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Pour la création d’une coordination nationale anti- répression

Collectif

samedi 21 novembre 2020

Appel aux organisations du mouvement social et des quartiers populaires

Pour la création d’une coordination contre les répressions et pour la défense des libertés publiques et professionnelles

Cet appel s’inscrit dans le cadre du débat parlementaire sur la proposition de loi « Sécurité globale » et des rassemblements unitaires organisés en novembre 2020 en protestation.


La période est marquée en France par la gravité accrue des atteintes –policières, judiciaires, administratives…- portées aux libertés publiques et professionnelles ainsi qu’à l’Etat de droit, cela sous couvert de l’état d’urgence sanitaire lié à la pandémie Covid. Le gouvernement tire parti, par ailleurs, des terribles attentats récents pour poursuivre sa dérive autoritaire, par une législation qui a été successivement anti-terroriste et « anti-casseurs », désormais « anti-séparatiste » et visant à faire des ressortissant.es musulman.es réel.les ou supposé.es, et issu.es de l’immigration, ainsi que des migrant.es, de nouveaux boucs émissaires.

Les morts dues à des violences policières continuent de s’accumuler, frappant en particulier des populations des quartiers populaires ou racisées. La contestation de la loi Travail et le mouvement des Gilets jaunes ont subi une répression historique.

Le nouveau Schéma national de maintien de l’ordre (SNMO)
contraint journalistes et observateurs des pratiques policières à partir au moment du recours à la force, ce qui revient à entraver leurs missions d’information et de veille citoyenne.
Par un décret discret du 14 août 2020, les Directions départementales interministérielles (DDI), jusqu’alors sous la responsabilité du Premier ministre, relèvent désormais du ministre de l’Intérieur et sont placées sous l’autorité du préfet de département. Quant à la gestion de la crise sanitaire par le très régalien Conseil de défense et de sécurité nationale, elle pose problème en matière d’opacité : les décisions prises sont classées secret-défense et les experts qui le composent sont hors de tout recours devant la Cour de Justice de la République (CJR).
La proposition de loi « Sécurité globale », actuellement en procédure d’examen accélérée à l’Assemblée Nationale, suscite un communiqué de la Défenseure des Droits, alertant sur l’atteinte à des droits constitutionnels comme le droit à la vie privée et à la liberté d’information. L’article 21 institue une vidéosurveillance généralisée des manifestations, et l’article 24 l’interdiction de fait de filmer les forces de l’ordre.
En parallèle, suite à l’assassinat de Samuel Paty, une offensive est menée contre les libertés académiques, sous prétexte d’ « islamo-gauchisme » et de « dérive intersectionnelle ». La Loi de programmation de la recherche (LPR) crée un délit de « trouble à la tranquillité et d’atteinte au bon ordre des établissements », passible de 3 ans de prison et de 45 000 euros d’amende. Pendant ce temps, les personnels de l’Education nationale subissent toujours plus de sanctions administratives pour avoir contesté les réformes du ministère Blanquer. De même, sont poursuivi.es pénalement maint.es militant.es écologistes qui pratiquent une désobéissance civile et pacifique.

En fait, l’oligarchie politico-financière qui est aux commandes s’appuie le plus souvent sur les forces de l’ordre, qui sont devenues le pilier principal des pouvoirs publics. En accédant aux demandes de certains syndicats de police en matière d’impunité, c’est à l’extrême-droite qu’elle donne dangereusement des gages.
Pour tou.tes celles et ceux qui sont attaché.es aux défenses des libertés, il est plus que temps de s’organiser face à cet état de faits. C’est une cause fédératrice, qui demande de démonter l’idéologie sécuritaire, véhiculée par les médias dominants et derrière laquelle se range une partie de l’électorat. Les violences sont d’abord des violences d’Etat, les équipes oligarchiques ayant intérêt à les cultiver ainsi que leurs effets réactionnels, pour leur maintien au pouvoir.

Afin de coordonner les diverses activités de résistance, nous appelons à la mise en place d’une structure pérenne, d’une coordination nationale anti-répression, avec des sections régionales et locales. Le débat sur la proposition de loi « Sécurité globale » en est une occasion. Contact est à prendre urgemment avec les directions des organisations, pour une mobilisation à la fois programmatique et stratégique. Quelques pistes d’action à cet égard :
- faire place dans tous les programmes revendicatifs et alternatifs à la défense des libertés publiques et professionnelles et des droits fondamentaux de la personne
-lister et diffuser les revendications dans ce domaine, dont l’interdiction des LBD et grenades de désencerclement ainsi que des techniques d’immobilisation, la création d’un organe indépendant de contrôle et de sanction des violences policières mettant fin à leur impunité…
-engager la mise en place et le fonctionnement d’une coordination nationale anti-répression : création d’un site, levée de fonds, organisation de meetings, centraux et décentralisés, envoi d’un questionnaire aux candidat.es aux mandats publics et aux élu.es….

Les organisations suivantes signent l’appel et/ou souhaitent faire partie de la coordination nationale anti-répression :
. Attac France : résolution pour l’AG du 15 novembre 2020 Pour la participation à une coordination anti-répression
https://vie-interne.attac.org/instances/ag/2020/article/resolutions-soumises-aux-votes-des-adherent-e-s#R17-Pour-la-participation-d-Attac-a-une-coordination-nationale-nbsp
. Sciences citoyennes
. Union des Tunisiens pour l’Action Citoyenne (UTAC)
. Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)
. Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF)
. Association CAPMED-Marseille
. Partit occitan/POC (membre de Régions et peuples solidaires/R&PS)

Contact pour signature (individuelle ou collective) : Martine Boudet (boudetm@wanadoo.fr)

Premier.es signataires :

Ludivine Bantigny historienne- Saïd Bouamama sociologue et militant au FUIQP- Laurence De Cock, historienne - Susan George présidente d’honneur d’Attac France- Jérôme Gleizes, Université Sorbonne Paris Nord et conseiller de Paris- Pierre Khalfa économiste (fondation Copernic)- Mathilde Larrère historienne- Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire- Pascal Maillard, universitaire et syndicaliste (Strasbourg)- Odile Maurin présidente association handicap, conseillère municipale, conseillère CESER (Toulouse)- Ugo Palheta, sociologue -Evelyne Perrin économiste -Patrick Silberstein, éditeur - Gerard Tautil auteur occitaniste (Var) -Jacques Testart, directeur de recherche honoraire Inserm- Marie-Christine Vergiat militante des droits de l’Homme et députée européenne de 2009 à 2019

Etienne Adam ex animateur d’un collectif de vigilance "Nous ne céderons pas" (Caen)
Nils Andersson, ancien éditeur
Stéphane Arnoux, cinéaste
Karine Ballon, documentaliste, déléguée syndicale (Grenoble)
Bernard Bassemon militant d’Attac
Christophe Baticle socio-anthropologue (UPJV, Amiens)
Adda Bekkouche juriste
Farid Bennaï syndicaliste et militant au FUIQP
Mohamed Ben Saïd, militant associatif
Aude Bergier retraitée de la presse
Jacques Bidet, philosophe
Philippe Blanchet professeur de sciences du langage (université Rennes 2)
Edgar Blaustein économiste
Raymond Bonomo, membre d’associations d’éthique de la vie publique
Martine Boudet chercheure en linguistique, altermondialiste (Toulouse)
Dominique Bucheton professeure des universités
Claude Calame historien, directeur d’études EHESS (Paris)
Jean-Noël Castorio, historien
Françoise Clément économiste arabisante
Pierre Cours-Saliès sociologue professeur émérite université
Jean-Louis Comolli, cinéaste, écrivain
Alexis Cukier, philosophe
Fanny Darbus
Marina Da Silva, journaliste Monde diplomatique
Christian Delarue, fonctionnaire assermenté - militant antiraciste et anti-intégrismes
Marilza de Melo Foucher économiste- journaliste retraitée
Monique Demare enseignante, militante Attac
Carmen Diop doctorante en sciences de l’éducation
Didier Epsztajn, animateur du blog « Entre les lignes entre les mots »
Jacques Ernest associatif
Yann Fiévet, socio-économiste
Bernard Fischer employé de la Sécurité sociale
Franck Gaudichaud historien, professeur des universités (Toulouse)
Camille Gourdeau, socio-anthropologue
Michelle Guerci, journaliste
Daniel Guerrier, éditeur (Ed. Spartacus)
Khaled Hamida médecin, militant des droits de l’Homme et militant associatif
Odile Hélier anthropologue
Dominique Isselin, militant Solidaires, économiste
Sylvain Janniard, historien, militant SNESUP-FSU (Tours)
Fanny Jedlicki MCF en sociologie à l’université de Rennes 2
Samy Johsua professeur émérite sciences de l’éducation (université Aix Marseille)
Robert Joumard, directeur de recherche émérite (univ. Gustave Eiffel)
Didier Labertrandie, syndicaliste au SNJ
Jean Lafont ancien haut fonctionnaire, militant écologiste
Claude Layalle, Attac, ingénieur et analyste
Christel Leca, journaliste
Michèle Leclerc-Olive membre du CNRS en retraite, laboratoire IRIS (Institut de recherches Interdisciplinaires sur les Enjeux Sociaux)
Martine Legris ingénieur de recherche en sociologie (université de Lille)
Olivier Legros, enseignant-chercheur (université de Tours)
Serge Le Quéau syndicaliste altermondialiste
Olivier Long universitaire et peintre (Paris)
Jean Malifaud, maitre de conférences, militant SNESUP-FSU
Gilles Manceron, historien
Eveline Manna représentante de l’association Sciences citoyennes
Zouina Meddour, militante quartier populaire
Glen Millot représentant de l’association Sciences citoyennes
Bénédicte Monville élue d’opposition à Melun et à la CAMVS (BVAM),conseillère régionale d’Ile de France (groupe AES)
Olivier Noël, université Paul Valéry (Montpellier)
Florence Palpacuer, professeur en sciences de gestion
Jean-François Pellissier employé, responsable politique
Jean-Luc Picard-Bachelerie militant d’Attac
Yves Quintal, associatif altermondialiste
Philippe Rajsfus, militant contre les violences policières
Alain Refalo enseignant du 1er degré
Emmanuel Renault, professeur en philosophie (université de Nanterre)
Daniel Rome militant altermondialiste
Arnaud Saint-Martin, élu d’opposition (LFI, BVAM) au conseil municipal et à la communauté d’agglo de Melun
Catherine Samary économiste altermondialiste
Claude Serfati, économiste
Julien Talpin, chargé de recherche en science politique au CNRS (Lille)- co-directeur du GIS « Démocratie et Participation »
Jean-Paul Vanhoove, militant syndical
Jean-Luc Vialard citoyen engagé (anti nucléaire, anti gaz de schiste, anti OGM...)
Pedro Vianna, poète, homme de théâtre, universitaire
Christiane Vollaire philosophe, chercheure associée au CNAM
Muriel Wolfers, administratrice UNEDIC, syndicaliste
Abdallah Zniber militant associatif de l’immigration



Contre les répressions et pour la défense des libertés publiques

Version longue de l’appel -Invités de Mediapart le 20 11 2020
https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/201120/contre-les-repressions-et-pour-la-defense-des-libertes-publiques

Pétition initiale (mars 2019), SOS Démocratie en péril
https://www.change.org/p/sos-d%C3%A9mocratie-en-p%C3%A9ril

Proposition de loi Sécurité globale : appel aux rassemblements (communiqué unitaire)
https://www.change.org/p/sos-d%C3%A9mocratie-en-p%C3%A9ril/u/28100874