Action(s) à Issoire

dimanche 18 novembre 2012, par AlterVillage d’Attac.

Le jeudi 26 juillet après-midi, dernier jour de l’AlterVillage, une double action, préparée pendant les ateliers de l’AlterVillage, a eu lieu dans les rues d’Issoire, sous-préfecture du Puy-de-Dôme située à une trentaine de kilomètres du Centre d’Ailleurs.
La centaine de participant-e-s de l’AlterVillage a défilé auprès des agences bancaires du centre-ville ou animé des interventions publiques place de la République.

Petite vidéo (4 mn) de l’action auprès des banques

PRÉPARATION

Dès la première session d’ateliers, le lundi 23 juillet matin, un atelier abordait la thématique de la dette, objet d’une campagne nationale dans laquelle Attac est fortement investie — cf. le site du Collectif pour un audit citoyen de la dette publique : http://www.audit-citoyen.org/.
L’objectif était ici double : d’un côté, présenter les éléments essentiels du dossier ; de l’autre, ouvrir au sein de l’AlterVillage le cadre de préparation d’une « sortie militante » que nous pourrions réaliser le jeudi après-midi, soit 3 jours plus tard.

Un échange à battons rompus en fin d’atelier a permis l’émergence de différentes pistes d’actions, que nous avons pu affiner l’après-midi.
Parmi les idées émises, nous avons retenu celle dénonçant l’impossibilité pour les Etats de la zone euro de se financer autrement qu’en empruntant auprès des banques privées --- qui, elles, peuvent emprunter auprès de la Banque centrale européenne (BCE) à des taux très préférentiels.

L’un des objectifs que nous avions également en tête lors de la construction de cette action était sa possible reprise par différents collectifs.
Et nous espérons que la trame générale de notre action à Issoire, ainsi que les productions audiovisuelles en cours de réalisation, inspirera des militant-e-s dans leurs actions de dénonciation du pouvoir de la finance.


Cadre général de l’action autour des banques

Une fois notre objectif défini, nous avons esquissé un premier scénario : nous féliciterons les banques privées de cette opération juteuse consistant à s’engraisser sur le dos des Etats en leur prêtant à des taux élevés ce qu’elles ont emprunté à 1% auprès de la BCE.

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Préparation de l’action « banque » à Issoire

Cette trame a été présentée en Assemblée générale le soir même : les ateliers de l’AlterVillage des mardi, mercredi et jeudi matin pouvaient alors, selon leur nature, déboucher sur une proposition d’insertion à cette sortie militante. Chaque fin d’après-midi, lors du « Forum des multiples initiatives - FMI », un temps sera alors consacré à intégrer les différentes propositions dans un cadre cohérent, puis un second temps en Assemblée générale servira à résumer et présenter le déroulé de la sortie du jeudi après-midi.


Repérages
Dans la mesure où le scénario retenu nécessite la présence de banques, nous choisissons la ville d’Issoire comme cadre de notre action. Il s’agit d’une sous-préfecture du Puy-de-Dôme de 15 000 habitant-e-s, située à un peu moins de 30 mn en voiture du site de l’AlterVillage.
Nous sommes à la recherche de deux types de lieu : un lieu passant pour une déambulation de banques en banques ; un lieu piétonnier pour des animations statiques :

  • Les agences bancaires sont regroupées le long de l’artère principale d’Issoire. Nous en retenons 3 : Crédit agricole, BNP-Paribas & LCL.
  • Nous choisissons la grande place de la République, dans le centre historique, pour accueillir les animations d’éducation populaire que les participant-e-s de l’AlterVillage souhaitent mettre en pratique, en l’occurrence une conférence gesticulée sur la dette et un « porteur de paroles ».

Déroulé de l’action

Nous connaissons maintenant la configuration d’Issoire et, au fil des ateliers, des propositions d’enrichissement de la sortie militante voient le jour. Nous sommes alors en mesure d’affiner le scénario de notre action !

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Victoire des banquiers


- Quatre banquiers entrent dans les agences bancaires, bouteille de champagne à la main, et se félicitent de l’entourloupe ayant consisté à les placer comme intermédiaires incontournables entre les Etats de la zone euro et leur banque centrale. Le champagne est offert aux employé-e-s de banque présent-e-s.

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Une banque propre à l’écoute de ses actionnaires


- Une brigade de clowns marchant au pas entre à son tour dans l’agence, cire les chaussures des banquiers et nettoie les vitres de la banque.

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Autocongratulation des banquiers


- Les banquiers ressortent entourés des clowns qui les félicitent, devant la population présente, de la mise au pas des Etats et de leurs politiques publiques. Ils exigent le remboursement de la dette et vident les poches des citoyen-ne-s.

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Le remboursement d’une dette illégitime ne peut être exigé


- A la question posée sur la banderole tendue le long des murs de la banque : « Voulez-vous payer la dette ? », la population forme une chorale et reprend les paroles de « Ces Maudits banksters ». (Les paroles de cette chanson peuvent être téléchargées ici — document OpenOffice)




Les différents rôles

Cette action a été voulue inclusive, dans un cadre d’autoformation à l’action militante, permettant l’implication de chacun-e selon ses envies. Chaque jour, une réunion à laquelle tout le monde pouvait participer a permis d’avancer dans la préparation de cette action, un point quotidien était fait lors de l’Assemblée générale, un ensemble de rôles a été distribué pour que chacun-e trouve facilement sa place dans le scénario que nous avons dessiné.
Ces différents rôles dans la tenue de l’action ont été :

  • les banquiers : trouver des habits adéquats pour bien présenter le jour de l’action, définir les textes qui serviront de support à leurs discours aux différentes étapes de l’action, s’entraîner pour être le plus naturel possible ;
  • les clowns : le rôle des clowns a ici été travaillé au cours de 3 ateliers de 2h30 chacun ;
  • la chorale : choisir une chanson détournée (ou l’inventer) ;
  • les distributeurs d’informations auprès des passant-e-s : un tract spécifique à l’action (à télécharger ici — sous PDF), les paroles de la chanson « Ces Maudits banksters » et des documents relatifs à la dette publique ;
  • des photographes et vidéastes  : afin de capter des images et du son qu’une équipe « Médias » pourra ensuite mettre en forme et diffuser dans le réseau militant et au-delà ;
  • l’accueil des médias --- les médias locaux ont été invités à couvrir cette action : France 3 Auvergne et France Bleu Auvergne ont été présents ;
  • la gestion des relations avec les autorités (ce qui fut ici inutile) et avec les passant-e-s hostiles à notre démarche --- signalons par exemple la volonté de quatre personnes de se joindre à notre action et qui ont commencé à cracher dans les agences que nous visitions.

LE PORTEUR DE PAROLES

Pendant que cette action est répétée devant les trois agences du Crédit agricole, de la BNP-Paribas et du LCL, un second groupe d’AlterVillageois-e-s est parti occuper la place de la République, notamment pour y expérimenter l’outil du « porteur de paroles » présenté lors d’une série de trois ateliers sur l’éducation populaire.
Cet outil a été développé par l’association « Matières prises » (voir leur site, ici) et consiste à permettre à des passant-e-s et des habitant-e-s de s’exprimer publiquement.

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Le porteur de paroles

Une question est accrochée sur un grand panneau : les passant-e-s sont invité-e-s à y répondre. Leurs réactions sont ensuite retranscrites par écrit puis exposées sur des feuilles suspendues sur un fil.

La question introductrice des porteurs de parole a ici été la suivante : « Demain, j’arrête la crise ! Pour commencer quoi ? ».
Vous trouverez en bas de page quelques photos des textes des réactions des passant-e-s (in « Portfolio »).

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