La logique néolibérale à l’œuvre depuis trente ans a trouvé dans le système prostitutionnel un nouveau domaine où se déployer, qui génère d’énormes profits. La prostitution et la traite des êtres humains à des fins de prostitution ont ainsi connu un essor considérable en lien d’une part avec la libéralisation de la circulation des capitaux, d’autre part avec la dégradation des conditions de vie de nombreuses populations au Nord et au Sud, ainsi qu’avec les politiques migratoires de la plupart des pays occidentaux qui visent à criminaliser les migrant-es. La marchandisation des biens et des services ne connaît plus aucune limite, banalisant la marchandisation croissante des corps – essentiellement celui des femmes. La domination masculine, transversale aux différents rapports de domination, s’exprime dans la prostitution d’une manière des plus violentes.

En cohérence avec les valeurs qu’elle défend, Attac se prononce contre la marchandisation des corps et des êtres humains, pour une société tournée vers l’émancipation des personnes et l’égalité entre les femmes et les hommes. Attac considère la prostitution comme une violence faite aux femmes, et plus globalement comme une atteinte à la dignité humaine. Attac est opposée à toute idée qui laisserait croire que la prostitution pourrait être un métier comme un autre et refuse la notion de travailleur/travailleuse du sexe. La domination masculine est au fondement du système prostitutionnel, réduisant potentiellement toutes les femmes à des objets sexuels. Le système prostitutionnel s’oppose donc en tant que tel à tout projet de société basé sur l’égalité entre femmes et hommes.
Un projet de société réellement émancipateur ne peut viser que l’abolition de la prostitution. Celle-ci résultera d’une volonté politique ainsi que des luttes menées par les différentes composantes du mouvement social, y compris celles des personnes prostituées, qui doivent s’emparer de cette question.

  • Attac soutient toutes les mesures visant à protéger les personnes prostituées, à combattre les violences physiques et morales inhérentes à la prostitution, à permettre leur (ré)insertion et à garantir leur accès aux droits fondamentaux de façon inconditionnelle : ces droits doivent en effet être attachés à chacune et chacun en tant que personne. Attac s’oppose à toute politique qui viserait la répression des flux migratoires, le contrôle des populations les plus pauvres et les plus en difficulté. Elle s’oppose à toute politique qui mettrait les personnes prostituées encore plus en difficulté, en particulier par une réglementation du système prostitutionnel qui ouvrirait les portes à l’industrialisation à grande échelle du proxénétisme et de la traite.
  • Attac demande le renforcement des moyens de répression du proxénétisme et de la traite des êtres humains. Cela passe en particulier par la lutte contre les paradis fiscaux, le blanchiment d’argent et la criminalité financière.
  • Elle demande la mise en œuvre de politiques de prévention, en particulier des moyens éducatifs et associatifs pour promouvoir l’éducation à la sexualité et au respect d’autrui dans son corps comme dans son désir. Le corps des femmes mais aussi des hommes et des enfants ne doit pas être une marchandise à la disposition d’autrui.

Ce sont ces principes qui guideront Attac dans ses engagements comme dans son évaluation des politiques publiques menées dans ce domaine.

Cette résolution est proposée par Verveine Angeli, Pierre Aucouturier, Jacqueline Balvet, Isabelle Bourboulon, Jacques Cossart, Daniel Faugeron, Serge Garbay, Jean Marie Harribey, Esther Jeffers, Pierre Khalfa, Marion Lafon, Erwann Le Digarcher, Gérard Jouve, Huayra LLanque, Christiane Marty, Henri Morinières, Béatrice Paul, Rozenn Perrot, Sandra Rigoni, Dominique Plihon, Daniel Rome, Sandrine Roux, Jean Tosti, Françoise Wasservogel.

Soutenue par la Commission Genre

33 Messages

  • Prostitution Le 20 janvier 2014 à 10:05, par Perrin Frédérique

    L’abolition de la prostitution ne peut se décréter sans l’assortir des mesures permettant à chacune et chacun de s’affranchir de la nécessité de se vendre sur le marché de l’emploi. Au premier rang de ces mesures, je place un revenu suffisant assuré à tous, indépendamment de son activité.

    Une fois cette question économique réglée, demeure l’immense problème de la domination. La prostitution est une toute petite partie émergée de cet énorme iceberg. Toute relation sexuelle subie en échange de sécurité peut être considérée comme une forme de prostitution. Cette forme est-elle plus acceptable lorsqu’elle est « privée » ? Selon moi, non. Si nous réclamions plutôt l’abolition du mariage, institution bourgeoise faite pour organiser la dépendance et l’oppression sexuelle ? Si nous réclamions du même coup et pour tous la liberté sexuelle, mais non pas comprise comme l’assujettissement du désir des femmes à celui des hommes ? c’est possible dans une société libérée de la contrainte de « se vendre », au travail, dans la rue, à la maison et au lit !

    Répondre à ce message

    • Abolir le système prostitutionnel Le 3 avril 2014 à 14:59, par Hélène Gonnet

      Frédérique,
      Si je vous comprends bien (car vous exprimez votre pensée de façon complexe), vous préférez pour les femmes le marché du sexe (avec tout ce que cela comporte d’humiliation, de sadisme et de mise en danger PHYSIQUE ET PSYCHIQUE) au marché de l’emploi digne !!! Vous semblez dire : tant que les femmes n’auront pas un emploi correctement payé, elles préfèreront la prostitution. Heureusement que toutes les femmes mal payées ne se prostituent pas !!! Ensuite, vous osez écrire qu’une femme mariée qui ne travaille pas et donc entretenue par son mari, (ce que vous appelez « sécurité », se prostitue !!! N’avez-vous jamais entendu parler de couples qui s’entendent bien, qui ont plaisir à être ensemble ??? Comment faites-vous le tri entre ceux qui sont ensemble pour des raisons prosaiques et ceux qui s’aiment ? Peut-être refusez-vous aux femmes le droit d’aimer et d’être aimées, tout simplement ! C’est l’impression sinistre que donne votre point de vie ou tout est négatif. Le couple, pour vous, c’est du Zola. Alors, selon vous, si le mariage « est une institution bourgeoise faite pour organiser la dépendance et l’oppression sexuelle », pourquoi les gays se sont-ils battu pour l’obtenir ? Il n’y a pas de mariage forcé en France. Votre conception est ancienne. Vous n’aidez pas les femmes.Vous êtes une anti-féministe.

      Répondre à ce message

  • Prostitution Le 20 janvier 2014 à 14:41, par Fanny SOULIER

    C’est une position de principe, et je suis tout à fait d’accord. Je ne comprends pas en quoi ce texte fait polémique. Il ne s’agit pas d’un texte de loi, mais l’affirmation que la prostitution est insupportable et inacceptable.

    Répondre à ce message

    • Prostitution Le 20 janvier 2014 à 15:38, par Robert Joumard

      Ce texte fait polémique car il s’attaque à l’arbre qui cache la forêt sans voir que tous les arbres sont semblables ; il choisit l’arbre qui est devant parce qu’il est devant et pas parce qu’il est arbre ; il choisit un type bien particulier de relation entre personnes pour le condamner sans s’interroger sérieusement sur la spécificité de ce type de relation.

      La notion même de prostitution fait polémique. Les nombreux chercheurs qui ont travaillé ce thème, dont Paola Tabet est la plus connue parmi beaucoup d’autres, ont montré que la prostitution n’était pas définie par un contenu particulier : l’échange relation sexuelle contre avantage matériel n’est en rien limité aux activités dites prostitutionnelles. Comme le mentionne Fredereique Perrin ci-dessus, une grande part des relations sexuelles plus classiques au sein d’un couple marié ou non ne sont en rien ’gratuits’, en ce sens qu’ils s’insèrent dans un ensemble d’échanges économico-sexuels qui font le rapport entre sexes. Ces échanges sont faits de plaisir sexuel, d’affection et d’aide psychologique, d’amour, d’argent, de travail domestique, de travail extérieur, de protection, de représentation – image vis-à-vis des autres, de procréation, d’élevage et éducation des enfants.

      Serait-on naïf au point d’ignorer que nombres d’unions ne sont pas exemptes d’avantages matériels ou symboliques ? Faudra-t-il exiger un test d’Amour avant tout rapport sexuel ?

      Ce qu’on appelle prostitution dans le texte n’est d’ailleurs guère défini, mais semble réduire l’activité prostitutionnelle à une pénétration contre argent. Or, comme dans la plupart des relations, la relation prostitutionnelle est loin de se réduire à cela ; elle comprend aussi affection et soutien psychologique, sourires et compassion, Cela me rappelle le témoignage télévisé d’une prostituée française qui estimait ne pas faire un travail très différent de celui qu’elle faisait quand elle vendait des voitures.

      Les nombreuses analyses faites par des chercheurs sur la prostitution sont totalement ignorées dans ce texte, car elles montrent que la prostitution s’exerce dans des conditions très variables, que sa perception est aussi très variable, ses motivations aussi et que la réalité est très très loin de se réduire à l’image de femmes importées sous la contrainte et forcées à offrir leur sexe pour enrichir des souteneurs mondialisés – même si cela est bien une partie de la réalité. Mais la réalité importe peu quand on veut défendre un ordre moral.

      La rémunération de l’acte sexuel fait se lever nos vaillants défenseurs de l’ordre moral, qui, Attac oblige, dénoncent la marchandisation des corps due au néolibéralisme, l’instrumentalisation des êtres humains et l’industrialisation des corps. Je ne vois pas en quoi le sportif qui travaille avec ses jambes, l’intellectuel qui travaille avec son cerveau, le manoeuvre qui travaille avec ses mains, le conducteur de train qui travaille avec sa tête et ses réflexes seraient moins instrumentalisés et leurs corps moins marchandisés que la prostituée qui travaille avec son sexe. Tous travaillent avec une partie de leur corps et leur cerveau. Quant à la mainmise du néolibéralisme sur la prostitution, elle doit être dénoncée ici comme ailleurs, et ce n’est pas une raison pour interdire une activité, quelle qu’elle soit, à moins d’interdire, malheureusement, la plupart des activités rémunérées.

      Il n’est pas neutre que les antiprostitution se retrouvent dans de nouvelles ligues de vertu, avec les pires réactionnaires, les pires défenseurs de l’ordre moral, les fondamentalistes catholiques pour qui le sexe est tabou. Pour eux, tout argument est bon à prendre : l’antilibéralisme et la violence faite aux femmes ne sont pour eux que des paravents.

      Répondre à ce message

      • Abolir le système prostitutionnel Le 3 avril 2014 à 13:02, par Christiane Marty

        Frédérique Perrin et Robert Joumard utilisent tous les deux la comparaison de la prostitution et du mariage : les relations sexuelles y seraient acceptées en échange de contreparties matérielles, soit argent (dans la prostitution), soit sécurité (dans le mariage). F. Perrin argumente ainsi pour dire que le mariage n’est pas plus acceptable que la prostitution, alors que R. Joumard entend au contraire banaliser la prostitution avec cette comparaison. Même argument donc, utilisé pour des objectifs opposés. Mais argument non fondé.

        Dans l’Histoire passée, ceux et celles qui associaient le mariage à la prostitution le faisaient pour appuyer leur critique du mariage traditionnel, bourgeois, en y dénonçant la subordination institutionnelle des femmes. Aujourd’hui, la comparaison mariage-prostitution n’a plus aucune pertinence.

        C’est tout d’abord un changement majeur qui interdit cette comparaison. Grâce aux luttes féministes, le viol conjugal est reconnu comme tout autre viol et puni comme tel : la société a ainsi clairement affirmé qu’une relation sexuelle non désirée n’est pas plus acceptable au sein du couple que dans le reste de la société !

        Ensuite, la situation des femmes a fortement évolué. L’égalité juridique des femmes et hommes dans le mariage a été acquise (c’est un constat, mais nullement une défense de cette institution). Les femmes représentent aujourd’hui près de la moitié des personnes en activité. Même si leur salaire moyen est inférieur à celui des hommes, la grande majorité des femmes a acquis une indépendance économique vis-à-vis de leur conjoint. Il n’y a rien pour étayer l’idée que les femmes échangent dans le mariage sécurité matérielle contre sexe.
        Défendre la prostitution en disant que le mariage n’est pas très différent n’a donc pas de pertinence.

        Répondre à ce message

        • Abolir le système prostitutionnel Le 31 janvier 2015 à 20:27, par schmilblick

          ah, enfin des propos qui me rassurent sur la sexualité vécue de mes concitoyens à ATTAC !!!
          j’en étais venu à douter de la notion de liberté consentie et assumée ainsi que du plaisir partagé que l’on s’accordait dans la vie commune à ATTAC, sérieusement !!!
          Savoir partager des émotions corporelles, quand une majorité reste devant un écran, ce n’est sans doute pas l’idéal non plus pour progresser dans l’échange concrêt au 21è siècle.
          Quand aux propos précédents « Défendre la prostitution en disant que le mariage n’est pas très différent n’a donc pas de pertinence. »
          Je constate que les unions pacsées n’apparaissent toujours pas dans l’imagination ou la reconnaissance collective. Le mariage, et le pacse , sont certes différents de la prostitution, enfin j’espère, pour la majorité car sinon, nous n’évoluons pas du tout !!! Pour moi, c’est une question juridique de protection mutuelle pour consolider des valeurs de partage et d’attention partagée sous toutes ses formes et de points de vue essentiels aussi ; La sécurité est toute relative depuis que les séparations sont autorisées, le pacse les rendent un peu plus libres mais moins sécurisées financièrement ,j’imagine puisque les hommes gagnent plus que les femmes en majorité.
          Aussi, en période de crise, et devant un nombre d’ emplois précaires souvent partiels croissants insuffisants pour vivre correctement, la concurrence exacerbée au travail n’arrangeant absolument rien, certaines de nos compatriotes doivent sans doute d’avantage s’interroger avant de prendre la décision de divorcer ou de se séparer, car il est reconnu que ce sont les femmes qui demandent en majorité les premières la séparation, les hommes rechignant à porter cette responsabilité apparemment. ( RESPONSABILITE/CULPABILITE = des résurgences de notre éducation judéo-chrétiennes ? ) J’espère qu’elles restent libres de faire ce qu’elles veulent de leur esprit comme de leur corps, le lien entre les deux étant nettement plus confortable.
          Quand aux arbres, il me semble indispensable d’apprendre à les distinguer pour se rendre compte qu’ils sont très diverses et variés, certains sont plus solides que d’autres, leurs feuillages sont parfois plus doux et agréables au toucher, leurs ramures plus souples, leur écorce plus résistantes aux intempéries, leurs racines plus profondes pour laisser les hirondelles s’envoler et revenir à leur guise pour s’y sentir plus épanouies.
          Sauf que la gente masculine sait très bien tirer partie du système patriarchal ou machiste de la société, politique aussi, renforcé par une politique néo-libérale depuis trente ans, pour tirer la couverture à soi ; Mais sauront-ils le reconnaître et accepter de changer la donne ? Restons donc vigilantes et nuancées sans se laisser maltraiter ou mépriser.
          schmilblick

          Répondre à ce message

    • Abolir le système prostitutionnel Le 5 avril 2014 à 20:50, par Jacqueline Penit-Soria

      L’argent
      Dans la prostitution, il existe une forme de violence qui , jusqu’à présent n’a pas été assez analysée et pourtant... Aujourd’hui, les femmes survivantes de la prostitution arrivent à nous en parler. Elles décrivent la violence que constitue l’argent …Cet argent qui permet à chaque client d’imposer un acte sexuel non désiré . Cet argent contre lequel le client fait ce qu’il veut. Cet argent avec lequel , certains assouvissent leurs fantasmes les plus archaïques et les plus dominateurs. Cet argent qui autorise certains aux violences physiques qu’il ne se permettraient pas ailleurs. Cet argent qui a fait dire à Rosen Hicher , une survivante de la prostitution , lors de son audition par la commission speciale de l’Assemblée nN ».

      Répondre à ce message

      • Abolir le système prostitutionnel Le 5 avril 2014 à 21:03, par Jacqueline Penit-Soria

        suite et fin du message sur l’argent
        Rosen Hicher , une survivante de la prostitution ,a déclaré lors de son audition par la commission speciale de l’assemblée nationale , en novembre dernier : “ Je n’avais pas peur de l’argent, j’avais peur du client ».

        Répondre à ce message

  • Prostitution Le 22 janvier 2014 à 21:47, par Christian Delarue

    Récemment une étudiante désargentée expliquait comment elle arrivait à relativement apprivoiser un client pour faire en sorte que le rapport sexuel se passe bien pour elle et pour lui ! Apparemment elle avait évité tout à la fois la violence réelle et les menaces. Elle ne devait pas non plus attendre le client dans la rue debout du matin au soir sous la pluie ou dans le froid. Elle ne subissait pas non plus plusieurs rapports sexuels à la chaine dans la journée et idem le jour suivant.

    On peut dire raisonnablement ici que ses conditions de prostitution étaient nettement meilleures que d’autres. Mais c’est l’exception qui confirme la règle. Celles se prostituant du matin ou soir, après période de « formatage » du proxénète (soit une acclimatation très violente aux conditions de travail) subissent des violences sans commune mesure avec un travail en usine , fut-il intensif et ingrat, répétitif, aliénant ! Sur 8 ou 15 passes par jour on tombe fatalement sur un mec tordu, sadique, violent, qui cogne, qui brule, qui ne prend pas de préservatif, etc ! Pas de syndicat pour çà évidemment !
    CETTE DESCENTE AUX ENFERS EST INSUPPORTABLE A TOUTE PERSONNE DEFENDANT LA DIGNITE HUMAINE !

    ELLE DOIT CESSER POUR UNE AUTRE RAISON : Ce sont surtout les hommes qui ont historiquement et massivement besoin des prostituées ; c’est une soumission typiquement sexiste à combattre pour tout altermondialiste épris d’égalité et de liberté ! Le sexe c’est bon, très très bon même, contrairement à ce que disent certains « coincés » des religions (ou non), mais dans la liberté respectée de l’autre ! CD

    Répondre à ce message

  • Abolir le système prostitutionnel Le 3 avril 2014 à 21:00, par Bauduret

    Il a fallu que je relise deux fois ce texte pour, (du moins j’espère !) , l’avoir compris. Le titre est pourtant explicite : il ne s’agit pas d’abolir la prostitution ou de l’interdire, mais d’abolir le système prostitutionnel, ce qui n’est pas du tout la même chose. Malheureusement il faut arriver à la fin du texte, dans les propositions, pour que le mot « proxénétisme » soit enfin utilisé deux fois. Il l’aurait été plus tôt cela aurait été pus clair.
    Je me souviens d’une émission de Mermet où une prostituée parlait, librement, de ses « clients » avec beaucoup de tendresse, je ne sais pas dans quelles condition elle exerçait son activité mais il me parait par contre évident qu’obliger un femme ou un homme à des rapports sexuels non désirés est un crime, que l’obliger à 10 ou 20 passes par jour relève de l’esclavage.
    Ce texte s’attaque au fond du problème il ne s’agit ni de pénaliser la prostituée ou le client. Il a cependant un côté moralisateur puisque l’abolition de la prostitution reste un objectif et qu’il est écrit que « Le corps des femmes mais aussi des hommes et des enfants ne doit pas être une marchandise ». Il faudrait préciser qui est le vendeur. Mis à part l’enfant, si c’est le propriétaire du corps lui-même, cela ne me choque pas. Cette prostitution volontaire est certainement marginale mais elle existe aussi. Mis à part cette réserve j’approuve ce texte.

    Répondre à ce message

  • Abolir le système prostitutionnel Le 3 avril 2014 à 21:57, par francois

    Bonsoir ,
    l’esclave sexuelle qui engraisse son proxénète on est contre , bien sur !
    l’égalité homme / femme je suis pour , bien sur !
    cela n’empêche que les différences physiques et psychologiques font que le sexe dit « fort » est dépendant de l’autre dit « faible » pour assurer son équilibre psychologique par l’accomplissement de l’acte sexuel ; (à l’inverse , la femme gère-t-elle mieux l’abstinence- je ne sais pas comme je parle pour moi , au masculin .)
    Pour en avoir vécu la privation je sais qu’une libido frustrée peut conduire à une folie , à un besoin violent de transgresser les tabous les plus basiques .
    Au regard de cette expérience , je demande et soutiens la présence de prostituées libres de proxénète ou autre contrainte .
    Je pense que cette activité (comme une soupape de sécurité ) évitera bien des violences .

    Répondre à ce message

    • Abolir le système prostitutionnel Le 4 avril 2014 à 23:13, par Huayra

      Bonjour,
      François écrit que « cette activité (comme une soupape de sécurité ) évitera bien des violences ».
      Or, justement, on ne peut faire abstraction des violences omniprésentes dans la prostitution : lors des étapes de recrutement, de traite, lors de parcours de dressage d’une extrême violence destinés à casser les personnes recrutées avant de les « mettre sur le marché » de la prostitution, ainsi que dans la pratique de la prostitution face aux agressions et menaces de proxénètes et de clients. Enfin, ces violences pour les personnes qui les subissent s’ajoutent à celles inhérentes à la prostitution : la pratique répétée d’actes sexuels sans désir a des conséquences profondes sur la santé physique et psychique des personnes prostituées, qu’elles soient dépendantes d’un proxénète ou non. « Le taux de mortalité des personnes en situation de prostitution est six fois plus élevé que celui du reste de la population » rappellent plusieurs médecins dont Axel Kahn et Judith Trinquart.

      D’autre part, les personnes prostituées ne sont pas des rustines ou les composants d’une « soupape de sécurité », ce sont des êtres humains ! Or, pour la construction d’une société plus égalitaire, on ne peut accepter qu’un groupe d’êtres humains soit dédié à satisfaire les désirs sexuels des autres. La « libido frustrée » dont parle François ne justifie en rien ces violences. Les féministes des années 70 se sont battues pour que la société change de regard sur la sexualité et le désir des femmes -revendiqués notamment en dehors de la seule satisfaction des désirs des hommes. La prise en compte des notions de désir, de plaisir –notamment ceux des femmes- a contribué à faire évoluer le droit en reconnaissant le délit, puis le crime de viol, puis en condamnant le viol conjugal.

      Qualifier les violences, les distinguer de la sexualité, mettre à jour les rapports de domination qui sous-tendent la prostitution permettent aujourd’hui que des femmes et des hommes qui subissent les violences de la prostitution puissent trouver des recours, être accompagné-es, que puisse être pensée la sortie de prostitution, mais aussi la prévention d’entrée dans la prostitution.
      Lorsque l’esclavage a été aboli, les personnes placées en esclavage n’étaient pas les seules concernées, et le « consentement » de certaines d’entre elles n’était pas suffisant pour justifier l’une des pires exploitations humaines et son organisation. La société a choisi à ce moment de ne plus tolérer qu’un groupe d’êtres humains soit la propriété d’un autre. En ce qui concerne la prostitution, il ne s’agit pas d’évaluer une expérience individuelle, mais de penser le choix de société que nous voulons. Souhaitons nous organiser la prostitution comme en Allemagne où les proxénètes sont devenus d’officiels chefs d’entreprises et où il arrive que la prostitution soit proposée aux chômeuses ? Ou souhaitons-nous construire une société plus égalitaire, qui défende le droit de tous et toutes à ne pas se prostituer ?

      Répondre à ce message

    • Abolir le système prostitutionnel Le 7 avril 2014 à 21:13, par Esther Jeffers

      Aucune catégorie d’êtres humains ne doit être désignée pour servir « comme soupape de sécurité ». Nous valons plus que ça... et les femmes et les hommes méritent mieux comme « relations sexuelles ».

      Répondre à ce message

    • Abolir le système prostitutionnel Le 8 avril 2014 à 17:48, par Sandra R.

      Bonjour,
      Le fait que (certains) hommes supportent mal la privation de rapports sexuels n’a rien à voir avec « les différences physiques et psychologiques » supposées naturelles entres les sexes « fort » et « faible ».
      Aucun être humain, homme ou femme, n’a « besoin » d’avoir des relations sexuelles pour être en bonne santé. Aucun cas de décès ou de maladie n’a jamais été constaté pour cause d’absence de relations sexuelles chez des hommes (ni des femmes). Une vie sans sexe est peut-être moins épanouissante, elle n’empêche nullement de vivre longtemps et en bonne santé.
      Si l’on s’en tient aux différences physiques d’ailleurs, ce qui devrait plutôt nous étonner c’est que les femmes « gèrent mieux l’abstinence » étant donné qu’à la différence des hommes, elles disposent d’un organe uniquement dédié au plaisir sexuel (le clitoris), doté de huit mille terminaisons nerveuses, ce qui en fait l’organe le plus sensible qu’on puisse trouver chez l’être humain.

      Pourtant les clients des prostitué-e-s sont à 99% des hommes, quel que soit par ailleurs le sexe des personnes prostitué-e-s.
      Le comportement sexuel des hommes et des femmes n’est pas déterminé par leur biologie, ce que confirme aussi le fait que de nombreux hommes arrivent parfaitement à gérer la non-satisfaction de leurs désirs.

      L’idée que les hommes auraient des « besoins » sexuels irrépressibles naturalise ce qui relève d’une construction sociale, véhiculée par toute une batterie de représentations sexistes dans l’éducation, les médias, la culture, les traditions, et particulièrement présente dans l’imaginaire pornographique qui érotise la violence et la soumission sexuelle des femmes, présentées comme des objets uniquement dédiés à la satisfaction des désirs masculins.

      La lutte contre le système prostitutionnel est aussi une lutte contre cette construction de la virilité basée sur la domination masculine, contre les stéréotypes sexistes au fondement de la société patriarcale qui assignent les un-e-s à l’assouvissement des désirs sexuels des autres.

      C’est une lutte pour l’émancipation et la libération sexuelle des femmes, qui suppose de changer les représentations (des femmes et des hommes) et d’inscrire la sexualité dans le registre non pas des « besoins » mais des désirs à partager dans le respect et la réciprocité.

      Répondre à ce message

0 | 5 | 10 | 15

Répondre à cet article

Crédits et mentions légales . Propulsé par SPIP . Conception : ATTAC France . Design & Réalisation : LEKTUM .