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	<title>Les blogs d'Attac</title>
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	<description>Qui sommes-nous ? Fond&#233;e en 1998, suite &#224; la r&#233;daction d'un &#233;ditorial du Monde diplomatique : &#171; D&#233;sarmer les march&#233;s &#187; (d&#233;cembre 1997), Attac (Association pour la taxation des transactions financi&#232;res et pour l'action citoyenne) promeut et m&#232;ne des actions de tous ordres en vue de la reconqu&#234;te, par les citoyens, du pouvoir que la sph&#232;re financi&#232;re exerce sur tous les aspects de la vie politique, &#233;conomique, sociale et culturelle dans l'ensemble du monde.
Attac se revendique comme un mouvement d'&#233;ducation populaire tourn&#233; vers l'action, consid&#233;rant que le premier outil pour changer le monde est le savoir des citoyens. Attac produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Fin 2010, Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays, chaque organisation nationale &#233;tant autonome et devant simplement adh&#233;rer &#224; la plateforme internationale ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 170 comit&#233;s locaux.
L'association est dirig&#233;e par un conseil d'administration de 42 membres &#233;lus par les adh&#233;rents, et dispose de l'expertise d'un conseil scientifique de 110 membres.
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		<title>Gr&#232;ce : les masques sont tomb&#233;s</title>
		<link>https://blogs.attac.org/vive-la-crise/article/grece-les-masques-sont-tombes</link>
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		<dc:date>2013-06-19T14:54:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a d&#233;j&#224; plus de trois ans. La Gr&#232;ce se voyait accorder un premier &#171; sauvetage &#187; qui allait l'entra&#238;ner avec une vitesse fulgurante dans une crise sociale, &#233;conomique et politique d'une violence consid&#233;rable. A la r&#233;cession et au ch&#244;mage sans pr&#233;c&#233;dents s'ajoutent d&#233;sormais les vell&#233;it&#233;s autoritaires du Premier ministre Antonis Samaras, illustr&#233;es par sa d&#233;cision brutale de fermer l'audiovisuel public grec. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une d&#233;cision qui s'inscrit dans un contexte d&#233;j&#224; lourd : menaces de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/vive-la-crise/" rel="directory"&gt;Vive la crise !&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a d&#233;j&#224; plus de trois ans. La Gr&#232;ce se voyait accorder un premier &#171; sauvetage &#187; qui allait l'entra&#238;ner avec une vitesse fulgurante dans une crise sociale, &#233;conomique et politique d'une violence consid&#233;rable. A la r&#233;cession et au ch&#244;mage sans pr&#233;c&#233;dents s'ajoutent d&#233;sormais les vell&#233;it&#233;s autoritaires du Premier ministre Antonis Samaras, illustr&#233;es par sa d&#233;cision brutale de fermer l'audiovisuel public grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;cision qui s'inscrit dans un contexte d&#233;j&#224; lourd : menaces de mobilisation forc&#233;e voire d'arrestation de gr&#233;vistes, suspension des conventions collectives, ratonnades organis&#233;es par le parti n&#233;o-nazi Aube dor&#233;e dans une impunit&#233; presque totale&#8230; Aucun de ces signes avant-coureurs du pire ne semble toutefois &#233;branler la volont&#233; des gouvernements europ&#233;ens et de la Tro&#239;ka (Commission, Banque centrale europ&#233;enne et FMI) de conduire la Gr&#232;ce plus avant dans l'ab&#238;me. Et pourtant, les remises en cause se multiplient, y compris au sein m&#234;me de la Tro&#239;ka...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les potions magiques des &#171; cures de rigueur &#187; ? Plut&#244;t des rem&#232;des empoisonn&#233;s, &lt;a href=&#034;http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2013/01/07/austerite-en-europe-lenorme-boulette-du-fmi/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;reconnaissait en janvier&lt;/a&gt; le chef &#233;conomiste du FMI Olivier Blanchard. Les grecs, quant &#224; eux, n'avaient pas attendu son &lt;i&gt;mea culpa&lt;/i&gt; pour constater les effets destructeurs de l'aust&#233;rit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; plans de sauvetage &#187; et la &#171; solidarit&#233; europ&#233;enne &#187; ? Vaste plaisanterie, d&#233;montre un &lt;a href=&#034;http://www.imf.org/external/pubs/ft/scr/2013/cr13156.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport du FMI&lt;/a&gt; publi&#233; le 5 juin, qui d&#233;nonce des plans qui ont &#171; sacrifi&#233; &#187; les pays surendett&#233;s en faisant porter par eux tout le poids de l'ajustement au profit des &#233;conomies du &#171; c&#339;ur &#187; de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr&#244;le de conception de la solidarit&#233;, qui a moins consist&#233; &#224; renflouer les comptes publics grecs qu'&#224; sauver l'industrie financi&#232;re : un &lt;a href=&#034;http://www.attac.at/uploads/media/backgroundmaterial_bailout_english.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport publi&#233; par Attac Autriche&lt;/a&gt; permet de mesurer l'utilisation des sommes d&#233;bloqu&#233;es pour les &#171; plans de sauvetage &#187; en Gr&#232;ce, sur la base de donn&#233;es publiques, consultables notamment sur le site de la commission europ&#233;enne : sur les 206,9 milliards vers&#233;s depuis mars 2010, au moins 77% de cet argent a b&#233;n&#233;fici&#233; directement ou indirectement au secteur financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout dans une certaine opacit&#233; quant &#224; l'attribution finale de ces montants et sans qu'aucune contrepartie n'ait &#233;t&#233; demand&#233;e aux banques en &#233;change du versement de ces sommes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://blogs.attac.org/IMG/jpg/graphe3-d78d0_1_.jpg' width='345' height='550' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; que les masques tombent. A commencer par celui des &#233;conomistes orthodoxes et autres id&#233;ologues &#224; gages de la finance, dont la rh&#233;torique n'est plus capable de justifier la catastrophe &#233;conomique et sociale dans laquelle leurs bonnes potions ont plong&#233; la Gr&#232;ce. Celui des gouvernements europ&#233;ens et des institutions de l'Union europ&#233;enne, qui ont donn&#233; au terme de &#171; solidarit&#233; europ&#233;enne &#187; une nouvelle d&#233;finition, celle d'une mise &#224; sac brutale d'un pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que penser, en effet, lorsque Fran&#231;ois Hollande, un mois &#224; peine apr&#232;s avoir d&#233;clar&#233; que &#171; &lt;i&gt;l'aust&#233;rit&#233; ne pouvait plus &#234;tre une fatalit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, vient en Gr&#232;ce pour inciter les &#233;lecteurs, dans une menace &#224; peine voil&#233;e, &#224; &#171; &lt;i&gt;tenir leurs engagements&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; voter en faveur du conservateur pro-aust&#233;rit&#233; Antonis Samaras, ou alors &#224; se pr&#233;parer &#224; sortir &#224; leurs frais de la zone euro&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire :&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que penser lorsque l'entourage de Georges Papandreou, premier chef d'Etat grec &#224; avoir n&#233;goci&#233; les conditions du &#171; sauvetage &#187; de la Gr&#232;ce avec la Tro&#239;ka, est mis en cause pour &#233;vasion fiscale en Suisse (suite &#224; la publication de la fameuse &#171; liste Lagarde &#187; qui a valu au journaliste Kostas Vaxevanis une arrestation expresse) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en Gr&#232;ce comme en France, les plus fervents d&#233;fenseurs de la rigueur s'av&#232;rent &#234;tre les plus corrompus (ce qui fait dire &#224; Emmanuel Todd, en pleine affaire Cahuzac, que &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=iaN_1ojdeok&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la notion m&#234;me d'aust&#233;rit&#233; est v&#233;hicul&#233;e par des pourris&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masques tombent&#8230; mais cela ne semble pas embarrasser davantage les gouvernements et institutions de l'Union europ&#233;enne. Les cr&#233;anciers europ&#233;ens de la Gr&#232;ce &#8211; dont la brutalit&#233; et le cynisme sont &#224; m&#234;me de tirer des remords au FMI &#8211; continuent en effet d'imposer des conditions drastiques au gouvernement grec : r&#233;duction &#224; la hussarde des effectifs de la fonction publique, taille dans les budgets, r&#233;formes antisociales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut imaginer le degr&#233; de stup&#233;faction dans lequel se trouve plong&#233; le peuple grec, depuis trois ans pris dans le pi&#232;ge de &#171; &lt;i&gt;cette catastrophe nomm&#233;e sauvetage&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire :&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; confront&#233; &#224; un rouleau compresseur que rien ne semble &#234;tre en mesure d'arr&#234;ter, ni la preuve des cons&#233;quences d&#233;sastreuses de l'aust&#233;rit&#233;, ni des mobilisations sociales sans pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que le rapport de force avec les institutions et gouvernements europ&#233;ens semble disproportionn&#233;. Dans un contexte o&#249; la r&#233;signation et la survie semblent les seules options possibles, l'extr&#234;me droite progresse de mani&#232;re spectaculaire en d&#233;signant les immigr&#233;s comme bouc-&#233;missaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire :&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un r&#233;cent sondage montre une progression spectaculaire du parti n&#233;o-nazi Aube dor&#233;e, donn&#233; comme troisi&#232;me force politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la mise en &#339;uvre de l'aust&#233;rit&#233; en l'absence de toute l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique, n&#233;cessite de recourir &#224; des m&#233;thodes autoritaires. En janvier 2013, le gouvernement grec a d&#233;cr&#233;t&#233; la loi martiale et mobilis&#233; la police anti-&#233;meute pour briser la gr&#232;ve de neuf jours des employ&#233;s du m&#233;tro d'Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesure impensable il y a quelques ann&#233;es, les conventions collectives ont &#233;t&#233; suspendues fin mars 2013, dans l'indiff&#233;rence presque totale des grandes conf&#233;d&#233;rations syndicales europ&#233;ennes, tandis que les attaques sur les droits du travail se multiplient&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire :&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cente fermeture de l'audiovisuel public grec (qui a provoqu&#233; l'&#233;motion des m&#233;dias, mais aussi une importante mobilisation populaire en Gr&#232;ce) est symptomatique de la mani&#232;re discr&#233;tionnaire dont le gouvernement Samaras impose l'aust&#233;rit&#233; : par d&#233;cret. Epiph&#233;nom&#232;ne de la rigueur sauvage impos&#233;e &#224; la Gr&#232;ce, elle pourrait n&#233;anmoins constituer un symbole, et provoquer une prise de conscience de l'alternative qui se pr&#233;sente en Gr&#232;ce et en Europe : le lent glissement vers le pire, ou la rupture avec les diktats de l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les tenants du n&#233;olib&#233;ralisme affirmaient en 1975 qu'il y avait &#171; &lt;i&gt;des limites d&#233;sirables &#224; l'extension de la d&#233;mocratie politique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport de la Commission trilat&#233;rale, 1975&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, il est d&#233;sormais certain que la politique impos&#233;e &#224; la Gr&#232;ce et la d&#233;mocratie ne sont plus compatibles.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034; style=&#034;font-size:0.8em&#034;&gt;&lt;i&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/div&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href=&#034;http://www.leparisien.fr/crise-europe/hollande-met-en-garde-les-grecs-contre-une-sortie-de-la-zone-euro-13-06-2012-2047227.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.leparisien.fr/crise-europe/hollande-met-en-garde-les-grecs-contre-une-sortie-de-la-zone-euro-13-06-2012-2047227.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href=&#034;http://www.presseurop.eu/fr/content/article/3857141-sacrifie-la-grece-pour-sauver-l-euro&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.presseurop.eu/fr/content/article/3857141-sacrifie-la-grece-pour-sauver-l-euro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/grece/aube-doree-prendre-au-serieux-le-danger-pour-mieux-le-combattre.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/grece/aube-doree-prendre-au-serieux-le-danger-pour-mieux-le-combattre.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href=&#034;http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2013/02/26/des-juristes-appellent-les-dirigeants-europeens-a-respecter-les-droits-sociaux/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2013/02/26/des-juristes-appellent-les-dirigeants-europeens-a-respecter-les-droits-sociaux/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport de la Commission trilat&#233;rale, 1975&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une r&#233;volution islandaise</title>
		<link>https://blogs.attac.org/vive-la-crise/article/une-revolution-islandaise</link>
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		<dc:date>2012-12-10T13:05:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Malgr&#233; les r&#233;sultats calamiteux des plans d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;s partout en Europe et malgr&#233; la crise sociale sans pr&#233;c&#233;dent, les &#171; experts &#187; s'accordent pour pr&#233;coniser toujours plus de rigueur. Partout, les dirigeants s'ex&#233;cutent : il faut bien payer la dette. Partout&#8230; ou presque. L'Islande a su renvoyer dans les cordes ses cr&#233;anciers, en leur opposant une d&#233;cision souveraine et d&#233;mocratique. Retour sur les contours de cette &#171; r&#233;volution &#187; d'une petite &#238;le, qui pose de grandes questions[1]&#8230; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/vive-la-crise/" rel="directory"&gt;Vive la crise !&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Malgr&#233; les r&#233;sultats calamiteux des plans d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;s partout en Europe et malgr&#233; la crise sociale sans pr&#233;c&#233;dent, les &#171; experts &#187; s'accordent pour pr&#233;coniser toujours plus de rigueur. Partout, les dirigeants s'ex&#233;cutent : il faut bien payer la dette. Partout&#8230; ou presque. L'Islande a su renvoyer dans les cordes ses cr&#233;anciers, en leur opposant une d&#233;cision souveraine et d&#233;mocratique. Retour sur les contours de cette &#171; r&#233;volution &#187; d'une petite &#238;le, qui pose de grandes questions&lt;/i&gt;[1]&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, avant la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;, l'Islande est une &#233;conomie dop&#233;e par une financiarisation &#224; outrance au point que ses banques figuraient, avant 2007, parmi les 300 plus importantes du monde, repr&#233;sentant pas moins de 800 % du PIB. Les banques islandaises profitent d'une l&#233;gislation aux petits oignons : la collusion est totale entre &#233;lites politiques et &#233;conomiques, au point que des dignitaires des deux grands partis sont nomm&#233;s &#224; la t&#234;te des grandes banques privatis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jets priv&#233;s, salaires mirobolants, les &#233;lites islandaises s'en donnent &#224; c&#339;ur joie. Le Wall Street Journal c&#233;l&#232;bre le &#171; miracle &#187; islandais : &#171; les initiatives lib&#233;rales d'Oddson (NB : alors premier ministre) sont la plus formidable r&#233;ussite du monde [2] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus dure sera la chute&#8230; Celle des banques islandaises, qui fait suite au krach des subprimes, est class&#233;e parmi les 11 plus grandes catastrophes &#233;conomiques de l'histoire selon Moody's. La presse financi&#232;re s'&#233;tant soudainement rendu compte que les banques de la petite &#238;le &#233;taient gonfl&#233;es de vide&#8230; L'&#233;croulement des banques plonge le pays dans la ruine, &#224; l'exception des proches du pouvoir qui ont judicieusement chang&#233; leurs couronnes avant l'effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nationalisation des banques transforme l'immense dette priv&#233;e en dette publique. Apr&#232;s 20 ans de n&#233;olib&#233;ralisme total, qui a permis l'enrichissement d'une minorit&#233;, le peuple islandais est &#233;c&#339;ur&#233;. Le rejet des partis de gouvernement (lib&#233;ral, conservateur, social-d&#233;mocrate) est massif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 4 mois de manifestations sur la place principale de Reykjavik (du jamais vu en Islande), les islandais finissent par sortir les lib&#233;raux par les urnes aux &#233;lections de 2009. C'est la premi&#232;re fois en Europe que la crise a pour cons&#233;quence l'arriv&#233;e au pouvoir d'une majorit&#233; &#224; la gauche du parti socialiste. De plus, le Parlement d&#233;cidera de poursuivre le Premier ministre et le ministre des finances. Le bouleversement d'un syst&#232;me corrompu : c'est la premi&#232;re d&#233;faite de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, une question se pose. Apr&#232;s la gabegie, le peuple devra-t-il payer les pots cass&#233;s ? Cette question avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; anticip&#233;e par les d&#233;r&#233;gulateurs, qui avaient pr&#233;vu que la garantie des d&#233;p&#244;ts pour les placements &#233;trangers repose&#8230; sur la population islandaise. Ainsi lorsque le FMI arrive en Islande en 2008, il propose son aide sous une condition : que les islandais payent leur dette notamment &#224; l'&#233;gard des cr&#233;anciers &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que la coalition socialiste-conservatrice alors encore au pouvoir accepte sans sourciller. Entre temps, l'arriv&#233;e d'une nouvelle majorit&#233; de gauche rebat les cartes. Un march&#233; est impos&#233; au forceps par le FMI et les cr&#233;anciers de l'Islande : le remboursement de 3,7 milliards d'euros, soit 50% du PIB irlandais, sur 7 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au moment de promulguer la loi, vot&#233;e par la majorit&#233; rouge-verte au pouvoir, le Pr&#233;sident islandais refuse de signer. S'appuyant sur une p&#233;tition sign&#233;e par plus de 50000 islandais (soit 15% de la population), il choisit de tenir un r&#233;f&#233;rendum sur le paiement de cette dette. Celui-ci sera sans appel : 93% des islandais voteront contre l'accord. C'est la seconde d&#233;faite de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est une d&#233;cision stup&#233;fiante, qui va plonger l'Islande dans un trou noir financier. Ca va tout envoyer en l'air : fini les pr&#234;ts du FMI, finies les chances de rejoindre l'Union europ&#233;enne&lt;/i&gt; &#187; s'exclame alors Nigel Cassidy, reporter &#233;conomique &#224; la BBC Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de constater qu'il avait tort : apr&#232;s un second &#171; non &#187; au remboursement de sa dette, l'Islande devrait faire le triple de la croissance de l'UE en 2012. Bien s&#251;r, la &#171; r&#233;volution islandaise &#187; peut &#234;tre relativis&#233;e : &#224; ce jour, le processus constituant &#8211; promesse &#233;lectorale de la majorit&#233; rouge-verte &#8211; patauge, et l'ancien premier ministre, poursuivi pour d&#233;lits d'initi&#233;s, a finalement &#233;t&#233; jug&#233; non responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle montre cependant que les alternatives existent : qu'il est possible, par la rue et par les urnes, de &#171; d&#233;gager &#187; des gouvernements dont les int&#233;r&#234;ts sont align&#233;s avec ceux de la finance, et de cr&#233;er un rapport de force aux cr&#233;anciers pour permettre d'imposer des alternatives &#224; l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Cet article est librement inspir&#233; de &#171; Quand le peuple islandais vote contre les banquiers &#187; publi&#233; en mai 2011 dans le Monde diplomatique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Hannes Gissurarson, &#171; Miracle on Iceland &#187;, The Wall Street Journal, New York, 29 janvier 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Union budg&#233;taire : le &#171; gang des quatre &#187; abat ses cartes</title>
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		<dc:date>2012-11-02T18:20:34Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'adoption du nouveau trait&#233; europ&#233;en, le Pacte budg&#233;taire, n'&#233;tait qu'un pr&#233;alable : en vue du Sommet europ&#233;en des 18 et 19 octobre, les institutions et les gouvernements europ&#233;ens r&#233;fl&#233;chissent aux prochaines &#233;tapes de l'int&#233;gration des politiques &#233;conomiques des Etats membres. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, l'int&#233;gration des politiques budg&#233;taires des Etats membres de l'UE a pris la forme d'une institutionnalisation des politiques d'aust&#233;rit&#233;, &#224; travers des contraintes de plus en plus fortes sur les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/vive-la-crise/" rel="directory"&gt;Vive la crise !&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'adoption du nouveau trait&#233; europ&#233;en, le Pacte budg&#233;taire, n'&#233;tait qu'un pr&#233;alable : en vue du Sommet europ&#233;en des 18 et 19 octobre, les institutions et les gouvernements europ&#233;ens r&#233;fl&#233;chissent aux prochaines &#233;tapes de l'int&#233;gration des politiques &#233;conomiques des Etats membres.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, l'int&#233;gration des politiques budg&#233;taires des Etats membres de l'UE a pris la forme d'une institutionnalisation des politiques d'aust&#233;rit&#233;, &#224; travers des contraintes de plus en plus fortes sur les budgets publics, d&#233;cid&#233;es en &#233;vitant soigneusement toute consultation populaire. Et cette fuite en avant aust&#233;ritaire n'est pas pr&#232;s de finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est du moins ce que sugg&#232;re la lecture du projet des conclusions du prochain Sommet, propos&#233;es le 1er octobre par le Pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en Van Rompuy aux Etats membres, &#233;labor&#233; en collaboration &#233;troite avec Jos&#233; Manuel Barroso (Commission europ&#233;enne), Mario Draghi (BCE) et Jean-Claude Juncker (Eurogroupe) - le &#171; gang des quatre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document (disponible ici) se pr&#233;sente en deux parties &#8211; la premi&#232;re sur le Pacte de croissance, la seconde sur le &#171; parach&#232;vement de la zone euro &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la premi&#232;re reprend des &#233;l&#233;ments dans la droite ligne de l'agenda europ&#233;en de comp&#233;titivit&#233; (lib&#233;ralisations, d&#233;r&#233;gulation, flexibilisation, libre-&#233;change, etc. lire notre pr&#233;c&#233;dent article), la seconde pr&#233;sente des pistes pour les futures &#233;volutions institutionnelles de l'Union europ&#233;enne, et notamment la mise en place d'une &#171; union budg&#233;taire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique, cette union budg&#233;taire a vocation &#224; s'inscrire dans le prolongement des efforts de &#171; disciplines budg&#233;taires &#187; et de r&#233;formes &#171; structurelles de comp&#233;titivit&#233; &#187;. Comme le relate un article du Monde, des d&#233;saccords existent notamment entre fran&#231;ais et allemands sur l'utilisation du budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement fran&#231;ais, le budget devrait pouvoir servir &#224; &#171; faciliter les ajustements aux chocs affectant certains pays &#187; ; c'est le f&#233;d&#233;ralisme budg&#233;taire &#171; classique &#187; qui consiste &#224; organiser des transferts entre diff&#233;rentes zones pour s'attaquer &#224; des d&#233;s&#233;quilibres r&#233;gionaux et nationaux que la politique mon&#233;taire, n&#233;cessairement centralis&#233;e, ne peut r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, r&#233;torquent les allemands, avec le soutien tacite de la Pr&#233;sidence du Conseil, organiser de tels transferts n&#233;cessiterait une int&#233;gration politique et une convergence plus importante que ce qu'elle n'est actuellement entre pays membres de la zone euro. Pour le gouvernement allemand, le budget doit &#234;tre un instrument pour permettre les r&#233;formes structurelles de comp&#233;titivit&#233; et rigueur budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, les pays membres de la zone euro seraient amen&#233;s &#224; passer des &#171; contrats &#187; avec un Tr&#233;sor europ&#233;en &#8211; aux pouvoirs de contr&#244;le intrusifs, note le Monde [1] &#8211; dans lesquels ils s'engagent &#224; mettre en &#339;uvre des r&#233;formes structurelles en &#233;change d'une &#171; incitation &#187; financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit ni plus ni moins d'une g&#233;n&#233;ralisation &#224; l'&#233;chelle de la zone euro des fameux &#171; m&#233;morandums &#187; impos&#233;s &#224; la Gr&#232;ce, &#224; l'Irlance, au Portugal et peut-&#234;tre bient&#244;t &#224; l'Espagne, dans lesquels la Tro&#239;ka impose la mise en &#339;uvre d'un certain nombre de r&#233;forme en &#233;change d'une &#171; aide &#187; qui s'av&#232;re en d&#233;finitive assez co&#251;teuse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agirait donc d'une &#233;tape suppl&#233;mentaire dans l'&#233;laboration de la m&#233;canique aust&#233;ritaire europ&#233;enne. D&#233;j&#224;, avec le Pacte budg&#233;taire et du 6-Pack, toute politique budg&#233;taire ambitieuse est proscrite. Dans le cadre du 2-Pack, le Conseil peut inciter un pays en difficult&#233; &#224; demander une aide financi&#232;re et se placer dans une situation de tutelle partielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, cette tutelle pourrait &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; l'&#233;chelle de la zone euro sous le pr&#233;texte d'une &#171; convergence budg&#233;taire &#187; qui est une convergence vers toujours plus d'aust&#233;rit&#233;... Une convergence vers le gouffre, en quelques sortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On passe d'un contr&#244;le a posteriori et d'une interdiction des d&#233;ficits&#8230; A une v&#233;ritable prescription des politiques &#233;conomiques. Ces prescriptions devront &#234;tre coh&#233;rentes avec celles du Pacte pour l'euro, qui listait les r&#233;formes &#224; mettre en &#339;uvre par les Etats membres et en priorit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; S'assurer d'une diminution du co&#251;t unitaire de la main d'&#339;uvre. C'est clair, il s'agit de mettre en place les conditions d'une diminution ou d'une stagnation des salaires comme &#233;l&#233;ment cl&#233; de la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187;. Dans la fonction publique, comme dans le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; R&#233;former le droit du travail et le march&#233; du travail pour plus de flexibilit&#233; et r&#233;duire les charges fiscales sur l'emploi. Second &#233;l&#233;ment pour plus de &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187;, d&#233;barrasser les entreprises du &#171; fardeau r&#233;glementaire &#187; : droit du travail, charges, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Assainir les finances publiques. Autrement dit, r&#233;former la protection sociale et l'assurance maladie, qui p&#232;seront moins lourd dans les budgets publics quand elles seront dans l'escarcelle du priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers l'union budg&#233;taire, il s'agit moins d'&#233;tablir un budget europ&#233;en qui permette des transferts entre Etats membres et une forme de solidarit&#233;, comme c'est classiquement le cas, que d'&#233;tablir une sorte de super Tro&#239;ka qui ne serait plus r&#233;serv&#233;e aux pays surendett&#233;s - puisqu'elle aurait le droit de regard sur les politiques &#233;conomiques de l'ensemble des pays de la zone euro. Autrement dit, chacun pour soi, et la Tro&#239;ka pour tous...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants europ&#233;ens sont-ils donc si satisfaits des r&#233;sultats des m&#233;morandums qui ont ruin&#233; la Gr&#232;ce, bient&#244;t le Portugal, qu'ils souhaitent les g&#233;n&#233;raliser &#224; toute la zone euro ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, il est &#233;mouvant de voir que les promoteurs de ce projet pr&#233;voient &#171; des m&#233;canismes pour une v&#233;ritable l&#233;gitimit&#233; et un contr&#244;le d&#233;mocratique sont n&#233;cessaires &#187; en pr&#233;cisant, comme principe cl&#233; &#171; le contr&#244;le d&#233;mocratique doit s'exercer au niveau o&#249; les d&#233;cisions sont prises &#187;. En voil&#224; une innovation r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; rassur&#233;s, puisque le contr&#244;le d&#233;mocratique des d&#233;cisions prises au niveau europ&#233;en reviendra au Parlement europ&#233;en : il sera d&#251;ment &#171; consult&#233; &#187;, de m&#234;me que des &#171; d&#233;bats &#187; seront organis&#233;s en lien avec les Parlement nationaux. Que demande le peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que la n&#233;cessit&#233; d'un dialogue social ouvert et actif est &#233;voqu&#233;e. Quand on constate de quelle mani&#232;re la Conf&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne des Syndicats &#8211; qui pour la premi&#232;re de son existence s'est oppos&#233;e &#224; un trait&#233; europ&#233;en avec le Pacte budg&#233;taire &#8211; a &#233;t&#233; ignor&#233;e et maltrait&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es, on se demande &#224; quoi s'attendre&#8230; Un dialogue social fa&#231;on #Pigeons, sans doute ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces petites attentions montrent cependant que les dirigeants europ&#233;ens marchent sur des &#339;ufs, et tentent tant bien que mal de donner des gages d&#233;mocratiques &#224; un durcissement sans pr&#233;c&#233;dent des contraintes exerc&#233;es sur la souverainet&#233; d&#233;mocratique des Etats de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre craignent-ils que les mouvements qui se sont lev&#233;s partout en Europe contre la d&#233;rive aust&#233;ritaire des institutions europ&#233;ennes ne parviennent &#224; contrecarrer leurs plans ? Nous le souhaitons de tout c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eric Scavennec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : pour les amateurs, voici le document (en anglais) qui d&#233;taille la position de la Pr&#233;sidence du Conseil europ&#233;en, &#233;crit entre Draghi (BCE), Barroso (Commission), Van Rompuy (Conseil) et Juncker (Eurogroupe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/europe/articl..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lemonde.fr/europe/articl..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>6 id&#233;es re&#231;ues sur la crise de la dette</title>
		<link>https://blogs.attac.org/vive-la-crise/article/6-idees-recues-sur-la-crise-de-la</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique cherche &#224; explorer, d&#233;velopper et expliquer les enjeux r&#233;v&#233;l&#233;s par la crise actuelle. Il souhaite imposer dans le d&#233;bat d&#233;mocratique des analyses et propositions alternatives sur la dette publique. Pour cela, il faut d'abord s'attacher &#224; d&#233;voiler la supercherie r&#233;v&#233;l&#233;e par de nombreuses id&#233;es re&#231;ues r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; longueur de temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entre autres exemples, est-ce vrai parce que les pays vivent au-dessus de leurs moyens qu'ils sont endett&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/vive-la-crise/" rel="directory"&gt;Vive la crise !&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique cherche &#224; explorer, d&#233;velopper et expliquer les enjeux r&#233;v&#233;l&#233;s par la crise actuelle. Il souhaite imposer dans le d&#233;bat d&#233;mocratique des analyses et propositions alternatives sur la dette publique. Pour cela, il faut d'abord s'attacher &#224; d&#233;voiler la supercherie r&#233;v&#233;l&#233;e par de nombreuses id&#233;es re&#231;ues r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; longueur de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre autres exemples, est-ce vrai parce que les pays vivent au-dessus de leurs moyens qu'ils sont endett&#233;s ? L'aust&#233;rit&#233; est-elle r&#233;ellement la seule voie raisonnable et possible ? Pourquoi n'y a-t-il pas la possibilit&#233; d'intervenir tr&#232;s rapidement pour soulager les &#201;tats europ&#233;ens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document est une introduction &#224; ces questions d'apparence simple. Mais aussi une invitation &#224; discuter de toutes les questions relatives &#224; la dette publique au sein Collectif pour un audit citoyen de la dette pour qu'&#233;mergent des solutions qui ne visent pas &#224; d&#233;manteler les services publics, la protection sociale ou le droit du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Id&#233;e re&#231;ue 1 : &#171; La dette est la cons&#233;quence d'une explosion des d&#233;penses publiques ! &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; On vit au-dessus de nos moyens&#8230; &#187; On nous rab&#226;che, dans les m&#233;dias dominants, que la cause principale des d&#233;ficits publics, et donc de la dette, serait l'explosion des d&#233;penses publiques ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est faux.&lt;/strong&gt; La part des d&#233;penses publiques dans leur ensemble (budget de l'&#201;tat, des collectivit&#233;s territoriales, des administrations de s&#233;curit&#233; sociale qui rassemblent les h&#244;pitaux publics et l'ensemble des r&#233;gimes de s&#233;curit&#233; sociale) est globalement stable depuis plusieurs ann&#233;es. Elle a m&#234;me diminu&#233; par rapport &#224; son point le plus haut atteint en 1993 avec 55 % du PIB, alors qu'en 2007, elle ne repr&#233;sente plus que 52,3 % du PIB. Cependant, la structure de ces d&#233;penses publiques a &#233;volu&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les d&#233;penses g&#233;n&#233;rales de l'&#201;tat (la d&#233;fense, l'enseignement, la recherche, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la dette qui touche de nombreux pays europ&#233;ens dont la France n'est donc pas provoqu&#233;e par un changement de comportement des gouvernements qui seraient devenus trop d&#233;pensiers par rapport &#224; leur comportement ant&#233;rieur. Il n'y a pas eu d'explosion des d&#233;penses ! Pour comprendre le creusement des d&#233;ficits publics, il y a d'autres explications : le manque de recettes fiscales, ou la crise financi&#232;re de 2007-2008.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Id&#233;e re&#231;ue 2 : &#171; La France n'est plus capable de financer son train de vie. &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La France serait sur le d&#233;clin. Plus capable de financer son mod&#232;le de protection sociale, elle devrait tourner le dos aux ann&#233;es de facilit&#233;. Il n'y aurait pas d'alternative, et il faudrait accepter le sang et les larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est faux !&lt;/strong&gt; La richesse produite par l'&#233;conomie fran&#231;aise n'a cess&#233; d'augmenter et il est tout &#224; fait possible de financer les d&#233;penses publiques. Par contre, depuis plusieurs dizaines d'ann&#233;es, les r&#233;formes fiscales des gouvernements, de gauche comme de droite, n'ont pas cess&#233; de priver le budget public de ressources &#224; travers la multiplication des cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recettes de l'&#201;tat repr&#233;sentaient 15,1 % du PIB en 2009 contre 22,5 % en 1982&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les imp&#244;ts progressifs ont vu leur part dans les recettes fiscales diminuer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette situation est reconnue officiellement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En avril 2010, dans un Rapport sur la situation des finances publiques pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'id&#233;e selon laquelle on n'aurait plus les moyens de financer les d&#233;penses publiques est donc un mensonge qui permet de justifier la mise en place de politiques fiscales injustes socialement et inefficaces &#233;conomiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les modalit&#233;s de ce financement doivent &#234;tre au centre des d&#233;bats d&#233;mocratiques. Il faut d&#233;noncer l'imposition de l'aust&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e et les coupes brutales dans les &#233;coles, les h&#244;pitaux, les tribunaux, et la remise en cause g&#233;n&#233;ralis&#233;e mod&#232;le social issu du Conseil national de la r&#233;sistance sous le pr&#233;texte qu'il n'y aurait pas d'alternative&#8230; Il faut une contre-r&#233;volution fiscale en Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Contrairement aux fausses id&#233;es v&#233;hicul&#233;es par les pr&#233;tendus &#171; experts &#187; du discours dominant, c'est la baisse des recettes et non l'explosion des d&#233;penses qui sont responsables des d&#233;ficits. Derri&#232;re cette &#233;volution, il y a une cause profonde, structurelle : c'est la mainmise des march&#233;s financiers sur nos &#233;conomies ! &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Id&#233;e re&#231;ue 3 : &#171; Ce sont les &#201;tats qui sont responsables de la crise de la dette, les march&#233;s financiers n'y sont pour rien ! &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon les rapports de la Commission europ&#233;enne, la crise de la dette serait due &#224; des d&#233;s&#233;quilibres structurels qui pr&#233;existaient &#224; la crise de 2007 : d&#233;penses publiques trop importantes, faible &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; des services publics&#8230; Ces arguments sont largement repris dans le d&#233;bat public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ils font l'impasse sur un aspect essentiel de la crise de la dette&lt;/strong&gt; : il est clair que la crise financi&#232;re d&#233;clench&#233;e en 2007 aux &#201;tats-Unis a &#233;t&#233; un facteur d&#233;cisif de l'endettement des &#201;tats. Avec en premi&#232;re ligne, la d&#233;r&#233;gulation financi&#232;re, qui n'a toujours pas &#233;t&#233; remise en cause&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re a frapp&#233; de plein fouet les banques europ&#233;ennes, qui s'&#233;taient largement impliqu&#233;es dans la sp&#233;culation sur les produits toxiques (cr&#233;dits &#171; Subprimes &#187;). La crise de confiance qui s'en est suivie a n&#233;cessit&#233; l'intervention des gouvernements pour &#233;viter une crise du syst&#232;me bancaire. Ces plans de sauvetage, sous forme d'emprunts &#224; des taux faibles, ont permis d'&#233;viter une grave crise syst&#233;mique, sans toutefois imposer de contreparties aux banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les banques ont en grande partie rembours&#233; ces emprunts. Mais l'ardoise de la crise financi&#232;re n'est pas lav&#233;e pour autant&#8230; Car les &#201;tats ont du s'endetter pour accorder ces pr&#234;ts. L'endettement public, mesur&#233; et exprim&#233; comme un pourcentage du PIB a nettement progress&#233; dans toutes les &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es depuis la crise financi&#232;re de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cession, en plus des cadeaux fiscaux du gouvernement, a creus&#233; les recettes et a n&#233;cessit&#233; des investissements publics. Le d&#233;ficit public a ainsi augment&#233; de 78 milliards d'euros, soit environ 4 points de PIB, entre 2007 et 2008 ! Dans toute l'Europe, la crise provoque des effets similaires : en moyenne les d&#233;ficits publics ont progress&#233; de 6 points de PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re a donc d&#233;bouch&#233; sur la crise de la dette en Europe. La crise financi&#232;re n'a m&#234;me pas abouti &#224; une remise en cause de la d&#233;r&#233;gulation financi&#232;re. Cette absence de r&#233;ponse a permis la sp&#233;culation sur les dettes publiques qui a aggrav&#233; la crise. Oui, la crise financi&#232;re et le fonctionnement d&#233;voy&#233; des march&#233;s financiers sont bien &#224; l'origine de la crise de la dette. Prenons-en acte : d&#233;sarmons les march&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Id&#233;e re&#231;ue 4 : &#171; Il n'y a pas d'autre choix que de &#171; rassurer les march&#233;s financiers &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On nous explique qu'il n'y a pas d'alternative. Ce sont les march&#233;s financiers qui d&#233;cident, puisque ce sont eux qui ont les cl&#233;s de l'&#233;conomie. Il faut donc faire acte de &#171; r&#233;alisme &#187; et se soumettre aux exigences des financiers, qui souhaitent que l'&#201;tat fonctionne comme une entreprise et ne se soucie surtout pas de redistribuer les richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#171; rassurer les march&#233;s &#187;, il faudrait &#224; la fois r&#233;duire les d&#233;penses publiques, et r&#233;duire les imp&#244;ts sur les grandes entreprises et les plus riches pour favoriser la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; et les investissements, et cela s'imposerait comme une loi de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est (bien &#233;videmment) faux !&lt;/strong&gt; Ce que l'on voudrait faire passer pour une loi de la nature est le r&#233;sultat d'un rapport de force qui est aujourd'hui tr&#232;s favorable aux multinationales, aux banques et aux fonds d'investissements. Il est pourtant possible de le renverser !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ce sont les gouvernements europ&#233;ens qui ont choisi de se lier les poings en interdisant toute restriction aux mouvements de capitaux entre &#201;tats membres (article 63 du Trait&#233; de Lisbonne), et en acceptant de se financer uniquement sur les march&#233;s financiers (depuis le Trait&#233; de Maastricht), sous pr&#233;texte de &#171; rigueur &#187; budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, ces mesures ont constitu&#233; un net recul par rapport aux conditions dans lesquelles la Banque de France pouvait, dans le cadre des lois de 1936, 1945, 1973, racheter les bons du Tr&#233;sor d&#233;tenus par les banques sur le march&#233; secondaire (pratique appel&#233;e open market), apr&#232;s autorisation du Parlement. Les lois bancaires de 1984 et 1986 ont par ailleurs aggrav&#233; la mainmise des march&#233;s en mettant en &#339;uvre la d&#233;r&#233;gulation financi&#232;re (fin de la s&#233;paration des banques de d&#233;p&#244;ts et des banques d'affaires, ouverture du march&#233; mon&#233;taire aux agents non bancaires, par exemple les compagnies d'assurances et autres institutions financi&#232;res).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce que les gouvernements ont fait, dans le sillon de la contre-r&#233;volution n&#233;olib&#233;rale, il est possible de le d&#233;faire ! Il faut d&#233;sarmer les march&#233;s en imposant des r&#233;gulations drastiques au secteur financier et bancaire. Interdire la sp&#233;culation, taxer les transactions financi&#232;res, s&#233;parer les banques d'investissement et les banques de d&#233;tail, d&#233;manteler des banques trop grosses, donc trop dangereuses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'autre part se redonner les moyens d'un financement public et d&#233;mocratique de l'&#233;conomie, permettre la relance d'une &#233;conomie qui ne soit pas tourn&#233;e vers la croissance aveugle, mais vers les services publics et les biens communs pour une prosp&#233;rit&#233; de qualit&#233;. Et pour cela permettre aux gouvernements d'emprunter en dehors des march&#233;s aupr&#232;s de leurs banques centrales, en m&#234;me temps qu'on engagerait une r&#233;forme fiscale radicale, afin de s'&#233;manciper de la tutelle destructrice des march&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le r&#244;le de la crise financi&#232;re et des march&#233;s financiers sont tr&#232;s largement &#233;lud&#233;s dans les d&#233;bats publics. A la place, on veut imposer l'aust&#233;rit&#233; pour &#171; rassurer les march&#233;s &#187;. Avec ces politiques, non seulement on ne s'attaque pas au probl&#232;me, mais on aggrave la situation ! &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Id&#233;e re&#231;ue 5 : Il faut imposer &#171; z&#233;ro d&#233;ficit &#187; comme r&#232;gle d'or des finances publiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette solution serait frapp&#233;e par le sceau du bon sens : s'il n'y a pas de d&#233;ficit, il ne peut y avoir constitution d'une dette. On pourrait donc se sortir de la crise de la dette en &#233;tant un peu plus &#171; disciplin&#233; &#187;, &#171; rigoureux &#187;, en d&#233;pensant moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est &#224; la fois faux et tr&#232;s dangereux !&lt;/strong&gt; &#171; Z&#233;ro d&#233;ficit &#187;, cela signifie que les investissements de long terme seront finance&#769;s par les recettes courantes ; cette r&#232;gle entra&#238;ne l'impossibilit&#233;, de fait, d'investir pour l'avenir, alors m&#234;me que la ne&#769;cessite&#769; d'amorcer la transition &#233;cologique va demander des investissements massifs. Or ces investissements seront utilise&#769;s des d&#233;cennies durant par plusieurs ge&#769;ne&#769;rations, ce qui justifie le recours &#224; l'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements pr&#233;tendent que les investissements priv&#233;s prendront le relais, si l'on privatise davantage, si l'on flexibilise le march&#233; du travail, si l'on privil&#233;gie la fiscalit&#233; sur la consommation plut&#244;t que sur les grandes entreprises. Mais ces mesures d'aust&#233;rit&#233; vont accentuer la r&#233;cession, et en l'absence de r&#233;gulation, les sommes d&#233;gag&#233;es serviront de mani&#232;re pr&#233;f&#233;rentielle &#224; la sp&#233;culation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat doit au contraire se donner les moyens d'intervenir dans l'&#233;conomie, et parfois accepter d'&#234;tre en d&#233;ficit. La crise de 1929, que l'on &#233;voque souvent, a &#233;t&#233; terrible et durable parce que les gouvernements ne sont pas intervenus pour soutenir l'activit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cette crise, on sait qu'il est essentiel que l'&#201;tat intervienne lorsque les entreprises diminuent leurs investissements et que la consommation des m&#233;nages se restreint. Sinon la r&#233;cession s'installe et s'accroit, provoquant des fortes hausses du ch&#244;mage et de la pauvret&#233;. Si l'on ajoute par-dessus le march&#233; des coupes budg&#233;taires on obtient le cercle vicieux de l'aust&#233;rit&#233; : aust&#233;rit&#233;, r&#233;cession, d&#233;ficits, dette, aust&#233;rit&#233;&#8230;Ce &#171; z&#233;ro d&#233;ficit &#187; rend &#224; nouveau possible des r&#233;cessions aux cons&#233;quences inimaginables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Id&#233;e re&#231;ue 6 : &#171; Pour nous sortir de la dette, il faut serrer les boulons, prendre des mesures &#171; douloureuses &#187; et r&#233;duire les d&#233;penses publiques. &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La &#171; discipline budg&#233;taire &#187; est pr&#233;sent&#233;e par les gouvernements et les &#171; experts &#187; de la finance comme la seule solution pour sortir de la crise de la dette. Mais qu'est-ce qui se cache derri&#232;re le terme &#171; politique d'aust&#233;rit&#233; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un programme global de r&#233;formes &#233;conomiques, qui comprend des coupes dans les d&#233;penses publiques (dans la fonction publique, dans les services publics, dans les allocations et la protection sociales, notamment les retraites), mais aussi des privatisations des biens publics, des attaques contre les droits sociaux, et notamment le droit du travail, et des r&#233;formes fiscales qui touchent principalement les classes populaires et moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'aust&#233;rit&#233; n'est pas douloureuse pour tout le monde...&lt;/strong&gt; La crise est instrumentalis&#233;e pour approfondir le programme n&#233;olib&#233;ral, fondamentalement injuste : pendant que les peuples grecs et portugais paient le prix fort de la crise, les banques europ&#233;ennes et entreprises du CAC40 n'ont jamais d&#233;gag&#233; autant de b&#233;n&#233;fices !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces politiques ne sont pas seulement injustes. Elles sont aussi &#233;conomiquement absurdes.&lt;/strong&gt; La recherche maniaque de &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; entra&#238;ne l'Europe dans une surench&#232;re de baisse des revenus, de coupes dans la protection sociale, un dumping social qui entra&#238;ne la r&#233;cession, puis de nouveaux d&#233;ficits, accentu&#233;s pas les coups de boutoir dans la fiscalit&#233; directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aust&#233;rit&#233; est un cercle vicieux, une spirale destructrice qui a d&#233;j&#224; entra&#238;n&#233; la Gr&#232;ce dans un chaos &#233;conomique et social sans pr&#233;c&#233;dent. Injuste, elle repr&#233;sente un programme de consolidation des int&#233;r&#234;ts des plus riches et des march&#233;s financiers. La dette justifie la braderie des droits sociaux, et une v&#233;ritable gabegie g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui doit cesser. Il faut mettre un terme aux politiques d'aust&#233;rit&#233;, imposer des annulations partielles de dette aux cr&#233;anciers priv&#233;s, et rendre possible les conditions d'une relance publique de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que retenir ? Qu'il existe plusieurs constats clairs et indiscutables :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les d&#233;ficits ne sont pas dus &#224; une augmentation irresponsable des d&#233;penses publiques, mais bien aux cadeaux fiscaux qui se sont multipli&#233;s pour les riches et les grandes entreprises. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La crise financi&#232;re et la crise bancaire ont &#233;t&#233; une source de d&#233;ficits suppl&#233;mentaires. La mainmise des march&#233;s financiers sur l'&#233;conomie est la cause structurelle de la crise de la dette.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'aust&#233;rit&#233;, la rigueur budg&#233;taire m&#232;ne l'Europe dans le gouffre. Il faut rompre avec le cercle destructeur de l'aust&#233;rit&#233;, et mettre en place les conditions d'un financement public et d&#233;mocratique de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours dominant tente d'&#233;luder ces trois aspects centraux de la crise de la dette, pour ass&#233;ner des contrev&#233;rit&#233;s, et promouvoir comme solution unique les politiques d'aust&#233;rit&#233; : sape des d&#233;penses publiques, de la protection sociale, privatisation des biens publics, fragilisation des droits sociaux et du droit du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise renvoie &#224; des enjeux non seulement nationaux, mais aussi europ&#233;ens. La crise de la dette est en effet aussi une crise de fonctionnement de la zone euro. Les solutions &#224; l'aust&#233;rit&#233;, port&#233;es par le Collectif pour un audit citoyen de la dette, s'articulent ainsi au plan europ&#233;en et national. A l'heure o&#249; le Pacte budg&#233;taire s'appr&#234;te &#224; imposer une v&#233;ritable camisole budg&#233;taire &#224; l'ensemble des pays europ&#233;ens, une autre Europe est plus que jamais n&#233;cessaire pour sortir de la crise de la dette. Celle-ci doit rompre avec la mainmise des march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les d&#233;penses g&#233;n&#233;rales de l'&#201;tat (la d&#233;fense, l'enseignement, la recherche, la Justice&#8230;) ont fortement diminu&#233;. Leur part est pass&#233;e de 25,5 % du PIB en 1993 &#224; un peu moins de 20 % en 2008. Les d&#233;penses des administrations de S&#233;curit&#233; sociale ont continu&#233; &#224; augmenter, en raison de l'augmentation des besoins sociaux, les progr&#232;s des techniques m&#233;dicales ou les sp&#233;culations des laboratoires qui rendent les protocoles de soin plus co&#251;teux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;penses des collectivit&#233;s territoriales ont elles aussi augment&#233;, &#224; cause des transferts de responsabilit&#233;s (b&#226;timents scolaires, r&#233;seau routier, logements sociaux, gestion du RMI/RSA...) dont l' Etat s'est d&#233;charg&#233;, sans associer &#224; ces transferts les financements n&#233;cessaire. C'est ainsi que l'aust&#233;rit&#233; se &#171; diffuse &#187; &#224; l'&#233;chelle locale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les imp&#244;ts progressifs ont vu leur part dans les recettes fiscales diminuer : l'imp&#244;t sur le revenu est devenu de moins en moins progressif, passant de 13 tranches &#224; 5 entre 1986 et aujourd'hui, et son taux marginal de 65 % &#224; 41 %. Sous l'&#232;re Sarkozy les droits de succession ont &#233;t&#233; largement all&#233;g&#233;s, et le rendement de l'ISF a &#233;t&#233; fortement amoindri apr&#232;s la suppression du bouclier fiscal en 2011. Les revenus financiers continuent &#224; b&#233;n&#233;ficier de faibles taux d'imposition. Il faut ajouter &#224; cela les quelques 500 niches fiscales dont le co&#251;t total est estim&#233; &#224; 145 milliards d'euros pour 2010. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s a vu son taux passer de 45 % en 1989 &#224; 33 % actuellement. Depuis trente ans, les cadeaux fiscaux, &#224; travers des m&#233;thodes d'&#171; optimisation fiscale &#187;, profitent davantage aux multinationales qu'aux PME. Si bien que les petites entreprises paient le taux plein, alors que les plus grandes paient des taux allant limit&#233;s &#224; 8%, et m&#234;me inf&#233;rieurs !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En avril 2010, dans un Rapport sur la situation des finances publiques pour le gouvernement, J.-P. Cotis et P. Champsaur, respectivement directeur et ancien directeur de l'INSEE, notent que &#171; si la l&#233;gislation &#233;tait rest&#233;e celle de 1999, (&#8230;) la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd'hui &#187; (p 13).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport d'information pour le d&#233;bat d'orientation budg&#233;taire du d&#233;put&#233; UMP G. Carrez (juillet 2010) montre qu'en l'absence des cadeaux fiscaux, le budget de l'&#201;tat aurait connu un l&#233;ger exc&#233;dent de 2006 &#224; 2008, et le d&#233;ficit n'aurait &#233;t&#233; que de 3,3 % au lieu de 7,5 % en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'aust&#233;rit&#233; &#224; marche forc&#233;e... 10 choses que vous devez savoir sur le Pacte budg&#233;taire </title>
		<link>https://blogs.attac.org/vive-la-crise/article/l-austerite-a-marche-forcee-10</link>
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		<dc:date>2012-03-26T17:21:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le nouveau trait&#233;... Traduction maison de l'excellent article du Corporate Europe Observatory, &#171; Automatic austerity &#187;, qui revient sur 10 &#233;l&#233;ments importants concernant le Pacte budg&#233;taire.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/vive-la-crise/" rel="directory"&gt;Vive la crise !&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le nouveau trait&#233;... Traduction maison de l'excellent article du Corporate Europe Observatory, &lt;a href=&#034;http://www.corporateeurope.org/publications/automatic-austerity&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Automatic austerity &#187;&lt;/a&gt;, qui revient sur 10 &#233;l&#233;ments importants concernant le Pacte budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mars 2012, 25 chefs d'&#201;tat et de gouvernements ont sign&#233; un nouveau trait&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pacte budg&#233;taire, ou Trait&#233; sur la stabilit&#233;, la coordination et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui devrait entrer en vigueur au d&#233;but de l'ann&#233;e 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Pacte budg&#233;taire a &#233;t&#233; con&#231;u dans l'urgence, et sous de tr&#232;s mauvais auspices : ses promoteurs avaient initialement pr&#233;vu de l'adopter sous forme de modification des trait&#233;s existants, mais le v&#233;to de la Grande-Bretagne, lors du Conseil europ&#233;en du 9 d&#233;cembre, les a oblig&#233;s &#224; cr&#233;er un nouveau Trait&#233; ad hoc. Cette proc&#233;dure permettait en outre une adoption plus &#171; souple &#187; et &#171; simple &#187;, c'est-&#224;-dire qu'elle garantissait moins d'&#171; interf&#233;rences &#187; li&#233;es &#224; tout d&#233;bat public et d&#233;mocratique, en adoptant un trait&#233; de l'Union europ&#233;enne qui n'en &#233;tait pas vraiment un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Pacte budg&#233;taire a pour vocation &#224; obliger les &#201;tats signataires &#224; appliquer des politiques budg&#233;taires tr&#232;s strictes via un renforcement des r&#232;gles et contr&#244;les. Entre autres, les d&#233;nomm&#233;s &#171; d&#233;ficits structurels &#187; devront rester sous la limite de 0,5% du PIB. Si l'adoption du nouveau trait&#233; a &#233;t&#233; chaudement applaudie par le monde des affaires, et notamment la f&#233;d&#233;ration patronale europ&#233;enne BusinessEurope, elle a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e de mani&#232;re univoque par les syndicats, et pour la premi&#232;re fois de son histoire, la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats (CES) s'est oppos&#233;e &#224; un trait&#233; europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce Trait&#233; rassure peut-&#234;tre les amis politiques de la Chanceli&#232;re Merkel, mais s&#251;rement pas les millions de ch&#244;meurs, de travailleurs pauvres et pr&#233;caires en Europe, qui attendent en vain un v&#233;ritable soutien de la part des institutions europ&#233;ennes. C'est pourquoi nous y sommes oppos&#233;s&lt;/i&gt; &#187; a expliqu&#233; Bernadette S&#233;gol, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la CES&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; de presse de la CES, 31 janvier 2012,&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des commentateurs et analystes s'accordent pour dire que ce trait&#233; ne va pas changer le cours de la crise de l'euro, et il n'a pas vocation &#224; le faire. Il vise davantage &#224; orienter les politiques &#233;conomiques futures de l'Union europ&#233;enne, ainsi qu'&#224; donner des gages &#224; l'&#233;lectorat allemand. La Chanceli&#232;re Angela Merkel a ainsi souhait&#233; exprimer sa fermet&#233; &#224; l'&#233;gard des pays surendett&#233;s, et montrer que le co-financement du M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MES) sera assorti de strictes conditionnalit&#233;s &#8211; de plans d'aust&#233;rit&#233; drastiques &#8211; pour les Etats membres qui souhaiteraient en b&#233;n&#233;ficier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois nouveaut&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse rapide du nouveau trait&#233; peut donner l'impression qu'il s'agit tout au plus d'un ensemble de nouvelles r&#232;gles et de m&#233;canismes. Ce texte est en effet rempli de dispositifs qui visent &#224; orienter les politiques &#233;conomiques dans de nombreux domaines. Si l'on met de c&#244;t&#233; les d&#233;clarations d'autocongratulation sur les &#171; r&#233;alisations &#187; pass&#233;es, la r&#233;p&#233;tition des contr&#244;les d&#233;j&#224; pr&#233;vus dans la l&#233;gislation europ&#233;enne et les suites &#224; donner &#224; ce Pacte, il reste tout au plus trois nouveaut&#233;s : une formalisation plus pouss&#233;e des Sommets de la zone euro, des m&#233;canismes d'intervention plus r&#233;actifs &#224; l'&#233;gard des pays en d&#233;ficits, ainsi que le fameux &#171; frein &#224; la dette &#187;, qui met en place de mani&#232;re contraignante des r&#232;gles pour r&#233;duire la dette et les d&#233;ficits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;nouer l'enchev&#234;trement de ces mesures peut s'av&#233;rer compliqu&#233;. En fait, les principaux &#233;l&#233;ments de ce trait&#233; se r&#233;sument en 10 points :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;1. Un &#171; trait&#233; pour l'aust&#233;rit&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'aspect central de ce trait&#233; : l'obligation pour les &#201;tats membres de durcir leurs politiques budg&#233;taires &#8211; en r&#233;duisant voire &#233;vitant les d&#233;ficits &#8211; de mani&#232;re bien plus drastique que ce qui est pr&#233;vu dans la l&#233;gislation europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le resserrement des politiques budg&#233;taires n'est bien &#233;videmment pas un &#233;l&#233;ment nouveau des politiques europ&#233;ennes. Le Pacte de stabilit&#233; et de croissance (issu du trait&#233; de Maastricht), au c&#339;ur de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire impose aux &#201;tats membres de garder leurs d&#233;ficits sous les 3% du PIB&#8230; Avec amendes &#224; la cl&#233;, dans le cas des pays de la Zone euro. Dans un premier temps, les gouvernements en faute se voient attribuer un programme pour atteindre un budget &#233;quilibr&#233;. L'&#233;l&#233;ment cl&#233; de ce &#171; programme d'ajustement &#187; est la r&#233;duction du &#171; d&#233;ficit structurel &#187; (voir ci-apr&#232;s), l'objectif &#233;tant g&#233;n&#233;ralement d'atteindre un objectif de 0,5% du PIB en plusieurs ann&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;glement 1466/97, article 5,&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le nouveau trait&#233; rend cet objectif obligatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Qu'est-ce que le d&#233;ficit structurel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit structurel est cens&#233; r&#233;v&#233;ler un probl&#232;me &#224; moyen-terme dans le budget d'un &#201;tat qui aurait des recettes insuffisantes et de d&#233;penses trop importantes. Pour obtenir ce d&#233;ficit, il faut soustraire au d&#233;ficit annuel de l'&#201;tat le d&#233;ficit d&#251; aux variations de l'&#233;conomie (en temps de crise, les d&#233;ficits s'accroissent de mani&#232;re &#171; automatique &#187;) ainsi que les d&#233;penses exceptionnelles des gouvernements, d&#233;penses consid&#233;r&#233;es comme &#171; l&#233;gitimes &#187; dont la liste est &#233;tablie. Ce d&#233;ficit structurel est la base sur laquelle on consid&#232;re qu'un &#201;tat doit prendre des mesures pour couper dans les d&#233;penses ou augmenter les taxes. Le &#171; frein &#224; la dette &#187; vise &#224; r&#233;duire ce d&#233;ficit identifi&#233; comme cause structurelle d'endettement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi calculer que si le trait&#233; &#233;tait appliqu&#233;, les coupes budg&#233;taires (ou hausses fiscales) se seraient av&#233;r&#233;es consid&#233;rables : pour le moment, seuls 4 &#201;tats membres font &#233;tat d'un d&#233;ficit en dessous du seuil &#171; magique &#187; de 3% (Luxembourg, Finlande, Su&#232;de, Estonie)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Statistiques Eurostat,&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans de nombreux pays, des mesures dramatiques devraient &#234;tre prises. En Belgique, par exemple, o&#249; sur un d&#233;ficit total de 4,6%, 4% sont consid&#233;r&#233;s par la Commission comme &#171; d&#233;ficit structurel &#187;. La Belgique devrait donc, selon le trait&#233;, r&#233;duire son d&#233;ficit sous une barre de 1,1% (0,5% de d&#233;ficit structurel + 0,6% de d&#233;ficit non structurel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A premi&#232;re vue, les &#201;tats signataires ne sont pas directement contraints &#224; prendre des mesures de r&#233;duction des d&#233;penses sociales. Pourtant, &#171; r&#233;duire le d&#233;ficit structurel &#187; pr&#233;suppose ici des mesures bien particuli&#232;res. Les recommandations de la Commission aux &#201;tats membres sous les coups d'une proc&#233;dure de d&#233;ficit excessif &#8211; actuellement cela concerne 23 des 27 Etats membres &#8211; sont tr&#232;s claires : il faut couper dans les d&#233;penses sociales pour diminuer le d&#233;ficit structurel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;European Economy, Occassional Papers 65, 2010,&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une limite de 0,5% du d&#233;ficit structurel va par ailleurs s&#233;rieusement r&#233;duire les options disponibles pour les gouvernements, notamment en situation de crise. Elle les emp&#234;chera de faire les investissements publics n&#233;cessaires pour r&#233;pondre &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il faut noter que le trait&#233; &#8211; ainsi que de nombreuses des r&#232;gles et proc&#233;dures europ&#233;ennes actuelles &#8211; met particuli&#232;rement l'accent sur les d&#233;penses. Cela a &#233;t&#233; confirm&#233; avec l'adoption du Pacte pour l'euro en mars 2011, qui explique de mani&#232;re claire que l'&#171; &#233;quilibre des finances publiques &#187; pr&#233;suppose des attaques contre les retraites, les d&#233;penses de sant&#233; et allocations sociales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pacte Europlus, page 19 des conclusions du Conseil, 24, 25 mars 2011,&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;2. Un pilotage automatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le &#171; frein &#224; la dette &#187; n'est pas respect&#233; par un gouvernement lors de l'adoption du budget national, des m&#233;canismes au sein m&#234;me de la l&#233;gislation nationale devraient d&#233;clencher des sanctions &#8211; suffisamment s&#233;rieuses pour remettre le gouvernement sur la voie d'une &#171; r&#233;duction des d&#233;ficits &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pose la question suivante : dans ce cas, qui va se charger de faire rentrer les gouvernements dans le rang, et comment ? Qui va poursuivre les gouvernements, les obliger &#224; changer leur politique &#233;conomique, et par quel biais ? Le trait&#233; nous donne quelques indices. La responsabilit&#233; pour d&#233;finir les &#171; principes communs &#187; des r&#232;gles budg&#233;taires est d&#233;volue &#224; la Commission europ&#233;enne, y compris les principes sur &#171; &lt;i&gt;l'ind&#233;pendance des institutions responsables au niveau europ&#233;en pour contr&#244;ler le respect strict des r&#232;gles&lt;/i&gt; &#187;. En d'autres termes, des instances ind&#233;pendantes seront mises en place au niveau national, probablement compos&#233;es d'experts et d'&#233;conomistes, afin de veiller &#224; l'application de la discipline budg&#233;taire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cela fait longtemps que l'id&#233;e de telles instances ind&#233;pendantes, disposant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;3. L'aust&#233;rit&#233; &#224; perp&#233;tuit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune limite temporelle n'est pr&#233;vue au renforcement des politiques budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte stipule en effet que les &#201;tats membres doivent adopter des &#171; &lt;i&gt;dispositions &#224; caract&#232;re contraignant, de pr&#233;f&#233;rence constitutionnelles, ou bien avec la garantie d'une application et d'une adh&#233;sion totale lors du processus d'adoption du budget national&lt;/i&gt; &#187;. En d'autres termes, de mani&#232;re permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;f&#233;rence de l'Allemagne va pour la proc&#233;dure constitutionnelle. L'Allemagne a r&#233;cemment adopt&#233; une modification constitutionnelle qui s'appr&#234;te &#224; forcer les gouvernements futurs &#224; rester en dessous d'un d&#233;ficit structurel de 0,35%. C'est ce type de mesure que la Chanceli&#232;re Merkel souhaiterait voir appliquer dans les autres &#201;tats membres. Il y a cependant d'autres possibilit&#233;s, qui doivent n&#233;anmoins s'appliquer de mani&#232;re permanente. Comme l'indiquait la Chanceli&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le frein &#224; la dette va &#234;tre contraignant et s'appliquer de mani&#232;re permanente. Les r&#232;gles ne doivent en aucun cas pouvoir &#234;tre chang&#233;es par une nouvelle majorit&#233; parlementaire&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Guardian, 30 janvier 2012,&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le texte stipule qu'il faut &#171; &lt;i&gt;respecter totalement les pr&#233;rogatives des parlements nationaux&lt;/i&gt; &#187;, mais dans un tel contexte, cela sonne davantage comme un v&#233;ritable pied-de-nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certains pays, une modification de la constitution n&#233;cessite un referendum, et il s'agit l&#224; d'un sc&#233;nario &#224; &#233;viter &#224; tout prix pour les promoteurs du Pacte budg&#233;taire. Une mani&#232;re de faire cela, dans le cadre de ce nouveau trait&#233; europ&#233;en qui n'en est pas un, serait de mettre en place une r&#232;gle permanente, quasi-constitutionnelle, mais en dehors de la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;4. En cas de doute, la Cour europ&#233;enne de justice aura le dernier mot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il si un &#201;tat membre consid&#232;re qu'un autre &#201;tat membre n'a pas adopt&#233; de l&#233;gislation suffisamment contraignante pour mettre en &#339;uvre les r&#232;gles du trait&#233; ? Dans ce cas, il peut porter plainte aupr&#232;s de la Cour de justice europ&#233;enne. Cela peut s'av&#233;rer quelque peu surprenant : en effet, le r&#244;le de la Cour de justice europ&#233;enne est de s'assurer du respect de la l&#233;gislation europ&#233;enne, pas de r&#233;gler des diff&#233;rends entre &#201;tats de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale ou sur la base de trait&#233;s hors de l'Union europ&#233;enne. Pourtant, la Cour de justice europ&#233;enne pourra &#224; ce titre imposer des amendes &#224; hauteur de 0,1% du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#244;le cl&#233; d&#233;volu &#224; la Cour de justice europ&#233;enne pourrait devenir tr&#232;s important dans le futur. Il permettra a tout &#201;tat membre de porter plainte sur tout aspect de la mise en &#339;uvre du trait&#233; dans un autre &#201;tat membre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;5. Peu ou pas de flexibilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les signataires devront-ils ramener leur d&#233;ficit structurel en dessous de 0,5% du PIB d&#232;s l'application du trait&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, mais cela devra se faire rapidement. Le temps d&#233;volu n'est pas encore clairement d&#233;fini dans les propositions de la Commission. Dans leurs &#171; efforts &#187; pour r&#233;duire les d&#233;ficits, les signataires auront exceptionnellement la possibilit&#233; de d&#233;vier du chemin &#233;troit de l'aust&#233;rit&#233;, dans le cas o&#249; ils feraient face &#224; une r&#233;cession ou croissance faible, &#224; condition que cela ne mette pas en danger l'atteinte d'un &#171; &#233;quilibre budg&#233;taire &#224; moyen terme &#187;. La m&#234;me exception figure lorsque l'objectif de 0,5% est atteint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exception reste n&#233;anmoins tr&#232;s floue, et pourrait ne jamais entrer en vigueur. La seule v&#233;ritable disposition permettant une flexibilit&#233; concerne les &#201;tats qui sont peu endett&#233;s, pour lesquels un d&#233;ficit de 1% du PIB est tol&#233;r&#233;. Mais peu de signataires pourront profiter de cette exception dans les prochaines ann&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;p&#234;che Eurostat, 6 f&#233;vrier 2012,&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M&#234;me en temps de crise, les signataires qui souhaiteraient mettre en place des politiques budg&#233;taires ambitieuses et des investissements publics se verront opposer des obstacles importants. Il s'agit de tuer dans l'&#339;uf toute tentative de r&#233;ponse keyn&#233;sienne &#224; la crise, r&#233;ponse qui a pourtant prouv&#233; son efficacit&#233; dans le pass&#233; quand bien m&#234;me elles auraient provoqu&#233; d'importants d&#233;ficits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand tout va bien, de tels resserrement budg&#233;taires sont inutiles. Quand tout va mal, ils ont des cons&#233;quences n&#233;fastes. Ce n'est pas un signe de mauvaise gestion que de pr&#233;senter des d&#233;ficits en temps de crise&lt;/i&gt; &#187; comme l'explique l'&#233;conomiste Jesper Jeffersen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Professeur Jesper Jespersen, interview, 24 f&#233;vrier 2012.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce trait&#233; s'appr&#234;te donc &#224; graver dans le marbre une r&#233;ponse &#224; la crise qui s'av&#232;re inadapt&#233;e, et &#224; faire en sorte que, en temps de crise, ce soient les d&#233;penses publiques qui soient syst&#233;matiquement d&#233;sign&#233;es comme responsables &#8211; m&#234;me si, comme c'est le cas aujourd'hui, les causes de la crise se trouvent davantage dans le fonctionnement du secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mauvais diagnostic&#8230; mauvais rem&#232;des.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;6. La m&#233;thode de calcul est biais&#233;e, et stigmatise les d&#233;penses sociales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tails du calcul du &#171; d&#233;ficit structurel &#187; sont trop compliqu&#233;s pour &#234;tre compr&#233;hensibles et transparents vis-&#224;-vis du grand public. En fait, il n'y a pas de consensus au plan international, ni m&#234;me &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, sur la m&#233;thode de calcul. Le FMI, l'OCDE, la Banque centrale europ&#233;enne et la Commission europ&#233;enne, chacun utilise sa propre approche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la m&#233;thode utilis&#233;e joue un r&#244;le crucial. Ce chiffre de 0,5% peut d&#233;terminer &#224; maints &#233;gards l'avenir de nos droits sociaux. D&#233;terminer si un &#201;tat se trouve d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre de ce seuil d&#233;pend dans une large mesure de la m&#233;thode de calcul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : en 2011, la Commission a calcul&#233; que le d&#233;ficit structurel du Danemark &#233;tait de 3%. Le gouvernement danois, quant &#224; lui, a avanc&#233; le chiffre de 1%. Si c'&#233;tait le chiffre de la Commission qui devait &#234;tre utilis&#233;, le pays devrait faire en termes d'efforts budg&#233;taires le double des &#233;conomies qu'il a r&#233;alis&#233;es en &#171; r&#233;formant &#187; son syst&#232;me de retraite (c'est-&#224;-dire en r&#233;duisant les pensions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la Banque nationale danoise, et le Ministre des finances du Danemark, la m&#233;thode employ&#233;e par le gouvernement refl&#232;te mieux la r&#233;alit&#233; de l'&#233;conomie danoise, tandis que la m&#233;thode de la Commission comprend des biais &#224; l'&#233;gard des pays qui disposent d'une importante protection sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commission europ&#233;enne, European Economy no 3, 2006,&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourtant, c'est bien la Commission qui sera en charge des principes communs de calculs des d&#233;ficits structurels, et il y a fort &#224; parier qu'elle propose les m&#234;mes m&#233;thodes qu'elle utilise actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;thodes employ&#233;es par un &#201;tat pourront par ailleurs &#234;tre port&#233;es devant la Cour de justice europ&#233;enne si elles sont consid&#233;r&#233;es comme inadapt&#233;es. L&#224; encore, tout porte &#224; croire que la Cour soutiendra les m&#233;thodes employ&#233;es par la Commission depuis des ann&#233;es. Ainsi les m&#233;thodes nationales de calcul risquent de ne pas faire long-feu : la Commission devrait faire de l'adoption de r&#232;gles uniformes une priorit&#233; ; ces r&#232;gles pourraient s'av&#233;rer un outil politique de premier choix pour imposer la discipline budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;7. Il s'agit d'un outil politique &#8211; les calculs sont peu fiables, voire dangereux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission aura donc un r&#244;le consid&#233;rable vis-&#224;-vis de l'&#233;tablissement de ces r&#232;gles de calcul. Elle a pourtant, &#224; plusieurs occasions, fait preuve d'une certaine forme de partialit&#233; dans ses fameux calculs. Le cas de l'Irlande est particuli&#232;rement parlant : fin 2008, la Commission avait ainsi pr&#233;vu de tr&#232;s bonnes perspectives pour l'&#233;conomie irlandaise, qui s'est pourtant effondr&#233;e en 2009. Plus &#233;tonnants, sans doute, sont les calculs que la Commission a r&#233;alis&#233;s apr&#232;s l'arriv&#233;e de la crise. Selon ces calculs, l'Irlande, qui subit actuellement une crise &#233;conomique majeure, serait pourtant proche d'un optimum de performance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exemples tir&#233;s de Pat McArcle ; &#8220;The Euro Crisis : The &#8216;Fiscal Compact' and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se doute bien que la Commission ne dispose pas de boule de cristal. Et quand bien m&#234;me, le calcul du &#171; d&#233;ficit structurel &#187; comporte tant d'impond&#233;rables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A critique argument&#233;e de la m&#233;thode de la Commission europ&#233;enne a &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que cet indicateur n'est pas vraiment pertinent pour juger de l'&#233;tat d'une &#233;conomie. Dans le cadre du Pacte budg&#233;taire, il est davantage utilis&#233; comme un outil pour jeter l'opprobre sur les d&#233;penses publiques comme des maux, et pousser les &#201;tats &#224; r&#233;former leurs &#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;8. La zone euro est aux manettes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du &#171; frein &#224; la dette &#187;, le trait&#233; comporte deux sections importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re reprend la d&#233;cision prise en octobre de tenir deux sommets la zone euro par an. Ces sommets seront pr&#233;sid&#233;s par un nouveau pr&#233;sident du sommet de la zone euro qui sera &#171; &lt;i&gt;d&#233;sign&#233; par les chefs d'&#201;tat et de gouvernements des parties contractantes dont la monnaie est l'euro &#224; la majorit&#233; simple, en m&#234;me temps que le Conseil europ&#233;en &#233;lit son Pr&#233;sident, et pour la m&#234;me dur&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette partie du trait&#233; a pr&#234;t&#233; &#224; controverse, en effet plusieurs pays en dehors de la zone euro, la Pologne en t&#234;te, ont exprim&#233; leurs craintes que les d&#233;cisions importantes soient prises au sein du club de l'euro (&#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e), club duquel ils seraient &#233;cart&#233;s. Le trait&#233; pr&#233;voit en l'occurrence que les pays hors de la zone euro puissent assister aux Sommets comme participants, ainsi que la tenue d'un Sommet des signataires du Pacte budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;9. Soumission et mise &#224; l'amende des pays en d&#233;ficit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde section concerne les r&#232;gles &#224; l'&#233;gard des pays en d&#233;ficits, qui sont elles aussi modifi&#233;es. Dans le cadre des trait&#233;s europ&#233;ens, il existe une &#171; proc&#233;dure de d&#233;ficit excessif &#187; qui vise &#224; obliger les &#201;tats membres &#224; rester sous le seuil de 3% de d&#233;ficit. Cette proc&#233;dure comprend plusieurs &#233;tapes : tout d'abord, la d&#233;cision de lancer la proc&#233;dure doit &#234;tre prise par Conseil europ&#233;en sur proposition de la Commission, puis l'&#201;tat membre concern&#233; doit produire un rapport sur les mesures qu'il consid&#232;re de prendre pour r&#233;sorber le d&#233;ficit, enfin en cas d'absence de r&#233;sultats, il peut recevoir un avertissement ou une amende s'il appartient &#224; la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proc&#233;dure est consid&#233;rablement renforc&#233;e avec le Pacte budg&#233;taire. En effet, les d&#233;cisions seront d&#233;sormais prises &#224; la &#171; majorit&#233; invers&#233;e &#187;, y compris pour le lancement de la proc&#233;dure. Le trait&#233; pr&#233;voit en effet qu'il faudra une majorit&#233; qualifi&#233;e des membres de la zone euro pour s'opposer au lancement des poursuites contre un &#201;tat membre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, seuls quatre membres de la zone euro ne sont pas sous le coup d'une proc&#233;dure de d&#233;ficit excessif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Su&#232;de, Finlande, Estonie et Luxembourg, lire&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais le mode de vote rendait la proc&#233;dure lente voire la bloquait. La majorit&#233; qualifi&#233;e &#233;tant difficile &#224; obtenir, ce sera d&#233;sormais plus simple d'infliger des amendes. En 2011, la France s'&#233;tait oppos&#233;e &#224; la majorit&#233; invers&#233;e&#8230; Ce sera d&#233;sormais la r&#232;gle avec le nouveau trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;10. Le trait&#233; va entrer dans la l&#233;gislation europ&#233;enne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait&#233; n'est pas un trait&#233; europ&#233;en. Pourtant, il donne des t&#226;ches et responsabilit&#233;s tr&#232;s importantes &#224; la Commission, et conf&#232;re &#224; la Cour de justice europ&#233;enne un pouvoir consid&#233;rable. Il est n&#233;anmoins pr&#233;vu qu'il int&#232;gre, d'ici 5 ans, la l&#233;gislation europ&#233;enne. Vu l'&#233;tat des discussions, ce sc&#233;nario est tout &#224; fait probable. La R&#233;publique Tch&#232;que et le Royaume-Uni ne sont pour le moment pas signataires, mais des arrangements sont en bonne voie d'&#234;tre trouv&#233;s, et le Royaume-Uni pourrait bien b&#233;n&#233;ficier d'exemptions &#224; certaines clauses dans le cadre d'un trait&#233; de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un danger pour la soci&#233;t&#233; et la d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ici &#224; ce qu'il soit int&#233;gr&#233; &#224; la l&#233;gislation europ&#233;enne, cela ne fera pas de diff&#233;rence. Le vrai changement sera sur le court-terme. D&#233;j&#224; l'an dernier, les r&#232;gles concernant la surveillance des budgets en d&#233;ficit ont &#233;t&#233; consid&#233;rablement renforc&#233;es, avec un resserrement des d&#233;lais, des exigences plus pressantes et plus contraignantes pour la mise en place de mesures d'aust&#233;rit&#233;, des amendes plus &#233;lev&#233;es&#8230; Avec le Pacte pour l'euro et les r&#233;formes de la gouvernance &#233;conomique (&#171; six-pack &#187;), cette tendance s'est accrue. Le &#171; trait&#233; d'aust&#233;rit&#233; &#187; resserre d'un cran les vis d'un &#233;difice institutionnel complexe, qui fait de l'aust&#233;rit&#233; l'alpha et l'om&#233;ga des politiques &#233;conomiques europ&#233;ennes&#8230; Et qui s'appr&#234;te &#224; heurter de plein fouet les droits sociaux et la protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, tout n'est pas encore jou&#233;. Le fait que 25 chefs d'&#201;tat et de gouvernement aient paraph&#233; le texte ne signifie pas que tout est termin&#233;. Pour commencer, le trait&#233; doit &#234;tre ratifi&#233;, et malgr&#233; le fait qu'il ait &#233;t&#233; tout particuli&#232;rement pens&#233; pour &#233;viter de susciter le d&#233;bat d&#233;mocratique, le gouvernement irlandais a d'ores et d&#233;j&#224; &#233;t&#233; forc&#233; de tenir &#224; un r&#233;f&#233;rendum en fin d'ann&#233;e. Et quand bien m&#234;me il serait ratifi&#233; et mis en &#339;uvre, ce trait&#233; sera sans doute la cible d'une r&#233;sistance sociale massive, lorsque ses cons&#233;quences deviendront claires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corporate Europe Observatory, Mars 2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction par Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pacte budg&#233;taire, ou Trait&#233; sur la stabilit&#233;, la coordination et la gouvernance de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire &#187; T, &lt;a href=&#034;http://www.european-council.europa.eu/media/582863/06-tesm2.fr12.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.european-council.europa.eu/media/582863/06-tesm2.fr12.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Communiqu&#233; de presse de la CES, 31 janvier 2012, &lt;a href=&#034;http://etuc.org/a/9605&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://etuc.org/a/9605&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;glement 1466/97, article 5,&lt;a href=&#034;http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CONSLEG:1997R1466:20111213:EN:PDF&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CONSLEG:1997R1466:20111213:EN:PDF&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Statistiques Eurostat, &lt;a href=&#034;http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&amp;init=1&amp;language=en&amp;pcode=tsieb080&amp;plugin=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&amp;init=1&amp;language=en&amp;pcode=tsieb080&amp;plugin=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;European Economy, Occassional Papers 65, 2010, &lt;a href=&#034;http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/occasional_paper/2010/pdf/ocp65_en.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/occasional_paper/2010/pdf/ocp65_en.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pacte Europlus, page 19 des conclusions du Conseil, 24, 25 mars 2011, &lt;a href=&#034;http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ec/120296.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ec/120296.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cela fait longtemps que l'id&#233;e de telles instances ind&#233;pendantes, disposant d'un r&#244;le important est d&#233;battue au sein les institutions europ&#233;ennes, et de nouvelles propositions l&#233;gislatives dans ce sens devraient &#234;tre faites bient&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;The Guardian, 30 janvier 2012, &lt;a href=&#034;http://www.guardian.co.uk/business/2012/jan/30/eu-summit-eurozone-treaty-deal?newsfeed=true&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.guardian.co.uk/business/2012/jan/30/eu-summit-eurozone-treaty-deal?newsfeed=true&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;p&#234;che Eurostat, 6 f&#233;vrier 2012, &lt;a href=&#034;http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-06022012-AP/EN/2-06022012-AP-EN.PDF&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-06022012-AP/EN/2-06022012-AP-EN.PDF&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Professeur Jesper Jespersen, interview, 24 f&#233;vrier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Commission europ&#233;enne, European Economy no 3, 2006, &lt;a href=&#034;http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/publication423_en.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/publication423_en.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Exemples tir&#233;s de Pat McArcle ; &#8220;The Euro Crisis : The &#8216;Fiscal Compact' and Fiscal Policy&#8221;, Working Paper 6, Institute of International and European Affairs, 2012, page 13. &lt;a href=&#034;http://www.iiea.com/publications/the-euro-crisis-the-fiscal-compact-and-fiscal-policy&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iiea.com/publications/the-euro-crisis-the-fiscal-compact-and-fiscal-policy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A critique argument&#233;e de la m&#233;thode de la Commission europ&#233;enne a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e par la Banque Nationale danoise (d&#233;partement &#233;conomie) : Ann-Louise Winther ; &#8220;Konjunkturudsving og offentlige finanser&#8221;, Kvartalsoversigt, 1. Kvartal 2011 del 1, Danmarks Nationalbank, 2011, pp. 71- 91. &lt;a href=&#034;https://www.nationalbanken.dk/C1256BE2005737D3/side/7E21A951977D9382C1257855004AE526/$file/konjunkturudsving.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalbanken.dk/C1256BE2005737D3/side/7E21A951977D9382C1257855004AE526/$file/konjunkturudsving.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Su&#232;de, Finlande, Estonie et Luxembourg, lire &lt;a href=&#034;http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/deficit/index_en.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/deficit/index_en.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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