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	<title>Les blogs d'Attac</title>
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	<description>Qui sommes-nous ? Fond&#233;e en 1998, suite &#224; la r&#233;daction d'un &#233;ditorial du Monde diplomatique : &#171; D&#233;sarmer les march&#233;s &#187; (d&#233;cembre 1997), Attac (Association pour la taxation des transactions financi&#232;res et pour l'action citoyenne) promeut et m&#232;ne des actions de tous ordres en vue de la reconqu&#234;te, par les citoyens, du pouvoir que la sph&#232;re financi&#232;re exerce sur tous les aspects de la vie politique, &#233;conomique, sociale et culturelle dans l'ensemble du monde.
Attac se revendique comme un mouvement d'&#233;ducation populaire tourn&#233; vers l'action, consid&#233;rant que le premier outil pour changer le monde est le savoir des citoyens. Attac produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Fin 2010, Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays, chaque organisation nationale &#233;tant autonome et devant simplement adh&#233;rer &#224; la plateforme internationale ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 170 comit&#233;s locaux.
L'association est dirig&#233;e par un conseil d'administration de 42 membres &#233;lus par les adh&#233;rents, et dispose de l'expertise d'un conseil scientifique de 110 membres.
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		<title>La comp&#233;titivit&#233;, ou la loi des multinationales</title>
		<link>https://blogs.attac.org/assemblee-generale-2012-d-attac-france/candidat-e-s-au-conseil-d/frederic-lemaire/article/la-competitivite-ou-la-loi-des</link>
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		<dc:date>2012-11-02T18:24:57Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



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&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir annonc&#233; un n&#233;cessaire &#171; choc de comp&#233;titivit&#233; &#187; appel&#233; des v&#339;ux de la droite et du MEDEF, le gouvernement souhaite d&#233;sormais construire un &#171; pacte de comp&#233;titivit&#233; &#187; sur l'ensemble du quinquennat de Fran&#231;ois Hollande. Une pr&#233;occupation bien ancr&#233;e dans l'air du temps : la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; est d&#233;sormais sur toutes les l&#232;vres, omnipr&#233;sente dans le d&#233;bat public. Sans qu'on se donne la peine de se demander : la comp&#233;titivit&#233;, c'est quoi au juste ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis les ann&#233;es 90, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/assemblee-generale-2012-d-attac-france/candidat-e-s-au-conseil-d/frederic-lemaire/" rel="directory"&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Apr&#232;s avoir annonc&#233; un n&#233;cessaire &#171; choc de comp&#233;titivit&#233; &#187; appel&#233; des v&#339;ux de la droite et du MEDEF, le gouvernement souhaite d&#233;sormais construire un &#171; pacte de comp&#233;titivit&#233; &#187; sur l'ensemble du quinquennat de Fran&#231;ois Hollande. Une pr&#233;occupation bien ancr&#233;e dans l'air du temps : la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; est d&#233;sormais sur toutes les l&#232;vres, omnipr&#233;sente dans le d&#233;bat public. Sans qu'on se donne la peine de se demander : la comp&#233;titivit&#233;, c'est quoi au juste ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 90, la comp&#233;titivit&#233; est devenue le ma&#238;tre mot du discours politique, un v&#233;ritable mantra. Aujourd'hui encore, depuis le Parti socialiste jusqu'&#224; la droite, la comp&#233;titivit&#233; serait l'unique voie de sortie de la crise. Pourquoi au juste ? Parce qu'il n'y a pas le choix. Dans un contexte de lib&#233;ralisation et de concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;es, la comp&#233;titivit&#233;, c'est l'&#233;quation gagnante : comp&#233;titivit&#233; des entreprises = croissance = cr&#233;ations d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette simple &#233;quation permet de comprendre comment la comp&#233;titivit&#233; s'est impos&#233;e comme un objectif ultime, un mod&#232;le &#171; gagnant-gagnant &#187; : les entreprises, les salari&#233;s et les gouvernements, tout le monde y gagne ; c'est la fin de la lutte des classes, sous la b&#233;n&#233;diction bienveillante du capitalisme financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette potion magique ne s'applique pas seulement &#224; l'&#233;conomie, mais &#224; la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re. Bien entendu, sur le plan &#233;conomique, il faut plus de libre-&#233;change, moins de r&#233;gulation, moins d'imp&#244;ts pour les (grandes) entreprises, moins de droit du travail, moins de cotisations sociales&#8230; Mais il faut aussi mettre l'&#233;cole, la recherche, les services publics, l'&#233;cologie, la culture, nos villes, nos r&#233;gions... et nous-m&#234;mes au service de la comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que, sauf que&#8230; appliqu&#233;es depuis plus de 20 ans, les bonnes recettes de la comp&#233;titivit&#233; n'ont jamais tenues leurs promesses. Loin d'apporter des perspectives pour les &#233;conomies europ&#233;ennes, ces mesures ont en grande partie pr&#233;par&#233; la crise financi&#232;re de 2008, puis elles ont contribu&#233; &#224; l'empirer [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la qu&#234;te de la sacro-sainte comp&#233;titivit&#233; n'a pas &#233;t&#233; en pertes pour tous. Les privatisations, d&#233;r&#233;gulations, et autres flexibilisations du march&#233; du travail, men&#233;es au nom de la comp&#233;titivit&#233; semblent finalement aboutir aux m&#234;mes cons&#233;quences : les b&#233;n&#233;fices de quelques-uns ne cessent d'enfler, au d&#233;triment des conditions de vie de la majorit&#233;. Alors, quid de la comp&#233;titivit&#233; ? Un petit retour historique s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#234;ve des industriels&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1967, le premier ministre Georges Pompidou donnait d&#233;j&#224; les premiers &#233;l&#233;ments de ce que va devenir le discours de la comp&#233;titivit&#233; : la menace de la concurrence sera l'occasion de sortir la France et ses industriels de la l&#233;thargie, de la paresse dans laquelle l'ont plong&#233;e les protections douani&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;420&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/VgD6U9ZGANA&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Si Pompidou laisse entendre que l'effort d'ajustement co&#251;tera aux industriels, l'&#233;conomiste de la CGT Jean Duret percevait d&#233;j&#224; en 1956 la feinte derri&#232;re les vell&#233;it&#233;s de lib&#233;ralisation du march&#233; commun europ&#233;en : &#171; On invoquera les dures lois de la comp&#233;tition internationale pour d&#233;montrer qu'un niveau d'emploi &#233;lev&#233; ne pourra &#234;tre assur&#233; que si les travailleurs se montrent &#034;raisonnables&#034; [2] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant &#224; partir des ann&#233;es 80 que prend forme une v&#233;ritable doctrine europ&#233;enne de la comp&#233;titivit&#233;, sous l'impulsion d&#233;cisive de la Table ronde des industriels europ&#233;ens (European Round Table ou ERT), puissant lobby industriel rassemblant quelques 45 dirigeants de grands groupes europ&#233;ens [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Table ronde se donne pour objectif d'influencer la structure m&#234;me de la construction europ&#233;enne, pour la rendre favorable au d&#233;veloppement de l'industrie. Elle est bien implant&#233;e dans les r&#233;seaux de pouvoir bruxellois puisque fond&#233;e &#224; l'initiative de deux commissaires europ&#233;ens dont Etienne Davignon, futur dirigeant&#8230; de la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale de Belgique [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses premiers succ&#232;s ne se font pas attendre. Le lobby industriel participera activement &#224; l'&#233;laboration de l'Acte unique europ&#233;en, qui d&#233;taillait les barri&#232;res commerciales et r&#233;glementaires &#224; supprimer pour permettre l'&#233;mergence du march&#233; unique. Le trait&#233; se basait sur le Livre Blanc publi&#233; par la commission Delors en 1985. Ce document &#233;tait, comme le reconnurent ses auteurs, lui-m&#234;me directement inspir&#233; du rapport &#171; Europe 1990 &#187; r&#233;dig&#233; par le lobby industriel [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; unique sera un premier pas dans l'imposition de la comp&#233;titivit&#233; comme imp&#233;ratif cat&#233;gorique [6]. Ce n'&#233;tait qu'un d&#233;but : lorsque Delors rend en 1993 son Livre blanc sur la croissance, la comp&#233;titivit&#233; et l'emploi, il remercie les industriels pour leur soutien lors de sa pr&#233;paration [7]. Une semaine plus t&#244;t, il avait pris part &#224; la conf&#233;rence de presse de la Table ronde des industriels qui pr&#233;sentait son dernier rapport, selon lequel la comp&#233;titivit&#233; &#233;tait LA solution pour &#171; vaincre la crise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas une surprise : le Livre Blanc approuv&#233; par les gouvernements europ&#233;ens reprend les analyses et pr&#233;conisations des industriels. Cette s&#233;quence t&#233;moigne de l'&#171; alliance objective &#187; qui voit le jour pendant les ann&#233;es Delors entre la Commission et les milieux d'affaires. Elle permettra notamment la construction du march&#233; unique face &#224; des gouvernements parfois peu enthousiastes, et se poursuivra apr&#232;s le d&#233;part de Delors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les termes de cette relation &#171; gagnant-gagnant &#187; semblent se r&#233;sumer ainsi : la Table ronde appelle &#224; plus d'int&#233;gration europ&#233;enne et de nouveaux pouvoirs pour la Commission, et celle-ci, de son c&#244;t&#233;, contribue &#224; promouvoir la doctrine des industriels au sommet de l'agenda des politiques europ&#233;ennes [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas d'alternative &#224; la comp&#233;titivit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie de Lisbonne propos&#233;e par la Commission et adopt&#233;e en mars 2000 appara&#238;t comme l'aboutissement de cette symbiose entre la commission et le lobby industriel. Elle sacrait pour 10 ans la comp&#233;titivit&#233; comme objectif n&#176;1 de l'Union europ&#233;enne, appel&#233;e &#224; devenir &#171; l'&#233;conomie de la connaissance la plus comp&#233;titive et la plus dynamique du monde d'ici &#224; 2010 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les lobbies industriels comme l'ERT, le r&#234;ve se r&#233;alisait : l'Union europ&#233;enne, d&#233;vou&#233;e toute enti&#232;re au bien-&#234;tre des grands groupes priv&#233;s. Cette orientation sera confirm&#233;e en mars 2010 avec la strat&#233;gie &#171; Europe 2020 &#187; qui reprenait avec quelques ajouts les recettes pro-comp&#233;titivit&#233; promues dans le cadre de la strat&#233;gie de Lisbonne [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de cette croisade pour la comp&#233;titivit&#233;, la commission pr&#233;conise d'accro&#238;tre la concurrence dans le march&#233; int&#233;rieur. Au programme, la d&#233;r&#233;glementation des march&#233;s, et notamment du march&#233; des services, une politique de libre-&#233;change exacerb&#233;e, et la lib&#233;ralisation et privatisation des services publics, notamment l'&#233;nergie et le transport. Autant de mesures que l'on retrouve &#224; nouveau dans le &#171; Pacte de croissance &#187; promu en juin par le Pr&#233;sident Hollande [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ces politiques de concurrence sont la seule voie possible pour les gouvernements souhaitant stimuler l'&#233;conomie, puisque, c&#244;t&#233; macro-&#233;conomique, les politiques &#171; alternatives &#187; sont exclues : on impose un carcan sur les salaires (&#171; mod&#233;ration salariale &#187;) pour assurer d'une part la comp&#233;titivit&#233; du co&#251;t du travail, et de l'autre la stabilit&#233; de la monnaie unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la mise en place de la monnaie unique emp&#234;che tout ajustement par d&#233;valuation de la monnaie. Une perspective qui n'est pas sans d&#233;plaire &#224; l'&#233;conomiste Bulchadani, de la banque Morgan Stanley, qui expliquait en 1998 : &#171; Si l'on supprime la devise nationale comme soupape de s&#233;curit&#233;, les gouvernements devront se concentrer sur les changements concrets &#224; effectuer pour devenir plus comp&#233;titifs : imp&#244;ts plus bas, flexibilit&#233; du march&#233; du travail et cadres r&#233;glementaires plus favorables &#224; l'industrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements doivent par ailleurs renoncer &#224; toute politique budg&#233;taire ambitieuse : oblig&#233;s d'emprunter sur les march&#233;s financiers, ils doivent d&#233;sormais faire preuve de &#171; rigueur &#187; budg&#233;taire. Et plus question d'augmenter les imp&#244;ts&#8230; l&#224; encore, comp&#233;titivit&#233; oblige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, comme disait Margaret Thatcher, &#171; il n'y a pas d'alternative &#187;. Les &#233;lus n'ont plus le choix : comme de bons entrepreneurs, ils doivent s'assurer de garantir partout, &#224; tous les niveaux de d&#233;cision, un contexte &#171; favorable aux entreprises &#187; (business friendly). Le principe avait &#233;t&#233; d&#233;crit par Jean Duret un demi-si&#232;cle auparavant : &#171; Les capitaux auront tendance &#224; d&#233;serter les r&#233;gions et les pays o&#249; les salaires seront relativement &#233;lev&#233;s, o&#249; certaines lois sociales seront susceptibles de g&#234;ner une exploitation trop &#233;hont&#233;e. [11] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;chelle des Etats, des r&#233;gions, des villes, les &#233;lus deviennent des &#171; managers &#187;, et leurs performances sont compar&#233;es &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne (le &#171; benchmark &#187;) pour d&#233;terminer les &#171; bonnes pratiques &#187;. A l'aune... de la comp&#233;titivit&#233;, bien s&#251;r. C'est le triomphe du nouveau management public, qui se traduit en France par la RGPP (revue g&#233;n&#233;rale des politiques publiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La comp&#233;titivit&#233; s'impose partout&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2000, la commission embo&#238;te le pas aux lobbies industriels, pour qui presque tout finit par se rapporter &#224; la comp&#233;titivit&#233;, y compris les politiques &#233;cologiques et sociales. C'est la raison pour laquelle l'ERT encourage l'&#171; &#233;valuation comparative &#187;, c'est-&#224;-dire l'utilisation de la comparaison quantitative des effets des politiques de comp&#233;titivit&#233; pour d&#233;terminer les nouvelles mesures &#224; adopter. L'&#233;valuation comparative, cela signifie &#171; scruter le monde afin d'y d&#233;couvrir ce que les autres ont de meilleur, o&#249; que ce soit, pour ensuite, essayer de l'&#233;galer ou de le surpasser [12] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A commencer par l'am&#233;nagement du territoire. Les &#233;lus locaux deviennent des &#171; managers &#187; de territoire qui doivent d&#233;sormais tout faire pour attirer entreprises et investissements priv&#233;s. Fiscalit&#233; aux petits oignons, partenariats publics-priv&#233;s, infrastructures adapt&#233;es... Les grands projets d'infrastructures, autoroutes, lignes &#224; grande vitesse, a&#233;roports (comme celui de Notre-Dame des Landes) deviennent des &#233;l&#233;ments essentiels de l'&#171; attractivit&#233; &#187; des r&#233;gions [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universit&#233; et la recherche n'y &#233;chappent pas : elles doivent, elles aussi, se soumettre au dogme de la comp&#233;titivit&#233;. La strat&#233;gie de Lisbonne, puis la strat&#233;gie &#171; Europe 2020 &#187;, stipulent que l'universit&#233; doit permettre de former une main d'&#339;uvre adapt&#233;e aux demandes du march&#233; du travail, c'est-&#224;-dire des entreprises. La commission en appelle m&#234;me &#224; enseigner &#171; l'esprit d'entreprise &#187; d&#232;s le plus jeune &#226;ge [14]. La recherche doit, elle, se focaliser sur l'&#171; innovation &#187;, et donner aux entreprises europ&#233;ennes des avantages comp&#233;titifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques &#233;cologiques sont elles aussi soumises &#224; l'imp&#233;ratif de &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187;. Face aux enjeux climatiques, la commission en appelle &#224; une &#171; croissance verte &#187; fond&#233;e sur le d&#233;veloppement des &#171; technologies vertes &#187; (dont certaines controvers&#233;es, comme les biocarburants, par exemple). Les m&#233;canismes de compensation comme la &#171; finance carbone &#187; sont cens&#233;s inciter les industriels &#224; modifier leurs comportements&#8230; alors que toute r&#233;gulation contraignante sur le changement climatique ou les produits chimiques des industries polluantes est exclue... l&#224; encore, comp&#233;titivit&#233; oblige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la protection sociale doit, elle aussi, se mettre au service de la comp&#233;titivit&#233; : il faut, d'une part, flexibiliser le droit du travail, en finir avec le CDI et les conventions collectives pour faciliter les licenciements &#8211; et ainsi permettre aux entreprises de mieux s'adapter aux fluctuations des march&#233;s et mettre en &#339;uvre la &#171; mod&#233;ration salariale &#187;. De l'autre part, il faut &#171; activer &#187; les politiques de l'emploi, c'est-&#224;-dire inciter les ch&#244;meurs &#224; accepter des emplois qu'ils n'accepteraient pas spontan&#233;ment en durcissant les r&#232;gles ou en diminuant les allocations. Enfin, la s&#233;curit&#233; sociale, dont le financement p&#232;serait trop sur les entreprises, doit &#234;tre confi&#233;e aux assurances priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;quation truqu&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En stipulant que toute mesure en faveur des entreprises allait automatiquement r&#233;duire le ch&#244;mage et donc b&#233;n&#233;ficier &#224; tous, l'&#171; &#233;quation magique &#187; de la comp&#233;titivit&#233; a contribu&#233; &#224; propager l'id&#233;e que les mesures politiques qui vont dans l'int&#233;r&#234;t imm&#233;diat des plus grandes firmes internationales sont &#233;galement, par transitivit&#233;, dans l'int&#233;r&#234;t de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voyant, encore aujourd'hui, la quasi-totalit&#233; de la classe politique sauter comme un cabri en criant &#171; comp&#233;titivit&#233; ! comp&#233;titivit&#233; ! &#187;, on ne peut s'emp&#234;cher de se dire que les lobbies industriels ont bien jou&#233; leur coup. Et on ne peut qu'&#234;tre perplexe en se demandant comment tout ce beau monde peut-il tomber dans un tel panneau si facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il est pourtant &#233;vident que cette &#233;quation est truqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord parce que la centralisation de la production et de la distribution catalys&#233;es par le March&#233; unique ont permis aux multinationales de diminuer les co&#251;ts en r&#233;duisant consid&#233;rablement leur main-d'&#339;uvre. Les mesures de concurrence, le libre-&#233;change et la d&#233;r&#233;gulation du march&#233; du travail cens&#233;ment prises pour stimuler la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; ne font qu'accentuer cette tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une dur&#233;e de cinq ans &#224; partir de 1989, la compagnie d'&#233;lectronique hollandaise Philips a r&#233;duit son personnel de 22 % &#8211; environ 68 000 emplois [15] ; British Telecom a pu se glorifier d'avoir r&#233;duit son effectif de 235 000 &#224; 125 000 entre 1985 et 1996 [16]. &#192; la fin des ann&#233;es 1990, une nouvelle vague de fusions, d'acquisitions et de restructurations industrielles a encore eu pour r&#233;sultat d'engendrer &#224; la fois des b&#233;n&#233;fices record et d'importantes suppressions d'emplois [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours orw&#233;lien des industriels atteint des sommets, lorsqu'un rapport de la Table ronde des industriels explique que lutter contre les plans de licenciements, c'est lutter contre l'emploi : &#171; lutter contre la restructuration revient simplement &#224; faire obstacle au changement et &#224; la cr&#233;ation d'emplois [18] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dogme de la comp&#233;titivit&#233; exclut toute mesure structurelle qui pourrait &#234;tre prise pour endiguer le ch&#244;mage : la mod&#233;ration salariale, la rigueur budg&#233;taire p&#232;se sur l'activit&#233; et maintient un taux de ch&#244;mage &#233;lev&#233;. D&#232;s lors, la &#171; lutte contre le ch&#244;mage &#187; mise en &#339;uvre par les gouvernements europ&#233;ens rel&#232;ve au mieux du trompe l'&#339;il. Au pire, elle contribue &#224; flexibiliser davantage les conditions de travail, &#224; d&#233;velopper les contrats pr&#233;caires et &#224; accro&#238;tre les contraintes sur les ch&#244;meurs &#224; travers &#171; le durcissement des crit&#232;res d'&#233;ligibilit&#233;, la r&#233;duction des montants et des dur&#233;es d'indemnisation, [et] le renforcement des contr&#244;les [19] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion est donc claire. La comp&#233;titivit&#233;, ce n'est pas l'emploi : c'est le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, et l'explosion des in&#233;galit&#233;s. Tout ce que l'on nous a impos&#233; depuis plus de vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mod&#232;le de soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Georges Pompidou qui vend la m&#232;che, dans l'interview cit&#233;e plus haut. La doctrine de la comp&#233;titivit&#233;, qui s'impose &#224; toutes les strates de la d&#233;cision publique, contribue &#224; forger, par le biais d'une menace permanente, une soci&#233;t&#233; sous tension. Dans la m&#234;me veine, Laurence Parisot se demandait en 2005 dans le Figaro : &#171; La vie est pr&#233;caire, l'amour est pr&#233;caire, pourquoi le travail ne serait pas pr&#233;caire ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tension est inh&#233;rente &#224; nos soci&#233;t&#233;s &#171; comp&#233;titives &#187;. Elle n'a de cesse de s'accro&#238;tre, et avec elle les profits des grands groupes. A mesure que les pr&#233;tendus &#171; rem&#232;des &#187; prouvent leur inanit&#233;, on les prescrit avec d'autant plus de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges P&#233;rec avait donn&#233; une image qui pourrait illustrer ce mod&#232;le : une &#238;le, W, o&#249; les habitants sont des athl&#232;tes contraints &#224; la comp&#233;tition et qui deviennent obs&#233;d&#233;s par la victoire - condition de leur survie. Une soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re tourn&#233;e vers la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187;... o&#249; l'on d&#233;couvre finalement que les performances des athl&#232;tes sont d&#233;risoires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut voir fonctionner cette machine &#233;norme dont chaque rouage participe, avec une efficacit&#233; implacable, &#224; l'an&#233;antissement syst&#233;matique des hommes, pour ne plus trouver surprenante la m&#233;diocrit&#233; des performances enregistr&#233;es : le 100 m&#232;tres se court en 23&#034;4, le 200 m&#232;tres en 51&#034; ; le meilleur sauteur n'a jamais d&#233;pass&#233; 1,30m [20]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La farce a assez dur&#233;. Il est grand temps d'en finir avec la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187;, et d'inventer un autre imaginaire... plus vivable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : Le dernier chapitre de W ou le souvenir d'enfance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] D'une part, la mod&#233;ration salariale a &#233;t&#233; un des facteurs d&#233;clencheurs de l'endettement des m&#233;nages, la consommation &#233;tant &#034;dop&#233;e&#034; &#224; la dette. De l'autre, le dogmatisme n&#233;olib&#233;ral qui pr&#233;side aux politiques de comp&#233;titivit&#233; n'a pas permis de mettre en place les mesures pour relancer l'activit&#233; apr&#232;s la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Jean Duret, &#171; Que signifie le March&#233; commun dans une Europe capitaliste ? &#187;, Cahiers internationaux, n&#176;78, juillet 1956, p.19-30, cit&#233; dans le Plan B n&#176;13&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Lire la pr&#233;sentation de la Table rondes des industriels europ&#233;ens : &lt;a href=&#034;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Lire Quand le Vicomte Davignon privatisait la Commission &lt;a href=&#034;http://ellynn.fr/dessousdebruxelles..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ellynn.fr/dessousdebruxelles..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Bastiaan van Apeldoorn et Otto Holman, &#171; Transnational Class Strategy and the relaunching of European Integration : The Role of the European Roundtable of Industrialists &#187;, 35e convention de l'International Studies Association, Washington, 28 mars-1er avril 1994, p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Delors d&#233;clarera en 1986, devant ses coll&#232;gues socialistes : &#171; J'ai toujours pens&#233;, en France, qu'il n'y avait pas assez de march&#233; et que l'Etat &#233;tait, pour des raisons historiques, omnipr&#233;sent et trop souvent &#233;touffant ou dominant. La plupart des Fran&#231;ais n'ont pas encore acquis cette mentalit&#233; d'ouverture au monde sans laquelle nous ne pouvons pas &#233;difier une &#233;conomie comp&#233;titive &#187; (Jacques Delors s'adressant &#224; ses camarades socialistes, 1986, cit&#233; dans &#171; Delors&#8230; &#187; de Charles Grant)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Agence Europe, 12 d&#233;cembre 1993 ; cit&#233; in Bastiaan Van Apeldoorn, op. cit., p. 246.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &#171; Nous sommes en train de r&#233;duire les pr&#233;rogatives de l'Etat et du secteur public en g&#233;n&#233;ral de par les privatisations et la d&#233;r&#233;gulation&#8230; [...] L'unification europ&#233;enne progresse, et elle favorise les entreprises internationales telles que les n&#244;tres &#187;, expliquait le pr&#233;sident de l'ERT Daniel Janssen - &#034;The Pace of Economic Change in Europe&#034;, 2000 Tokyo Meeting, Trilateral Commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] L'Europe des industriels n'est pas en panne &lt;a href=&#034;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] 5 recettes socialistes pour r&#233;orienter l'Europe &lt;a href=&#034;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Jean Duret, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] ERT, Benchmarking for Policy-Makers : The Way to Competitiveness, Growth and Job Creation, Bruxelles, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Sur le marketing territorial, lire : &lt;a href=&#034;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Lire Esprit d'entreprise : consultation sur les actions futures au niveau de l'UE : &lt;a href=&#034;http://europa.eu/rapid/press-releas..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://europa.eu/rapid/press-releas..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Nicholas Hildyard, Colin Hines et Tim Lang, &#171; Who Competes ? Changing Landscapes of Corporate Control &#187;, The Ecologist, vol. 26, n&#176; 4, juillet / ao&#251;t 1996, p. 131.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Competitiveness Advisory Group, &#171; Capital Market for Competitiveness : Report to the President of the European Commission, the Prime Ministers and Heads of State &#187;, juillet 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] La compagnie Ericsson, membre su&#233;dois de l'ERT, a par exemple annonc&#233; d&#233;but 1999 son projet de supprimer 11 000 emplois &#8211; soit 10 % de sa main-d'&#339;uvre mondiale. Pilkington, g&#233;ant de la verrerie et membre de l'ERT, bas&#233; au Royaume-Uni, a supprim&#233; 9 000 emplois en 1998 et pr&#233;voit finalement de diminuer de moiti&#233; sa main-d'&#339;uvre par rapport &#224; 1990. Annon&#231;ant ces suppressions, Paolo Scaroni, directeur ex&#233;cutif de la compagnie, a expliqu&#233; que cette mesure faisait partie du processus de &#171; restructuration &#187; en cours pour diminuer les co&#251;ts et augmenter les profits. &#192; la m&#234;me &#233;poque, il d&#233;clarait fi&#232;rement &#224; la presse que Pilkington empochait un minimum de 20 % de b&#233;n&#233;fices sur ses investissements de capitaux et 12 % sur les ventes (lire Magnus Grimond, &#171; Pilkington lops 1500 job in costs drive &#187;, Associated Newspapers Ltd, 29 octobre 1998)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] ERT, &#171; La cr&#233;ation d'emplois et la comp&#233;titivit&#233; par l'innovation &#187;, Bruxelles, nov.1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Florence Lefresne, &#171; Regard comparatif sur l'indemnisation du ch&#244;mage : la difficile s&#233;curisation des parcours professionnels &#187;, Chronique internationale de l'IRES&#184; n&#176; 115 : Indemnisation du ch&#244;mage : d&#233;bat sur les r&#233;formes, novembre 2008, p. 3-28, &lt;a href=&#034;http://www.ires-fr.org/IMG/File/C11...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ires-fr.org/IMG/File/C11...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Georges P&#233;rec, W ou le souvenir d'enfance, Gallimard coll. &#034;l'imaginaire&#034;, 1993, 219p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sommet europ&#233;en : les banques jubilent, les peuples trinquent</title>
		<link>https://blogs.attac.org/assemblee-generale-2012-d-attac-france/candidat-e-s-au-conseil-d/frederic-lemaire/article/sommet-europeen-les-banques</link>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lors du dernier sommet europ&#233;en, les dirigeants europ&#233;ens ont &#233;voqu&#233; les prochaines &#233;tapes qui suivront l'adoption du Pacte budg&#233;taire. Union budg&#233;taire, union bancaire, pacte de croissance&#8230; Les grandes d&#233;clarations des chefs d'Etat qui annoncent &#171; plus d'Europe &#187;, dissimulent mal des mesures qui pr&#233;voient &#171; plus d'aust&#233;rit&#233; &#187;, sans aucune garantie pour une v&#233;ritable r&#233;gulation bancaire. Le projet d'union bancaire &#233;tait cens&#233; permettre, entre autres, une recapitalisation directe des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/assemblee-generale-2012-d-attac-france/candidat-e-s-au-conseil-d/frederic-lemaire/" rel="directory"&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lors du dernier sommet europ&#233;en, les dirigeants europ&#233;ens ont &#233;voqu&#233; les prochaines &#233;tapes qui suivront l'adoption du Pacte budg&#233;taire. Union budg&#233;taire, union bancaire, pacte de croissance&#8230; Les grandes d&#233;clarations des chefs d'Etat qui annoncent &#171; plus d'Europe &#187;, dissimulent mal des mesures qui pr&#233;voient &#171; plus d'aust&#233;rit&#233; &#187;, sans aucune garantie pour une v&#233;ritable r&#233;gulation bancaire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'union bancaire &#233;tait cens&#233; permettre, entre autres, une recapitalisation directe des banques en difficult&#233; &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, &#233;vitant ainsi un transfert des dettes du priv&#233; au public. Finalement, cette possibilit&#233; sera renvoy&#233;e &#224; 2014, date annonc&#233;e de la mise en &#339;uvre de l'union bancaire. Le syst&#232;me bancaire sera par ailleurs mis &#224; contribution, certes, mais de mani&#232;re tr&#232;s insuffisante ; et ce seront le MES ou la BCE (et finalement, les contribuables europ&#233;ens) qui assureront la majorit&#233; des sauvetages [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second aspect de l'union bancaire concerne la supervision par la BCE des banques europ&#233;enne, cens&#233;e permettre une remise en ordre d'un syst&#232;me bancaire &#224; la d&#233;rive, guett&#233; par l'insolvabilit&#233; et les faillites. Fran&#231;ois Hollande se f&#233;licite que cette supervision s'appliquera &#224; l'ensemble des banques europ&#233;ennes. Il oublie de pr&#233;ciser qu'elle sera fond&#233;e sur des directives europ&#233;ennes particuli&#232;rement laxistes, notamment en termes d'obligation de fonds propres, puisqu'elles sont plus laxistes que les propositions du comit&#233; de B&#226;le III, d&#233;j&#224; largement &#233;dulcor&#233;es par le lobbying des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas pour rien que la F&#233;d&#233;ration Bancaire europ&#233;enne avait annonc&#233; qu'elle se r&#233;jouissait de cette r&#233;gulation a minima qui permettra de &#171; pr&#233;server l'int&#233;grit&#233; du march&#233; int&#233;rieur [2] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la future union budg&#233;taire a &#233;t&#233; soigneusement &#233;vit&#233;e et renvoy&#233;e au sommet de d&#233;cembre (lire notre pr&#233;c&#233;dent article). La veille de l'ouverture du Sommet, la chanceli&#232;re allemande avait annonc&#233; la couleur : pour elle, l'union budg&#233;taire passe par une ing&#233;rence des institutions europ&#233;ennes dans les politiques &#233;conomiques des Etats de la zone euro vers plus d'aust&#233;rit&#233; et de r&#233;formes pour la comp&#233;titivit&#233; : flexibilisation du march&#233; du travail, r&#233;forme de la protection sociale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures pro-comp&#233;titivit&#233; sont d&#233;j&#224; pr&#233;vues dans le cadre du fameux pacte de croissance tant vant&#233; par le pr&#233;sident Hollande. Dans le d&#233;tail, ce projet pr&#233;voit une plus grande lib&#233;ralisation et d&#233;r&#233;gulation du march&#233; int&#233;rieur (notamment dans l'&#233;nergie et le transport), la poursuite du libre-&#233;change &#224; tout-va&#8230; Les 120 milliards &#233;voqu&#233;s par Hollande, en partie fictifs et d&#233;tourn&#233;s de fonds europ&#233;ens existants, serviront &#224; financer des partenariats publics priv&#233;s [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la taxe sur les transactions financi&#232;re, qui sera mise en place dans le cadre d'une coop&#233;ration renforc&#233;e. Mais dans un contexte institutionnel qui se caract&#233;rise par une offensive n&#233;olib&#233;rale sans pr&#233;c&#233;dent, il y a fort &#224; parier que la TTF ne sera qu'une goutte dans un oc&#233;an d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lire Corporate Europe Observatory, Not about safer banks, septembre 2012 : corporateeurope.org/blog/not-about-safer-banks#footnote8_3idpq99&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] European Banking Federation, communiqu&#233; de presse, 12. Septembre 2012, &lt;a href=&#034;http://www.ebf-fbe.eu/uploads/mwp/D...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ebf-fbe.eu/uploads/mwp/D...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] DDB, 5 recettes socialistes pour r&#233;orienter l'Europe, septembre 2012 : &lt;a href=&#034;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'arnaque du Pacte pour la croissance</title>
		<link>https://blogs.attac.org/assemblee-generale-2012-d-attac-france/candidat-e-s-au-conseil-d/frederic-lemaire/article/l-arnaque-du-pacte-pour-la</link>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lors de la campagne pr&#233;sidentielle, le candidat Fran&#231;ois Hollande n'avait pas de mots assez dur pour &#233;voquer le Trait&#233; sur la Stabilit&#233; et la Gouvernance de la zone euro (TSCG) ou Pacte budg&#233;taire, qu'il qualifiait lui-m&#234;me de trait&#233; &#171; ajoutant l'aust&#233;rit&#233; &#224; l'aust&#233;rit&#233; &#187;. Quelques mois plus tard, il ratifie le TSCG inchang&#233; en expliquant que &#171; l'Europe a &#233;t&#233; r&#233;orient&#233;e &#187; gr&#226;ce &#224; un ensemble de mesures pour la croissance qui forment un Pacte pour la croissance. Qu'en est-il vraiment ? Le 6 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/assemblee-generale-2012-d-attac-france/candidat-e-s-au-conseil-d/frederic-lemaire/" rel="directory"&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de la campagne pr&#233;sidentielle, le candidat Fran&#231;ois Hollande n'avait pas de mots assez dur pour &#233;voquer le Trait&#233; sur la Stabilit&#233; et la Gouvernance de la zone euro (TSCG) ou Pacte budg&#233;taire, qu'il qualifiait lui-m&#234;me de trait&#233; &#171; ajoutant l'aust&#233;rit&#233; &#224; l'aust&#233;rit&#233; &#187;. Quelques mois plus tard, il ratifie le TSCG inchang&#233; en expliquant que &#171; l'Europe a &#233;t&#233; r&#233;orient&#233;e &#187; gr&#226;ce &#224; un ensemble de mesures pour la croissance qui forment un Pacte pour la croissance. Qu'en est-il vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 mai 2012, le soir de sa victoire, Hollande annon&#231;ait que son &#233;lection repr&#233;sentait pour l'Europe l'espoir &#171; qu'enfin l'aust&#233;rit&#233; pouvait ne plus &#234;tre une fatalit&#233; &#187;. Il appelait &#224; la ren&#233;gociation du Pacte budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine deux mois plus tard, &#224; l'issue du Sommet europ&#233;en des 28 et 29 juin, il annonce la ratification expresse du Pacte budg&#233;taire n&#233;goci&#233; par Nicolas Sarkozy en contrepartie d'un Pacte pour la croissance et pour l'emploi qu'il aurait obtenu de haute lutte &#8211; jugeant ainsi que l'Europe avait &#233;t&#233; r&#233;orient&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il vraiment ? Pour en savoir plus, nous avons parcouru le document pr&#233;paratoire du prochain Sommet europ&#233;en des 18 et 19 octobre (disponible ici). Celui-ci d&#233;taille les mesures qui constituent le fameux Pacte pour la croissance. Alors, quelles recettes pour r&#233;orienter l'Europe ? Jugeons sur pi&#232;ce&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recette n&#176;1 : lib&#233;raliser l'&#233;conomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res mesures visent l'approfondissement du march&#233; unique et la lib&#233;ralisation de nouveaux march&#233;s. Des mesures tout particuli&#232;rement appel&#233;es des v&#339;ux des gouvernements italiens et britanniques, qui insistent depuis depuis d&#233;cembre 2011 pour qu'elles soient mises sur la table au m&#234;me titre que les mesures de rigueur budg&#233;taire. Le candidat Hollande n'avait alors pas manqu&#233; de l'interpr&#233;ter comme un soutien &#224; ses vell&#233;it&#233;s de &#171; r&#233;orientation &#187; de l'Europe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le d&#233;tail de ces mesures :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; L'approfondissement du march&#233; unique, avec entre autres la mise en &#339;uvre des directives sur la passation de march&#233;s publics, sur les services, sur les normes comptables (dans le cadre de l'acte unique) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La lib&#233;ralisation du march&#233; du transport ferroviaire et de la fourniture d'&#233;nergie (dans le cadre du second acte unique) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La mise en place du march&#233; unique des services et contenus en ligne. (en France, la mission Olivennes, qui a d&#233;bouch&#233; sur la loi Hadopi, s'inscrit notamment dans ce contexte) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La finalisation du march&#233; unique du savoir, de la recherche et de l'innovation. (en France, la loi LRU, qui pr&#233;voit d'aligner le fonctionnement des universit&#233;s sur le mod&#232;le entrepreneurial, s'inscrit notamment dans ce contexte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe ? L'extension du domaine du march&#233; devrait ouvrir de nouvelles opportunit&#233;s d'investissement et de business, cr&#233;er de l'activit&#233; et de la croissance. Cela vaut bien de rogner un peu sur les services publics, la neutralit&#233; du net ou encore remettre en cause les missions sp&#233;cifiques de l'universit&#233; et de la recherche, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recette n&#176;2 : une &#171; r&#233;gulation intelligente &#187; contre le &#171; fardeau r&#233;glementaire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pacte pr&#233;voit l'approfondissement de la d&#233;r&#233;gulation, pardon, la mise en place d'une &#171; r&#233;gulation intelligente &#187; pour mieux r&#233;duire le &#171; fardeau r&#233;glementaire &#187;. Fardeau qui, comme chacun sait, p&#232;se de tout son poids bureaucratique sur les entreprises exsangues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, la commission a d&#233;j&#224; fait cette ann&#233;e une proposition (controvers&#233;e) qui consiste &#224; exempter les petites et moyennes entreprises d'un certain nombre d'obligations, concernant notamment la s&#233;curit&#233; au travail, la consultation des employ&#233;s, les cong&#233;s parentaux ou l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la table ronde des industriels europ&#233;ens, lobby influent rassemblant les dirigeants des plus grandes entreprises europ&#233;ennes, la commission doit aller plus loin : disqualifier toute l&#233;gislation actuelle pesant sur la comp&#233;titivit&#233; des entreprises europ&#233;ennes et introduire un moratoire sur toute nouvelle l&#233;gislation qui irait dans ce sens [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recette n&#176;3 : le bon vieux libre-&#233;change&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que serait un Pacte pour la croissance sans son volet de libre-&#233;change ? Le document de la pr&#233;sidence du Conseil europ&#233;en en appelle &#224; finaliser au plus vite les accords de libre-&#233;change en cours de n&#233;gociation avec le Japon, le Canada, Singapour et l'Inde, et &#224; donner suite &#224; la strat&#233;gie libre-&#233;changiste de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe si chacun de ces accords fait l'objet d'une critique acerbe de la soci&#233;t&#233; civile, en Europe comme dans les pays concern&#233;s&#8230; En Inde notamment, la mobilisation est forte contre un accord qui pourrait menacer la production de m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques [2] ainsi que les droits &#224; l'alimentation [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Canada comme en France, les syndicats et associations se mobilisent contre un accord qui menace les services publics, sanctuarise les investissements priv&#233;s, revient sur un certain nombre de r&#233;glementations environnementales et introduit des dispositions r&#233;pressives concernant le droit d'auteur [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre registre, en France, les critiques (plus ou moins opportunistes) se multiplient contre des accords (Cor&#233;e du sud, Japon) qui mettent en p&#233;ril l'industrie, et notamment l'industrie automobile [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recette n&#176;4 : inciter les investissements&#8230; priv&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quid des 120 milliards annonc&#233;es par le pr&#233;sident Hollande pour relancer l'activit&#233; en Europe ? Leur emploi ne figure apparemment pas &#224; l'ordre du jour des discussions du prochain sommet. Est-ce &#224; dire leur caract&#232;re marginal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que ce fonds qui repose &#224; plus de 90% sur des fonds europ&#233;ens d&#233;j&#224; existants, ainsi que sur d'attendus &#171; effets multiplicateurs &#187; (60 milliards red&#233;ploy&#233;s &#224; partir de fonds d&#233;j&#224; vot&#233;s et programm&#233;s pour 2012-2013, et 60 milliards d'hypoth&#233;tiques nouveaux pr&#234;ts au secteur priv&#233; par la Banque europ&#233;enne d'investissement) [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de permettre une v&#233;ritable relance publique de l'&#233;conomie (alors que les coupes budg&#233;taires dans la zone euro s'&#233;l&#232;vent en 2012 &#224; plusieurs centaines de milliards d'euros), ces fonds auront plut&#244;t vocation &#224; stimuler l'investissement priv&#233; en finan&#231;ant des partenariats public-priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur emploi s'inscrit donc dans la logique g&#233;n&#233;rale du Pacte pour la croissance qui pourrait se r&#233;sumer par cette double &#233;galit&#233; : cadeaux pour le priv&#233; = comp&#233;titivit&#233; = croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recette n&#176;5 : taxer les transactions financi&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re recette, de loin la plus sympa : la taxe sur les transactions financi&#232;res europ&#233;enne. Celle-ci devrait voir le jour sous la forme d'une coop&#233;ration renforc&#233;e entre 11 Etats membres de la zone euro. Malgr&#233; le caract&#232;re positif d'une telle avanc&#233;e, un certain nombre de questions se posent quant &#224; l'assiette de cette taxe, qui pourrait ne pas inclure les produits d&#233;riv&#233;s et les transactions de change (qui recouvrent la majorit&#233; des transactions financi&#232;res).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la France, les fonds d&#233;gag&#233;s devraient abonder le budget europ&#233;en, et permettre de financer des mesures &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne pour stimuler la croissance. Mais, face &#224; l'opposition notamment de l'Allemagne, certaines sources indiquent qu'ils pourraient financer un fonds de sauvetage pour les banques en difficult&#233;&#8230; [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;orienter pour que rien ne change ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Approfondissement du march&#233; int&#233;rieur, lib&#233;ralisation, d&#233;r&#233;gulation, libre-&#233;change&#8230; m&#234;me en prenant en compte la mise en place d'une taxe sur les transactions financi&#232;res (dans des conditions encore incertaines), un constat s'impose : le Pacte pour la croissance ne va pas r&#233;orienter l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, il s'appuie en grande partie sur de bonnes vieilles recettes n&#233;olib&#233;rales, qui, associ&#233;es aux politiques de rigueur budg&#233;taire, vont accentuer la pression sur les services publics, les droits sociaux, la protection sociale au pr&#233;texte d'une comp&#233;titivit&#233; qui serait le pr&#233;alable de la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oubli&#233;es les vell&#233;it&#233;s de relance publique de l'&#233;conomie ! Le gouvernement socialiste annonce d&#233;j&#224; qu'un &#171; choc de comp&#233;titivit&#233; &#187; sera n&#233;cessaire pour le &#171; retour de la croissance &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre l'adoption du trait&#233; budg&#233;taire (celui qui &#171; ajoute l'aust&#233;rit&#233; &#224; l'aust&#233;rit&#233; &#187; dixit le candidat Hollande) et la mise en &#339;uvre d'un pacte de croissance d'inspiration clairement n&#233;olib&#233;rale, les &#233;lecteurs fran&#231;ais qui auront cru aux promesses de &#171; changement &#187; en auront pour leurs frais. Et ils ne sont peut-&#234;tre pas au bout de leur d&#233;convenue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Lire (en anglais) Corporate Europe Observatory ; &#8220;The Roundtable goes for full conquest&#8221;, Juillet 2012, &lt;a href=&#034;http://www.corporateeurope.org/news..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.corporateeurope.org/news..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;a href=&#034;http://www.presseurop.eu/fr/content..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.presseurop.eu/fr/content..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;http://www.alimenterre.org/ressourc..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alimenterre.org/ressourc..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &lt;a href=&#034;http://aitec.reseau-ipam.org/spip.p..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://aitec.reseau-ipam.org/spip.p..&lt;/a&gt;. et &lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/fr/con..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.laquadrature.net/fr/con..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/..&lt;/a&gt;. et &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/politiques..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/politiques..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Attac France, &#171; Les 10 raisons de dire NON au Pacte budg&#233;taire &#187;, septembre 2012, &lt;a href=&#034;http://www.france.attac.org/article..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france.attac.org/article..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Attac France, TTF, une &#233;quation avec encore de nombreuses inconnues, octobre 2012, &lt;a href=&#034;http://www.france.attac.org/article..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france.attac.org/article..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</title>
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