A propos des relations Nord-Sud

Contribution (pour le texte d’orientation- AG 2012)

lundi 8 octobre 2012, par Groupe Afrique.

Les processus de transformation que connaît l’Amérique du sud donnent à cette région du monde, qui accueillit les premiers forums sociaux mondiaux, un grand dynamisme géo-politique et économique. Cette vitalité est d’autant plus notable que dans les années 90, le sous-continent semblait « sous contrôle », après être devenu le laboratoire des recettes néolibérales. L’unification continentale pour la reconquête des souverainetés se développe grâce aux diverses stratégies émancipatrices développées dans les pays : "révolution citoyenne" née de l’articulation entre les luttes pour les droits sociaux et pour la souveraineté populaire, pour la défense de l’environnement et des droits culturels des peuples amérindiens, "démocratie inclusive" qui intègre les droits de ces peuples autochtones et des femmes notamment…

Les soulèvements populaires dans les pays du Maghreb et du Machrek, qui ont débuté en janvier 2011, ont démenti la fiction selon laquelle cette aire était étrangère à la démocratie et condamnée à des régimes autoritaires ; ils ont aussi battu en brèche la thèse de la résignation des économies arabes à l’égard de la crise financière internationale. Ainsi, malgré les reflux au compte de mouvements et de partis à référents religieux et des épisodes guerriers instrumentalisés par les puissances occidentales en détournant les objectifs de l’ONU, ces évènements conjugués d’un pays à l’autre ont rouvert le champ des alternatives politiques et économiques, non seulement au Maghreb et au Machrek, mais aussi en Europe et au-delà. Ainsi, ils portent une contestation du néolibéralisme, sous ses différentes formes impérialiste et néo-coloniale.

De nombreux pays d’Afrique subsaharienne, spécialement dans la sphère francophone, subissent la déstabilisation de leurs Etats, sous l’effet de la crise systémique et des bouleversements dans le monde arabe, ces faits s’ajoutant à la prédation impérialiste. La lutte des peuples pour la démocratie et le développement économique se double donc d’un combat pour la souveraineté nationale et le maintien de leur intégrité territoriale. La responsabilité de la France ancienne métropole et de l’ONU est lourdement engagée dans les conséquences désastreuses de leur politique au niveau des populations.

D’une manière générale, la nécessité de la convergence des combats des peuples du Sud et du nôtre n’est nullement à démontrer. Leur lutte pour l’émancipation, qui s’inscrit dans les processus de décolonisation et nos luttes en Europe pour la préservation des acquis de l’Etat social, doivent se rejoindre. Il nous appartient donc de soutenir ces peuples. D’abord, en agissant ici pour empêcher les gouvernements et les milieux d’affaires occidentaux, qui tentent de détourner et de réprimer les revendications des peuples en lutte au Nord comme au Sud. Ensuite, en soutenant là-bas les mouvements sociaux en cours selon des conditions et modalités à définir avec les forces progressistes et en les aidant à lutter contre les dangers et dérives des groupes et partis, en particulier islamistes, qui tentent de récupérer ces luttes d’émancipation en leur imposant des valeurs rétrogrades et conservatrices. Enfin, en essayant de faire converger là-bas et ici les luttes contre le néo-libéralisme et pour la démocratisation de la conduite des affaires internationales.

Signataires : Adda Bekkouche- Martine Boudet- Thierry Brugvin- Christian Delarue- Constantin Kaimakis- Abdessalam Kleiche- Marc Ollivier- Jean-Paul Vanhoove

1 Message

  • A propos des relations Nord-Sud Le 26 juin 2013 à 20:55, par OLLIVIER Marc

    Pour démontrer concrètement une des conclusions importantes de cette contribution ( faire converger là-bas et ici les luttes contre le néo-libéralisme ) je propose que lors de l’université d’été on mette en valeur la mobilisation et l’organisation de la population de la commune de Faléa au Mali, confrontée au projet d’ouverture d’une mine d’uranium par une multinationale canadienne (avec la complicité du gouvernement malien). Cette mobilisation a réussi à trouver des solidarités en Europe (notamment en Suisse et en Allemagne) qui ont permis quelques succès de cette résistance : financement d’une étude du « point zéro » sur le terrain, mise en route d’une radio associative locale, réunion d’une rencontre internationale à Bamako en mars 2012 sur les dangers et le caractère destructif des mines d’uranium etc ...
    Ce serait un geste politique fort que les participants à notre université adhèrent à l’Association des Ressortissants et Amis de la Commune de Faléa (ARACF) qui est à la base de cette résistance.

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