Désaliéner le travail ; se libérer de l’emploi

jeudi 16 janvier 2014, par Pierre Chastang.

Les techniques émergentes détruisent l’emploi. Le capitalisme peut donc fonctionner désormais en employant un très petit nombre de personnes très qualifiées et en précarisant le reste de la population. La recherche du plein emploi est donc devenue une revendication obsolète car non réaliste. Il nous faut sortir de ce système qui en réduisant le travail à l’emploi, l’a vidé de sa substance et transformé en marchandise. Il nous faut profiter du fait que le capitalisme a détruit l’emploi (c’est-à-dire le travail qu’il avait lui-même aliéné) pour réinventer le travail. Cela signifie de donner à chaque personne la possibilité de rechercher et d’exprimer le but suprême de son existence en pratiquant dans la liberté une activité sociale elle-même désaliénée. Il s’agit là (contrairement à celle du plein emploi), d’une revendication réaliste. En effet, l’énorme richesse dont nous disposons (3300 euros/ personne majeure et/ mois !), permet de donner à chacun un salaire à vie suffisant (2200 euros au moins) pour lui assurer l’autonomie nécessaire. Il nous faut utiliser ce levier d’un salaire à vie suffisant pour sortir du capitalisme.

Cette résolution est proposée par Pierre Chastang.

11 Messages

  • Désaliéner le travail ; se libérer de l’emploi Le 16 janvier 2014 à 12:37, par Duboin Marie-Louise

    Même réaction ici qu’à celle que j’ai exprimée pour la résolution sur la question du travail et du revenu inconditionnel.
    Enfin des voix s’élèvent, et de plusieurs côtés, pour exprimer cette analyse de bon sens qui était, jusqu’ici, systématiquement rejetée comme étant “irréaliste”, émise par des “rêveurs” !
    Elle s’appuie sur la réalité telle qu’elle est, contrairement à toutes celles qui, faute d’imagination, croient pouvoir revenir au passé, sans voir à quel point les conditions ont complètement changé !

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  • Désaliéner le travail ; se libérer de l’emploi Le 16 janvier 2014 à 16:25, par Claude Kintzig

    Cette proposition comme celle relative à « résolution sur la question du travail.... » entre tout a fait dans le cadre des réflexions qui donnent à voir d’un peu plus loin.
    Je pense que relever le niveau (pas en complexité, mais en utopie) de réflexion ne peut que ramener nombre d’adhérents qui souhaitent travailler sur des pistes qui décoiffent et font rêver.

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  • Désaliéner le travail ; se libérer de l’emploi Le 16 janvier 2014 à 18:41, par marie-dufourt et michel artigue

    Même réaction que celle que nous avons exprimée concernant la « résolution sur la question du travail et du revenu inconditionnel »

    Le rôle de l’utopie est d’ouvrir des voies nouvelles, en osant penser une société dont les conditions de réalisation ne sont pas encore advenues. Cela ne dispense pas d’une lucidité sur ces conditions d’avènement (c’est entre autre ce qui distingue l’utopie du rêve) et surtout sur les implications concrètes de l’utopie que l’on poursuit.

    Ces résolutions ont le mérite de réclamer que s’ouvre un débat sur ces questions. C’est seulement quand ce débat aura vraiment eu lieu, ce qui suppose du temps et des contributions argumentées et contradictoires, que l’association pourra prendre éventuellement une position en AG

    Marie-Danielle Dufourt et Michel Artigue attac 05 nord

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  • Désaliéner le travail ; se libérer de l’emploi Le 16 janvier 2014 à 23:22, par Giovannetti

    Il y a trois propositions sur le travail et le revenu inconditionnel.
    Dans tout cela il y a un chiffre, un seul, pour soutenir le réalisme de la proposition : On a pris le PIB de la France et on l’a divisé par le nombre d’adultes !

    Ce matin un artisan est venu laver les vitres de ma loggia, générant ainsi une TVA et donc un PIB. Y a-t-il eu « création de richesse » ?
    J’en doute. Un revenu inconditionnel est du vent pour la part basé sur cet élément du PIB.

    Le problème que nous avons à résoudre est le fonctionnement d’une société, d’un Etat, d’une collectivité. La finalité étant de faire du social et de l’environnemental. Le social étant ce qui est avantageux pour l’humain et l’environnemental y intégrant les limites de la planète, les limites du possible.

    Pour ce problème je classe les travailleurs en deux catégories : Ceux qui produisent des biens matériels : Nourriture, vêtements, logements, outillages, et ceux qui n’en produisent pas, bien que forts utiles à la collectivité : Educateurs, médecins, juges, gendarmes...
    Les seconds ne peuvent exister que si les premiers leur fournissent nourriture, vêtements, logement, et outillage.

    Un médecin, un enseignant, consomme nourriture, vêtements, a besoin d’un logement, utilise un scanner ou un bâton de craie.
    Ces biens matériels ne sont créés que par l’agriculture et l’industrie. L’informatique n’y entre que dans la mesure où elle participe à la production.

    Or, notre agriculture est en difficulté, et notre industrie est partie en Chine. Pendant des années les gouvernements successifs on compensé le manque de rentrées fiscales du à l’insuffisance de production de biens matériels, réels, pour alimenter les travailleurs sociaux, (santé, éducation, justice, etc…) par des emprunts : Déficit de la Sécurité Sociale, déficit de l’Etat, des collectivités. Cela faisait bien les affaires des détenteurs de capitaux qui prêtaient à des conditions avantageuses.
    Très exactement le manque de production intérieure a été compensé par des importations. Un déficit chronique du commerce extérieur se traduit forcément par un endettement quelque part. Et quand on a un créancier sur le dos, on perd sa liberté.

    La droite, et les sociaux libéraux prennent prétexte de cette dette pour prétendre que la France a vécu au dessus de ses moyens.
    Je dis à l’inverse que la France a très exactement produit en dessous de ses besoins.

    Nous avons à réinventer notre économie. La production de biens matériels est limitée par les possibilités de la planète, nous devons optimiser cette production en construisant une civilisation qui y soit adaptée, qui s’en satisfasse.
    Quant aux besoins sociaux, santé, éducation, culture, protection de l’environnement, recherche scientifique, arts, ils sont et resteront illimités.

    On nous dit que l’allocation universelle permettrait de nous adapter à la fin du plein emploi. Mais la fin du plein emploi n’est pas une calamité qui s’est abattue sur notre pays, c’est une situation que les financiers libéraux et les politiques ont voulu. Ils ont volontairement eu recours au chômage pour bloquer les revendications des travailleurs et accroitre les profits.

    La preuve : depuis l’invention du RMI chaque gouvernement nous annoncent régulièrement, pour combattre le chômage, toutes sorte de contrats aux noms pleins d’illusion, pour les jeunes, les vieux, et toutes sortes d’aides financières et d’incitations fiscales.
    On conviendra volontiers qu’un employeur n’embauchera pas un jeune, ou un vieux parce qu’il a un contrat mirifique à lui proposer, ou une aide à recevoir mais si, et seulement si, il a un travail à lui faire faire.
    Le capitalisme peut-il produire en France dans une situation de concurrence sauvage ?

    Nous devons inventer des modes de production déconnectés de la concurrence pour pouvoir réinstaller notre industrie en tenant compte des possibilités de la planète.

    Les gains de productivité ne sont pas un facteur de chômage. Ils font simplement que la production de base requiert moins de main d’œuvre, ce qui en laisse davantage pour les autres besoins sociaux et environnementaux.

    Et permettent aussi d’avoir plus de temps libre. Semaine de 35 heures, congés payés, retraite à 60 ans…

    Un petit codicille : Dans mon classement des travailleurs en deux catégories, je place où les commerçants ?
    Dans la mesure où ils sont utiles ils entrent dans la deuxième catégorie. Si dans une ville il faut 5 commerces pour telle chose et qu’il y en a 10 ou 20, il y a 5 ou 15 de trop. L’inflation des commerces excédentaires est une caractéristique d’une économie en faillite.

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  • Désaliéner le travail ; se libérer de l’emploi Le 24 janvier 2014 à 14:38, par Jean-Marie Harribey

    Les trois résolutions intitulées « Résolution sur la question du travail et du revenu inconditionnel », « Désaliéner du travail pour se libérer de l’emploi » et « Résolution sur la question du travail » sont empreintes du souci de critiquer la forme dominante que le capitalisme impose à l’activité humaine. Mais leurs formulations, d’une art, remettent cause ce qui avait été acquis dans Attac au cours des dernières années, et, d’autre part sont entachées, sinon d’erreurs, du moins de considérations très contestables et très contestées.

    1) Attac avait déjà adopté la position selon laquelle tout individu a droit à un revenu mais que cela ne supposait pas l’abandon de la recherche de la suppression du chômage, donc de l’objectif du plein emploi de tous ceux qui le souhaitent, et d’un emploi décent.
    2) L’abandon de cet objectif et le repli sur la proposition de revenu inconditionnel ou d’existence admet implicitement que tous les individus ne peuvent pas s’insérer dans toutes les sphères de la société, faisant le miel des présupposés néolibéraux et de leurs préceptes politiques qui n’aspirent qu’à libéraliser un peu plus ledit marché du travail.
    3) La proposition de revenu inconditionnel oscille entre la croyance qu’un revenu monétaire pourrait provenir d’un ailleurs que le travail collectif et celle que la société pourrait une somme d’individus décidant, seuls, de leur activité, sans qu’il y ait à un quelconque moment une validation collective, sociale, de cette activité, tout en pensant qu’une manne monétaire tombe du ciel, sans cette validation. Ainsi, il est dit dans l’une de ces résolutions : « En effet, l’énorme richesse dont nous disposons (3300 euros/ personne majeure et/ mois !), permet de donner à chacun un salaire à vie suffisant (2200 euros au moins) pour lui assurer l’autonomie nécessaire. Il nous faut utiliser ce levier d’un salaire à vie suffisant pour sortir du capitalisme. » Cela signifierait-il ou bien qu’on prend la richesse produite par le capitalisme pour sortir de celui-ci ? Ou bien qu’on considère que les revenus sont un prélèvement sur un stock préexistant, alors qu’il sont toujours un flux ?

    Un adhérent internaute commentant l’une de ces résolutions appelle à l’appui de son argument le texte de Baptiste Mylondo et Michel Lepesant que j’ai sollicités pour écrire dans le premier numéro de la revue du Conseil scientifique d’Attac Les Possibles. Mais l’honnêteté commande de signaler, à côté du précédent, un texte critique que j’ai écrit. On ne peut décider d’une position aussi importante sans débat, et certainement pas à la suite d’un vote de résolution auquel les adhérents seraient appelés sans qu’il ni de lieu ni de moment pour en discuter : http://france.attac.org/spip.php?page=revue-cs&id_article=1309&id_newsletter=1 et http://france.attac.org/spip.php?page=revue-cs&id_article=1307&id_newsletter=1.

    Jean-Marie Harribey

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