de manière « rentable » et que l’on peut envisager d’utiliser l’osmose pour produire notre électricité sans émettre de CO2.
    Alors intervient un autre « sachant » qui affirme que pour produire les quantités d’électricité envisagées, il faudrait des installations s’étendant sur des milliers de km2 traitant des quantités d’eau qui n’existent pas.

    A ce point du débat, on « croit » ou on « ne croit pas ».

    Il n’y a pas d’autres solution que d’apprendre les règles scientifiques de l’osmose, de calculer les puissances possibles, de déterminer les installations nécessaires, d’en estimer leurs coûts, en bref, de vérifier les calculs des deux sachants et de constater… Ce qu’il faudra constater.

    Je ne vois pas le « processus d’auto-éducation collective dans lequel les citoyens construisent ensemble des savoirs collectifs » fonctionner autrement que par l’audition par les citoyens des différents « sachants » et par l’intervention d’autres « experts » capables de donner les informations (scientifiques ou autres) permettant aux citoyens de vérifier (pour les questions scientifiques de recalculer) l’exactitude des affirmations des uns et des autres.
    Le Conseil Scientifique d’ATTAC devrait être l’instance fournissant ces « experts » permettant d’arbitrer.

    Pour ma part je me borne à constater que sur nombre de problèmes on voit des intervenants faire état de l’opinion de tel ou tel expert présenté comme de réputation mondiale, donc compétent, mais qu’il est rare de trouver les chiffres qui permettent de recouper leurs affirmations.

    Bonne lecture à tous. Giovannetti

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    • Pré-texte d’orientation d’Attac France 2012 Le 24 septembre 2012 à 21:33, par Jean-Claude Bauduret

      D’accord avec cette réflexion. Elle implique que des membres du Conseil Scientifique participent à la réflexion collective qui peuts de se faire au sein des commissions (c’est en général le cas) ou des listes de discussion qui, à mon avis devraint devenir des listes de réflexions (Cela n’est pas systèmatique dans ce dernier cas et devrait le devenir). ATTAC a, des ressources inexploitées. Il serait dommage de les laisser en jachère.

      Jean-Claude Bauduret

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    • Pré-texte d’orientation d’Attac France 2012 Le 2 octobre 2012 à 09:44, par Joumard Robert

      entièrement d’accord. Avec un petit bémol quant au rôle du CS. Le CS doit effectivement fournir des « sachants », mais c’est loin d’être la seule source possible : de « simples » adhérents ont pu acquérir une connaissance approfondie d’un domaine sans en être spécialistes plus ou moins professionnellement. Et chacun peut proposer l’éclairage d’un « sachant » qu’il connait.

      La difficulté est de transmettre le savoir d’un « sachant » à tous, ce qui demande de le mettre en forme pour qu’il soit compréhensible par tous. Or les spécialistes ne savent souvent pas faire cela et parfois ne veulent pas le faire, car la connaissance est un pouvoir, la partager, c’est perdre un peu de son pouvoir (du moins certains raisonnent ainsi). Le rôle du CS (et d’autres) est donc de traduire un texte en termes clairs pour tous, ce qui est toujours possible, mais demande parfois beaucoup de travail.

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  • Pré-texte d’orientation d’Attac France 2012 Le 10 septembre 2012 à 15:20, par Claude Layalle

    ATTAC et son orientation
    ___
    Analyse du document « pré-texte d’orientation d’Attac France 2012
    Claude Layalle, adhérent 21655

    1) Le basculement géostratégique

    Notre analyse doit-elle être celle qui occupe ou a occupé toutes les déclarations à gauche, y compris celles de certains candidats … juste avant l’élection présidentielle  ?
    Bien entendu, cette analyse est aussi la nôtre, dans la mesure ou depuis bientôt 15 ans (eh oui, le temps passe !) nous avons largement participé au débat et fait évoluer les idées de la communauté altermondialiste mais aussi du landerneau politique.
    Pour autant, et puisqu’il s’agit d’orientation pour l’année à venir, sans négliger, bien sur, ce qui se passe en UE ou dans la zone euro, ne devrions nous pas nous intéresser plus à en détail aux stratégies qui se développent chez les néo-libéraux qui sont loin de manœuvrer sur ce seul champ de bataille  ?
    2) Devons-nous inscrire « refonder l’Europe  » dans nos priorités  ? C’est évidemment un objectif prioritaire pour toute la communauté citoyenne européenne, mais la nôtre en particulier  ? Avec quelle légitimité  ? Serions-nous devenu un parti politique, en ayant reçu mandat des électeurs  ? En écrivant cela, je me sent replongé dans un autre débat, pas si lointain. Nous travaillons, certes, à définir d’autres perspectives, mais à la refondation  : fichtre  ! Notre champ d’action, à nous dont le rôle n’est pas de lever des troupes révolutionnaires ni d’intervenir directement dans l’exercice du pouvoir politique n’est-il pas donner à ceux qui en ont le droit (les citoyens) ou le mandat (les politiques, les syndicalistes, les mouvements de lutte, entre autres) des analyses et des perspectives qui vont au delà de l’engagement du moment, sur des terrains que l’adversaire se prépare à occuper, en même temps ou juste après les agressions qu’ils conduisent contre nous  ? Par ailleurs, des forces nouvelles se développent qui changent la donne néolibérale  : les BRICs, Chine, Brésil, Russie en particulier, et l’influence des états-unis ne se limite pas à Wall Street. Que savons-nous, qu’analysons-nous sur leurs stratégies, sur leur influence directe sur le développement de la crise en Europe, cas particulier d’une crise mondiale, sur leur construction idéologique et géopolitique  ?
    3) Nous n’en avons pas les moyens  ? Précisément, nous parlons d’un rapport d’orientation  : Faut-il orienter l’association vers une prise en charge plus globale des politiques mondiales et sur un combat idéologique et stratégique répondant à celui que nous mène le néolibéralisme  : ceci sans négliger une éducation populaire permettant de la relier au quotidien des citoyens dont nous nous réclamons ni la solidarité avec d’autres luttes  ? A contrario, nos militants doivent-ils pour exister, se brancher sur toutes les luttes locales en abandonnant le « penser global  » qui fut un temps notre doxa  ?
    Et si on demandait l’avis des adhérents, non pas seulement sur un vote bloqué sur un document d’orientation mais sur des questions précises, engageant notre orientation  ?
    4) La dernière fois qu’on l’a fait, c’était pour notre engagement dans le combat contre le TCE  : les adhérents ont répondu « présents  » à 70% et cet engagement volontaire est certainement pour quelque chose dans notre motivation et notre succès du moment.
    Et si on renouvelait l’expérience  ? Pour le traité budgétaire c’est déjà un peu tard et c’est sans doute dommage, mais les occasions ne manqueront pas en 2013 et par la suite.
    5) L’autre priorité, c’est la transition écologique
    Vrai, cent fois vrai, et plus encore peu-être que nous le pensons  : Il ne suffit pas de dénoncer l’économie verte, il nous faut réfléchir sérieusement, et avoir le courage de nous engager sur le débat entre croissance et décroissance, ou en d’autres termes sur une évolution sociale et économique ne reposant pas seulement sur le travail et la productivité du travail  : Le danger qui se profile, c’est de voir se développer une ou des guerres pour la possession de ce qui ne sera un jour pas suffisant pour tous, ou de voir des oligarchies évoluer vers des dictatures. Déjà, les pouvoirs financiers s’y préparent, la militarisation est déjà perceptible. La seule chose dont la Grèce ne manque sans doute pas aujourd’hui est d’armements, de soldats et de policiers.
    Que mettons-nous en place pour que ce sujet devienne celui d’Attac France, des comités locaux et des adhérents isolés avant d’être celui du « grand public  »  ? Favoriser les initiatives locales, est-ce suffisant  ? Et comment  ?
    6) La démocratie comme moyen et comme finalité
    «  nous sommes convaincus que la démocratie c’est à dire la capacité des citoyens à délibérer et trancher sur les choix qui les concernent est au cœur de toute démarche de transformation sociale et de préservation de la nature  » : C’est par cette déclaration que débute ce chapitre fondamental et un peu plus loin il est question de «  faire d’Attac un laboratoire démocratique   »... après quoi il est question de « élargir et diversifier le conseil scientifique, affermir nos liens avec les organisations fondatrices d’Attac et donner une impulsion nouvelle au collège des fondateurs..  »
    … rien, aucune proposition vers l’orientation pour une démocratie élargie aux comités locaux et au delà aux adhérents  !
    Le constat est pourtant là  : si nous subissons comme toutes les associations ce qu’il est de bon ton d’appeler « la crise du recrutement dans les assos   », Attac voit arriver chaque année de nouveaux adhérents … mais beaucoup ne renouvellent pas l’adhésion l’année suivante.
    Sauf dans quelques Cls mieux organisés, l’adhérent lambda est laissé dans la nature, à l’exception du « ligne d’Attac  » mensuel qui lui amène la bonne parole venant « d’en haut  ». Ainsi, à la date anniversaire de son adhésion, il pourra légitimement se demander pourquoi re-adhérer  ? A quoi sert-il dans l’assos  ? Il aura sans doute mieux à faire  : s’il adhère à un club de boules, il le fera pour jouer aux boules, tandis qu’à Attac …
    Bien sur, c’est de sa faute  : Il n’a qu’à venir aux réunions du comité local, il arrive même qu’on lui en indique les coordonnées et il pourrait même, s’il ne souhaite pas venir au local, s’inscrire dans une commission nationale ouverte à tous les adhérents. Il peut même se présenter comme candidat au CA national.
    L’ennui, c’est que ce n’est pas comme cela que ça marche  : Pour que la démocratie fonctionne dans une communauté il faut souvent que ses militants, fussent-ils simples animateurs, utilisent tous les moyens possibles pour aller chercher l’adhérent en lui proposant un minimum de participation. Rien de cela n’est spontané  : chaque démocratie est une construction politique propre à la communauté concernée  : Il ne faut pas espérer que tous ses membres y participent, mais ils le feront d’autant plus qu’ils auront l’impression de compter pour l’association.
    … d’ou le souhait que les positions d’Attac ne s’élaborent pas uniquement au CA avec les fondateurs et le CS mais aussi avec consultation périodique des adhérents sur les problèmes sensibles, et de comités locaux dont les initiatives mériteraient parfois d’être relayées plus largement.
    Dans les perspectives d’orientation d’Attac, on pourrait par exemple proposer un aménagement des structures et des listes d’échange en vue d’améliorer du fonctionnement horizontal des CL, en créant une liste d’échanges et de dialogue permanent entre CLs en dehors des CNCL, permettant d’arriver en CNCL avec des projets déjà en partie élaborés, à proposer ensuite au CA et une recherche de participation des adhérents comme déjà proposés au point 3.
    On pourrait aussi organiser des sessions de formation pour les CL débutants ou dépeuplés pour les aider à reconquérir une base d’adhérents, en développant des activités participatives.
    7) Au fond, la question posée par ce débat sur le projet d’orientation est la suivante  :

    Attac France doit-elle se développer indépendamment de ses adhérents et des comités locaux, ou avec eux  ?

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    • Pré-texte d’orientation d’Attac France 2012 Le 11 septembre 2012 à 14:38, par Nicole ROGER

      J’ai beaucoup apprécié ce que dit Claude.
      Oui, il nous faut impliquer tous les adhérents dans l’orientation d’ATTAC-France.

      Je sais que ce serait un gros travail d’élaboration et de traitement des contributions,
      mais pour survivre, nous devons y réfléchir !

      Nicole Roger
      (à titre personnel)
      de attac N.91

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    • Pré-texte d’orientation d’Attac France 2012 Le 13 septembre 2012 à 16:56, par Jean-Claude Bauduret

      Merci à Claude pour cette contribution. Les questions posées me paraissent fondamentales. Elles méritent réflexions et débats.

      Tout d’abord je voudrais rectifier une erreur de sa part : le texte d’orientations ne concerne pas uniquement l’année qui vient, mais les trois années qui viennent, ce qui rend encore plus important de réfléchir aux questions qu’il pose. Je n’ai pas d’avis bien tranché sur la structure du document et par conséquent pas d’avis sur la proposition faite par d’autres de placer en premier axe de travail la démocratie comme le proposent certains intervenants, même si je suis intimement convaincu qu’ATTAC a un énorme travail à faire sur ce terrain, travail qui a d’ailleurs commencé bien avant l’Université Citoyenne, mais qui ne semble pas perçu par tous les adhérents.

      Si je l’ai bien compris Claude semble opposer une vision mondiale à une vision européenne. Il a raison à mon sens d’attirer notre attention sur le mode développement des BRIC. Je crois qu’il nous faut vaincre notre complexe d’anciens colonisateurs et dire plus clairement et plus nettement que, si la volonté de développement de ces pays est légitime, le mode copié sur l’occident n’est pas le bon. 20% de la population mondiale ont accaparé 80% des ressources pour leur développement mais aujourd’hui 40 autres % veulent suivre le même chemin de la même façon. Claude a raison de souligner le danger de guerre pour le partage des richesses et je trouve sur ce point le pré-texte un peu trop « bisounours », comme si les guerres d’Irak, d’Afghanistan et de Libye n’avaient pas existé .

      Cela dit je crois néanmoins que l’Europe est un élément important de la stratégie néolibérale et que c’est le terrain sur lequel nous avons le plus de moyens d’action. C’est, je crois, la meilleure contribution que nous puissions faire à la lutte mondiale contre le néolibéralisme. Claude a également raison de souligner les risques de dictature ce qui va au delà du danger, que dénonce le texte de la montée de l’extrême droite. Encore à mon avis du bisounours ! On ne peut laisser penser qu’il n’y a pas d’autre alternative que la nôtre. Nos adversaires ont aussi la leur.

      Concernant la transition écologique nous ne pouvons avoir qu’une vision mondiale. On ne peut pas néanmoins se contenter de parler relocalisation des activités. Les mini expériences SEL, AMAP etc .. ont une vertu éducative certaine, mais une efficacité transformatrice très incertaine. ATTAC doit aussi se placer au niveau de la politique d’aménagement du territoire. On ne peut pas continuer cette urbanisation galopante, ces concentrations monstrueuses gaspilleuses d’énergie et de temps, génératrices de mal-vivre. La bataille contre les Grands Travaux Inutiles et Imposée, non mentionnée dans le document devrait trouver toute sa place dans ce paragraphe.

      Je donnerai mon avis sur la démocratie ultérieurement.

      Enfin, concernant le renforcement d’ATTAC il est effectivement nécessaire de faire un effort en direction des jeunes, mais pas uniquement. Notre dernière réunion de CL a réuni 4 enseignats à la retraite, un enseignant à un an de la retraite, un retraité du privé et deux salariés en activité non enseignants. Au cours de l’Université Citoyenne, dans des ateliers sur la démocratie participative, des adhérents venant de deux CLs géographiquement à deux bouts opposés de la France m’ont dit à peu près la même chose : nous avions envie d’agir, après examen ATTAC nous a semblé l’organisation qui répondait le mieux à nos attentes, nous avons été très bien accueillis par le CL mais nous n’arrivons pas à nous intégrer dans les discussions, on a l’impression d’avoir à faire à des experts, que nous n’avons rien à apporter ou bien (pire) « c’est une bande d’intellos ». A mon avis, si j’en juge par les prestations d’ATTAC Allemagne à cette Université, nous avons des leçons à prendre.

      Jean-Claude Bauduret
      Adhérent n° K 00076285

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  • Pré-texte d’orientation d’Attac France 2012 Le 11 septembre 2012 à 13:19, par Vintejoux Philippe

    Bonjour,

    J’ai vu passer des messages sur ce texte d’orientation. Je me joins à ceux qui pensent que l’axe 3 ( la démocratie) , est à placer en 1èr axe : c’ est à la fois logique et convient aux circonstances actuelles. Les dérives d’une démocratie représentative deviennent un écran opaque qui dépouillent le peuple de l’expression auquel il a droit, et qui sont le fondement de notre vie citoyenne. Qu’il s’agisse de la confiscation des media qui se font le véhicule d’une pensée unique,de la question du cumul des mandats politiques et le manque de renouvellement des élus de la nation, de la présidentailsation dans les structures décidantes comme dans les associations, ou de la quasi impossibilité que soient prises en compte par le pouvoir les demandes issues du peuple, sont de plus en plus évidentes.Attac elle-même a vu s’enfler l’écho de ce questionnement lors de l’université d’été de Toulouse. Y-a-t-il une priorité plus prioritaire que se s’interroger sur le fonctionnement démocratique et les moyens de l’impacrt de nos actions ?

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  • Pré-texte d’orientation d’Attac France 2012 Le 11 septembre 2012 à 17:53, par Claude

    Quelques remarques rapides :

    - pas d’accord avec l’analyse de la crise et des mauvaises décisions qui sont prises (et non, ils prennent les bonnes décisions pour eux, et de plus ils ne sont pas mandatés pour faire le bien des peuples)

    - pas de dénonciation du vol de richesse auquel on assiste

    - sur les axes de travail : trop verbeux, c’est comment l’Europe que l’on veut, quelles grandes propositions ?

    - Il faudrait diminuer considérablement le temps et l’énergie pris à expliquer l’évolution du monde et surtout les décisions économiques, etc (ce qui fait que nous sommes presque continuellement sur leur terrain) au profit du défrichage de notre terrain et de présentation et d’élaboration de nos projets.

    Bonne lecture à tous

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