Résolution sur la question du travail et du revenu inconditionnel

jeudi 16 janvier 2014, par Frédérique Perrin.

ATTAC propose à chaque adhérent de contribuer à l’orientation et à l’action à venir par une résolution destinée à :

  • « Approfondir le débat »
  • « Aider au positionnement d’ATTAC »
  • « Alerter sur des nouvelles problématiques ».

Je souhaite que ma résolution soit utile à ATTAC pour :

  • Approfondir le débat sur la question du travail. En effet, lors de l’université d’été de Nîmes en 2013, j’ai estimé que cette question restait prisonnière de l’idéologie dominante dans la façon dont elle était abordée (atelier « travail », atelier « féminisme » et plénière finale, en particulier). Le présupposé était que « le fait d’avoir un travail libère » et que l’on aspire au « plein emploi ».
  • Assumer une position claire de rupture avec le capitalisme et se dégager de la tentation d’accompagner/aménager le capitalisme comme le font les principales organisations syndicales.
  • Se rapprocher de la réflexion de certains penseurs (Gorz, Friot, Ariès, Zin…) qui montrent un nouveau possible en matière de rapport au travail, dégagé de la place dans laquelle le marché de l’emploi nous consigne.

« Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant » : Déclaration universelle des droits de l’homme, article 25 (1948).

Ce droit passe par un revenu pour tous, inconditionnel et suffisant, dissocié de l’emploi salarié, détruit, précaire, aliénant, que l’idéologie dominante nous présente comme « désirable ».

Ce droit à un revenu pour tous s’inscrit dans un projet politique qui suppose la réappropriation de la richesse que tous, salariés ou non, nous produisons, qui suppose aussi le contrôle de l’émission de monnaie(s), qui suppose également des choix de production autogérés par les citoyens en fonction de leur utilité sociale.
Ce droit à un revenu pour tous libère le travail, libère notre énergie pour contribuer au bien-être social, en nous dégageant de la domination du marché de l’emploi et de la peur du lendemain.

ATTAC peut jouer son rôle d’association d’éducation populaire en nous aidant à dessiner concrètement les contours d’une société libérée de l’asservissement de l’emploi au lieu de rester dans l’illusion qu’entretient la revendication d’un « emploi pour tous ». Plutôt « un revenu pour tous » pour un travail et des humains libérés !

Cette résolution est proposée par Frédérique Perrin.

Soutenue par le comité local Attac 19.

26 Messages

  • Résolution sur la question du travail et du revenu inconditionnel Le 16 janvier 2014 à 12:23, par Duboin Marie-Louise

    Nous soutenons complètement cette analyse qui exprime, à cent pour cent, celle que nous faisons depuis très longtemps.
    Ce serait un tournant salutaire pour Attac de la prendre enfin en considération, au lieu de continuer à chercher quels moyens du passé, inadaptés à ceux du présent (et encore moins à ceux du futur prévisible), permettraient de retrouver un illusoire “plein emploi” !
    L’opposition à cette abolition du salariat relève de la même démarche que celle qui s’opposa jadis à l’abolition de l’esclavage, puis à l’idée que les salariés aient droit à un repos, puis, après encore quelques décennies, à des congés payés.
    Nous appuyons les membres d’Attac qui, au lieu de rêver à un retour du passé, auront enfin le courage de tenir compte des moyens de production d’aujourd’hui pour imaginer l’avenir.

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    • Résolution sur la question du travail et du revenu inconditionnel Le 17 janvier 2014 à 09:33, par Michel Lepesant

      Bonjour

      Je soutiens évidemment cette résolution.

      Pour des éléments d’argumentation, je me permets de renvoyer au texte que j’ai co-écrit avec Baptiste Mylondo dans la nouvelle Revue éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac, Les Possibles, n° 01 Automne 2013.

      http://france.attac.org/spip.php?page=revue-cs&id_article=1309&id_newsletter=1

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    • Résolution sur la question du travail et du revenu inconditionnel Le 1er février 2014 à 13:19, par Françoise Clément

      Je soutiens les propositions précédentes et suggère d’élargir le débat approfondi dans Attac aux différentes formes de répartition du revenu et leurs combinaisons : revenu inconditionnel ? dotation universelle d’autonomie ? salaire à vie ? réduction massive du temps de travail ? financé par quelle fiscalité ? quels prélèvements obligatoires ? quels échanges non étatiques et non marchands ?
      quels problèmes ces « solutions » prétendent-elles chacune résoudre ? Quels sont leur intérêt propre et leurs dangers potentiels, du point de vue social, économique, et même anthropologique ? Quelle est leur faisabilité et leur potentiel anti-capitaliste ? etc...
      Je propose pour cela de créer une commission précarité, ouverte à tous les adhérents et sympathisants, précaires et chômeurs en priorité. Elle organisera la réflexion et des débats ouverts et contradictoires, avec l’ensemble des structures (CL, CNCL, CA, CS, autres commissions).

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  • Résolution sur la question du travail et du revenu inconditionnel Le 16 janvier 2014 à 18:23, par marie-dufourt et michel artigue

    Votre résolution a le mérite d’inciter à ouvrir un chantier de réflexion et un débat sur un sujet peu abordé jusqu’à présent au sein d’Attac.

    Toutefois, il n’est pas possible à notre avis de proposer dès l’AG de mai des résolutions promouvant une seule solution (le revenu universel) à la question de l’organisation et du partage du travail, sans qu’il y ait eu auparavant un débat approfondi sur la question : quelle solution privilégier : revenu inconditionnel ? dotation universelle d’autonomie ? salaire à vie ? réduction massive du temps de travail ? quels problèmes ces « solutions » prétendent-elles chacune résoudre ? Quels sont leur intérêt propre et leurs dangers potentiels, du point de vue social, économique, et même anthropologique ? Quelle est leur faisabilité et leur potentiel anti-capitaliste ? etc...

    Nous souhaitons effectivement, par respect de la démocratie, que s’ouvre un vrai travail sur ces questions, enrichies par des ateliers CNCL et des apports du Conseil Scientifique, et non que l’AG se prononce sur une solution avant même que ce débat ait eu lieu

    Marie-Danielle Dufourt et Michel Artigue, attac 05 nord

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  • Résolution sur la question du travail et du revenu inconditionnel Le 16 janvier 2014 à 19:18, par Virginie Deleu

    Bonjour à tous !
    Je fais partie du Mouvement Français pour un revenu de base et défends à ce titre le rdb, le plus largement possible pour l’instant, afin de permettre un débat le plus démocratique possible.
    J’aspire cependant, à titre personnel, à ce que la gauche s’empare du sujet pour défendre un rdb suffisant et digne.
    Après avoir approfondi la comparaison avec le salaire à vie, il m’apparait que le rdb pourrait être une bonne transition pour libérer chacun et donc tous et renverser les rapports de force et certains conditionnements qui enferment effectivement les plus militants d’entre nous.
    il existe plusieurs versions du revenu de base et les questions soulevées sont déjà perturbantes, je rejoins celles posées ci-dessus : réussir à se débarrasser de ce lien méritocratique qui réduit la dignité de l’individu à son travail rémunéré et plus largement à son « utilité » pour la société, questions sur la motivation au « travail », avec les nuances d« ’activité », d’« emploi », confiance en l’individu pour faire des choix bons pour lui comme pour les autres ...
    Bref, tout cela vaut bien qu’on en discute et je pense que les membres du mfrb seront dans chaque région volontaires pour en débattre. n’hésitez pas à les contacter (site mfrb ou revenudebase.info)
    Perso, j’ai déjà fait le lien à Lille et les échanges ont été très riches !
    à très bientôt !
    virginie

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  • Résolution sur la question du travail et du revenu inconditionnel Le 16 janvier 2014 à 23:20, par Giovannetti

    Il y a trois propositions sur le travail et le revenu inconditionnel.
    Dans tout cela il y a un chiffre, un seul, pour soutenir le réalisme de la proposition : On a pris le PIB de la France et on l’a divisé par le nombre d’adultes !

    Ce matin un artisan est venu laver les vitres de ma loggia, générant ainsi une TVA et donc un PIB. Y a-t-il eu « création de richesse » ?
    J’en doute. Un revenu inconditionnel est du vent pour la part basé sur cet élément du PIB.

    Le problème que nous avons à résoudre est le fonctionnement d’une société, d’un Etat, d’une collectivité. La finalité étant de faire du social et de l’environnemental. Le social étant ce qui est avantageux pour l’humain et l’environnemental y intégrant les limites de la planète, les limites du possible.

    Pour ce problème je classe les travailleurs en deux catégories : Ceux qui produisent des biens matériels : Nourriture, vêtements, logements, outillages, et ceux qui n’en produisent pas, bien que forts utiles à la collectivité : Educateurs, médecins, juges, gendarmes...
    Les seconds ne peuvent exister que si les premiers leur fournissent nourriture, vêtements, logement, et outillage.

    Un médecin, un enseignant, consomme nourriture, vêtements, a besoin d’un logement, utilise un scanner ou un bâton de craie.
    Ces biens matériels ne sont créés que par l’agriculture et l’industrie. L’informatique n’y entre que dans la mesure où elle participe à la production.

    Or, notre agriculture est en difficulté, et notre industrie est partie en Chine. Pendant des années les gouvernements successifs on compensé le manque de rentrées fiscales du à l’insuffisance de production de biens matériels, réels, pour alimenter les travailleurs sociaux, (santé, éducation, justice, etc…) par des emprunts : Déficit de la Sécurité Sociale, déficit de l’Etat, des collectivités. Cela faisait bien les affaires des détenteurs de capitaux qui prêtaient à des conditions avantageuses.
    Très exactement le manque de production intérieure a été compensé par des importations. Un déficit chronique du commerce extérieur se traduit forcément par un endettement quelque part. Et quand on a un créancier sur le dos, on perd sa liberté.

    La droite, et les sociaux libéraux prennent prétexte de cette dette pour prétendre que la France a vécu au dessus de ses moyens.
    Je dis à l’inverse que la France a très exactement produit en dessous de ses besoins.

    Nous avons à réinventer notre économie. La production de biens matériels est limitée par les possibilités de la planète, nous devons optimiser cette production en construisant une civilisation qui y soit adaptée, qui s’en satisfasse.
    Quant aux besoins sociaux, santé, éducation, culture, protection de l’environnement, recherche scientifique, arts, ils sont et resteront illimités.

    On nous dit que l’allocation universelle permettrait de nous adapter à la fin du plein emploi. Mais la fin du plein emploi n’est pas une calamité qui s’est abattue sur notre pays, c’est une situation que les financiers libéraux et les politiques ont voulu. Ils ont volontairement eu recours au chômage pour bloquer les revendications des travailleurs et accroitre les profits.

    La preuve : depuis l’invention du RMI chaque gouvernement nous annoncent régulièrement, pour combattre le chômage, toutes sorte de contrats aux noms pleins d’illusion, pour les jeunes, les vieux, et toutes sortes d’aides financières et d’incitations fiscales.
    On conviendra volontiers qu’un employeur n’embauchera pas un jeune, ou un vieux parce qu’il a un contrat mirifique à lui proposer, ou une aide à recevoir mais si, et seulement si, il a un travail à lui faire faire.
    Le capitalisme peut-il produire en France dans une situation de concurrence sauvage ?

    Nous devons inventer des modes de production déconnectés de la concurrence pour pouvoir réinstaller notre industrie en tenant compte des possibilités de la planète.

    Les gains de productivité ne sont pas un facteur de chômage. Ils font simplement que la production de base requiert moins de main d’œuvre, ce qui en laisse davantage pour les autres besoins sociaux et environnementaux.

    Et permettent aussi d’avoir plus de temps libre. Semaine de 35 heures, congés payés, retraite à 60 ans…

    Un petit codicille : Dans mon classement des travailleurs en deux catégories, je place où les commerçants ?
    Dans la mesure où ils sont utiles ils entrent dans la deuxième catégorie. Si dans une ville il faut 5 commerces pour telle chose et qu’il y en a 10 ou 20, il y a 5 ou 15 de trop. L’inflation des commerces excédentaires est une caractéristique d’une économie en faillite.

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    • Résolution sur la question du travail et du revenu inconditionnel Le 3 avril 2014 à 15:57, par VIALLET Hubert

      Bravo pour tes réflexions pragmatiques et qui pose les problèmes basiques.
      Tu analyse bien la situation. Il y a :
      "Ceux qui produisent des biens matériels : Nourriture, vêtements..... et ceux qui n’en produisent pas, bien que forts utiles à la collectivité : Educateurs, médecins......
      Les seconds ne peuvent exister que si les premiers leur fournissent nourriture, vêtements...« Or, la situation de concurrence sauvage, profite aux seuls actionnaires, et ne peut qu’entrainer le dumping social et les délocalisations vers les pays à moindre coût de production. Tu dis : » le manque de production intérieure a été compensé par des importations. Un déficit chronique du commerce extérieur qui se traduit forcément par un endettement....on perd sa liberté« . »Nous devons inventer des modes de production déconnectés de la concurrence pour pouvoir réinstaller notre industrie "

      Pratiquement comment faire ? comment maitriser notre économie ? :

      Deux ou trois pistes de réflexion qui peuvent être complémentaires :
      - Transférer le pouvoir dans les entreprises des actionnaires vers les travailleurs ; des projets de loi existent à gauche, conduisant à terme, à rendre les travailleurs majoritaires dans les décisions. Ainsi les travailleurs devenu enfin citoyen dans leur entreprise (Jaurès) déciderons de leur sort et de leur production.
      - Maitrise de la création monétaire (banque publique) pour s’affranchir de la domination des marchés financiers, pour pouvoir prêter à faible taux, dans l’intérêt des citoyens.
      - Taxes douanières anti dumping social, fiscal et environnemental, qui peuvent être appliquées dans un esprit de protectionnisme solidaire (on peut reverser tout ou partie de la taxe aux pays que l’on veut aider..)

      Hubert.viallet@orange.fr
      ATTAC Marseille

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  • Résolution sur la question du travail et du revenu inconditionnel Le 17 janvier 2014 à 11:20, par Cassoudebat Marcel

    Je sors d’un CA du comité local d’Attac en Libournais.
    Je n’avais pas pris connaissance de ta proposition.
    Coïncidence et collision des réflexions...nous avons décidé à 22h que notre travail de cette année (lectures, compilations, rencontres, propositions, ouvertures au débat...) serait axé sur "Le Revenu de base", "Revenu Incondidionnel"...
    Nous pensons également qu’ATTAC France, ses comités locaux, ses "penseurs" devraient s’engager à fond dans cette réflexion qui permettra, en outre, de retrouver le côté iconoclaste de notre positionnement, de nos réflexions et propositions afin aussi de notre un souffle nouveau à notre dynamique qui s’essouffle, voire ronronne.
    Donc, d’accord avec ta proposition de résolution sur le revenu inconditionnel autour de :
    « Approfondir le débat »
    • « Aider au positionnement d’ATTAC »
    • « Alerter sur des nouvelles problématiques ».
    Puis-je ajouter, aux "réfléchisseurseurs" le nom de Baptiste Mylondo dont les écrits et intervention (cf "arrêt sur image" du 3 janvier qui réunissait Friot-Mylondo-Husson (d’Attac))
    Marcel Cassoudebat
    Co-Président
    Attac en Libournais 33

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