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	<title>Les blogs d'Attac</title>
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	<description>Qui sommes-nous ? Fond&#233;e en 1998, suite &#224; la r&#233;daction d'un &#233;ditorial du Monde diplomatique : &#171; D&#233;sarmer les march&#233;s &#187; (d&#233;cembre 1997), Attac (Association pour la taxation des transactions financi&#232;res et pour l'action citoyenne) promeut et m&#232;ne des actions de tous ordres en vue de la reconqu&#234;te, par les citoyens, du pouvoir que la sph&#232;re financi&#232;re exerce sur tous les aspects de la vie politique, &#233;conomique, sociale et culturelle dans l'ensemble du monde.
Attac se revendique comme un mouvement d'&#233;ducation populaire tourn&#233; vers l'action, consid&#233;rant que le premier outil pour changer le monde est le savoir des citoyens. Attac produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Fin 2010, Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays, chaque organisation nationale &#233;tant autonome et devant simplement adh&#233;rer &#224; la plateforme internationale ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 170 comit&#233;s locaux.
L'association est dirig&#233;e par un conseil d'administration de 42 membres &#233;lus par les adh&#233;rents, et dispose de l'expertise d'un conseil scientifique de 110 membres.
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		<title>St&#233;r&#233;otypes sexistes</title>
		<link>https://blogs.attac.org/commission-genre/pauvrete-et-precarite-des-femmes/article/stereotypes-sexistes</link>
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		<dc:date>2013-11-08T14:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claudine Blasco</dc:creator>


		<dc:subject>Genre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'in&#233;galit&#233; hommes femmes, la domination masculine restent une constante universelle, pr&#233;sente au Nord comme au Sud, dans toutes les classes et les milieux sociaux qui malgr&#233; les luttes, les droits, les lois et les &#233;volutions juridiques, techniques, scientifiques m&#233;dicales et sociologiques, persistent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le dernier bilan d'ONU-femmes sur la situation des femmes dans le monde le d&#233;montre. Elles sont la majorit&#233; des pauvres, des analphab&#232;tes, des victimes de violences, ou de mauvais soins. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-genre/pauvrete-et-precarite-des-femmes/" rel="directory"&gt;Pauvret&#233; et pr&#233;carit&#233; des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://blogs.attac.org/mot/genre" rel="tag"&gt;Genre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'in&#233;galit&#233; hommes femmes, la domination masculine restent une constante universelle, pr&#233;sente au Nord comme au Sud, dans toutes les classes et les milieux sociaux qui malgr&#233; les luttes, les droits, les lois et les &#233;volutions juridiques, techniques, scientifiques m&#233;dicales et sociologiques, persistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier bilan d'ONU-femmes sur la situation des femmes dans le monde le d&#233;montre. Elles sont la majorit&#233; des pauvres, des analphab&#232;tes, des victimes de violences, ou de mauvais soins. Elles sont &#233;cart&#233;es des lieux de pouvoir politique, &#233;conomique et financier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette in&#233;galit&#233; d&#233;coule de leur statut dans les syst&#232;mes d'organisation de notre soci&#233;t&#233; monde : le patriarcat et le n&#233;olib&#233;ralisme qui se compl&#232;tent l'un l'autre pour maintenir les femmes en &#233;tat d'inf&#233;riorit&#233; et les transformer en objet ou marchandise. Ces deux syst&#232;mes utilisent des vecteurs de propagande et de conditionnement dont les plus efficaces sont les st&#233;r&#233;otypes sexistes qui agissent sur les mentalit&#233;s et les comportements autant des femmes que des hommes. Et nous allons voir qu'ils ont un impact non n&#233;gligeable sur le corps des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce qu'un st&#233;r&#233;otype ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une opinion toute faite, un clich&#233;, une caricature, une g&#233;n&#233;ralisation, une reproduction fig&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les st&#233;r&#233;otypes cr&#233;ent des mod&#232;les sociaux types imaginaires, des codes soci&#233;taux simplifi&#233;s qui tiennent rarement compte de la diversit&#233; et de la complexit&#233; de la r&#233;alit&#233;. Ils entrainent presque syst&#233;matiquement des pr&#233;jug&#233;s et des discriminations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les st&#233;r&#233;otypes sexistes v&#233;hiculent des valeurs de sup&#233;riorit&#233; masculine, de comparaison des sexes au d&#233;triment des femmes, de positionnement hi&#233;rarchique et non &#233;galitaire qui enferment les &#234;tres humains dans des cat&#233;gories sociales et dans des interdits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le conditionnement sexiste d&#233;bute d&#232;s la naissance&lt;/strong&gt; &#224; la maternit&#233; quand on laisse pleurer plus les filles que les gar&#231;ons suivant le st&#233;r&#233;otype que les filles pleurent sans raison car trop &#233;motives, quelquefois m&#234;me avant la naissance comme en Inde o&#249; la famille pr&#233;f&#232;re avorter lorsque le foetus est identifi&#233; comme une fille donc sens&#233; co&#251;ter plus cher et &#234;tre plus inutile . &lt;br class='autobr' /&gt;
Puis dans l'enfance par le v&#234;tement (une fille &#231;a aime les robes et un gar&#231;on les pantalons), les couleurs (les filles sont en rose, et les gar&#231;ons en bleu), les jeux (les filles pr&#233;f&#232;rent les poup&#233;es et les gar&#231;ons des voitures) et surtout par la transmission dans le milieu familial des r&#244;les sociaux genr&#233;s, ensuite par l'&#233;ducation dans le milieu scolaire par les livres reproduisant les st&#233;r&#233;otypes de la maman &#224; la cuisine et le papa au bureau. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il se poursuit dans les m&#233;dias (peu de femmes experts, mais plut&#244;t des m&#233;nag&#232;res de moins de 50 ans).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les st&#233;r&#233;otypes sexistes sont aussi v&#233;hicul&#233;s par le cin&#233;ma, la litt&#233;rature, le sport et la publicit&#233;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Mais ils sont surtout v&#233;hicul&#233;s par chacun et chacune d'entre nous&lt;/strong&gt;, si nous n'y prenons pas garde. Le langage utilis&#233; n'est jamais neutre (par exemple les noms de m&#233;tiers qui n'existent pas au f&#233;minin). &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont un &lt;strong&gt;impact sur l'orientation scolaire et le monde du travail &lt;/strong&gt; (m&#233;tiers dits f&#233;minins, temps partiel, plafond de verre) et des repr&#233;sentations politiques et &#233;conomiques (peu de femmes parlementaires ou cadres). &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont plus qu'on ne le pense un &lt;strong&gt;impact directement sur le corps des femmes &lt;/strong&gt; (obligation de maternit&#233;, soins moins souvent dispens&#233;s aux filles qu'aux gar&#231;ons, prostitution, traite des femmes, violences, viols, progression du VIH, anorexie, excision, dictature de la taille mannequin, de la beaut&#233; et de la jeunesse &#224; tout prix).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les st&#233;r&#233;otypes sexistes, s'ils enferment les femmes, emp&#234;chent aussi les hommes de sortir des sch&#233;mas sociaux patriarcaux, car chaque st&#233;r&#233;otype sur les femmes entra&#238;ne un st&#233;r&#233;otype sur les hommes.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le st&#233;r&#233;otype de &lt;strong&gt;la f&#233;e du logis &lt;/strong&gt; dont la plus grande joie est de bien entretenir sa maison, femme au foyer, &#233;panouie par le m&#233;nage, la cuisine et la maternit&#233; , douce, docile et soumise, porteuse de la tradition et centr&#233;e sur son foyer a pour pendant l'homme d&#233;sordonn&#233;, sportif, travailleur toujours absent, vecteur de modernit&#233; , ouvert sur le monde et la vie publique, autoritaire et quelquefois violent, ou celui de l'homme enfant qui appelle son &#233;pouse maman. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a eu pour cons&#233;quence la division sexuelle du travail, l'enferment des femmes dans la sph&#232;re priv&#233;e et leur non acc&#232;s &#224; la sph&#232;re publique, de m&#234;me qu'ils emp&#234;chent les hommes de s'occuper de leur foyer ou de postuler sur des m&#233;tiers dits f&#233;minins. Il entra&#238;ne surtout une obligation pour les femmes de s'&#233;panouir par la maternit&#233; et le soin aux autres, se sacrifiant, sant&#233; comprise, pour le bien de sa famille ou de sa communaut&#233;. Il justifie les violences conjugales. Il justifie le m&#233;pris et l'incompr&#233;hension de certain-e-s pour les femmes qui osent donner leur point de vue sur les affaires du monde et veulent s'engager dans la vie publique. Une des cons&#233;quences est que la sant&#233; maternelle et reproductive est le parent pauvre de la sant&#233; publique mondiale (la femme est faite pour porter des enfants et doit accoucher dans la douleur) et que la contraception et l'avortement sont de plus en plus hors de port&#233;e des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre st&#233;r&#233;otype d&#233;crivant les femmes comme &lt;strong&gt;douillettes et plaintives &lt;/strong&gt; emp&#234;che certaines femmes de consulter un m&#233;decin d&#232;s les premiers sympt&#244;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;st&#233;r&#233;otype de la femme-objet&lt;/strong&gt;, femme-corps sans t&#234;te, superficielle, s&#233;ductrice, l&#233;g&#232;re, infid&#232;le, d&#233;pensi&#232;re et sotte (blagues sur les blondes), (repos du guerrier) entra&#238;ne le st&#233;r&#233;otype de l'homme fort dou&#233; de raison, de pond&#233;ration et d'intelligence, mais aussi irr&#233;sistiblement attir&#233; par les attributs sexuels des femmes, seul habilit&#233; &#224; exercer le pouvoir et &#224; &#234;tre le chef de famille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce st&#233;r&#233;otype a entra&#238;n&#233; la prostitution (tout homme a droit au corps d'une femme), la traite des femmes et le mariage forc&#233; (puisqu'elles sont des objets elles peuvent &#234;tre vendues) , l'excision (ces s&#233;ductrices ne doivent pas avoir de plaisir sexuel pour rester &#171; d'honn&#234;tes femmes &#187;), le viol en temps de guerre comme en Serbie ou RDC ( le corps des femmes doit appartenir au vainqueur), mais aussi le viol en temps de paix (les femmes aiment &#231;a, quand elles disent non, elles pensent oui) et encore le marquage vestimentaire des femmes par les religions (voile, v&#234;tements longs) (il faut cacher tout attribut physique de ces s&#233;ductrices) .&lt;br class='autobr' /&gt;
Par suite les homosexuels sont rejet&#233;s et stigmatis&#233;s dans une soci&#233;t&#233; b&#226;tie sur ces st&#233;r&#233;otypes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le corps des femmes est utilis&#233; syst&#233;matiquement dans la publicit&#233;&lt;/strong&gt; pour inciter &#224; l'achat ou &#224; la consommation, mais au-del&#224; de l'effet &#233;conomique cette utilisation a un impact politique et social qui p&#233;rennise les r&#244;les sociaux sexu&#233;s et cr&#233;e une identit&#233; symbolique. Ce corps est mis en avant pour cacher l'esprit des femmes et leurs capacit&#233;s intellectuelles (Sois belle et tais-toi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les magazines f&#233;minins, le corps des femmes est standardis&#233; &lt;/strong&gt; au seul go&#251;t des hommes, v&#233;hiculant le st&#233;r&#233;otype qu'une belle femme s&#233;duisante ne doit pas d&#233;passer la taille 38 et r&#233;pondre aux crit&#232;res de jeunesse et de beaut&#233; des mannequins photographi&#233;s dans ces m&#234;mes magazines. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette manipulation mentale pousse beaucoup de jeunes femmes et de moins jeunes vers la chirurgie esth&#233;tique, des r&#233;gimes d&#233;sastreux pour leur sant&#233;, l'anorexie ou la d&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait ces &lt;strong&gt;st&#233;r&#233;otypes d&#233;coulent de deux fausses hypoth&#232;ses&lt;/strong&gt; sur lesquelles est bas&#233; le patriarcat : &lt;strong&gt;la soi-disant inf&#233;riorit&#233; biologique et intellectuelle des femmes et la passivit&#233; des femmes&lt;/strong&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rien n'est moins vrai, les progr&#232;s dans les sciences m&#233;dicales et biologiques nous ont prouv&#233; l'inanit&#233; de la premi&#232;re affirmation et les femmes se sont organis&#233;es, r&#233;volt&#233;es, et se r&#233;voltent encore contre leur statut, mais le syst&#232;me monde patriarco-n&#233;olin&#233;ral veut faire croire qu'elles sont isol&#233;es et leur lutte sans fondement. L'histoire du f&#233;minisme manque de biographes et pousse les f&#233;ministes les plus r&#233;centes &#224; se penser les premi&#232;res &#224; se r&#233;volter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme l'a d&#233;montr&#233; Pierre Bourdieu, la domination masculine et l'inf&#233;riorit&#233; des femmes ont &#233;t&#233; historiquement construits et ne sont nullement naturelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les strat&#233;gies de domination patriarcale passent par la division du travail, des responsabilit&#233;s et des espaces, l'isolement et le d&#233;nigrement des femmes, les femmes &#233;tant presque toujours r&#233;duites &#224; leurs corps ; par la manipulation mentale de tous mais aussi par des interdits pour les hommes et la perp&#233;tuation de sch&#233;mas sociaux de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les st&#233;r&#233;otypes sexistes traversent les si&#232;cles et se perp&#233;tuent de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration, ils sont le vecteur le plus puissant du patriarcat&lt;/strong&gt;, le n&#233;olib&#233;ralisme l'a compris et s'en sert aussi pour marchandiser le corps des femmes. C'est pourquoi non seulement nous devons lutter collectivement pour garder ou acqu&#233;rir de nouveaux droits et lois, mais il est aussi important qu'hommes et femmes individuellement nous prenions conscience de ces st&#233;r&#233;otypes, les d&#233;codions et les combattions afin d'obtenir ce changement de mentalit&#233; n&#233;cessaire pour mettre fin aux discriminations et in&#233;galit&#233;s hommes-femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le care, d&#233;pendance, ind&#233;pendance et interd&#233;pendance des femmes</title>
		<link>https://blogs.attac.org/commission-genre/article/le-care-dependance-independance-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://blogs.attac.org/commission-genre/article/le-care-dependance-independance-et</guid>
		<dc:date>2013-02-06T16:56:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claudine Blasco</dc:creator>


		<dc:subject>Autonomie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;pendance</dc:subject>
		<dc:subject>Care</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>Migration</dc:subject>
		<dc:subject>Genre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment dans cette soci&#233;t&#233; marchande terriblement individualiste et fondamentalement in&#233;galitaire , pourrions-nous arriver &#224; l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes ? Nous avons compris depuis longtemps que dans ce syst&#232;me patriarcal dominateur l'autonomie &#233;conomique et sociale des femmes est une condition importante de notre &#233;mancipation. Pourtant depuis le temps que nous la r&#233;clamons, les r&#233;sultats ne sont pas &#224; la hauteur de nos esp&#233;rances, car les valeurs profondes de la soci&#233;t&#233; ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-genre/" rel="directory"&gt;Commission Genre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://blogs.attac.org/mot/autonomie" rel="tag"&gt;Autonomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://blogs.attac.org/mot/dependance" rel="tag"&gt;D&#233;pendance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://blogs.attac.org/mot/care" rel="tag"&gt;Care&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://blogs.attac.org/mot/democratie" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://blogs.attac.org/mot/migration" rel="tag"&gt;Migration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://blogs.attac.org/mot/genre" rel="tag"&gt;Genre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment dans cette soci&#233;t&#233; marchande terriblement individualiste et fondamentalement in&#233;galitaire , pourrions-nous arriver &#224; l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes ? Nous avons compris depuis longtemps que dans ce syst&#232;me patriarcal dominateur l'autonomie &#233;conomique et sociale des femmes est une condition importante de notre &#233;mancipation. Pourtant depuis le temps que nous la r&#233;clamons, les r&#233;sultats ne sont pas &#224; la hauteur de nos esp&#233;rances, car les valeurs profondes de la soci&#233;t&#233; ne changent pas, ce qui fait que les mentalit&#233;s n'&#233;voluent gu&#232;re . Alors pourquoi ne pas changer les valeurs de nos soci&#233;t&#233;s pour r&#233;volutionner les fondements les plus profonds des relations humaines. Et vous allez le voir le care nous permet cette r&#233;volution dans les rapports sociaux humains.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que le care ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Concept venu du f&#233;minisme antilib&#233;ral am&#233;ricain, il recouvre &#224; la fois des pratiques du quotidien et une philosophie de vie , c'est &#224; la fois prendre soin des autres et avoir le souci des autres. Le care ne peut &#234;tre pens&#233; seulement comme un sentiment intime, mais bien comme un processus o&#249; des activit&#233;s concr&#232;tes s'int&#232;grent &#224; des rapports sociaux, &#224; des politiques publiques. Le travail domestique, l'&#233;ducation, la sant&#233;, les soins aux personnes d&#233;pendantes en font partie. Le care s'adapte aux particularit&#233;s des situations et des personnes, aux d&#233;tails ordinaires de la vie pour assurer l'entretien et la continuit&#233; de notre monde .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la d&#233;finition de Joan Tronto : activit&#233; caract&#233;ristique de l'esp&#232;ce humaine qui inclut tout ce que nous faisons en vue de maintenir, de continuer ou de r&#233;parer notre monde de telle sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde inclut nos corps, nos individualit&#233;s et notre environnement, que nous cherchons &#224; tisser ensemble dans un maillage complexe qui soutient la vie. Le care peut se diviser en 4 phases : D'abord la reconnaissance de la vuln&#233;rabilit&#233; et du besoin que l'on peut appeler l'attention, en 2 la prise de responsabilit&#233;, la prise de d&#233;cision d'agir , en 3 l'activit&#233; de soin appel&#233; aussi comp&#233;tence et enfin la r&#233;ception du care. Un des paradoxes du care est qu'il recherche son propre effacement en visant une certaine autonomie des enfants , des handicap&#233;s, des personnes &#226;g&#233;es, tout en critiquant le mod&#232;le universel d'autonomie impos&#233; par notre soci&#233;t&#233; lib&#233;rale, au regard de notre propre vuln&#233;rabilit&#233; pour proposer un nouveau concept d'autonomie relative li&#233;e &#224; l'interd&#233;pendance des citoyens et aux temps de vuln&#233;rabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En quoi nous les femmes sommes-nous concern&#233;es par le care ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &lt;strong&gt;triplement concern&#233;es&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord parce que nous sommes les &lt;strong&gt;premi&#232;res b&#233;n&#233;ficiaires du care&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cause de notre plus grande esp&#233;rance de vie que les hommes (l'esp&#233;rance de vie des femmes &#224; 65 ans = 23,0 ans contre 18,5 ans pour les hommes ) et donc de notre surrepr&#233;sentation dans la population &#226;g&#233;e, plus on avance en &#226;ge (60 % des personnes &#226;g&#233;es de 75 &#224; 84 ans et pr&#232;s de 85% des 95 ans et plus sont des femmes.) nous sommes davantage confront&#233;es &#224; des probl&#232;mes de sant&#233; et de perte d'autonomie. les 3/4 des b&#233;n&#233;ficiaires de l'Allocation Personnalis&#233;e d'Autonomie (APA) sont aujourd'hui des femmes (INED enqu&#234;te n 483 Nov 2011). &#201;tant plus en situation de d&#233;pendance que les hommes , nous avons besoin de soins, de care pendant notre grand &#226;ge afin de garder un minimum d'autonomie sociale .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite parce que nous sommes &lt;strong&gt;les premi&#232;res pourvoyeuses de care par le travail domestique, la garde et l'&#233;ducation des enfants et en tant qu'aidantes familiales&lt;/strong&gt;, non professionnelles pour les personnes d&#233;pendantes. D'apr&#232;s l'INSEE en 2010 72% du travail domestique est assur&#233; par les femmes en France. Selon l'INED les femmes sont aujourd'hui plus souvent en position d'aidantes que les hommes : en 2000, l'aide &#224; un parent &#233;tait assur&#233;e dans les 3/4 des cas par une fille, l'aide &#224; un conjoint &#224; 70% par sa femme. Engagement de long terme, cercle vicieux et inadaptation nationale, aujourd'hui l'aide &#224; la d&#233;pendance proph&#233;tise souvent une d&#233;pendance future des aidants . Fatiguant moralement et physiquement, entra&#238;nant souvent un arr&#234;t de la carri&#232;re professionnelle ou un temps partiel donc une plus grande pr&#233;carit&#233;, des difficult&#233;s financi&#232;res&#8230;le travail d'aidant n'est pas sans cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'&#233;tude de l'INED,&#034;la p&#233;nibilit&#233; et le stress en d&#233;coulant se traduisent par des risques accrus de troubles psychiques et en particulier de d&#233;pression. [...] les aidants, notamment les conjoints, pourraient n&#233;gliger leur propre sant&#233; et diff&#233;rer leurs soins, avec le risque d'acc&#233;l&#233;rer leur propre entr&#233;e dans la d&#233;pendance'&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes aidantes sont plus de 4 millions en France, dont 3 millions de femmes selon l'enqu&#234;te 2010 de la DRESS (Enqu&#234;te Handicap-Sant&#233; aupr&#232;s des Aidants). On voit bien l&#224; que les aidantes familiales perdent de leur autonomie sociale et &#233;conomique le jour o&#249; elles d&#233;cident ou sont contraintes de faire du care . Leur seul recours aujourd'hui quand les appels &#224; l'aide vers la famille , les voisins, les associations ne sont plus entendus c'est le march&#233; priv&#233; du care.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin c'est dans ce secteur que nous retrouvons la troisi&#232;me cat&#233;gorie des femmes concern&#233;es : les &lt;strong&gt;travailleuses salari&#233;es du care&lt;/strong&gt; dans l'accueil de la petite enfance, le travail domestique, les services &#224; la personne les femmes sont sur repr&#233;sent&#233;es. Ces salari&#233;es du care r&#233;pondent &#224; la demande des femmes qui travaillent et qui ne peuvent plus elles-m&#234;mes assurer le care de leur famille, qui n'est toujours pas pris en charge par les hommes de la famille . Dans la soci&#233;t&#233; marchande de profit imm&#233;diat, la d&#233;pendance est un march&#233; priv&#233; juteux, gr&#226;ce &#224; une demande exponentielle et un salariat f&#233;minin bon march&#233; , flexible souvent immigr&#233; ayant pour cons&#233;quence une cha&#238;ne internationale du care, mais aussi en l'absence de services publics suffisants et adapt&#233;s. (manque de places d'accueil en cr&#234;che, maternelle, maisons de retraite publiques, lieux de vie pour enfants et adultes handicap&#233;s). Dans le domaine de la sant&#233;, les femmes y sont aussi majoritaires, avec &#233;galement un ph&#233;nom&#232;ne de d&#233;localisation sur place par le recours &#224; des soignantes migrantes en constante augmentation, et avec un recul significatif du secteur public ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;es du care aujourd'hui sont extr&#234;mement pr&#233;caires et leur autonomie &#233;conomique et sociale en est gravement affect&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, c'est d'abord le capital mondialis&#233;, les hommes et ensuite les femmes des classes ais&#233;es qui b&#233;n&#233;ficient de cette organisation marchande et transnationale du travail du care.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre soci&#233;t&#233; actuelle lib&#233;rale et patriarcale ,nous continuons ainsi &#224; creuser le foss&#233; des in&#233;galit&#233;s de classe, de genre et d'origine ethnique, et l'autonomie des unes est toujours au prix de la perte d'autonomie d'autres femmes. La d&#233;pendance des unes a entra&#238;n&#233; la perte d'ind&#233;pendance des aidantes familiales et l'interd&#233;pendance de ces derni&#232;res avec les aidantes professionnelles, qui elles m&#234;mes doivent leur autonomie &#233;conomique aux personnes d&#233;pendantes . Aujourd'hui &#224; tous les niveaux de cette cha&#238;ne des relations de pouvoir se mettent en place, entre la personne d&#233;pendante et son aidante familiale, ou salari&#233;e, ou entre aidants familiaux et aidants professionnels .&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Alors comment sortir de ces rapports de pouvoir ? L'autonomie permanente est-elle
r&#233;alisable ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;thique du care est une des r&#233;ponses. Le care est un des grands enjeux d'&#233;volution de la pens&#233;e et de l'&#233;mancipation f&#233;ministe. Il ouvre des perspectives inou&#239;es o&#249; les pratiques sociales, les politiques publiques et les fondements de nos soci&#233;t&#233;s sont remis en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet r&#233;fl&#233;chir sur une soci&#233;t&#233; du care, comme alternative, r&#233;sistance cr&#233;dible &#224; la soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale marchande bas&#233;e sur les dominations, qui aggrave toujours plus les in&#233;galit&#233;s, isole les individus, nous fait vivre en perp&#233;tuelle crise et porte atteinte &#224; la survie m&#234;me de l'humanit&#233; et de notre plan&#232;te, nous am&#232;ne &#224; r&#233;examiner le concept de personne humaine qui nous a toujours &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme un &#234;tre autonome, valide, ind&#233;pendant et comp&#233;titif. Et c'est ce mod&#232;le l&#224; que nous voulons &#233;galer ? En r&#233;alit&#233; nous passons tous par des temps de vuln&#233;rabilit&#233; tout au long de notre vie (enfance, handicap, maladies, vieillesse) qui peuvent repr&#233;senter plus de la moiti&#233; de notre temps sur terre et pendant ces moments de vuln&#233;rabilit&#233; nous ne pouvons nous passer des autres. J'en ai conclu que ce mod&#232;le &#233;tait faux ou au moins incomplet et que nous n'existions souvent que dans la relation &#224; l'autre. Il est donc important de donner une nouvelle d&#233;finition des &#234;tres humains comme &#234;tres de relations, &#224; la fois responsables (pouvant s'engager dans des actes de soin et de protection) et sensibles &#224; ce qui arrive aux autres, mais aussi &#234;tres vuln&#233;rables passant par des phases de d&#233;pendance et d'ind&#233;pendance . L'&#233;thique du care met en avant le fait que tout &#234;tre humain se retrouve vuln&#233;rable durant des temps plus ou moins long de sa vie . Donc que la vuln&#233;rabilit&#233; est propre &#224; tout humain. Cette vuln&#233;rabilit&#233; ni&#233;e, cach&#233;e par notre soci&#233;t&#233;-monde n&#232;olib&#233;rale (voir la visibilit&#233; r&#233;serv&#233;e aux vieux, aux fous, aux handicap&#233;s), l'&#233;thique du care la visibilise. Mettre le care au centre du d&#233;bat non seulement comme dimension &#233;thique, mais aussi comme dimension de l'humanit&#233; nous oblige &#224; accepter notre vuln&#233;rabilit&#233; , notre d&#233;pendance et donc notre interd&#233;pendance et notre responsabilit&#233; vis &#224; vis d'autrui et de notre &#233;cosyst&#232;me. Cela nous pousse &#224; revoir les fondements de notre morale bas&#233;e sur la justice , l'autonomie, le pouvoir, l'individualit&#233; et l'universalit&#233; , vecteurs d'in&#233;galit&#233;s. Dans une soci&#233;t&#233; du care , l'&#234;tre humain est reconnu comme un individu unique mais solidaire et d&#233;pendant d'un collectif , et existe essentiellement dans la relation &#224; l'autre. Construire une soci&#233;t&#233; du care n'est pas seulement adapter nos statistiques, nos actions et nos droits pour les plus vuln&#233;rables, c'est d&#233;clarer que nous sommes tous vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela nous am&#232;ne &#224; penser le care non seulement au b&#233;n&#233;fice des personnes d&#233;pendantes ou faibles (enfants, &#226;g&#233;s, handicap&#233;s) mais bien au b&#233;n&#233;fice de tous les &#234;tres humains et par extension &#224; tout notre environnement.( Joan Tronto). L'id&#233;e de personnes autonomes en permanence,se suffisant &#224; elles m&#234;mes toute leur vie est donc contraire &#224; la r&#233;alit&#233; et doit nous amener &#224; r&#233;viser notre id&#233;e d'autonomie, de repenser notre rapport &#224; notre vuln&#233;rabilit&#233; et &#224; celle des autres, pour imaginer une autonomie relative bas&#233;e sur l'interd&#233;pendance, la coresponsabilit&#233; et la solidarit&#233;. En se comprenant tous vuln&#233;rables, nous sortirons de l'essentialisme et la compassion et des rapports de pouvoir qui accompagnent aujourd'hui les activit&#233;s du care pour entrer vraiment dans la responsabilisation collective. Ainsi nous d&#233;-familiariserons le care et en ferons un sujet &#233;minemment politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela nous m&#232;nera &#224; baser la construction de notre soci&#233;t&#233; sur l'attention &#224; autrui, le souci de l'autre et la reconnaissance de notre vuln&#233;rabilit&#233; commune, de notre interd&#233;pendance et coresponsabilit&#233; et de les traduire en politiques publiques. Notamment c'est penser un droit nouveau de la personne humaine, celui d'&#234;tre accompagn&#233; durant toutes ses phases de vie , en &#233;tat de vuln&#233;rabilit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela implique &#233;galement que la plus grande partie du travail et de l'organisation du care qui reposait en grande partie sur les &#233;paules des femmes soient transf&#233;r&#233;es sous la responsabilit&#233; de toute la soci&#233;t&#233; si possible au travers de services publics qualifi&#233;s et mixtes, qui garantiraient le statut professionnel des intervenants. &#199;a all&#233;gerait &#233;norm&#233;ment les charges multiples , discontinues, &#233;volutives et chronophages des pourvoyeuses familiales de care . Ce qui en fait un combat &#233;minemment f&#233;ministe, car permettant de changer les rapports de domination hommes-femmes en rendant &#233;galement les hommes coresponsables du care, d'all&#233;ger le travail domestique, d'opposer la solidarit&#233; et le temps long du care &#224; la comp&#233;titivit&#233; , &#224; la marchandisation et &#224; l'urgence du profit &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons imaginer d&#233;j&#224; quelles sortes de services publics dans le cadre des biens publics mondiaux, g&#233;r&#233;s d&#233;mocratiquement, seront n&#233;cessaires : D'abord il nous faudra revaloriser, renforcer et sortir du march&#233; ceux qui existent d&#233;j&#224; : la sant&#233; et la protection sociale, l'&#233;ducation, en insistant sur l'importance des maternelles, le service public de la petite enfance accessible &#224; tous les enfants qui existe d&#233;j&#224; ici mais est insuffisant. II ne n&#233;cessiterait par exemple en France que 1% de notre PIB pour la cr&#233;ation d'un million de places en cr&#232;che permettant aux 60% des enfants de moins de 3 ans qui aujourd'hui sont gard&#233;s par leur m&#232;re &#224; la maison d'&#234;tre accueillis dans une structure publique. &lt;i&gt;l'eau et l'assainissement, l'&#233;nergie et l'&#233;lectricit&#233;, protection de l'environnement, les transports publics&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi en cr&#233;er un nouveau : &lt;i&gt;un service public de proximit&#233; des personnes d&#233;pendantes pour les personnes &#226;g&#233;es ou en situation de handicap&lt;/i&gt;, qui permettrait &#224; chaque individu de vivre sa vie et sa vieillesse dans la dignit&#233;. Ici il s'agit de cr&#233;er un nouveau droit social, cinqui&#232;me branche de la s&#233;curit&#233; sociale, financ&#233; par une cotisation obligatoire pour toutes personnes pourvues de revenus. Le mode de financement est tr&#232;s important pour &#233;viter les in&#233;galit&#233;s, seule la solidarit&#233; nationale au contraire de l'assurance priv&#233;e peut en &#234;tre la garante, contrairement &#224; ce qui nous a &#233;t&#233; propos&#233; jusque l&#224;. Ce service public de la personne d&#233;pendante doit inclure la coordination du care pour la gestion de l'interface institution-famille. Il sera le garant de la dignit&#233; de la d&#233;pendance. Tous ces services publics sont n&#233;cessaires pour le plein emploi des femmes, mais aussi pour les soulager de la servitude du poids de la famille . Qu'elles soient b&#233;n&#233;voles ou salari&#233;es, ce sont souvent les plus pauvres et les plus pr&#233;caires dont les migrantes qui sont tenues de faire le travail de care aujourd'hui. Revaloriser leur profession , reconna&#238;tre leur exp&#233;rience et les inclure dans ce nouveau service public, sortirait ces femmes de la pr&#233;carit&#233; et du m&#233;pris .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le care , comme le dit Gilligan, est aujourd'hui une voie politique qui est celle de la contestation de la soci&#233;t&#233; de march&#233; et de l'id&#233;ologie de l'individu performant/ consommateur, c'est la r&#233;sistance aux hi&#233;rarchies existantes, aux dominations (dont celle de genre). Ainsi, le care ne d&#233;signe pas une morale f&#233;minine, qui refl&#232;te la dualit&#233; du masculin fort et du f&#233;minin faible, mais une &#233;thique f&#233;ministe qui pr&#244;ne une d&#233;mocratie fond&#233;e sur l'&#233;galit&#233; femme/homme. Cependant le care est l'affaire de tout le genre humain et pas seulement celle des femmes. Les questions d'attention aux autres, de soin et de protection doivent pouvoir &#234;tre crois&#233;es avec celles de justice, de droits, de valeurs . L'&#233;thique du care d&#233;pend des transformations sociales, de la volont&#233; politique de lib&#233;rer la d&#233;mocratie du patriarcat et de toute tentation d'autoritarisme. L'&#233;thique du care permettra d'associer les hommes au souci et aux soins de la famille, de repenser les droits humains , les lois et politiques publiques nationales et internationales , les biens publics mondiaux et les services publics nationaux. La politique du care devra allier attention aux autres et protection sociale, &#233;galit&#233; de d&#233;cision et reconnaissance des diff&#233;rences. Il nous faudra sortir des relations de pouvoir pyramidales hi&#233;rarchis&#233;es qui caract&#233;risent aujourd'hui la politique fran&#231;aise, pour instituer une politique &#233;volutive, participative et horizontale prenant en compte la diversit&#233; du monde social, des vies ordinaires et de ce qui fait leur vuln&#233;rabilit&#233;. Cette politique s'enracinera dans les initiatives des domin&#233;s, des pauvres tout en redistribuant le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du care est &#233;minemment r&#233;volutionnaire et f&#233;ministe. Elle est donc formidablement novatrice entre critique sociale s'attaquant aux dominations de genre de classe , de race et critique &#233;thique et politique. L'autonomie &#233;conomique et sociale des femmes si elle est une n&#233;cessit&#233; aujourd'hui dans la soci&#233;t&#233; patriarcale et lib&#233;rale pour assurer l'&#233;galit&#233; Femmes/Hommes, le sera beaucoup moins dans une soci&#233;t&#233; du care.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Forum d&#233;bat du 4 D&#233;cembre 2012 MAGE, CNDF et Mairie de Paris&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autonomie &#233;conomique et sociale des femmes, Droits sociaux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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