Chroniques de l’œil de la chéchia no 1 : mardi 24 mars 2015

mardi 24 mars 2015, par Hervé Thomas.

Du Rio Grande au Bardo  : de l’Oued a coulé sous les ponts  !

Allez on quitte notre havre de la Goulette, un petit coup de TGM et c’est parti pour le FSM  : 1er arrêt au cinéma Rio pour retrouver avant la marche, la délégation d’Attac France.

Qu’ils sont mignonnets toute cette vaillante bande de français avec leur étiquette autour du cou, leur sac en bandoulière, leur guide dans l’autre main et la joie de se retrouver tous ensemble tous ensemble ouais ouais dans le même hôtel du même centre après un vol rapide de préférence en low cost, ouais mais tu comprends c’est une exception mais je le referai plus, et de toute façon tu sais je me bats pour les conditions de travail et les salaires des personnels de vol, je suis engagé, môa. Assez de morale à quatre dinars, on en est tous plus ou moins là.

Il est beau ce cinéma, un peu à l’ancienne, « Rio, Rio Grande, dès la frontière passée, nous s’rons blanchis, sauvés  » chantait le schmoll Eddy Mitchell. C’est amusant de retrouver toutes ces têtes connues, au risque de paraître un peu tatasse, je dois dire que ça me réchauffe, on se sent moins seul, moins vieux, plus proche d’une autre monde qu’on voudrait bien possible mais dont on n’arrive pas à changer grand-chose. Enfin on est là et on va marcher vers le Bardo mais avant il faut aller à Bab Saadoun (باب سعدون)… Et c’est pas la porte à côté (humour).

Le temps de se retrouver au lieu de rendez-vous fixé et le ciel se déchaine, les trombes d’eau ayant raison de la cohérence de la marche et de la vaillante bande de français qui s’est égayée dans tous les coins dans une dispersion habituellement prévue pourtant à l’arrivée. Entre deux flaques d’eau, on croise ainsi Txetx de Bizi ! et un beau dragon animé, Verveine un drapeau de Solidaires dégoulinant à la main, deux japonais d’Attac Japon hilares, quatre égarés du Front de Gauche de je ne sais quelle tendance et leurs étendards au vent se dirigeant vers le Bardo une fois la marche terminée (heureusement que c’était pas le grand soir parce que dans ces cas là il vaudra mieux arriver à l’heure, camarades), et toute une humanité colorée et souriante qui fait fi des cieux et de leur colère dont un groupe d’Indonésiens qui brandissent une pancarte « Je suis Bardo  ».

Combien sommes-nous ? Quelques milliers  ? Quelques dizaines de milliers ? Peu importe, nous sommes là et c’est l’essentiel, demain nous serons à El Manar et l’aventure continuera.

Et pendant que les chaussettes et tout le reste sèchent gaiement en s’égouttant, Tonton Hervé Youcef vous donne sa recette du jour pour vous réchauffer après ce jour humide  : le lablabi.

Lablabi

Pour 2 personnes, il faut : 200g de pois chiches en conserve - du pain rassis – harissa - 2 œufs – thon - huile d’olive – câpres – olives – sel - tabel karouia - cumin moulu – ail - citron.

Préparation

  1. Mettre dans une casserole les pois chiches avec leur eau, saler.
  2. Ajouter 1L d’eau et laisser cuire une dizaine de minutes.
  3. Ecraser 2 gousses d’ail, ajouter dans la casserole, avec une bonne cc de tabel - karouia.
  4. Pendant ce temps, couper du pain rassis en petits morceaux et remplir 2 grands bols.
  5. Casser 2 oeufs dans la soupe, et laisser pocher quelques instants, puis éteindre le feu. L’oeuf doit rester coulant à l’intérieur.
  6. Déposer immédiatement un oeuf sur le dessus de chaque bol, puis arroser tout autour avec la soupe et les pois chiches.
  7. Sur chaque bol, ajouter une grosse cs de harissa, une cs de cumin moulu, du thon, des câpres, des olives.
  8. Passer sur le dessus un filet d’huile d’olive vierge et presser un quart de citron.
  9. Une fois ce beau tableau obtenu, tout mélanger, puis déguster à la cuillère.
  10. Le conseil de Tonton Youcef  : moi, je rajoute du pied de veau (hargma) et c’est une liqueur de paradis qui te coule dans la gorge…

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