Résister contre l’assaut criminel du Canada sur l’environnement

mardi 19 juin 2012, par Jacqueline Balvet.

Compte-rendu de l’atelier « Résister contre l’assaut criminel du Canada sur l’environnement » organisé par Alternatives Québec

La délégation du Québec est venue très nombreuse assister à cet atelier hier lundi (50 personnes) . L’introduction, faite par Michel Lambert d’Alternatives, a directement donné le ton : comment peut-on s’organiser pour bloquer cette politique désastreuse que développe notre pays ? nous disait-il.

Patrick Bonin (association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique) a présenté la situation actuelle du Québec .
Des signes politiques très forts sont posés par le gouvernement canadien depuis plusieurs années : le pays est sorti du protocole de Kyoto, il est prévu de doubler la production de sables bitumineux d’ici 2020, de construire plusieurs nouveaux projets de pipe-lines (un en direction du golfe du Mexique a été bloqué, un autre est prévu vers la Colombie Britannique et les montagnes rocheuses contre lequel les mobilisations se développent), les lois votées récemment (C 38) permettent de passer outre l’expertise environnementale préalable.
Malgré les mobilisations récentes, le budget va passer : il comprend la poursuite des subventions à l’exploitation des énergies fossiles.

Clayton (réseau environnemental entre les USA et le Canada) venu avec trois camarades (Christel, Tetet et Takaya), nous a transmis les conséquences désastreuses de la politique environnementale canadienne : l’exploitation des sables bitumineux détruit la forêt boréale, les sources d’eau : pour produire 1 baril de pétrole il faut 5 barils d’eau, beaucoup d’énergie, le gaz brûlé émet du gaz à effet de serre et cela a un impact sur le climat. Pour les communautés, les rivières représentent l’alimentation, avec la chasse. On a constaté une augmentation de 30% du taux de cancer depuis que cette exploitation a commencé.
Le dollar du Canada est celui du pétrole.
La récente loi (C 38) qui a détruit les services publics, les prestations sociales, le chômage, les droits des étudiants a aussi supprimé les droits des autochtones qui n’ont plus accès à la terre, celle-ci étant utilisée comme une ressource servant les intérêts des pouvoirs financiers des entreprises et du pouvoir militaire.
Le seul recours des autochtones est désormais la Cour Suprême, un procès est entamé, Christel va en parler.
Christel, du même réseau environnemental, habite dans l’Alberta, à 3h au nord d’Edmonton.
Récemment le ministre a déclaré à la chaîne CBC que l’exploitation des sables bitumineux était faite sur des terres inhabitables et que personne n’était donc affecté.
C’est complètement faux, nous sommes de véritables otages économiques : ces terres qui nous appartiennent, génération après génération, sont celles sur lesquelles nous cultivons nos herbes qui nous servent pour nous soigner, quant à l’eau qu’on nous distribue, il est écrit sur les bouteilles qu’il faut la faire bouillir …..
Nous avons entamé ce procès car je ne peux pas accepter que mes enfants ne puissent plus avoir tout ce à quoi j’avais accès. Nous avons besoin des soutiens du monde entier.
Et nous gagnerons ce procès.
Jacqueline, Attac France, fait état de la position de l’Union Européenne qui, après avoir publié une directive en 2008 sur des exigences de spécification minimale de la qualité des essence et diesel utilisés en UE, n’a pas ratifié les modalités de sa mise en oeuvre, lors de la séance du 23 février 2012 avec les représentants des 27 pays de l’Union.
Attac France, alerté par Attac Québec, s’est positionnée contre toute importation de pétrole issu des sables bitumineux afin d’étrangler de l’extérieur l’exploitation de pétrole au Canada et s’est engagé à faire pression pour bloquer l’accord de commerce global UE Canada. Attac interviendra auprès de son gouvernement et des députés européens. Egalement, Attac France relaiera les demandes de soutien auprès du réseau des Attac d’Europe, afin que chacun intervienne auprès de ses représentants.
Jacqueline informe de l’atelier gaz de schiste prévu jeudi, elle indique que les mobilisations massives en France avaient reculer le gouvernement, avec une loi (pas satisfaisante certes) interdisant la technique de fracturation hydraulique, et le retrait (non l’abrogation) de plusieurs permis, en particulier dans les territoires les plus mobilisés ; le rapport de force paie, mobilisons-nous et solidarisons-nous entre divers pays concernés contre ces politiques extractivistes dévastatrices et nous pourrons obtenir encore plus
Tetet Lauren (Philippines) a fait état des destructions dont les entreprises canadiennes sont responsables dans les pays du sud avec l’exploitation des mines par les sociétés canadiennes : Barret Gold, TBI Ressource, Mines Lafayette, etc …..
C’est une véritable guerre qui nous est livrée par ces entreprises : il y a peu, un des leaders autochtones a été tué et ils ne se sont pas contenté de le tuer, ils l’ont dcoupé en morceaux et jeté, morceau par morceau dans la rivière. La guerre est déclarée, résistons tous ensemble, c’est ainsi que nous prendrons de la force pour gagner
Nathalie, CSL, pour un forum social canadien
Face à la diminution de tous les droits au Canada, dans les secteurs du travail, retraite, chomâge, santé, services publics, immigration, enseignement supérieur, il est nécessaire que nous construisions des contre-pouvoirs visibles et forts.
Le travail se prépare avec les organisations québécoises et celles du Canada anglophone. La délégation s’emploie, pendant son séjour à Rio, à prendre tous les contacts nécessaires pour sa bonne réalisation et 2013 verra probablement la tenue du 1er Forum social canadien.

En conclusion de l’atelier, après le fort message québécois de s’engager vers des partenariats solides avec les associations de l’ensemble du Canada et de prendre comme une des priorités la lutte contre l’exploitation des sables bitumineux,
Takaya, une fillette de 11 ans, de la communauté autochtone de l’Alberta, a eu une prestation très émouvante et d’une grande force ; les personnes proches de l’atelier se sont toutes rapprochées.
Une centaine de personnes ont entendu Takaya, un texte parlé puis une chason, ayant dans la tête la prestation de Severn, au sommet de la Terre de Rio en 1992. Quelques extraits :
notre culture, c’est le cycle de la vie, toutes les particules, même petites doivent être respectées,
les humains, nous ne sommes pas supérieurs, nous avons une responsabilité envers la terre, l’eau, le respect de nos ancêtres qui vivaient de la chasse et de la pêche,
nous devons consevrer les traditions et le travail fait par nos ancêtres
il y a des décisions qui, maintenant, affectent notre futur
nous devobns changer tout cela
quand les compagnies auront tout exloté, il ne nous restera plus rien
ce n’est pas le futur que j’espère
je ne pourrai plus nager, je ne pourrai plus voir les baleines
les oiseaux ont déjà des signes d’empoisonnement
nous devons protéger nos précieuses ressources et s’emparer des énergies vertes
si on attend, le changement n’arrivera pas car, depuis quelque temps, le guvernement ignore notre droit, celui des peuples autochtones


© Jean de Peña / Collectif à-vif(s).

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