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	<title>Les blogs d'Attac</title>
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	<description>Qui sommes-nous ? Fond&#233;e en 1998, suite &#224; la r&#233;daction d'un &#233;ditorial du Monde diplomatique : &#171; D&#233;sarmer les march&#233;s &#187; (d&#233;cembre 1997), Attac (Association pour la taxation des transactions financi&#232;res et pour l'action citoyenne) promeut et m&#232;ne des actions de tous ordres en vue de la reconqu&#234;te, par les citoyens, du pouvoir que la sph&#232;re financi&#232;re exerce sur tous les aspects de la vie politique, &#233;conomique, sociale et culturelle dans l'ensemble du monde.
Attac se revendique comme un mouvement d'&#233;ducation populaire tourn&#233; vers l'action, consid&#233;rant que le premier outil pour changer le monde est le savoir des citoyens. Attac produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Fin 2010, Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays, chaque organisation nationale &#233;tant autonome et devant simplement adh&#233;rer &#224; la plateforme internationale ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 170 comit&#233;s locaux.
L'association est dirig&#233;e par un conseil d'administration de 42 membres &#233;lus par les adh&#233;rents, et dispose de l'expertise d'un conseil scientifique de 110 membres.
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		<title>Luttes contre la mainmise de la finance et solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce au Forum social mondial de Tunis</title>
		<link>https://blogs.attac.org/fsm2015/article/luttes-contre-la-mainmise-de-la</link>
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		<dc:date>2015-03-27T09:07:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lors du Forum social mondial de Tunis qui se tient actuellement &#224; Tunis, plus de 1 000 activit&#233;s r&#233;unissent des participants venus du monde entier. L'objectif : &#233;changer sur leurs exp&#233;riences, leurs projets et construire des ponts entre les mouvements de r&#233;sistances et les alternatives qui se d&#233;veloppent partout dans le monde. Attac a particip&#233;, entre autres, &#224; l'organisation de deux s&#233;ries d'activit&#233; sur la lutte contre la mainmise de la finance et les r&#233;sistances contre les politiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/fsm2015/" rel="directory"&gt;Forum social mondial 2015&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors du Forum social mondial de Tunis qui se tient actuellement &#224; Tunis, plus de 1 000 activit&#233;s r&#233;unissent des participants venus du monde entier. L'objectif : &#233;changer sur leurs exp&#233;riences, leurs projets et construire des ponts entre les mouvements de r&#233;sistances et les alternatives qui se d&#233;veloppent partout dans le monde. Attac a particip&#233;, entre autres, &#224; l'organisation de deux s&#233;ries d'activit&#233; sur la lutte contre la mainmise de la finance et les r&#233;sistances contre les politiques aust&#233;ritaires, apr&#232;s la victoire de Syriza en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La premi&#232;re a rassembl&#233; de nombreux mouvements qui se mobilisent contre l'emprise croissante de la finance sur nos soci&#233;t&#233;s. Les ateliers ont abord&#233; la capture des gouvernements par les grands groupes financiers, qui, malgr&#233; la crise, s'opposent avec succ&#232;s &#224; toute remise sous contr&#244;le de leurs activit&#233;s, &#224; la s&#233;paration bancaire ou &#224; toute mesure de lutte contre la sp&#233;culation. Ainsi, en Europe et aux &#201;tats-Unis, les timides projets de r&#233;gulation de la finance sont r&#233;duits en pi&#232;ce par l'action des lobbies financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a aussi &#233;t&#233; question l'impact de l'extension du domaine de la financiarisation dans les pays du Sud, dont les ressources naturelles attisent les int&#233;r&#234;ts et sont mati&#232;res &#224; sp&#233;culation. On savait que la dette &#233;tait d&#233;j&#224; un outil de discipline des gouvernements qui se voyaient imposer des plans d'ajustement structurels ; elle est aussi un instrument pour soumettre les populations les plus pauvres, un &#171; march&#233; &#187; comme un autre &#224; travers des innovations comme le microcr&#233;dit, dont le caract&#232;re pr&#233;tendument &#171; social &#187; dissimule mal les effets pervers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la Gr&#232;ce, il s'agissait de faire le point sur la situation auquel fait face le gouvernement Syriza : quelles marges de man&#339;uvres, face &#224; l'inflexibilit&#233;, voire l'aveuglement coupable des cr&#233;anciers ? Quel r&#244;le pour le comit&#233; d'audit de la dette, commandit&#233; par le Parlement grec ? Quels enjeux pour les mouvements sociaux et les luttes contre l'aust&#233;rit&#233; dans toute l'Europe, au Sud comme au Nord ? Les rencontres ont &#233;t&#233; l'occasion d'&#233;changes entre les premiers concern&#233;s, experts participant au comit&#233;, membres de Syriza, repr&#233;sentants d'initiatives de solidarit&#233; concr&#232;te en Gr&#232;ce et bien s&#251;r mouvements sociaux venus de l'Europe et du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de ces premiers &#233;changes et discussions, les nombreux mouvements, organisations et participants des activit&#233;s se rassembleront lors des assembl&#233;es de convergence sur les luttes contre l'aust&#233;rit&#233; et sur les r&#233;sistances &#224; la mainmise de la finance, qui se tiendront le samedi 28 mars. D&#233;j&#224;, de nombreuses propositions, initiatives et strat&#233;gies sont sur la table ; elles seront d&#233;battues et devront aboutir &#224; des programmes d'action communs pour les mouvements sociaux, pour se donner ensemble les moyens de r&#233;sister&#8230; et d'imposer, contre les diktats des multinationales, des cr&#233;anciers et des &#233;lites politiques corrompues, les alternatives solidaires, d&#233;mocratiques, &#233;cologiques port&#233;es par les mouvements sociaux du monde entier !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Gr&#232;ce : les masques sont tomb&#233;s</title>
		<link>https://blogs.attac.org/vive-la-crise/article/grece-les-masques-sont-tombes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://blogs.attac.org/vive-la-crise/article/grece-les-masques-sont-tombes</guid>
		<dc:date>2013-06-19T14:54:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a d&#233;j&#224; plus de trois ans. La Gr&#232;ce se voyait accorder un premier &#171; sauvetage &#187; qui allait l'entra&#238;ner avec une vitesse fulgurante dans une crise sociale, &#233;conomique et politique d'une violence consid&#233;rable. A la r&#233;cession et au ch&#244;mage sans pr&#233;c&#233;dents s'ajoutent d&#233;sormais les vell&#233;it&#233;s autoritaires du Premier ministre Antonis Samaras, illustr&#233;es par sa d&#233;cision brutale de fermer l'audiovisuel public grec. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une d&#233;cision qui s'inscrit dans un contexte d&#233;j&#224; lourd : menaces de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/vive-la-crise/" rel="directory"&gt;Vive la crise !&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a d&#233;j&#224; plus de trois ans. La Gr&#232;ce se voyait accorder un premier &#171; sauvetage &#187; qui allait l'entra&#238;ner avec une vitesse fulgurante dans une crise sociale, &#233;conomique et politique d'une violence consid&#233;rable. A la r&#233;cession et au ch&#244;mage sans pr&#233;c&#233;dents s'ajoutent d&#233;sormais les vell&#233;it&#233;s autoritaires du Premier ministre Antonis Samaras, illustr&#233;es par sa d&#233;cision brutale de fermer l'audiovisuel public grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;cision qui s'inscrit dans un contexte d&#233;j&#224; lourd : menaces de mobilisation forc&#233;e voire d'arrestation de gr&#233;vistes, suspension des conventions collectives, ratonnades organis&#233;es par le parti n&#233;o-nazi Aube dor&#233;e dans une impunit&#233; presque totale&#8230; Aucun de ces signes avant-coureurs du pire ne semble toutefois &#233;branler la volont&#233; des gouvernements europ&#233;ens et de la Tro&#239;ka (Commission, Banque centrale europ&#233;enne et FMI) de conduire la Gr&#232;ce plus avant dans l'ab&#238;me. Et pourtant, les remises en cause se multiplient, y compris au sein m&#234;me de la Tro&#239;ka...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les potions magiques des &#171; cures de rigueur &#187; ? Plut&#244;t des rem&#232;des empoisonn&#233;s, &lt;a href=&#034;http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2013/01/07/austerite-en-europe-lenorme-boulette-du-fmi/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;reconnaissait en janvier&lt;/a&gt; le chef &#233;conomiste du FMI Olivier Blanchard. Les grecs, quant &#224; eux, n'avaient pas attendu son &lt;i&gt;mea culpa&lt;/i&gt; pour constater les effets destructeurs de l'aust&#233;rit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; plans de sauvetage &#187; et la &#171; solidarit&#233; europ&#233;enne &#187; ? Vaste plaisanterie, d&#233;montre un &lt;a href=&#034;http://www.imf.org/external/pubs/ft/scr/2013/cr13156.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport du FMI&lt;/a&gt; publi&#233; le 5 juin, qui d&#233;nonce des plans qui ont &#171; sacrifi&#233; &#187; les pays surendett&#233;s en faisant porter par eux tout le poids de l'ajustement au profit des &#233;conomies du &#171; c&#339;ur &#187; de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr&#244;le de conception de la solidarit&#233;, qui a moins consist&#233; &#224; renflouer les comptes publics grecs qu'&#224; sauver l'industrie financi&#232;re : un &lt;a href=&#034;http://www.attac.at/uploads/media/backgroundmaterial_bailout_english.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport publi&#233; par Attac Autriche&lt;/a&gt; permet de mesurer l'utilisation des sommes d&#233;bloqu&#233;es pour les &#171; plans de sauvetage &#187; en Gr&#232;ce, sur la base de donn&#233;es publiques, consultables notamment sur le site de la commission europ&#233;enne : sur les 206,9 milliards vers&#233;s depuis mars 2010, au moins 77% de cet argent a b&#233;n&#233;fici&#233; directement ou indirectement au secteur financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout dans une certaine opacit&#233; quant &#224; l'attribution finale de ces montants et sans qu'aucune contrepartie n'ait &#233;t&#233; demand&#233;e aux banques en &#233;change du versement de ces sommes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://blogs.attac.org/IMG/jpg/graphe3-d78d0_1_.jpg' width='345' height='550' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; que les masques tombent. A commencer par celui des &#233;conomistes orthodoxes et autres id&#233;ologues &#224; gages de la finance, dont la rh&#233;torique n'est plus capable de justifier la catastrophe &#233;conomique et sociale dans laquelle leurs bonnes potions ont plong&#233; la Gr&#232;ce. Celui des gouvernements europ&#233;ens et des institutions de l'Union europ&#233;enne, qui ont donn&#233; au terme de &#171; solidarit&#233; europ&#233;enne &#187; une nouvelle d&#233;finition, celle d'une mise &#224; sac brutale d'un pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que penser, en effet, lorsque Fran&#231;ois Hollande, un mois &#224; peine apr&#232;s avoir d&#233;clar&#233; que &#171; &lt;i&gt;l'aust&#233;rit&#233; ne pouvait plus &#234;tre une fatalit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, vient en Gr&#232;ce pour inciter les &#233;lecteurs, dans une menace &#224; peine voil&#233;e, &#224; &#171; &lt;i&gt;tenir leurs engagements&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; voter en faveur du conservateur pro-aust&#233;rit&#233; Antonis Samaras, ou alors &#224; se pr&#233;parer &#224; sortir &#224; leurs frais de la zone euro&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire :&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que penser lorsque l'entourage de Georges Papandreou, premier chef d'Etat grec &#224; avoir n&#233;goci&#233; les conditions du &#171; sauvetage &#187; de la Gr&#232;ce avec la Tro&#239;ka, est mis en cause pour &#233;vasion fiscale en Suisse (suite &#224; la publication de la fameuse &#171; liste Lagarde &#187; qui a valu au journaliste Kostas Vaxevanis une arrestation expresse) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en Gr&#232;ce comme en France, les plus fervents d&#233;fenseurs de la rigueur s'av&#232;rent &#234;tre les plus corrompus (ce qui fait dire &#224; Emmanuel Todd, en pleine affaire Cahuzac, que &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=iaN_1ojdeok&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la notion m&#234;me d'aust&#233;rit&#233; est v&#233;hicul&#233;e par des pourris&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masques tombent&#8230; mais cela ne semble pas embarrasser davantage les gouvernements et institutions de l'Union europ&#233;enne. Les cr&#233;anciers europ&#233;ens de la Gr&#232;ce &#8211; dont la brutalit&#233; et le cynisme sont &#224; m&#234;me de tirer des remords au FMI &#8211; continuent en effet d'imposer des conditions drastiques au gouvernement grec : r&#233;duction &#224; la hussarde des effectifs de la fonction publique, taille dans les budgets, r&#233;formes antisociales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut imaginer le degr&#233; de stup&#233;faction dans lequel se trouve plong&#233; le peuple grec, depuis trois ans pris dans le pi&#232;ge de &#171; &lt;i&gt;cette catastrophe nomm&#233;e sauvetage&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire :&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; confront&#233; &#224; un rouleau compresseur que rien ne semble &#234;tre en mesure d'arr&#234;ter, ni la preuve des cons&#233;quences d&#233;sastreuses de l'aust&#233;rit&#233;, ni des mobilisations sociales sans pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que le rapport de force avec les institutions et gouvernements europ&#233;ens semble disproportionn&#233;. Dans un contexte o&#249; la r&#233;signation et la survie semblent les seules options possibles, l'extr&#234;me droite progresse de mani&#232;re spectaculaire en d&#233;signant les immigr&#233;s comme bouc-&#233;missaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire :&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un r&#233;cent sondage montre une progression spectaculaire du parti n&#233;o-nazi Aube dor&#233;e, donn&#233; comme troisi&#232;me force politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la mise en &#339;uvre de l'aust&#233;rit&#233; en l'absence de toute l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique, n&#233;cessite de recourir &#224; des m&#233;thodes autoritaires. En janvier 2013, le gouvernement grec a d&#233;cr&#233;t&#233; la loi martiale et mobilis&#233; la police anti-&#233;meute pour briser la gr&#232;ve de neuf jours des employ&#233;s du m&#233;tro d'Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesure impensable il y a quelques ann&#233;es, les conventions collectives ont &#233;t&#233; suspendues fin mars 2013, dans l'indiff&#233;rence presque totale des grandes conf&#233;d&#233;rations syndicales europ&#233;ennes, tandis que les attaques sur les droits du travail se multiplient&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire :&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cente fermeture de l'audiovisuel public grec (qui a provoqu&#233; l'&#233;motion des m&#233;dias, mais aussi une importante mobilisation populaire en Gr&#232;ce) est symptomatique de la mani&#232;re discr&#233;tionnaire dont le gouvernement Samaras impose l'aust&#233;rit&#233; : par d&#233;cret. Epiph&#233;nom&#232;ne de la rigueur sauvage impos&#233;e &#224; la Gr&#232;ce, elle pourrait n&#233;anmoins constituer un symbole, et provoquer une prise de conscience de l'alternative qui se pr&#233;sente en Gr&#232;ce et en Europe : le lent glissement vers le pire, ou la rupture avec les diktats de l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les tenants du n&#233;olib&#233;ralisme affirmaient en 1975 qu'il y avait &#171; &lt;i&gt;des limites d&#233;sirables &#224; l'extension de la d&#233;mocratie politique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport de la Commission trilat&#233;rale, 1975&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, il est d&#233;sormais certain que la politique impos&#233;e &#224; la Gr&#232;ce et la d&#233;mocratie ne sont plus compatibles.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034; style=&#034;font-size:0.8em&#034;&gt;&lt;i&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/div&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href=&#034;http://www.leparisien.fr/crise-europe/hollande-met-en-garde-les-grecs-contre-une-sortie-de-la-zone-euro-13-06-2012-2047227.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.leparisien.fr/crise-europe/hollande-met-en-garde-les-grecs-contre-une-sortie-de-la-zone-euro-13-06-2012-2047227.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href=&#034;http://www.presseurop.eu/fr/content/article/3857141-sacrifie-la-grece-pour-sauver-l-euro&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.presseurop.eu/fr/content/article/3857141-sacrifie-la-grece-pour-sauver-l-euro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/grece/aube-doree-prendre-au-serieux-le-danger-pour-mieux-le-combattre.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/grece/aube-doree-prendre-au-serieux-le-danger-pour-mieux-le-combattre.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href=&#034;http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2013/02/26/des-juristes-appellent-les-dirigeants-europeens-a-respecter-les-droits-sociaux/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2013/02/26/des-juristes-appellent-les-dirigeants-europeens-a-respecter-les-droits-sociaux/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport de la Commission trilat&#233;rale, 1975&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une r&#233;volution islandaise</title>
		<link>https://blogs.attac.org/vive-la-crise/article/une-revolution-islandaise</link>
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		<dc:date>2012-12-10T13:05:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Malgr&#233; les r&#233;sultats calamiteux des plans d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;s partout en Europe et malgr&#233; la crise sociale sans pr&#233;c&#233;dent, les &#171; experts &#187; s'accordent pour pr&#233;coniser toujours plus de rigueur. Partout, les dirigeants s'ex&#233;cutent : il faut bien payer la dette. Partout&#8230; ou presque. L'Islande a su renvoyer dans les cordes ses cr&#233;anciers, en leur opposant une d&#233;cision souveraine et d&#233;mocratique. Retour sur les contours de cette &#171; r&#233;volution &#187; d'une petite &#238;le, qui pose de grandes questions[1]&#8230; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/vive-la-crise/" rel="directory"&gt;Vive la crise !&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Malgr&#233; les r&#233;sultats calamiteux des plans d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;s partout en Europe et malgr&#233; la crise sociale sans pr&#233;c&#233;dent, les &#171; experts &#187; s'accordent pour pr&#233;coniser toujours plus de rigueur. Partout, les dirigeants s'ex&#233;cutent : il faut bien payer la dette. Partout&#8230; ou presque. L'Islande a su renvoyer dans les cordes ses cr&#233;anciers, en leur opposant une d&#233;cision souveraine et d&#233;mocratique. Retour sur les contours de cette &#171; r&#233;volution &#187; d'une petite &#238;le, qui pose de grandes questions&lt;/i&gt;[1]&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, avant la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;, l'Islande est une &#233;conomie dop&#233;e par une financiarisation &#224; outrance au point que ses banques figuraient, avant 2007, parmi les 300 plus importantes du monde, repr&#233;sentant pas moins de 800 % du PIB. Les banques islandaises profitent d'une l&#233;gislation aux petits oignons : la collusion est totale entre &#233;lites politiques et &#233;conomiques, au point que des dignitaires des deux grands partis sont nomm&#233;s &#224; la t&#234;te des grandes banques privatis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jets priv&#233;s, salaires mirobolants, les &#233;lites islandaises s'en donnent &#224; c&#339;ur joie. Le Wall Street Journal c&#233;l&#232;bre le &#171; miracle &#187; islandais : &#171; les initiatives lib&#233;rales d'Oddson (NB : alors premier ministre) sont la plus formidable r&#233;ussite du monde [2] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus dure sera la chute&#8230; Celle des banques islandaises, qui fait suite au krach des subprimes, est class&#233;e parmi les 11 plus grandes catastrophes &#233;conomiques de l'histoire selon Moody's. La presse financi&#232;re s'&#233;tant soudainement rendu compte que les banques de la petite &#238;le &#233;taient gonfl&#233;es de vide&#8230; L'&#233;croulement des banques plonge le pays dans la ruine, &#224; l'exception des proches du pouvoir qui ont judicieusement chang&#233; leurs couronnes avant l'effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nationalisation des banques transforme l'immense dette priv&#233;e en dette publique. Apr&#232;s 20 ans de n&#233;olib&#233;ralisme total, qui a permis l'enrichissement d'une minorit&#233;, le peuple islandais est &#233;c&#339;ur&#233;. Le rejet des partis de gouvernement (lib&#233;ral, conservateur, social-d&#233;mocrate) est massif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 4 mois de manifestations sur la place principale de Reykjavik (du jamais vu en Islande), les islandais finissent par sortir les lib&#233;raux par les urnes aux &#233;lections de 2009. C'est la premi&#232;re fois en Europe que la crise a pour cons&#233;quence l'arriv&#233;e au pouvoir d'une majorit&#233; &#224; la gauche du parti socialiste. De plus, le Parlement d&#233;cidera de poursuivre le Premier ministre et le ministre des finances. Le bouleversement d'un syst&#232;me corrompu : c'est la premi&#232;re d&#233;faite de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, une question se pose. Apr&#232;s la gabegie, le peuple devra-t-il payer les pots cass&#233;s ? Cette question avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; anticip&#233;e par les d&#233;r&#233;gulateurs, qui avaient pr&#233;vu que la garantie des d&#233;p&#244;ts pour les placements &#233;trangers repose&#8230; sur la population islandaise. Ainsi lorsque le FMI arrive en Islande en 2008, il propose son aide sous une condition : que les islandais payent leur dette notamment &#224; l'&#233;gard des cr&#233;anciers &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que la coalition socialiste-conservatrice alors encore au pouvoir accepte sans sourciller. Entre temps, l'arriv&#233;e d'une nouvelle majorit&#233; de gauche rebat les cartes. Un march&#233; est impos&#233; au forceps par le FMI et les cr&#233;anciers de l'Islande : le remboursement de 3,7 milliards d'euros, soit 50% du PIB irlandais, sur 7 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au moment de promulguer la loi, vot&#233;e par la majorit&#233; rouge-verte au pouvoir, le Pr&#233;sident islandais refuse de signer. S'appuyant sur une p&#233;tition sign&#233;e par plus de 50000 islandais (soit 15% de la population), il choisit de tenir un r&#233;f&#233;rendum sur le paiement de cette dette. Celui-ci sera sans appel : 93% des islandais voteront contre l'accord. C'est la seconde d&#233;faite de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est une d&#233;cision stup&#233;fiante, qui va plonger l'Islande dans un trou noir financier. Ca va tout envoyer en l'air : fini les pr&#234;ts du FMI, finies les chances de rejoindre l'Union europ&#233;enne&lt;/i&gt; &#187; s'exclame alors Nigel Cassidy, reporter &#233;conomique &#224; la BBC Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de constater qu'il avait tort : apr&#232;s un second &#171; non &#187; au remboursement de sa dette, l'Islande devrait faire le triple de la croissance de l'UE en 2012. Bien s&#251;r, la &#171; r&#233;volution islandaise &#187; peut &#234;tre relativis&#233;e : &#224; ce jour, le processus constituant &#8211; promesse &#233;lectorale de la majorit&#233; rouge-verte &#8211; patauge, et l'ancien premier ministre, poursuivi pour d&#233;lits d'initi&#233;s, a finalement &#233;t&#233; jug&#233; non responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle montre cependant que les alternatives existent : qu'il est possible, par la rue et par les urnes, de &#171; d&#233;gager &#187; des gouvernements dont les int&#233;r&#234;ts sont align&#233;s avec ceux de la finance, et de cr&#233;er un rapport de force aux cr&#233;anciers pour permettre d'imposer des alternatives &#224; l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Cet article est librement inspir&#233; de &#171; Quand le peuple islandais vote contre les banquiers &#187; publi&#233; en mai 2011 dans le Monde diplomatique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Hannes Gissurarson, &#171; Miracle on Iceland &#187;, The Wall Street Journal, New York, 29 janvier 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La comp&#233;titivit&#233;, ou la loi des multinationales</title>
		<link>https://blogs.attac.org/assemblee-generale-2012-d-attac-france/candidat-e-s-au-conseil-d/frederic-lemaire/article/la-competitivite-ou-la-loi-des</link>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



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&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir annonc&#233; un n&#233;cessaire &#171; choc de comp&#233;titivit&#233; &#187; appel&#233; des v&#339;ux de la droite et du MEDEF, le gouvernement souhaite d&#233;sormais construire un &#171; pacte de comp&#233;titivit&#233; &#187; sur l'ensemble du quinquennat de Fran&#231;ois Hollande. Une pr&#233;occupation bien ancr&#233;e dans l'air du temps : la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; est d&#233;sormais sur toutes les l&#232;vres, omnipr&#233;sente dans le d&#233;bat public. Sans qu'on se donne la peine de se demander : la comp&#233;titivit&#233;, c'est quoi au juste ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis les ann&#233;es 90, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Apr&#232;s avoir annonc&#233; un n&#233;cessaire &#171; choc de comp&#233;titivit&#233; &#187; appel&#233; des v&#339;ux de la droite et du MEDEF, le gouvernement souhaite d&#233;sormais construire un &#171; pacte de comp&#233;titivit&#233; &#187; sur l'ensemble du quinquennat de Fran&#231;ois Hollande. Une pr&#233;occupation bien ancr&#233;e dans l'air du temps : la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; est d&#233;sormais sur toutes les l&#232;vres, omnipr&#233;sente dans le d&#233;bat public. Sans qu'on se donne la peine de se demander : la comp&#233;titivit&#233;, c'est quoi au juste ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 90, la comp&#233;titivit&#233; est devenue le ma&#238;tre mot du discours politique, un v&#233;ritable mantra. Aujourd'hui encore, depuis le Parti socialiste jusqu'&#224; la droite, la comp&#233;titivit&#233; serait l'unique voie de sortie de la crise. Pourquoi au juste ? Parce qu'il n'y a pas le choix. Dans un contexte de lib&#233;ralisation et de concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;es, la comp&#233;titivit&#233;, c'est l'&#233;quation gagnante : comp&#233;titivit&#233; des entreprises = croissance = cr&#233;ations d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette simple &#233;quation permet de comprendre comment la comp&#233;titivit&#233; s'est impos&#233;e comme un objectif ultime, un mod&#232;le &#171; gagnant-gagnant &#187; : les entreprises, les salari&#233;s et les gouvernements, tout le monde y gagne ; c'est la fin de la lutte des classes, sous la b&#233;n&#233;diction bienveillante du capitalisme financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette potion magique ne s'applique pas seulement &#224; l'&#233;conomie, mais &#224; la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re. Bien entendu, sur le plan &#233;conomique, il faut plus de libre-&#233;change, moins de r&#233;gulation, moins d'imp&#244;ts pour les (grandes) entreprises, moins de droit du travail, moins de cotisations sociales&#8230; Mais il faut aussi mettre l'&#233;cole, la recherche, les services publics, l'&#233;cologie, la culture, nos villes, nos r&#233;gions... et nous-m&#234;mes au service de la comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que, sauf que&#8230; appliqu&#233;es depuis plus de 20 ans, les bonnes recettes de la comp&#233;titivit&#233; n'ont jamais tenues leurs promesses. Loin d'apporter des perspectives pour les &#233;conomies europ&#233;ennes, ces mesures ont en grande partie pr&#233;par&#233; la crise financi&#232;re de 2008, puis elles ont contribu&#233; &#224; l'empirer [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la qu&#234;te de la sacro-sainte comp&#233;titivit&#233; n'a pas &#233;t&#233; en pertes pour tous. Les privatisations, d&#233;r&#233;gulations, et autres flexibilisations du march&#233; du travail, men&#233;es au nom de la comp&#233;titivit&#233; semblent finalement aboutir aux m&#234;mes cons&#233;quences : les b&#233;n&#233;fices de quelques-uns ne cessent d'enfler, au d&#233;triment des conditions de vie de la majorit&#233;. Alors, quid de la comp&#233;titivit&#233; ? Un petit retour historique s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#234;ve des industriels&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1967, le premier ministre Georges Pompidou donnait d&#233;j&#224; les premiers &#233;l&#233;ments de ce que va devenir le discours de la comp&#233;titivit&#233; : la menace de la concurrence sera l'occasion de sortir la France et ses industriels de la l&#233;thargie, de la paresse dans laquelle l'ont plong&#233;e les protections douani&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;420&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/VgD6U9ZGANA&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Si Pompidou laisse entendre que l'effort d'ajustement co&#251;tera aux industriels, l'&#233;conomiste de la CGT Jean Duret percevait d&#233;j&#224; en 1956 la feinte derri&#232;re les vell&#233;it&#233;s de lib&#233;ralisation du march&#233; commun europ&#233;en : &#171; On invoquera les dures lois de la comp&#233;tition internationale pour d&#233;montrer qu'un niveau d'emploi &#233;lev&#233; ne pourra &#234;tre assur&#233; que si les travailleurs se montrent &#034;raisonnables&#034; [2] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant &#224; partir des ann&#233;es 80 que prend forme une v&#233;ritable doctrine europ&#233;enne de la comp&#233;titivit&#233;, sous l'impulsion d&#233;cisive de la Table ronde des industriels europ&#233;ens (European Round Table ou ERT), puissant lobby industriel rassemblant quelques 45 dirigeants de grands groupes europ&#233;ens [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Table ronde se donne pour objectif d'influencer la structure m&#234;me de la construction europ&#233;enne, pour la rendre favorable au d&#233;veloppement de l'industrie. Elle est bien implant&#233;e dans les r&#233;seaux de pouvoir bruxellois puisque fond&#233;e &#224; l'initiative de deux commissaires europ&#233;ens dont Etienne Davignon, futur dirigeant&#8230; de la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale de Belgique [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses premiers succ&#232;s ne se font pas attendre. Le lobby industriel participera activement &#224; l'&#233;laboration de l'Acte unique europ&#233;en, qui d&#233;taillait les barri&#232;res commerciales et r&#233;glementaires &#224; supprimer pour permettre l'&#233;mergence du march&#233; unique. Le trait&#233; se basait sur le Livre Blanc publi&#233; par la commission Delors en 1985. Ce document &#233;tait, comme le reconnurent ses auteurs, lui-m&#234;me directement inspir&#233; du rapport &#171; Europe 1990 &#187; r&#233;dig&#233; par le lobby industriel [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; unique sera un premier pas dans l'imposition de la comp&#233;titivit&#233; comme imp&#233;ratif cat&#233;gorique [6]. Ce n'&#233;tait qu'un d&#233;but : lorsque Delors rend en 1993 son Livre blanc sur la croissance, la comp&#233;titivit&#233; et l'emploi, il remercie les industriels pour leur soutien lors de sa pr&#233;paration [7]. Une semaine plus t&#244;t, il avait pris part &#224; la conf&#233;rence de presse de la Table ronde des industriels qui pr&#233;sentait son dernier rapport, selon lequel la comp&#233;titivit&#233; &#233;tait LA solution pour &#171; vaincre la crise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas une surprise : le Livre Blanc approuv&#233; par les gouvernements europ&#233;ens reprend les analyses et pr&#233;conisations des industriels. Cette s&#233;quence t&#233;moigne de l'&#171; alliance objective &#187; qui voit le jour pendant les ann&#233;es Delors entre la Commission et les milieux d'affaires. Elle permettra notamment la construction du march&#233; unique face &#224; des gouvernements parfois peu enthousiastes, et se poursuivra apr&#232;s le d&#233;part de Delors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les termes de cette relation &#171; gagnant-gagnant &#187; semblent se r&#233;sumer ainsi : la Table ronde appelle &#224; plus d'int&#233;gration europ&#233;enne et de nouveaux pouvoirs pour la Commission, et celle-ci, de son c&#244;t&#233;, contribue &#224; promouvoir la doctrine des industriels au sommet de l'agenda des politiques europ&#233;ennes [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas d'alternative &#224; la comp&#233;titivit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie de Lisbonne propos&#233;e par la Commission et adopt&#233;e en mars 2000 appara&#238;t comme l'aboutissement de cette symbiose entre la commission et le lobby industriel. Elle sacrait pour 10 ans la comp&#233;titivit&#233; comme objectif n&#176;1 de l'Union europ&#233;enne, appel&#233;e &#224; devenir &#171; l'&#233;conomie de la connaissance la plus comp&#233;titive et la plus dynamique du monde d'ici &#224; 2010 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les lobbies industriels comme l'ERT, le r&#234;ve se r&#233;alisait : l'Union europ&#233;enne, d&#233;vou&#233;e toute enti&#232;re au bien-&#234;tre des grands groupes priv&#233;s. Cette orientation sera confirm&#233;e en mars 2010 avec la strat&#233;gie &#171; Europe 2020 &#187; qui reprenait avec quelques ajouts les recettes pro-comp&#233;titivit&#233; promues dans le cadre de la strat&#233;gie de Lisbonne [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de cette croisade pour la comp&#233;titivit&#233;, la commission pr&#233;conise d'accro&#238;tre la concurrence dans le march&#233; int&#233;rieur. Au programme, la d&#233;r&#233;glementation des march&#233;s, et notamment du march&#233; des services, une politique de libre-&#233;change exacerb&#233;e, et la lib&#233;ralisation et privatisation des services publics, notamment l'&#233;nergie et le transport. Autant de mesures que l'on retrouve &#224; nouveau dans le &#171; Pacte de croissance &#187; promu en juin par le Pr&#233;sident Hollande [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ces politiques de concurrence sont la seule voie possible pour les gouvernements souhaitant stimuler l'&#233;conomie, puisque, c&#244;t&#233; macro-&#233;conomique, les politiques &#171; alternatives &#187; sont exclues : on impose un carcan sur les salaires (&#171; mod&#233;ration salariale &#187;) pour assurer d'une part la comp&#233;titivit&#233; du co&#251;t du travail, et de l'autre la stabilit&#233; de la monnaie unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la mise en place de la monnaie unique emp&#234;che tout ajustement par d&#233;valuation de la monnaie. Une perspective qui n'est pas sans d&#233;plaire &#224; l'&#233;conomiste Bulchadani, de la banque Morgan Stanley, qui expliquait en 1998 : &#171; Si l'on supprime la devise nationale comme soupape de s&#233;curit&#233;, les gouvernements devront se concentrer sur les changements concrets &#224; effectuer pour devenir plus comp&#233;titifs : imp&#244;ts plus bas, flexibilit&#233; du march&#233; du travail et cadres r&#233;glementaires plus favorables &#224; l'industrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements doivent par ailleurs renoncer &#224; toute politique budg&#233;taire ambitieuse : oblig&#233;s d'emprunter sur les march&#233;s financiers, ils doivent d&#233;sormais faire preuve de &#171; rigueur &#187; budg&#233;taire. Et plus question d'augmenter les imp&#244;ts&#8230; l&#224; encore, comp&#233;titivit&#233; oblige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, comme disait Margaret Thatcher, &#171; il n'y a pas d'alternative &#187;. Les &#233;lus n'ont plus le choix : comme de bons entrepreneurs, ils doivent s'assurer de garantir partout, &#224; tous les niveaux de d&#233;cision, un contexte &#171; favorable aux entreprises &#187; (business friendly). Le principe avait &#233;t&#233; d&#233;crit par Jean Duret un demi-si&#232;cle auparavant : &#171; Les capitaux auront tendance &#224; d&#233;serter les r&#233;gions et les pays o&#249; les salaires seront relativement &#233;lev&#233;s, o&#249; certaines lois sociales seront susceptibles de g&#234;ner une exploitation trop &#233;hont&#233;e. [11] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;chelle des Etats, des r&#233;gions, des villes, les &#233;lus deviennent des &#171; managers &#187;, et leurs performances sont compar&#233;es &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne (le &#171; benchmark &#187;) pour d&#233;terminer les &#171; bonnes pratiques &#187;. A l'aune... de la comp&#233;titivit&#233;, bien s&#251;r. C'est le triomphe du nouveau management public, qui se traduit en France par la RGPP (revue g&#233;n&#233;rale des politiques publiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La comp&#233;titivit&#233; s'impose partout&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2000, la commission embo&#238;te le pas aux lobbies industriels, pour qui presque tout finit par se rapporter &#224; la comp&#233;titivit&#233;, y compris les politiques &#233;cologiques et sociales. C'est la raison pour laquelle l'ERT encourage l'&#171; &#233;valuation comparative &#187;, c'est-&#224;-dire l'utilisation de la comparaison quantitative des effets des politiques de comp&#233;titivit&#233; pour d&#233;terminer les nouvelles mesures &#224; adopter. L'&#233;valuation comparative, cela signifie &#171; scruter le monde afin d'y d&#233;couvrir ce que les autres ont de meilleur, o&#249; que ce soit, pour ensuite, essayer de l'&#233;galer ou de le surpasser [12] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A commencer par l'am&#233;nagement du territoire. Les &#233;lus locaux deviennent des &#171; managers &#187; de territoire qui doivent d&#233;sormais tout faire pour attirer entreprises et investissements priv&#233;s. Fiscalit&#233; aux petits oignons, partenariats publics-priv&#233;s, infrastructures adapt&#233;es... Les grands projets d'infrastructures, autoroutes, lignes &#224; grande vitesse, a&#233;roports (comme celui de Notre-Dame des Landes) deviennent des &#233;l&#233;ments essentiels de l'&#171; attractivit&#233; &#187; des r&#233;gions [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universit&#233; et la recherche n'y &#233;chappent pas : elles doivent, elles aussi, se soumettre au dogme de la comp&#233;titivit&#233;. La strat&#233;gie de Lisbonne, puis la strat&#233;gie &#171; Europe 2020 &#187;, stipulent que l'universit&#233; doit permettre de former une main d'&#339;uvre adapt&#233;e aux demandes du march&#233; du travail, c'est-&#224;-dire des entreprises. La commission en appelle m&#234;me &#224; enseigner &#171; l'esprit d'entreprise &#187; d&#232;s le plus jeune &#226;ge [14]. La recherche doit, elle, se focaliser sur l'&#171; innovation &#187;, et donner aux entreprises europ&#233;ennes des avantages comp&#233;titifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques &#233;cologiques sont elles aussi soumises &#224; l'imp&#233;ratif de &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187;. Face aux enjeux climatiques, la commission en appelle &#224; une &#171; croissance verte &#187; fond&#233;e sur le d&#233;veloppement des &#171; technologies vertes &#187; (dont certaines controvers&#233;es, comme les biocarburants, par exemple). Les m&#233;canismes de compensation comme la &#171; finance carbone &#187; sont cens&#233;s inciter les industriels &#224; modifier leurs comportements&#8230; alors que toute r&#233;gulation contraignante sur le changement climatique ou les produits chimiques des industries polluantes est exclue... l&#224; encore, comp&#233;titivit&#233; oblige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la protection sociale doit, elle aussi, se mettre au service de la comp&#233;titivit&#233; : il faut, d'une part, flexibiliser le droit du travail, en finir avec le CDI et les conventions collectives pour faciliter les licenciements &#8211; et ainsi permettre aux entreprises de mieux s'adapter aux fluctuations des march&#233;s et mettre en &#339;uvre la &#171; mod&#233;ration salariale &#187;. De l'autre part, il faut &#171; activer &#187; les politiques de l'emploi, c'est-&#224;-dire inciter les ch&#244;meurs &#224; accepter des emplois qu'ils n'accepteraient pas spontan&#233;ment en durcissant les r&#232;gles ou en diminuant les allocations. Enfin, la s&#233;curit&#233; sociale, dont le financement p&#232;serait trop sur les entreprises, doit &#234;tre confi&#233;e aux assurances priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;quation truqu&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En stipulant que toute mesure en faveur des entreprises allait automatiquement r&#233;duire le ch&#244;mage et donc b&#233;n&#233;ficier &#224; tous, l'&#171; &#233;quation magique &#187; de la comp&#233;titivit&#233; a contribu&#233; &#224; propager l'id&#233;e que les mesures politiques qui vont dans l'int&#233;r&#234;t imm&#233;diat des plus grandes firmes internationales sont &#233;galement, par transitivit&#233;, dans l'int&#233;r&#234;t de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voyant, encore aujourd'hui, la quasi-totalit&#233; de la classe politique sauter comme un cabri en criant &#171; comp&#233;titivit&#233; ! comp&#233;titivit&#233; ! &#187;, on ne peut s'emp&#234;cher de se dire que les lobbies industriels ont bien jou&#233; leur coup. Et on ne peut qu'&#234;tre perplexe en se demandant comment tout ce beau monde peut-il tomber dans un tel panneau si facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il est pourtant &#233;vident que cette &#233;quation est truqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord parce que la centralisation de la production et de la distribution catalys&#233;es par le March&#233; unique ont permis aux multinationales de diminuer les co&#251;ts en r&#233;duisant consid&#233;rablement leur main-d'&#339;uvre. Les mesures de concurrence, le libre-&#233;change et la d&#233;r&#233;gulation du march&#233; du travail cens&#233;ment prises pour stimuler la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; ne font qu'accentuer cette tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une dur&#233;e de cinq ans &#224; partir de 1989, la compagnie d'&#233;lectronique hollandaise Philips a r&#233;duit son personnel de 22 % &#8211; environ 68 000 emplois [15] ; British Telecom a pu se glorifier d'avoir r&#233;duit son effectif de 235 000 &#224; 125 000 entre 1985 et 1996 [16]. &#192; la fin des ann&#233;es 1990, une nouvelle vague de fusions, d'acquisitions et de restructurations industrielles a encore eu pour r&#233;sultat d'engendrer &#224; la fois des b&#233;n&#233;fices record et d'importantes suppressions d'emplois [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours orw&#233;lien des industriels atteint des sommets, lorsqu'un rapport de la Table ronde des industriels explique que lutter contre les plans de licenciements, c'est lutter contre l'emploi : &#171; lutter contre la restructuration revient simplement &#224; faire obstacle au changement et &#224; la cr&#233;ation d'emplois [18] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dogme de la comp&#233;titivit&#233; exclut toute mesure structurelle qui pourrait &#234;tre prise pour endiguer le ch&#244;mage : la mod&#233;ration salariale, la rigueur budg&#233;taire p&#232;se sur l'activit&#233; et maintient un taux de ch&#244;mage &#233;lev&#233;. D&#232;s lors, la &#171; lutte contre le ch&#244;mage &#187; mise en &#339;uvre par les gouvernements europ&#233;ens rel&#232;ve au mieux du trompe l'&#339;il. Au pire, elle contribue &#224; flexibiliser davantage les conditions de travail, &#224; d&#233;velopper les contrats pr&#233;caires et &#224; accro&#238;tre les contraintes sur les ch&#244;meurs &#224; travers &#171; le durcissement des crit&#232;res d'&#233;ligibilit&#233;, la r&#233;duction des montants et des dur&#233;es d'indemnisation, [et] le renforcement des contr&#244;les [19] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion est donc claire. La comp&#233;titivit&#233;, ce n'est pas l'emploi : c'est le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, et l'explosion des in&#233;galit&#233;s. Tout ce que l'on nous a impos&#233; depuis plus de vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mod&#232;le de soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Georges Pompidou qui vend la m&#232;che, dans l'interview cit&#233;e plus haut. La doctrine de la comp&#233;titivit&#233;, qui s'impose &#224; toutes les strates de la d&#233;cision publique, contribue &#224; forger, par le biais d'une menace permanente, une soci&#233;t&#233; sous tension. Dans la m&#234;me veine, Laurence Parisot se demandait en 2005 dans le Figaro : &#171; La vie est pr&#233;caire, l'amour est pr&#233;caire, pourquoi le travail ne serait pas pr&#233;caire ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tension est inh&#233;rente &#224; nos soci&#233;t&#233;s &#171; comp&#233;titives &#187;. Elle n'a de cesse de s'accro&#238;tre, et avec elle les profits des grands groupes. A mesure que les pr&#233;tendus &#171; rem&#232;des &#187; prouvent leur inanit&#233;, on les prescrit avec d'autant plus de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges P&#233;rec avait donn&#233; une image qui pourrait illustrer ce mod&#232;le : une &#238;le, W, o&#249; les habitants sont des athl&#232;tes contraints &#224; la comp&#233;tition et qui deviennent obs&#233;d&#233;s par la victoire - condition de leur survie. Une soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re tourn&#233;e vers la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187;... o&#249; l'on d&#233;couvre finalement que les performances des athl&#232;tes sont d&#233;risoires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut voir fonctionner cette machine &#233;norme dont chaque rouage participe, avec une efficacit&#233; implacable, &#224; l'an&#233;antissement syst&#233;matique des hommes, pour ne plus trouver surprenante la m&#233;diocrit&#233; des performances enregistr&#233;es : le 100 m&#232;tres se court en 23&#034;4, le 200 m&#232;tres en 51&#034; ; le meilleur sauteur n'a jamais d&#233;pass&#233; 1,30m [20]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La farce a assez dur&#233;. Il est grand temps d'en finir avec la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187;, et d'inventer un autre imaginaire... plus vivable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : Le dernier chapitre de W ou le souvenir d'enfance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] D'une part, la mod&#233;ration salariale a &#233;t&#233; un des facteurs d&#233;clencheurs de l'endettement des m&#233;nages, la consommation &#233;tant &#034;dop&#233;e&#034; &#224; la dette. De l'autre, le dogmatisme n&#233;olib&#233;ral qui pr&#233;side aux politiques de comp&#233;titivit&#233; n'a pas permis de mettre en place les mesures pour relancer l'activit&#233; apr&#232;s la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Jean Duret, &#171; Que signifie le March&#233; commun dans une Europe capitaliste ? &#187;, Cahiers internationaux, n&#176;78, juillet 1956, p.19-30, cit&#233; dans le Plan B n&#176;13&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Lire la pr&#233;sentation de la Table rondes des industriels europ&#233;ens : &lt;a href=&#034;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Lire Quand le Vicomte Davignon privatisait la Commission &lt;a href=&#034;http://ellynn.fr/dessousdebruxelles..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ellynn.fr/dessousdebruxelles..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Bastiaan van Apeldoorn et Otto Holman, &#171; Transnational Class Strategy and the relaunching of European Integration : The Role of the European Roundtable of Industrialists &#187;, 35e convention de l'International Studies Association, Washington, 28 mars-1er avril 1994, p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Delors d&#233;clarera en 1986, devant ses coll&#232;gues socialistes : &#171; J'ai toujours pens&#233;, en France, qu'il n'y avait pas assez de march&#233; et que l'Etat &#233;tait, pour des raisons historiques, omnipr&#233;sent et trop souvent &#233;touffant ou dominant. La plupart des Fran&#231;ais n'ont pas encore acquis cette mentalit&#233; d'ouverture au monde sans laquelle nous ne pouvons pas &#233;difier une &#233;conomie comp&#233;titive &#187; (Jacques Delors s'adressant &#224; ses camarades socialistes, 1986, cit&#233; dans &#171; Delors&#8230; &#187; de Charles Grant)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Agence Europe, 12 d&#233;cembre 1993 ; cit&#233; in Bastiaan Van Apeldoorn, op. cit., p. 246.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &#171; Nous sommes en train de r&#233;duire les pr&#233;rogatives de l'Etat et du secteur public en g&#233;n&#233;ral de par les privatisations et la d&#233;r&#233;gulation&#8230; [...] L'unification europ&#233;enne progresse, et elle favorise les entreprises internationales telles que les n&#244;tres &#187;, expliquait le pr&#233;sident de l'ERT Daniel Janssen - &#034;The Pace of Economic Change in Europe&#034;, 2000 Tokyo Meeting, Trilateral Commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] L'Europe des industriels n'est pas en panne &lt;a href=&#034;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] 5 recettes socialistes pour r&#233;orienter l'Europe &lt;a href=&#034;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Jean Duret, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] ERT, Benchmarking for Policy-Makers : The Way to Competitiveness, Growth and Job Creation, Bruxelles, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Sur le marketing territorial, lire : &lt;a href=&#034;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Lire Esprit d'entreprise : consultation sur les actions futures au niveau de l'UE : &lt;a href=&#034;http://europa.eu/rapid/press-releas..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://europa.eu/rapid/press-releas..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Nicholas Hildyard, Colin Hines et Tim Lang, &#171; Who Competes ? Changing Landscapes of Corporate Control &#187;, The Ecologist, vol. 26, n&#176; 4, juillet / ao&#251;t 1996, p. 131.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Competitiveness Advisory Group, &#171; Capital Market for Competitiveness : Report to the President of the European Commission, the Prime Ministers and Heads of State &#187;, juillet 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] La compagnie Ericsson, membre su&#233;dois de l'ERT, a par exemple annonc&#233; d&#233;but 1999 son projet de supprimer 11 000 emplois &#8211; soit 10 % de sa main-d'&#339;uvre mondiale. Pilkington, g&#233;ant de la verrerie et membre de l'ERT, bas&#233; au Royaume-Uni, a supprim&#233; 9 000 emplois en 1998 et pr&#233;voit finalement de diminuer de moiti&#233; sa main-d'&#339;uvre par rapport &#224; 1990. Annon&#231;ant ces suppressions, Paolo Scaroni, directeur ex&#233;cutif de la compagnie, a expliqu&#233; que cette mesure faisait partie du processus de &#171; restructuration &#187; en cours pour diminuer les co&#251;ts et augmenter les profits. &#192; la m&#234;me &#233;poque, il d&#233;clarait fi&#232;rement &#224; la presse que Pilkington empochait un minimum de 20 % de b&#233;n&#233;fices sur ses investissements de capitaux et 12 % sur les ventes (lire Magnus Grimond, &#171; Pilkington lops 1500 job in costs drive &#187;, Associated Newspapers Ltd, 29 octobre 1998)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] ERT, &#171; La cr&#233;ation d'emplois et la comp&#233;titivit&#233; par l'innovation &#187;, Bruxelles, nov.1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Florence Lefresne, &#171; Regard comparatif sur l'indemnisation du ch&#244;mage : la difficile s&#233;curisation des parcours professionnels &#187;, Chronique internationale de l'IRES&#184; n&#176; 115 : Indemnisation du ch&#244;mage : d&#233;bat sur les r&#233;formes, novembre 2008, p. 3-28, &lt;a href=&#034;http://www.ires-fr.org/IMG/File/C11...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ires-fr.org/IMG/File/C11...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Georges P&#233;rec, W ou le souvenir d'enfance, Gallimard coll. &#034;l'imaginaire&#034;, 1993, 219p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sommet europ&#233;en : les banques jubilent, les peuples trinquent</title>
		<link>https://blogs.attac.org/assemblee-generale-2012-d-attac-france/candidat-e-s-au-conseil-d/frederic-lemaire/article/sommet-europeen-les-banques</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lors du dernier sommet europ&#233;en, les dirigeants europ&#233;ens ont &#233;voqu&#233; les prochaines &#233;tapes qui suivront l'adoption du Pacte budg&#233;taire. Union budg&#233;taire, union bancaire, pacte de croissance&#8230; Les grandes d&#233;clarations des chefs d'Etat qui annoncent &#171; plus d'Europe &#187;, dissimulent mal des mesures qui pr&#233;voient &#171; plus d'aust&#233;rit&#233; &#187;, sans aucune garantie pour une v&#233;ritable r&#233;gulation bancaire. Le projet d'union bancaire &#233;tait cens&#233; permettre, entre autres, une recapitalisation directe des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/assemblee-generale-2012-d-attac-france/candidat-e-s-au-conseil-d/frederic-lemaire/" rel="directory"&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lors du dernier sommet europ&#233;en, les dirigeants europ&#233;ens ont &#233;voqu&#233; les prochaines &#233;tapes qui suivront l'adoption du Pacte budg&#233;taire. Union budg&#233;taire, union bancaire, pacte de croissance&#8230; Les grandes d&#233;clarations des chefs d'Etat qui annoncent &#171; plus d'Europe &#187;, dissimulent mal des mesures qui pr&#233;voient &#171; plus d'aust&#233;rit&#233; &#187;, sans aucune garantie pour une v&#233;ritable r&#233;gulation bancaire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'union bancaire &#233;tait cens&#233; permettre, entre autres, une recapitalisation directe des banques en difficult&#233; &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, &#233;vitant ainsi un transfert des dettes du priv&#233; au public. Finalement, cette possibilit&#233; sera renvoy&#233;e &#224; 2014, date annonc&#233;e de la mise en &#339;uvre de l'union bancaire. Le syst&#232;me bancaire sera par ailleurs mis &#224; contribution, certes, mais de mani&#232;re tr&#232;s insuffisante ; et ce seront le MES ou la BCE (et finalement, les contribuables europ&#233;ens) qui assureront la majorit&#233; des sauvetages [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second aspect de l'union bancaire concerne la supervision par la BCE des banques europ&#233;enne, cens&#233;e permettre une remise en ordre d'un syst&#232;me bancaire &#224; la d&#233;rive, guett&#233; par l'insolvabilit&#233; et les faillites. Fran&#231;ois Hollande se f&#233;licite que cette supervision s'appliquera &#224; l'ensemble des banques europ&#233;ennes. Il oublie de pr&#233;ciser qu'elle sera fond&#233;e sur des directives europ&#233;ennes particuli&#232;rement laxistes, notamment en termes d'obligation de fonds propres, puisqu'elles sont plus laxistes que les propositions du comit&#233; de B&#226;le III, d&#233;j&#224; largement &#233;dulcor&#233;es par le lobbying des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas pour rien que la F&#233;d&#233;ration Bancaire europ&#233;enne avait annonc&#233; qu'elle se r&#233;jouissait de cette r&#233;gulation a minima qui permettra de &#171; pr&#233;server l'int&#233;grit&#233; du march&#233; int&#233;rieur [2] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la future union budg&#233;taire a &#233;t&#233; soigneusement &#233;vit&#233;e et renvoy&#233;e au sommet de d&#233;cembre (lire notre pr&#233;c&#233;dent article). La veille de l'ouverture du Sommet, la chanceli&#232;re allemande avait annonc&#233; la couleur : pour elle, l'union budg&#233;taire passe par une ing&#233;rence des institutions europ&#233;ennes dans les politiques &#233;conomiques des Etats de la zone euro vers plus d'aust&#233;rit&#233; et de r&#233;formes pour la comp&#233;titivit&#233; : flexibilisation du march&#233; du travail, r&#233;forme de la protection sociale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures pro-comp&#233;titivit&#233; sont d&#233;j&#224; pr&#233;vues dans le cadre du fameux pacte de croissance tant vant&#233; par le pr&#233;sident Hollande. Dans le d&#233;tail, ce projet pr&#233;voit une plus grande lib&#233;ralisation et d&#233;r&#233;gulation du march&#233; int&#233;rieur (notamment dans l'&#233;nergie et le transport), la poursuite du libre-&#233;change &#224; tout-va&#8230; Les 120 milliards &#233;voqu&#233;s par Hollande, en partie fictifs et d&#233;tourn&#233;s de fonds europ&#233;ens existants, serviront &#224; financer des partenariats publics priv&#233;s [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la taxe sur les transactions financi&#232;re, qui sera mise en place dans le cadre d'une coop&#233;ration renforc&#233;e. Mais dans un contexte institutionnel qui se caract&#233;rise par une offensive n&#233;olib&#233;rale sans pr&#233;c&#233;dent, il y a fort &#224; parier que la TTF ne sera qu'une goutte dans un oc&#233;an d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lire Corporate Europe Observatory, Not about safer banks, septembre 2012 : corporateeurope.org/blog/not-about-safer-banks#footnote8_3idpq99&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] European Banking Federation, communiqu&#233; de presse, 12. Septembre 2012, &lt;a href=&#034;http://www.ebf-fbe.eu/uploads/mwp/D...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ebf-fbe.eu/uploads/mwp/D...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] DDB, 5 recettes socialistes pour r&#233;orienter l'Europe, septembre 2012 : &lt;a href=&#034;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dessousdebruxelles.ellynn.fr..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Union budg&#233;taire : le &#171; gang des quatre &#187; abat ses cartes</title>
		<link>https://blogs.attac.org/vive-la-crise/article/union-budgetaire-le-gang-des</link>
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		<dc:date>2012-11-02T18:20:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'adoption du nouveau trait&#233; europ&#233;en, le Pacte budg&#233;taire, n'&#233;tait qu'un pr&#233;alable : en vue du Sommet europ&#233;en des 18 et 19 octobre, les institutions et les gouvernements europ&#233;ens r&#233;fl&#233;chissent aux prochaines &#233;tapes de l'int&#233;gration des politiques &#233;conomiques des Etats membres. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, l'int&#233;gration des politiques budg&#233;taires des Etats membres de l'UE a pris la forme d'une institutionnalisation des politiques d'aust&#233;rit&#233;, &#224; travers des contraintes de plus en plus fortes sur les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/vive-la-crise/" rel="directory"&gt;Vive la crise !&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'adoption du nouveau trait&#233; europ&#233;en, le Pacte budg&#233;taire, n'&#233;tait qu'un pr&#233;alable : en vue du Sommet europ&#233;en des 18 et 19 octobre, les institutions et les gouvernements europ&#233;ens r&#233;fl&#233;chissent aux prochaines &#233;tapes de l'int&#233;gration des politiques &#233;conomiques des Etats membres.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, l'int&#233;gration des politiques budg&#233;taires des Etats membres de l'UE a pris la forme d'une institutionnalisation des politiques d'aust&#233;rit&#233;, &#224; travers des contraintes de plus en plus fortes sur les budgets publics, d&#233;cid&#233;es en &#233;vitant soigneusement toute consultation populaire. Et cette fuite en avant aust&#233;ritaire n'est pas pr&#232;s de finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est du moins ce que sugg&#232;re la lecture du projet des conclusions du prochain Sommet, propos&#233;es le 1er octobre par le Pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en Van Rompuy aux Etats membres, &#233;labor&#233; en collaboration &#233;troite avec Jos&#233; Manuel Barroso (Commission europ&#233;enne), Mario Draghi (BCE) et Jean-Claude Juncker (Eurogroupe) - le &#171; gang des quatre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document (disponible ici) se pr&#233;sente en deux parties &#8211; la premi&#232;re sur le Pacte de croissance, la seconde sur le &#171; parach&#232;vement de la zone euro &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la premi&#232;re reprend des &#233;l&#233;ments dans la droite ligne de l'agenda europ&#233;en de comp&#233;titivit&#233; (lib&#233;ralisations, d&#233;r&#233;gulation, flexibilisation, libre-&#233;change, etc. lire notre pr&#233;c&#233;dent article), la seconde pr&#233;sente des pistes pour les futures &#233;volutions institutionnelles de l'Union europ&#233;enne, et notamment la mise en place d'une &#171; union budg&#233;taire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique, cette union budg&#233;taire a vocation &#224; s'inscrire dans le prolongement des efforts de &#171; disciplines budg&#233;taires &#187; et de r&#233;formes &#171; structurelles de comp&#233;titivit&#233; &#187;. Comme le relate un article du Monde, des d&#233;saccords existent notamment entre fran&#231;ais et allemands sur l'utilisation du budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement fran&#231;ais, le budget devrait pouvoir servir &#224; &#171; faciliter les ajustements aux chocs affectant certains pays &#187; ; c'est le f&#233;d&#233;ralisme budg&#233;taire &#171; classique &#187; qui consiste &#224; organiser des transferts entre diff&#233;rentes zones pour s'attaquer &#224; des d&#233;s&#233;quilibres r&#233;gionaux et nationaux que la politique mon&#233;taire, n&#233;cessairement centralis&#233;e, ne peut r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, r&#233;torquent les allemands, avec le soutien tacite de la Pr&#233;sidence du Conseil, organiser de tels transferts n&#233;cessiterait une int&#233;gration politique et une convergence plus importante que ce qu'elle n'est actuellement entre pays membres de la zone euro. Pour le gouvernement allemand, le budget doit &#234;tre un instrument pour permettre les r&#233;formes structurelles de comp&#233;titivit&#233; et rigueur budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, les pays membres de la zone euro seraient amen&#233;s &#224; passer des &#171; contrats &#187; avec un Tr&#233;sor europ&#233;en &#8211; aux pouvoirs de contr&#244;le intrusifs, note le Monde [1] &#8211; dans lesquels ils s'engagent &#224; mettre en &#339;uvre des r&#233;formes structurelles en &#233;change d'une &#171; incitation &#187; financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit ni plus ni moins d'une g&#233;n&#233;ralisation &#224; l'&#233;chelle de la zone euro des fameux &#171; m&#233;morandums &#187; impos&#233;s &#224; la Gr&#232;ce, &#224; l'Irlance, au Portugal et peut-&#234;tre bient&#244;t &#224; l'Espagne, dans lesquels la Tro&#239;ka impose la mise en &#339;uvre d'un certain nombre de r&#233;forme en &#233;change d'une &#171; aide &#187; qui s'av&#232;re en d&#233;finitive assez co&#251;teuse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agirait donc d'une &#233;tape suppl&#233;mentaire dans l'&#233;laboration de la m&#233;canique aust&#233;ritaire europ&#233;enne. D&#233;j&#224;, avec le Pacte budg&#233;taire et du 6-Pack, toute politique budg&#233;taire ambitieuse est proscrite. Dans le cadre du 2-Pack, le Conseil peut inciter un pays en difficult&#233; &#224; demander une aide financi&#232;re et se placer dans une situation de tutelle partielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, cette tutelle pourrait &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; l'&#233;chelle de la zone euro sous le pr&#233;texte d'une &#171; convergence budg&#233;taire &#187; qui est une convergence vers toujours plus d'aust&#233;rit&#233;... Une convergence vers le gouffre, en quelques sortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On passe d'un contr&#244;le a posteriori et d'une interdiction des d&#233;ficits&#8230; A une v&#233;ritable prescription des politiques &#233;conomiques. Ces prescriptions devront &#234;tre coh&#233;rentes avec celles du Pacte pour l'euro, qui listait les r&#233;formes &#224; mettre en &#339;uvre par les Etats membres et en priorit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; S'assurer d'une diminution du co&#251;t unitaire de la main d'&#339;uvre. C'est clair, il s'agit de mettre en place les conditions d'une diminution ou d'une stagnation des salaires comme &#233;l&#233;ment cl&#233; de la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187;. Dans la fonction publique, comme dans le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; R&#233;former le droit du travail et le march&#233; du travail pour plus de flexibilit&#233; et r&#233;duire les charges fiscales sur l'emploi. Second &#233;l&#233;ment pour plus de &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187;, d&#233;barrasser les entreprises du &#171; fardeau r&#233;glementaire &#187; : droit du travail, charges, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Assainir les finances publiques. Autrement dit, r&#233;former la protection sociale et l'assurance maladie, qui p&#232;seront moins lourd dans les budgets publics quand elles seront dans l'escarcelle du priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers l'union budg&#233;taire, il s'agit moins d'&#233;tablir un budget europ&#233;en qui permette des transferts entre Etats membres et une forme de solidarit&#233;, comme c'est classiquement le cas, que d'&#233;tablir une sorte de super Tro&#239;ka qui ne serait plus r&#233;serv&#233;e aux pays surendett&#233;s - puisqu'elle aurait le droit de regard sur les politiques &#233;conomiques de l'ensemble des pays de la zone euro. Autrement dit, chacun pour soi, et la Tro&#239;ka pour tous...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants europ&#233;ens sont-ils donc si satisfaits des r&#233;sultats des m&#233;morandums qui ont ruin&#233; la Gr&#232;ce, bient&#244;t le Portugal, qu'ils souhaitent les g&#233;n&#233;raliser &#224; toute la zone euro ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, il est &#233;mouvant de voir que les promoteurs de ce projet pr&#233;voient &#171; des m&#233;canismes pour une v&#233;ritable l&#233;gitimit&#233; et un contr&#244;le d&#233;mocratique sont n&#233;cessaires &#187; en pr&#233;cisant, comme principe cl&#233; &#171; le contr&#244;le d&#233;mocratique doit s'exercer au niveau o&#249; les d&#233;cisions sont prises &#187;. En voil&#224; une innovation r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; rassur&#233;s, puisque le contr&#244;le d&#233;mocratique des d&#233;cisions prises au niveau europ&#233;en reviendra au Parlement europ&#233;en : il sera d&#251;ment &#171; consult&#233; &#187;, de m&#234;me que des &#171; d&#233;bats &#187; seront organis&#233;s en lien avec les Parlement nationaux. Que demande le peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que la n&#233;cessit&#233; d'un dialogue social ouvert et actif est &#233;voqu&#233;e. Quand on constate de quelle mani&#232;re la Conf&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne des Syndicats &#8211; qui pour la premi&#232;re de son existence s'est oppos&#233;e &#224; un trait&#233; europ&#233;en avec le Pacte budg&#233;taire &#8211; a &#233;t&#233; ignor&#233;e et maltrait&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es, on se demande &#224; quoi s'attendre&#8230; Un dialogue social fa&#231;on #Pigeons, sans doute ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces petites attentions montrent cependant que les dirigeants europ&#233;ens marchent sur des &#339;ufs, et tentent tant bien que mal de donner des gages d&#233;mocratiques &#224; un durcissement sans pr&#233;c&#233;dent des contraintes exerc&#233;es sur la souverainet&#233; d&#233;mocratique des Etats de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre craignent-ils que les mouvements qui se sont lev&#233;s partout en Europe contre la d&#233;rive aust&#233;ritaire des institutions europ&#233;ennes ne parviennent &#224; contrecarrer leurs plans ? Nous le souhaitons de tout c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eric Scavennec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : pour les amateurs, voici le document (en anglais) qui d&#233;taille la position de la Pr&#233;sidence du Conseil europ&#233;en, &#233;crit entre Draghi (BCE), Barroso (Commission), Van Rompuy (Conseil) et Juncker (Eurogroupe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/europe/articl..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lemonde.fr/europe/articl..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'arnaque du Pacte pour la croissance</title>
		<link>https://blogs.attac.org/assemblee-generale-2012-d-attac-france/candidat-e-s-au-conseil-d/frederic-lemaire/article/l-arnaque-du-pacte-pour-la</link>
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		<dc:date>2012-11-02T18:14:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lors de la campagne pr&#233;sidentielle, le candidat Fran&#231;ois Hollande n'avait pas de mots assez dur pour &#233;voquer le Trait&#233; sur la Stabilit&#233; et la Gouvernance de la zone euro (TSCG) ou Pacte budg&#233;taire, qu'il qualifiait lui-m&#234;me de trait&#233; &#171; ajoutant l'aust&#233;rit&#233; &#224; l'aust&#233;rit&#233; &#187;. Quelques mois plus tard, il ratifie le TSCG inchang&#233; en expliquant que &#171; l'Europe a &#233;t&#233; r&#233;orient&#233;e &#187; gr&#226;ce &#224; un ensemble de mesures pour la croissance qui forment un Pacte pour la croissance. Qu'en est-il vraiment ? Le 6 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/assemblee-generale-2012-d-attac-france/candidat-e-s-au-conseil-d/frederic-lemaire/" rel="directory"&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de la campagne pr&#233;sidentielle, le candidat Fran&#231;ois Hollande n'avait pas de mots assez dur pour &#233;voquer le Trait&#233; sur la Stabilit&#233; et la Gouvernance de la zone euro (TSCG) ou Pacte budg&#233;taire, qu'il qualifiait lui-m&#234;me de trait&#233; &#171; ajoutant l'aust&#233;rit&#233; &#224; l'aust&#233;rit&#233; &#187;. Quelques mois plus tard, il ratifie le TSCG inchang&#233; en expliquant que &#171; l'Europe a &#233;t&#233; r&#233;orient&#233;e &#187; gr&#226;ce &#224; un ensemble de mesures pour la croissance qui forment un Pacte pour la croissance. Qu'en est-il vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 mai 2012, le soir de sa victoire, Hollande annon&#231;ait que son &#233;lection repr&#233;sentait pour l'Europe l'espoir &#171; qu'enfin l'aust&#233;rit&#233; pouvait ne plus &#234;tre une fatalit&#233; &#187;. Il appelait &#224; la ren&#233;gociation du Pacte budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine deux mois plus tard, &#224; l'issue du Sommet europ&#233;en des 28 et 29 juin, il annonce la ratification expresse du Pacte budg&#233;taire n&#233;goci&#233; par Nicolas Sarkozy en contrepartie d'un Pacte pour la croissance et pour l'emploi qu'il aurait obtenu de haute lutte &#8211; jugeant ainsi que l'Europe avait &#233;t&#233; r&#233;orient&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il vraiment ? Pour en savoir plus, nous avons parcouru le document pr&#233;paratoire du prochain Sommet europ&#233;en des 18 et 19 octobre (disponible ici). Celui-ci d&#233;taille les mesures qui constituent le fameux Pacte pour la croissance. Alors, quelles recettes pour r&#233;orienter l'Europe ? Jugeons sur pi&#232;ce&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recette n&#176;1 : lib&#233;raliser l'&#233;conomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res mesures visent l'approfondissement du march&#233; unique et la lib&#233;ralisation de nouveaux march&#233;s. Des mesures tout particuli&#232;rement appel&#233;es des v&#339;ux des gouvernements italiens et britanniques, qui insistent depuis depuis d&#233;cembre 2011 pour qu'elles soient mises sur la table au m&#234;me titre que les mesures de rigueur budg&#233;taire. Le candidat Hollande n'avait alors pas manqu&#233; de l'interpr&#233;ter comme un soutien &#224; ses vell&#233;it&#233;s de &#171; r&#233;orientation &#187; de l'Europe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le d&#233;tail de ces mesures :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; L'approfondissement du march&#233; unique, avec entre autres la mise en &#339;uvre des directives sur la passation de march&#233;s publics, sur les services, sur les normes comptables (dans le cadre de l'acte unique) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La lib&#233;ralisation du march&#233; du transport ferroviaire et de la fourniture d'&#233;nergie (dans le cadre du second acte unique) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La mise en place du march&#233; unique des services et contenus en ligne. (en France, la mission Olivennes, qui a d&#233;bouch&#233; sur la loi Hadopi, s'inscrit notamment dans ce contexte) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La finalisation du march&#233; unique du savoir, de la recherche et de l'innovation. (en France, la loi LRU, qui pr&#233;voit d'aligner le fonctionnement des universit&#233;s sur le mod&#232;le entrepreneurial, s'inscrit notamment dans ce contexte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe ? L'extension du domaine du march&#233; devrait ouvrir de nouvelles opportunit&#233;s d'investissement et de business, cr&#233;er de l'activit&#233; et de la croissance. Cela vaut bien de rogner un peu sur les services publics, la neutralit&#233; du net ou encore remettre en cause les missions sp&#233;cifiques de l'universit&#233; et de la recherche, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recette n&#176;2 : une &#171; r&#233;gulation intelligente &#187; contre le &#171; fardeau r&#233;glementaire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pacte pr&#233;voit l'approfondissement de la d&#233;r&#233;gulation, pardon, la mise en place d'une &#171; r&#233;gulation intelligente &#187; pour mieux r&#233;duire le &#171; fardeau r&#233;glementaire &#187;. Fardeau qui, comme chacun sait, p&#232;se de tout son poids bureaucratique sur les entreprises exsangues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, la commission a d&#233;j&#224; fait cette ann&#233;e une proposition (controvers&#233;e) qui consiste &#224; exempter les petites et moyennes entreprises d'un certain nombre d'obligations, concernant notamment la s&#233;curit&#233; au travail, la consultation des employ&#233;s, les cong&#233;s parentaux ou l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la table ronde des industriels europ&#233;ens, lobby influent rassemblant les dirigeants des plus grandes entreprises europ&#233;ennes, la commission doit aller plus loin : disqualifier toute l&#233;gislation actuelle pesant sur la comp&#233;titivit&#233; des entreprises europ&#233;ennes et introduire un moratoire sur toute nouvelle l&#233;gislation qui irait dans ce sens [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recette n&#176;3 : le bon vieux libre-&#233;change&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que serait un Pacte pour la croissance sans son volet de libre-&#233;change ? Le document de la pr&#233;sidence du Conseil europ&#233;en en appelle &#224; finaliser au plus vite les accords de libre-&#233;change en cours de n&#233;gociation avec le Japon, le Canada, Singapour et l'Inde, et &#224; donner suite &#224; la strat&#233;gie libre-&#233;changiste de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe si chacun de ces accords fait l'objet d'une critique acerbe de la soci&#233;t&#233; civile, en Europe comme dans les pays concern&#233;s&#8230; En Inde notamment, la mobilisation est forte contre un accord qui pourrait menacer la production de m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques [2] ainsi que les droits &#224; l'alimentation [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Canada comme en France, les syndicats et associations se mobilisent contre un accord qui menace les services publics, sanctuarise les investissements priv&#233;s, revient sur un certain nombre de r&#233;glementations environnementales et introduit des dispositions r&#233;pressives concernant le droit d'auteur [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre registre, en France, les critiques (plus ou moins opportunistes) se multiplient contre des accords (Cor&#233;e du sud, Japon) qui mettent en p&#233;ril l'industrie, et notamment l'industrie automobile [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recette n&#176;4 : inciter les investissements&#8230; priv&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quid des 120 milliards annonc&#233;es par le pr&#233;sident Hollande pour relancer l'activit&#233; en Europe ? Leur emploi ne figure apparemment pas &#224; l'ordre du jour des discussions du prochain sommet. Est-ce &#224; dire leur caract&#232;re marginal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que ce fonds qui repose &#224; plus de 90% sur des fonds europ&#233;ens d&#233;j&#224; existants, ainsi que sur d'attendus &#171; effets multiplicateurs &#187; (60 milliards red&#233;ploy&#233;s &#224; partir de fonds d&#233;j&#224; vot&#233;s et programm&#233;s pour 2012-2013, et 60 milliards d'hypoth&#233;tiques nouveaux pr&#234;ts au secteur priv&#233; par la Banque europ&#233;enne d'investissement) [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de permettre une v&#233;ritable relance publique de l'&#233;conomie (alors que les coupes budg&#233;taires dans la zone euro s'&#233;l&#232;vent en 2012 &#224; plusieurs centaines de milliards d'euros), ces fonds auront plut&#244;t vocation &#224; stimuler l'investissement priv&#233; en finan&#231;ant des partenariats public-priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur emploi s'inscrit donc dans la logique g&#233;n&#233;rale du Pacte pour la croissance qui pourrait se r&#233;sumer par cette double &#233;galit&#233; : cadeaux pour le priv&#233; = comp&#233;titivit&#233; = croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recette n&#176;5 : taxer les transactions financi&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re recette, de loin la plus sympa : la taxe sur les transactions financi&#232;res europ&#233;enne. Celle-ci devrait voir le jour sous la forme d'une coop&#233;ration renforc&#233;e entre 11 Etats membres de la zone euro. Malgr&#233; le caract&#232;re positif d'une telle avanc&#233;e, un certain nombre de questions se posent quant &#224; l'assiette de cette taxe, qui pourrait ne pas inclure les produits d&#233;riv&#233;s et les transactions de change (qui recouvrent la majorit&#233; des transactions financi&#232;res).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la France, les fonds d&#233;gag&#233;s devraient abonder le budget europ&#233;en, et permettre de financer des mesures &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne pour stimuler la croissance. Mais, face &#224; l'opposition notamment de l'Allemagne, certaines sources indiquent qu'ils pourraient financer un fonds de sauvetage pour les banques en difficult&#233;&#8230; [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;orienter pour que rien ne change ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Approfondissement du march&#233; int&#233;rieur, lib&#233;ralisation, d&#233;r&#233;gulation, libre-&#233;change&#8230; m&#234;me en prenant en compte la mise en place d'une taxe sur les transactions financi&#232;res (dans des conditions encore incertaines), un constat s'impose : le Pacte pour la croissance ne va pas r&#233;orienter l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, il s'appuie en grande partie sur de bonnes vieilles recettes n&#233;olib&#233;rales, qui, associ&#233;es aux politiques de rigueur budg&#233;taire, vont accentuer la pression sur les services publics, les droits sociaux, la protection sociale au pr&#233;texte d'une comp&#233;titivit&#233; qui serait le pr&#233;alable de la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oubli&#233;es les vell&#233;it&#233;s de relance publique de l'&#233;conomie ! Le gouvernement socialiste annonce d&#233;j&#224; qu'un &#171; choc de comp&#233;titivit&#233; &#187; sera n&#233;cessaire pour le &#171; retour de la croissance &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre l'adoption du trait&#233; budg&#233;taire (celui qui &#171; ajoute l'aust&#233;rit&#233; &#224; l'aust&#233;rit&#233; &#187; dixit le candidat Hollande) et la mise en &#339;uvre d'un pacte de croissance d'inspiration clairement n&#233;olib&#233;rale, les &#233;lecteurs fran&#231;ais qui auront cru aux promesses de &#171; changement &#187; en auront pour leurs frais. Et ils ne sont peut-&#234;tre pas au bout de leur d&#233;convenue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Lire (en anglais) Corporate Europe Observatory ; &#8220;The Roundtable goes for full conquest&#8221;, Juillet 2012, &lt;a href=&#034;http://www.corporateeurope.org/news..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.corporateeurope.org/news..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;a href=&#034;http://www.presseurop.eu/fr/content..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.presseurop.eu/fr/content..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;http://www.alimenterre.org/ressourc..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alimenterre.org/ressourc..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &lt;a href=&#034;http://aitec.reseau-ipam.org/spip.p..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://aitec.reseau-ipam.org/spip.p..&lt;/a&gt;. et &lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/fr/con..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.laquadrature.net/fr/con..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/..&lt;/a&gt;. et &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/politiques..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/politiques..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Attac France, &#171; Les 10 raisons de dire NON au Pacte budg&#233;taire &#187;, septembre 2012, &lt;a href=&#034;http://www.france.attac.org/article..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france.attac.org/article..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Attac France, TTF, une &#233;quation avec encore de nombreuses inconnues, octobre 2012, &lt;a href=&#034;http://www.france.attac.org/article..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france.attac.org/article..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</title>
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		<title>6 id&#233;es re&#231;ues sur la crise de la dette</title>
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&lt;p&gt;Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique cherche &#224; explorer, d&#233;velopper et expliquer les enjeux r&#233;v&#233;l&#233;s par la crise actuelle. Il souhaite imposer dans le d&#233;bat d&#233;mocratique des analyses et propositions alternatives sur la dette publique. Pour cela, il faut d'abord s'attacher &#224; d&#233;voiler la supercherie r&#233;v&#233;l&#233;e par de nombreuses id&#233;es re&#231;ues r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; longueur de temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entre autres exemples, est-ce vrai parce que les pays vivent au-dessus de leurs moyens qu'ils sont endett&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/vive-la-crise/" rel="directory"&gt;Vive la crise !&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique cherche &#224; explorer, d&#233;velopper et expliquer les enjeux r&#233;v&#233;l&#233;s par la crise actuelle. Il souhaite imposer dans le d&#233;bat d&#233;mocratique des analyses et propositions alternatives sur la dette publique. Pour cela, il faut d'abord s'attacher &#224; d&#233;voiler la supercherie r&#233;v&#233;l&#233;e par de nombreuses id&#233;es re&#231;ues r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; longueur de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre autres exemples, est-ce vrai parce que les pays vivent au-dessus de leurs moyens qu'ils sont endett&#233;s ? L'aust&#233;rit&#233; est-elle r&#233;ellement la seule voie raisonnable et possible ? Pourquoi n'y a-t-il pas la possibilit&#233; d'intervenir tr&#232;s rapidement pour soulager les &#201;tats europ&#233;ens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document est une introduction &#224; ces questions d'apparence simple. Mais aussi une invitation &#224; discuter de toutes les questions relatives &#224; la dette publique au sein Collectif pour un audit citoyen de la dette pour qu'&#233;mergent des solutions qui ne visent pas &#224; d&#233;manteler les services publics, la protection sociale ou le droit du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Id&#233;e re&#231;ue 1 : &#171; La dette est la cons&#233;quence d'une explosion des d&#233;penses publiques ! &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; On vit au-dessus de nos moyens&#8230; &#187; On nous rab&#226;che, dans les m&#233;dias dominants, que la cause principale des d&#233;ficits publics, et donc de la dette, serait l'explosion des d&#233;penses publiques ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est faux.&lt;/strong&gt; La part des d&#233;penses publiques dans leur ensemble (budget de l'&#201;tat, des collectivit&#233;s territoriales, des administrations de s&#233;curit&#233; sociale qui rassemblent les h&#244;pitaux publics et l'ensemble des r&#233;gimes de s&#233;curit&#233; sociale) est globalement stable depuis plusieurs ann&#233;es. Elle a m&#234;me diminu&#233; par rapport &#224; son point le plus haut atteint en 1993 avec 55 % du PIB, alors qu'en 2007, elle ne repr&#233;sente plus que 52,3 % du PIB. Cependant, la structure de ces d&#233;penses publiques a &#233;volu&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les d&#233;penses g&#233;n&#233;rales de l'&#201;tat (la d&#233;fense, l'enseignement, la recherche, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la dette qui touche de nombreux pays europ&#233;ens dont la France n'est donc pas provoqu&#233;e par un changement de comportement des gouvernements qui seraient devenus trop d&#233;pensiers par rapport &#224; leur comportement ant&#233;rieur. Il n'y a pas eu d'explosion des d&#233;penses ! Pour comprendre le creusement des d&#233;ficits publics, il y a d'autres explications : le manque de recettes fiscales, ou la crise financi&#232;re de 2007-2008.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Id&#233;e re&#231;ue 2 : &#171; La France n'est plus capable de financer son train de vie. &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La France serait sur le d&#233;clin. Plus capable de financer son mod&#232;le de protection sociale, elle devrait tourner le dos aux ann&#233;es de facilit&#233;. Il n'y aurait pas d'alternative, et il faudrait accepter le sang et les larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est faux !&lt;/strong&gt; La richesse produite par l'&#233;conomie fran&#231;aise n'a cess&#233; d'augmenter et il est tout &#224; fait possible de financer les d&#233;penses publiques. Par contre, depuis plusieurs dizaines d'ann&#233;es, les r&#233;formes fiscales des gouvernements, de gauche comme de droite, n'ont pas cess&#233; de priver le budget public de ressources &#224; travers la multiplication des cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recettes de l'&#201;tat repr&#233;sentaient 15,1 % du PIB en 2009 contre 22,5 % en 1982&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les imp&#244;ts progressifs ont vu leur part dans les recettes fiscales diminuer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette situation est reconnue officiellement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En avril 2010, dans un Rapport sur la situation des finances publiques pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'id&#233;e selon laquelle on n'aurait plus les moyens de financer les d&#233;penses publiques est donc un mensonge qui permet de justifier la mise en place de politiques fiscales injustes socialement et inefficaces &#233;conomiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les modalit&#233;s de ce financement doivent &#234;tre au centre des d&#233;bats d&#233;mocratiques. Il faut d&#233;noncer l'imposition de l'aust&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e et les coupes brutales dans les &#233;coles, les h&#244;pitaux, les tribunaux, et la remise en cause g&#233;n&#233;ralis&#233;e mod&#232;le social issu du Conseil national de la r&#233;sistance sous le pr&#233;texte qu'il n'y aurait pas d'alternative&#8230; Il faut une contre-r&#233;volution fiscale en Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Contrairement aux fausses id&#233;es v&#233;hicul&#233;es par les pr&#233;tendus &#171; experts &#187; du discours dominant, c'est la baisse des recettes et non l'explosion des d&#233;penses qui sont responsables des d&#233;ficits. Derri&#232;re cette &#233;volution, il y a une cause profonde, structurelle : c'est la mainmise des march&#233;s financiers sur nos &#233;conomies ! &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Id&#233;e re&#231;ue 3 : &#171; Ce sont les &#201;tats qui sont responsables de la crise de la dette, les march&#233;s financiers n'y sont pour rien ! &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon les rapports de la Commission europ&#233;enne, la crise de la dette serait due &#224; des d&#233;s&#233;quilibres structurels qui pr&#233;existaient &#224; la crise de 2007 : d&#233;penses publiques trop importantes, faible &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; des services publics&#8230; Ces arguments sont largement repris dans le d&#233;bat public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ils font l'impasse sur un aspect essentiel de la crise de la dette&lt;/strong&gt; : il est clair que la crise financi&#232;re d&#233;clench&#233;e en 2007 aux &#201;tats-Unis a &#233;t&#233; un facteur d&#233;cisif de l'endettement des &#201;tats. Avec en premi&#232;re ligne, la d&#233;r&#233;gulation financi&#232;re, qui n'a toujours pas &#233;t&#233; remise en cause&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re a frapp&#233; de plein fouet les banques europ&#233;ennes, qui s'&#233;taient largement impliqu&#233;es dans la sp&#233;culation sur les produits toxiques (cr&#233;dits &#171; Subprimes &#187;). La crise de confiance qui s'en est suivie a n&#233;cessit&#233; l'intervention des gouvernements pour &#233;viter une crise du syst&#232;me bancaire. Ces plans de sauvetage, sous forme d'emprunts &#224; des taux faibles, ont permis d'&#233;viter une grave crise syst&#233;mique, sans toutefois imposer de contreparties aux banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les banques ont en grande partie rembours&#233; ces emprunts. Mais l'ardoise de la crise financi&#232;re n'est pas lav&#233;e pour autant&#8230; Car les &#201;tats ont du s'endetter pour accorder ces pr&#234;ts. L'endettement public, mesur&#233; et exprim&#233; comme un pourcentage du PIB a nettement progress&#233; dans toutes les &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es depuis la crise financi&#232;re de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cession, en plus des cadeaux fiscaux du gouvernement, a creus&#233; les recettes et a n&#233;cessit&#233; des investissements publics. Le d&#233;ficit public a ainsi augment&#233; de 78 milliards d'euros, soit environ 4 points de PIB, entre 2007 et 2008 ! Dans toute l'Europe, la crise provoque des effets similaires : en moyenne les d&#233;ficits publics ont progress&#233; de 6 points de PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re a donc d&#233;bouch&#233; sur la crise de la dette en Europe. La crise financi&#232;re n'a m&#234;me pas abouti &#224; une remise en cause de la d&#233;r&#233;gulation financi&#232;re. Cette absence de r&#233;ponse a permis la sp&#233;culation sur les dettes publiques qui a aggrav&#233; la crise. Oui, la crise financi&#232;re et le fonctionnement d&#233;voy&#233; des march&#233;s financiers sont bien &#224; l'origine de la crise de la dette. Prenons-en acte : d&#233;sarmons les march&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Id&#233;e re&#231;ue 4 : &#171; Il n'y a pas d'autre choix que de &#171; rassurer les march&#233;s financiers &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On nous explique qu'il n'y a pas d'alternative. Ce sont les march&#233;s financiers qui d&#233;cident, puisque ce sont eux qui ont les cl&#233;s de l'&#233;conomie. Il faut donc faire acte de &#171; r&#233;alisme &#187; et se soumettre aux exigences des financiers, qui souhaitent que l'&#201;tat fonctionne comme une entreprise et ne se soucie surtout pas de redistribuer les richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#171; rassurer les march&#233;s &#187;, il faudrait &#224; la fois r&#233;duire les d&#233;penses publiques, et r&#233;duire les imp&#244;ts sur les grandes entreprises et les plus riches pour favoriser la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; et les investissements, et cela s'imposerait comme une loi de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est (bien &#233;videmment) faux !&lt;/strong&gt; Ce que l'on voudrait faire passer pour une loi de la nature est le r&#233;sultat d'un rapport de force qui est aujourd'hui tr&#232;s favorable aux multinationales, aux banques et aux fonds d'investissements. Il est pourtant possible de le renverser !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ce sont les gouvernements europ&#233;ens qui ont choisi de se lier les poings en interdisant toute restriction aux mouvements de capitaux entre &#201;tats membres (article 63 du Trait&#233; de Lisbonne), et en acceptant de se financer uniquement sur les march&#233;s financiers (depuis le Trait&#233; de Maastricht), sous pr&#233;texte de &#171; rigueur &#187; budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, ces mesures ont constitu&#233; un net recul par rapport aux conditions dans lesquelles la Banque de France pouvait, dans le cadre des lois de 1936, 1945, 1973, racheter les bons du Tr&#233;sor d&#233;tenus par les banques sur le march&#233; secondaire (pratique appel&#233;e open market), apr&#232;s autorisation du Parlement. Les lois bancaires de 1984 et 1986 ont par ailleurs aggrav&#233; la mainmise des march&#233;s en mettant en &#339;uvre la d&#233;r&#233;gulation financi&#232;re (fin de la s&#233;paration des banques de d&#233;p&#244;ts et des banques d'affaires, ouverture du march&#233; mon&#233;taire aux agents non bancaires, par exemple les compagnies d'assurances et autres institutions financi&#232;res).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce que les gouvernements ont fait, dans le sillon de la contre-r&#233;volution n&#233;olib&#233;rale, il est possible de le d&#233;faire ! Il faut d&#233;sarmer les march&#233;s en imposant des r&#233;gulations drastiques au secteur financier et bancaire. Interdire la sp&#233;culation, taxer les transactions financi&#232;res, s&#233;parer les banques d'investissement et les banques de d&#233;tail, d&#233;manteler des banques trop grosses, donc trop dangereuses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'autre part se redonner les moyens d'un financement public et d&#233;mocratique de l'&#233;conomie, permettre la relance d'une &#233;conomie qui ne soit pas tourn&#233;e vers la croissance aveugle, mais vers les services publics et les biens communs pour une prosp&#233;rit&#233; de qualit&#233;. Et pour cela permettre aux gouvernements d'emprunter en dehors des march&#233;s aupr&#232;s de leurs banques centrales, en m&#234;me temps qu'on engagerait une r&#233;forme fiscale radicale, afin de s'&#233;manciper de la tutelle destructrice des march&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le r&#244;le de la crise financi&#232;re et des march&#233;s financiers sont tr&#232;s largement &#233;lud&#233;s dans les d&#233;bats publics. A la place, on veut imposer l'aust&#233;rit&#233; pour &#171; rassurer les march&#233;s &#187;. Avec ces politiques, non seulement on ne s'attaque pas au probl&#232;me, mais on aggrave la situation ! &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Id&#233;e re&#231;ue 5 : Il faut imposer &#171; z&#233;ro d&#233;ficit &#187; comme r&#232;gle d'or des finances publiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette solution serait frapp&#233;e par le sceau du bon sens : s'il n'y a pas de d&#233;ficit, il ne peut y avoir constitution d'une dette. On pourrait donc se sortir de la crise de la dette en &#233;tant un peu plus &#171; disciplin&#233; &#187;, &#171; rigoureux &#187;, en d&#233;pensant moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est &#224; la fois faux et tr&#232;s dangereux !&lt;/strong&gt; &#171; Z&#233;ro d&#233;ficit &#187;, cela signifie que les investissements de long terme seront finance&#769;s par les recettes courantes ; cette r&#232;gle entra&#238;ne l'impossibilit&#233;, de fait, d'investir pour l'avenir, alors m&#234;me que la ne&#769;cessite&#769; d'amorcer la transition &#233;cologique va demander des investissements massifs. Or ces investissements seront utilise&#769;s des d&#233;cennies durant par plusieurs ge&#769;ne&#769;rations, ce qui justifie le recours &#224; l'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements pr&#233;tendent que les investissements priv&#233;s prendront le relais, si l'on privatise davantage, si l'on flexibilise le march&#233; du travail, si l'on privil&#233;gie la fiscalit&#233; sur la consommation plut&#244;t que sur les grandes entreprises. Mais ces mesures d'aust&#233;rit&#233; vont accentuer la r&#233;cession, et en l'absence de r&#233;gulation, les sommes d&#233;gag&#233;es serviront de mani&#232;re pr&#233;f&#233;rentielle &#224; la sp&#233;culation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat doit au contraire se donner les moyens d'intervenir dans l'&#233;conomie, et parfois accepter d'&#234;tre en d&#233;ficit. La crise de 1929, que l'on &#233;voque souvent, a &#233;t&#233; terrible et durable parce que les gouvernements ne sont pas intervenus pour soutenir l'activit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cette crise, on sait qu'il est essentiel que l'&#201;tat intervienne lorsque les entreprises diminuent leurs investissements et que la consommation des m&#233;nages se restreint. Sinon la r&#233;cession s'installe et s'accroit, provoquant des fortes hausses du ch&#244;mage et de la pauvret&#233;. Si l'on ajoute par-dessus le march&#233; des coupes budg&#233;taires on obtient le cercle vicieux de l'aust&#233;rit&#233; : aust&#233;rit&#233;, r&#233;cession, d&#233;ficits, dette, aust&#233;rit&#233;&#8230;Ce &#171; z&#233;ro d&#233;ficit &#187; rend &#224; nouveau possible des r&#233;cessions aux cons&#233;quences inimaginables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Id&#233;e re&#231;ue 6 : &#171; Pour nous sortir de la dette, il faut serrer les boulons, prendre des mesures &#171; douloureuses &#187; et r&#233;duire les d&#233;penses publiques. &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La &#171; discipline budg&#233;taire &#187; est pr&#233;sent&#233;e par les gouvernements et les &#171; experts &#187; de la finance comme la seule solution pour sortir de la crise de la dette. Mais qu'est-ce qui se cache derri&#232;re le terme &#171; politique d'aust&#233;rit&#233; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un programme global de r&#233;formes &#233;conomiques, qui comprend des coupes dans les d&#233;penses publiques (dans la fonction publique, dans les services publics, dans les allocations et la protection sociales, notamment les retraites), mais aussi des privatisations des biens publics, des attaques contre les droits sociaux, et notamment le droit du travail, et des r&#233;formes fiscales qui touchent principalement les classes populaires et moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'aust&#233;rit&#233; n'est pas douloureuse pour tout le monde...&lt;/strong&gt; La crise est instrumentalis&#233;e pour approfondir le programme n&#233;olib&#233;ral, fondamentalement injuste : pendant que les peuples grecs et portugais paient le prix fort de la crise, les banques europ&#233;ennes et entreprises du CAC40 n'ont jamais d&#233;gag&#233; autant de b&#233;n&#233;fices !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces politiques ne sont pas seulement injustes. Elles sont aussi &#233;conomiquement absurdes.&lt;/strong&gt; La recherche maniaque de &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; entra&#238;ne l'Europe dans une surench&#232;re de baisse des revenus, de coupes dans la protection sociale, un dumping social qui entra&#238;ne la r&#233;cession, puis de nouveaux d&#233;ficits, accentu&#233;s pas les coups de boutoir dans la fiscalit&#233; directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aust&#233;rit&#233; est un cercle vicieux, une spirale destructrice qui a d&#233;j&#224; entra&#238;n&#233; la Gr&#232;ce dans un chaos &#233;conomique et social sans pr&#233;c&#233;dent. Injuste, elle repr&#233;sente un programme de consolidation des int&#233;r&#234;ts des plus riches et des march&#233;s financiers. La dette justifie la braderie des droits sociaux, et une v&#233;ritable gabegie g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui doit cesser. Il faut mettre un terme aux politiques d'aust&#233;rit&#233;, imposer des annulations partielles de dette aux cr&#233;anciers priv&#233;s, et rendre possible les conditions d'une relance publique de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que retenir ? Qu'il existe plusieurs constats clairs et indiscutables :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les d&#233;ficits ne sont pas dus &#224; une augmentation irresponsable des d&#233;penses publiques, mais bien aux cadeaux fiscaux qui se sont multipli&#233;s pour les riches et les grandes entreprises. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La crise financi&#232;re et la crise bancaire ont &#233;t&#233; une source de d&#233;ficits suppl&#233;mentaires. La mainmise des march&#233;s financiers sur l'&#233;conomie est la cause structurelle de la crise de la dette.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'aust&#233;rit&#233;, la rigueur budg&#233;taire m&#232;ne l'Europe dans le gouffre. Il faut rompre avec le cercle destructeur de l'aust&#233;rit&#233;, et mettre en place les conditions d'un financement public et d&#233;mocratique de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours dominant tente d'&#233;luder ces trois aspects centraux de la crise de la dette, pour ass&#233;ner des contrev&#233;rit&#233;s, et promouvoir comme solution unique les politiques d'aust&#233;rit&#233; : sape des d&#233;penses publiques, de la protection sociale, privatisation des biens publics, fragilisation des droits sociaux et du droit du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise renvoie &#224; des enjeux non seulement nationaux, mais aussi europ&#233;ens. La crise de la dette est en effet aussi une crise de fonctionnement de la zone euro. Les solutions &#224; l'aust&#233;rit&#233;, port&#233;es par le Collectif pour un audit citoyen de la dette, s'articulent ainsi au plan europ&#233;en et national. A l'heure o&#249; le Pacte budg&#233;taire s'appr&#234;te &#224; imposer une v&#233;ritable camisole budg&#233;taire &#224; l'ensemble des pays europ&#233;ens, une autre Europe est plus que jamais n&#233;cessaire pour sortir de la crise de la dette. Celle-ci doit rompre avec la mainmise des march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les d&#233;penses g&#233;n&#233;rales de l'&#201;tat (la d&#233;fense, l'enseignement, la recherche, la Justice&#8230;) ont fortement diminu&#233;. Leur part est pass&#233;e de 25,5 % du PIB en 1993 &#224; un peu moins de 20 % en 2008. Les d&#233;penses des administrations de S&#233;curit&#233; sociale ont continu&#233; &#224; augmenter, en raison de l'augmentation des besoins sociaux, les progr&#232;s des techniques m&#233;dicales ou les sp&#233;culations des laboratoires qui rendent les protocoles de soin plus co&#251;teux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;penses des collectivit&#233;s territoriales ont elles aussi augment&#233;, &#224; cause des transferts de responsabilit&#233;s (b&#226;timents scolaires, r&#233;seau routier, logements sociaux, gestion du RMI/RSA...) dont l' Etat s'est d&#233;charg&#233;, sans associer &#224; ces transferts les financements n&#233;cessaire. C'est ainsi que l'aust&#233;rit&#233; se &#171; diffuse &#187; &#224; l'&#233;chelle locale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les imp&#244;ts progressifs ont vu leur part dans les recettes fiscales diminuer : l'imp&#244;t sur le revenu est devenu de moins en moins progressif, passant de 13 tranches &#224; 5 entre 1986 et aujourd'hui, et son taux marginal de 65 % &#224; 41 %. Sous l'&#232;re Sarkozy les droits de succession ont &#233;t&#233; largement all&#233;g&#233;s, et le rendement de l'ISF a &#233;t&#233; fortement amoindri apr&#232;s la suppression du bouclier fiscal en 2011. Les revenus financiers continuent &#224; b&#233;n&#233;ficier de faibles taux d'imposition. Il faut ajouter &#224; cela les quelques 500 niches fiscales dont le co&#251;t total est estim&#233; &#224; 145 milliards d'euros pour 2010. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s a vu son taux passer de 45 % en 1989 &#224; 33 % actuellement. Depuis trente ans, les cadeaux fiscaux, &#224; travers des m&#233;thodes d'&#171; optimisation fiscale &#187;, profitent davantage aux multinationales qu'aux PME. Si bien que les petites entreprises paient le taux plein, alors que les plus grandes paient des taux allant limit&#233;s &#224; 8%, et m&#234;me inf&#233;rieurs !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En avril 2010, dans un Rapport sur la situation des finances publiques pour le gouvernement, J.-P. Cotis et P. Champsaur, respectivement directeur et ancien directeur de l'INSEE, notent que &#171; si la l&#233;gislation &#233;tait rest&#233;e celle de 1999, (&#8230;) la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd'hui &#187; (p 13).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport d'information pour le d&#233;bat d'orientation budg&#233;taire du d&#233;put&#233; UMP G. Carrez (juillet 2010) montre qu'en l'absence des cadeaux fiscaux, le budget de l'&#201;tat aurait connu un l&#233;ger exc&#233;dent de 2006 &#224; 2008, et le d&#233;ficit n'aurait &#233;t&#233; que de 3,3 % au lieu de 7,5 % en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'aust&#233;rit&#233; &#224; marche forc&#233;e... 10 choses que vous devez savoir sur le Pacte budg&#233;taire </title>
		<link>https://blogs.attac.org/vive-la-crise/article/l-austerite-a-marche-forcee-10</link>
		<guid isPermaLink="true">https://blogs.attac.org/vive-la-crise/article/l-austerite-a-marche-forcee-10</guid>
		<dc:date>2012-03-26T17:21:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le nouveau trait&#233;... Traduction maison de l'excellent article du Corporate Europe Observatory, &#171; Automatic austerity &#187;, qui revient sur 10 &#233;l&#233;ments importants concernant le Pacte budg&#233;taire.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/vive-la-crise/" rel="directory"&gt;Vive la crise !&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le nouveau trait&#233;... Traduction maison de l'excellent article du Corporate Europe Observatory, &lt;a href=&#034;http://www.corporateeurope.org/publications/automatic-austerity&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Automatic austerity &#187;&lt;/a&gt;, qui revient sur 10 &#233;l&#233;ments importants concernant le Pacte budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mars 2012, 25 chefs d'&#201;tat et de gouvernements ont sign&#233; un nouveau trait&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pacte budg&#233;taire, ou Trait&#233; sur la stabilit&#233;, la coordination et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui devrait entrer en vigueur au d&#233;but de l'ann&#233;e 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Pacte budg&#233;taire a &#233;t&#233; con&#231;u dans l'urgence, et sous de tr&#232;s mauvais auspices : ses promoteurs avaient initialement pr&#233;vu de l'adopter sous forme de modification des trait&#233;s existants, mais le v&#233;to de la Grande-Bretagne, lors du Conseil europ&#233;en du 9 d&#233;cembre, les a oblig&#233;s &#224; cr&#233;er un nouveau Trait&#233; ad hoc. Cette proc&#233;dure permettait en outre une adoption plus &#171; souple &#187; et &#171; simple &#187;, c'est-&#224;-dire qu'elle garantissait moins d'&#171; interf&#233;rences &#187; li&#233;es &#224; tout d&#233;bat public et d&#233;mocratique, en adoptant un trait&#233; de l'Union europ&#233;enne qui n'en &#233;tait pas vraiment un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Pacte budg&#233;taire a pour vocation &#224; obliger les &#201;tats signataires &#224; appliquer des politiques budg&#233;taires tr&#232;s strictes via un renforcement des r&#232;gles et contr&#244;les. Entre autres, les d&#233;nomm&#233;s &#171; d&#233;ficits structurels &#187; devront rester sous la limite de 0,5% du PIB. Si l'adoption du nouveau trait&#233; a &#233;t&#233; chaudement applaudie par le monde des affaires, et notamment la f&#233;d&#233;ration patronale europ&#233;enne BusinessEurope, elle a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e de mani&#232;re univoque par les syndicats, et pour la premi&#232;re fois de son histoire, la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats (CES) s'est oppos&#233;e &#224; un trait&#233; europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce Trait&#233; rassure peut-&#234;tre les amis politiques de la Chanceli&#232;re Merkel, mais s&#251;rement pas les millions de ch&#244;meurs, de travailleurs pauvres et pr&#233;caires en Europe, qui attendent en vain un v&#233;ritable soutien de la part des institutions europ&#233;ennes. C'est pourquoi nous y sommes oppos&#233;s&lt;/i&gt; &#187; a expliqu&#233; Bernadette S&#233;gol, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la CES&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; de presse de la CES, 31 janvier 2012,&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des commentateurs et analystes s'accordent pour dire que ce trait&#233; ne va pas changer le cours de la crise de l'euro, et il n'a pas vocation &#224; le faire. Il vise davantage &#224; orienter les politiques &#233;conomiques futures de l'Union europ&#233;enne, ainsi qu'&#224; donner des gages &#224; l'&#233;lectorat allemand. La Chanceli&#232;re Angela Merkel a ainsi souhait&#233; exprimer sa fermet&#233; &#224; l'&#233;gard des pays surendett&#233;s, et montrer que le co-financement du M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MES) sera assorti de strictes conditionnalit&#233;s &#8211; de plans d'aust&#233;rit&#233; drastiques &#8211; pour les Etats membres qui souhaiteraient en b&#233;n&#233;ficier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois nouveaut&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse rapide du nouveau trait&#233; peut donner l'impression qu'il s'agit tout au plus d'un ensemble de nouvelles r&#232;gles et de m&#233;canismes. Ce texte est en effet rempli de dispositifs qui visent &#224; orienter les politiques &#233;conomiques dans de nombreux domaines. Si l'on met de c&#244;t&#233; les d&#233;clarations d'autocongratulation sur les &#171; r&#233;alisations &#187; pass&#233;es, la r&#233;p&#233;tition des contr&#244;les d&#233;j&#224; pr&#233;vus dans la l&#233;gislation europ&#233;enne et les suites &#224; donner &#224; ce Pacte, il reste tout au plus trois nouveaut&#233;s : une formalisation plus pouss&#233;e des Sommets de la zone euro, des m&#233;canismes d'intervention plus r&#233;actifs &#224; l'&#233;gard des pays en d&#233;ficits, ainsi que le fameux &#171; frein &#224; la dette &#187;, qui met en place de mani&#232;re contraignante des r&#232;gles pour r&#233;duire la dette et les d&#233;ficits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;nouer l'enchev&#234;trement de ces mesures peut s'av&#233;rer compliqu&#233;. En fait, les principaux &#233;l&#233;ments de ce trait&#233; se r&#233;sument en 10 points :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;1. Un &#171; trait&#233; pour l'aust&#233;rit&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'aspect central de ce trait&#233; : l'obligation pour les &#201;tats membres de durcir leurs politiques budg&#233;taires &#8211; en r&#233;duisant voire &#233;vitant les d&#233;ficits &#8211; de mani&#232;re bien plus drastique que ce qui est pr&#233;vu dans la l&#233;gislation europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le resserrement des politiques budg&#233;taires n'est bien &#233;videmment pas un &#233;l&#233;ment nouveau des politiques europ&#233;ennes. Le Pacte de stabilit&#233; et de croissance (issu du trait&#233; de Maastricht), au c&#339;ur de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire impose aux &#201;tats membres de garder leurs d&#233;ficits sous les 3% du PIB&#8230; Avec amendes &#224; la cl&#233;, dans le cas des pays de la Zone euro. Dans un premier temps, les gouvernements en faute se voient attribuer un programme pour atteindre un budget &#233;quilibr&#233;. L'&#233;l&#233;ment cl&#233; de ce &#171; programme d'ajustement &#187; est la r&#233;duction du &#171; d&#233;ficit structurel &#187; (voir ci-apr&#232;s), l'objectif &#233;tant g&#233;n&#233;ralement d'atteindre un objectif de 0,5% du PIB en plusieurs ann&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;glement 1466/97, article 5,&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le nouveau trait&#233; rend cet objectif obligatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Qu'est-ce que le d&#233;ficit structurel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit structurel est cens&#233; r&#233;v&#233;ler un probl&#232;me &#224; moyen-terme dans le budget d'un &#201;tat qui aurait des recettes insuffisantes et de d&#233;penses trop importantes. Pour obtenir ce d&#233;ficit, il faut soustraire au d&#233;ficit annuel de l'&#201;tat le d&#233;ficit d&#251; aux variations de l'&#233;conomie (en temps de crise, les d&#233;ficits s'accroissent de mani&#232;re &#171; automatique &#187;) ainsi que les d&#233;penses exceptionnelles des gouvernements, d&#233;penses consid&#233;r&#233;es comme &#171; l&#233;gitimes &#187; dont la liste est &#233;tablie. Ce d&#233;ficit structurel est la base sur laquelle on consid&#232;re qu'un &#201;tat doit prendre des mesures pour couper dans les d&#233;penses ou augmenter les taxes. Le &#171; frein &#224; la dette &#187; vise &#224; r&#233;duire ce d&#233;ficit identifi&#233; comme cause structurelle d'endettement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi calculer que si le trait&#233; &#233;tait appliqu&#233;, les coupes budg&#233;taires (ou hausses fiscales) se seraient av&#233;r&#233;es consid&#233;rables : pour le moment, seuls 4 &#201;tats membres font &#233;tat d'un d&#233;ficit en dessous du seuil &#171; magique &#187; de 3% (Luxembourg, Finlande, Su&#232;de, Estonie)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Statistiques Eurostat,&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans de nombreux pays, des mesures dramatiques devraient &#234;tre prises. En Belgique, par exemple, o&#249; sur un d&#233;ficit total de 4,6%, 4% sont consid&#233;r&#233;s par la Commission comme &#171; d&#233;ficit structurel &#187;. La Belgique devrait donc, selon le trait&#233;, r&#233;duire son d&#233;ficit sous une barre de 1,1% (0,5% de d&#233;ficit structurel + 0,6% de d&#233;ficit non structurel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A premi&#232;re vue, les &#201;tats signataires ne sont pas directement contraints &#224; prendre des mesures de r&#233;duction des d&#233;penses sociales. Pourtant, &#171; r&#233;duire le d&#233;ficit structurel &#187; pr&#233;suppose ici des mesures bien particuli&#232;res. Les recommandations de la Commission aux &#201;tats membres sous les coups d'une proc&#233;dure de d&#233;ficit excessif &#8211; actuellement cela concerne 23 des 27 Etats membres &#8211; sont tr&#232;s claires : il faut couper dans les d&#233;penses sociales pour diminuer le d&#233;ficit structurel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;European Economy, Occassional Papers 65, 2010,&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une limite de 0,5% du d&#233;ficit structurel va par ailleurs s&#233;rieusement r&#233;duire les options disponibles pour les gouvernements, notamment en situation de crise. Elle les emp&#234;chera de faire les investissements publics n&#233;cessaires pour r&#233;pondre &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il faut noter que le trait&#233; &#8211; ainsi que de nombreuses des r&#232;gles et proc&#233;dures europ&#233;ennes actuelles &#8211; met particuli&#232;rement l'accent sur les d&#233;penses. Cela a &#233;t&#233; confirm&#233; avec l'adoption du Pacte pour l'euro en mars 2011, qui explique de mani&#232;re claire que l'&#171; &#233;quilibre des finances publiques &#187; pr&#233;suppose des attaques contre les retraites, les d&#233;penses de sant&#233; et allocations sociales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pacte Europlus, page 19 des conclusions du Conseil, 24, 25 mars 2011,&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;2. Un pilotage automatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le &#171; frein &#224; la dette &#187; n'est pas respect&#233; par un gouvernement lors de l'adoption du budget national, des m&#233;canismes au sein m&#234;me de la l&#233;gislation nationale devraient d&#233;clencher des sanctions &#8211; suffisamment s&#233;rieuses pour remettre le gouvernement sur la voie d'une &#171; r&#233;duction des d&#233;ficits &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pose la question suivante : dans ce cas, qui va se charger de faire rentrer les gouvernements dans le rang, et comment ? Qui va poursuivre les gouvernements, les obliger &#224; changer leur politique &#233;conomique, et par quel biais ? Le trait&#233; nous donne quelques indices. La responsabilit&#233; pour d&#233;finir les &#171; principes communs &#187; des r&#232;gles budg&#233;taires est d&#233;volue &#224; la Commission europ&#233;enne, y compris les principes sur &#171; &lt;i&gt;l'ind&#233;pendance des institutions responsables au niveau europ&#233;en pour contr&#244;ler le respect strict des r&#232;gles&lt;/i&gt; &#187;. En d'autres termes, des instances ind&#233;pendantes seront mises en place au niveau national, probablement compos&#233;es d'experts et d'&#233;conomistes, afin de veiller &#224; l'application de la discipline budg&#233;taire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cela fait longtemps que l'id&#233;e de telles instances ind&#233;pendantes, disposant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;3. L'aust&#233;rit&#233; &#224; perp&#233;tuit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune limite temporelle n'est pr&#233;vue au renforcement des politiques budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte stipule en effet que les &#201;tats membres doivent adopter des &#171; &lt;i&gt;dispositions &#224; caract&#232;re contraignant, de pr&#233;f&#233;rence constitutionnelles, ou bien avec la garantie d'une application et d'une adh&#233;sion totale lors du processus d'adoption du budget national&lt;/i&gt; &#187;. En d'autres termes, de mani&#232;re permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;f&#233;rence de l'Allemagne va pour la proc&#233;dure constitutionnelle. L'Allemagne a r&#233;cemment adopt&#233; une modification constitutionnelle qui s'appr&#234;te &#224; forcer les gouvernements futurs &#224; rester en dessous d'un d&#233;ficit structurel de 0,35%. C'est ce type de mesure que la Chanceli&#232;re Merkel souhaiterait voir appliquer dans les autres &#201;tats membres. Il y a cependant d'autres possibilit&#233;s, qui doivent n&#233;anmoins s'appliquer de mani&#232;re permanente. Comme l'indiquait la Chanceli&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le frein &#224; la dette va &#234;tre contraignant et s'appliquer de mani&#232;re permanente. Les r&#232;gles ne doivent en aucun cas pouvoir &#234;tre chang&#233;es par une nouvelle majorit&#233; parlementaire&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Guardian, 30 janvier 2012,&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le texte stipule qu'il faut &#171; &lt;i&gt;respecter totalement les pr&#233;rogatives des parlements nationaux&lt;/i&gt; &#187;, mais dans un tel contexte, cela sonne davantage comme un v&#233;ritable pied-de-nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certains pays, une modification de la constitution n&#233;cessite un referendum, et il s'agit l&#224; d'un sc&#233;nario &#224; &#233;viter &#224; tout prix pour les promoteurs du Pacte budg&#233;taire. Une mani&#232;re de faire cela, dans le cadre de ce nouveau trait&#233; europ&#233;en qui n'en est pas un, serait de mettre en place une r&#232;gle permanente, quasi-constitutionnelle, mais en dehors de la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;4. En cas de doute, la Cour europ&#233;enne de justice aura le dernier mot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il si un &#201;tat membre consid&#232;re qu'un autre &#201;tat membre n'a pas adopt&#233; de l&#233;gislation suffisamment contraignante pour mettre en &#339;uvre les r&#232;gles du trait&#233; ? Dans ce cas, il peut porter plainte aupr&#232;s de la Cour de justice europ&#233;enne. Cela peut s'av&#233;rer quelque peu surprenant : en effet, le r&#244;le de la Cour de justice europ&#233;enne est de s'assurer du respect de la l&#233;gislation europ&#233;enne, pas de r&#233;gler des diff&#233;rends entre &#201;tats de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale ou sur la base de trait&#233;s hors de l'Union europ&#233;enne. Pourtant, la Cour de justice europ&#233;enne pourra &#224; ce titre imposer des amendes &#224; hauteur de 0,1% du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#244;le cl&#233; d&#233;volu &#224; la Cour de justice europ&#233;enne pourrait devenir tr&#232;s important dans le futur. Il permettra a tout &#201;tat membre de porter plainte sur tout aspect de la mise en &#339;uvre du trait&#233; dans un autre &#201;tat membre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;5. Peu ou pas de flexibilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les signataires devront-ils ramener leur d&#233;ficit structurel en dessous de 0,5% du PIB d&#232;s l'application du trait&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, mais cela devra se faire rapidement. Le temps d&#233;volu n'est pas encore clairement d&#233;fini dans les propositions de la Commission. Dans leurs &#171; efforts &#187; pour r&#233;duire les d&#233;ficits, les signataires auront exceptionnellement la possibilit&#233; de d&#233;vier du chemin &#233;troit de l'aust&#233;rit&#233;, dans le cas o&#249; ils feraient face &#224; une r&#233;cession ou croissance faible, &#224; condition que cela ne mette pas en danger l'atteinte d'un &#171; &#233;quilibre budg&#233;taire &#224; moyen terme &#187;. La m&#234;me exception figure lorsque l'objectif de 0,5% est atteint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exception reste n&#233;anmoins tr&#232;s floue, et pourrait ne jamais entrer en vigueur. La seule v&#233;ritable disposition permettant une flexibilit&#233; concerne les &#201;tats qui sont peu endett&#233;s, pour lesquels un d&#233;ficit de 1% du PIB est tol&#233;r&#233;. Mais peu de signataires pourront profiter de cette exception dans les prochaines ann&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;p&#234;che Eurostat, 6 f&#233;vrier 2012,&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M&#234;me en temps de crise, les signataires qui souhaiteraient mettre en place des politiques budg&#233;taires ambitieuses et des investissements publics se verront opposer des obstacles importants. Il s'agit de tuer dans l'&#339;uf toute tentative de r&#233;ponse keyn&#233;sienne &#224; la crise, r&#233;ponse qui a pourtant prouv&#233; son efficacit&#233; dans le pass&#233; quand bien m&#234;me elles auraient provoqu&#233; d'importants d&#233;ficits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand tout va bien, de tels resserrement budg&#233;taires sont inutiles. Quand tout va mal, ils ont des cons&#233;quences n&#233;fastes. Ce n'est pas un signe de mauvaise gestion que de pr&#233;senter des d&#233;ficits en temps de crise&lt;/i&gt; &#187; comme l'explique l'&#233;conomiste Jesper Jeffersen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Professeur Jesper Jespersen, interview, 24 f&#233;vrier 2012.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce trait&#233; s'appr&#234;te donc &#224; graver dans le marbre une r&#233;ponse &#224; la crise qui s'av&#232;re inadapt&#233;e, et &#224; faire en sorte que, en temps de crise, ce soient les d&#233;penses publiques qui soient syst&#233;matiquement d&#233;sign&#233;es comme responsables &#8211; m&#234;me si, comme c'est le cas aujourd'hui, les causes de la crise se trouvent davantage dans le fonctionnement du secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mauvais diagnostic&#8230; mauvais rem&#232;des.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;6. La m&#233;thode de calcul est biais&#233;e, et stigmatise les d&#233;penses sociales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tails du calcul du &#171; d&#233;ficit structurel &#187; sont trop compliqu&#233;s pour &#234;tre compr&#233;hensibles et transparents vis-&#224;-vis du grand public. En fait, il n'y a pas de consensus au plan international, ni m&#234;me &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, sur la m&#233;thode de calcul. Le FMI, l'OCDE, la Banque centrale europ&#233;enne et la Commission europ&#233;enne, chacun utilise sa propre approche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la m&#233;thode utilis&#233;e joue un r&#244;le crucial. Ce chiffre de 0,5% peut d&#233;terminer &#224; maints &#233;gards l'avenir de nos droits sociaux. D&#233;terminer si un &#201;tat se trouve d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre de ce seuil d&#233;pend dans une large mesure de la m&#233;thode de calcul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : en 2011, la Commission a calcul&#233; que le d&#233;ficit structurel du Danemark &#233;tait de 3%. Le gouvernement danois, quant &#224; lui, a avanc&#233; le chiffre de 1%. Si c'&#233;tait le chiffre de la Commission qui devait &#234;tre utilis&#233;, le pays devrait faire en termes d'efforts budg&#233;taires le double des &#233;conomies qu'il a r&#233;alis&#233;es en &#171; r&#233;formant &#187; son syst&#232;me de retraite (c'est-&#224;-dire en r&#233;duisant les pensions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la Banque nationale danoise, et le Ministre des finances du Danemark, la m&#233;thode employ&#233;e par le gouvernement refl&#232;te mieux la r&#233;alit&#233; de l'&#233;conomie danoise, tandis que la m&#233;thode de la Commission comprend des biais &#224; l'&#233;gard des pays qui disposent d'une importante protection sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commission europ&#233;enne, European Economy no 3, 2006,&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourtant, c'est bien la Commission qui sera en charge des principes communs de calculs des d&#233;ficits structurels, et il y a fort &#224; parier qu'elle propose les m&#234;mes m&#233;thodes qu'elle utilise actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;thodes employ&#233;es par un &#201;tat pourront par ailleurs &#234;tre port&#233;es devant la Cour de justice europ&#233;enne si elles sont consid&#233;r&#233;es comme inadapt&#233;es. L&#224; encore, tout porte &#224; croire que la Cour soutiendra les m&#233;thodes employ&#233;es par la Commission depuis des ann&#233;es. Ainsi les m&#233;thodes nationales de calcul risquent de ne pas faire long-feu : la Commission devrait faire de l'adoption de r&#232;gles uniformes une priorit&#233; ; ces r&#232;gles pourraient s'av&#233;rer un outil politique de premier choix pour imposer la discipline budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;7. Il s'agit d'un outil politique &#8211; les calculs sont peu fiables, voire dangereux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission aura donc un r&#244;le consid&#233;rable vis-&#224;-vis de l'&#233;tablissement de ces r&#232;gles de calcul. Elle a pourtant, &#224; plusieurs occasions, fait preuve d'une certaine forme de partialit&#233; dans ses fameux calculs. Le cas de l'Irlande est particuli&#232;rement parlant : fin 2008, la Commission avait ainsi pr&#233;vu de tr&#232;s bonnes perspectives pour l'&#233;conomie irlandaise, qui s'est pourtant effondr&#233;e en 2009. Plus &#233;tonnants, sans doute, sont les calculs que la Commission a r&#233;alis&#233;s apr&#232;s l'arriv&#233;e de la crise. Selon ces calculs, l'Irlande, qui subit actuellement une crise &#233;conomique majeure, serait pourtant proche d'un optimum de performance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exemples tir&#233;s de Pat McArcle ; &#8220;The Euro Crisis : The &#8216;Fiscal Compact' and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se doute bien que la Commission ne dispose pas de boule de cristal. Et quand bien m&#234;me, le calcul du &#171; d&#233;ficit structurel &#187; comporte tant d'impond&#233;rables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A critique argument&#233;e de la m&#233;thode de la Commission europ&#233;enne a &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que cet indicateur n'est pas vraiment pertinent pour juger de l'&#233;tat d'une &#233;conomie. Dans le cadre du Pacte budg&#233;taire, il est davantage utilis&#233; comme un outil pour jeter l'opprobre sur les d&#233;penses publiques comme des maux, et pousser les &#201;tats &#224; r&#233;former leurs &#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;8. La zone euro est aux manettes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du &#171; frein &#224; la dette &#187;, le trait&#233; comporte deux sections importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re reprend la d&#233;cision prise en octobre de tenir deux sommets la zone euro par an. Ces sommets seront pr&#233;sid&#233;s par un nouveau pr&#233;sident du sommet de la zone euro qui sera &#171; &lt;i&gt;d&#233;sign&#233; par les chefs d'&#201;tat et de gouvernements des parties contractantes dont la monnaie est l'euro &#224; la majorit&#233; simple, en m&#234;me temps que le Conseil europ&#233;en &#233;lit son Pr&#233;sident, et pour la m&#234;me dur&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette partie du trait&#233; a pr&#234;t&#233; &#224; controverse, en effet plusieurs pays en dehors de la zone euro, la Pologne en t&#234;te, ont exprim&#233; leurs craintes que les d&#233;cisions importantes soient prises au sein du club de l'euro (&#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e), club duquel ils seraient &#233;cart&#233;s. Le trait&#233; pr&#233;voit en l'occurrence que les pays hors de la zone euro puissent assister aux Sommets comme participants, ainsi que la tenue d'un Sommet des signataires du Pacte budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;9. Soumission et mise &#224; l'amende des pays en d&#233;ficit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde section concerne les r&#232;gles &#224; l'&#233;gard des pays en d&#233;ficits, qui sont elles aussi modifi&#233;es. Dans le cadre des trait&#233;s europ&#233;ens, il existe une &#171; proc&#233;dure de d&#233;ficit excessif &#187; qui vise &#224; obliger les &#201;tats membres &#224; rester sous le seuil de 3% de d&#233;ficit. Cette proc&#233;dure comprend plusieurs &#233;tapes : tout d'abord, la d&#233;cision de lancer la proc&#233;dure doit &#234;tre prise par Conseil europ&#233;en sur proposition de la Commission, puis l'&#201;tat membre concern&#233; doit produire un rapport sur les mesures qu'il consid&#232;re de prendre pour r&#233;sorber le d&#233;ficit, enfin en cas d'absence de r&#233;sultats, il peut recevoir un avertissement ou une amende s'il appartient &#224; la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proc&#233;dure est consid&#233;rablement renforc&#233;e avec le Pacte budg&#233;taire. En effet, les d&#233;cisions seront d&#233;sormais prises &#224; la &#171; majorit&#233; invers&#233;e &#187;, y compris pour le lancement de la proc&#233;dure. Le trait&#233; pr&#233;voit en effet qu'il faudra une majorit&#233; qualifi&#233;e des membres de la zone euro pour s'opposer au lancement des poursuites contre un &#201;tat membre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, seuls quatre membres de la zone euro ne sont pas sous le coup d'une proc&#233;dure de d&#233;ficit excessif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Su&#232;de, Finlande, Estonie et Luxembourg, lire&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais le mode de vote rendait la proc&#233;dure lente voire la bloquait. La majorit&#233; qualifi&#233;e &#233;tant difficile &#224; obtenir, ce sera d&#233;sormais plus simple d'infliger des amendes. En 2011, la France s'&#233;tait oppos&#233;e &#224; la majorit&#233; invers&#233;e&#8230; Ce sera d&#233;sormais la r&#232;gle avec le nouveau trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;10. Le trait&#233; va entrer dans la l&#233;gislation europ&#233;enne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait&#233; n'est pas un trait&#233; europ&#233;en. Pourtant, il donne des t&#226;ches et responsabilit&#233;s tr&#232;s importantes &#224; la Commission, et conf&#232;re &#224; la Cour de justice europ&#233;enne un pouvoir consid&#233;rable. Il est n&#233;anmoins pr&#233;vu qu'il int&#232;gre, d'ici 5 ans, la l&#233;gislation europ&#233;enne. Vu l'&#233;tat des discussions, ce sc&#233;nario est tout &#224; fait probable. La R&#233;publique Tch&#232;que et le Royaume-Uni ne sont pour le moment pas signataires, mais des arrangements sont en bonne voie d'&#234;tre trouv&#233;s, et le Royaume-Uni pourrait bien b&#233;n&#233;ficier d'exemptions &#224; certaines clauses dans le cadre d'un trait&#233; de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un danger pour la soci&#233;t&#233; et la d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ici &#224; ce qu'il soit int&#233;gr&#233; &#224; la l&#233;gislation europ&#233;enne, cela ne fera pas de diff&#233;rence. Le vrai changement sera sur le court-terme. D&#233;j&#224; l'an dernier, les r&#232;gles concernant la surveillance des budgets en d&#233;ficit ont &#233;t&#233; consid&#233;rablement renforc&#233;es, avec un resserrement des d&#233;lais, des exigences plus pressantes et plus contraignantes pour la mise en place de mesures d'aust&#233;rit&#233;, des amendes plus &#233;lev&#233;es&#8230; Avec le Pacte pour l'euro et les r&#233;formes de la gouvernance &#233;conomique (&#171; six-pack &#187;), cette tendance s'est accrue. Le &#171; trait&#233; d'aust&#233;rit&#233; &#187; resserre d'un cran les vis d'un &#233;difice institutionnel complexe, qui fait de l'aust&#233;rit&#233; l'alpha et l'om&#233;ga des politiques &#233;conomiques europ&#233;ennes&#8230; Et qui s'appr&#234;te &#224; heurter de plein fouet les droits sociaux et la protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, tout n'est pas encore jou&#233;. Le fait que 25 chefs d'&#201;tat et de gouvernement aient paraph&#233; le texte ne signifie pas que tout est termin&#233;. Pour commencer, le trait&#233; doit &#234;tre ratifi&#233;, et malgr&#233; le fait qu'il ait &#233;t&#233; tout particuli&#232;rement pens&#233; pour &#233;viter de susciter le d&#233;bat d&#233;mocratique, le gouvernement irlandais a d'ores et d&#233;j&#224; &#233;t&#233; forc&#233; de tenir &#224; un r&#233;f&#233;rendum en fin d'ann&#233;e. Et quand bien m&#234;me il serait ratifi&#233; et mis en &#339;uvre, ce trait&#233; sera sans doute la cible d'une r&#233;sistance sociale massive, lorsque ses cons&#233;quences deviendront claires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corporate Europe Observatory, Mars 2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction par Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pacte budg&#233;taire, ou Trait&#233; sur la stabilit&#233;, la coordination et la gouvernance de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire &#187; T, &lt;a href=&#034;http://www.european-council.europa.eu/media/582863/06-tesm2.fr12.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.european-council.europa.eu/media/582863/06-tesm2.fr12.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Communiqu&#233; de presse de la CES, 31 janvier 2012, &lt;a href=&#034;http://etuc.org/a/9605&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://etuc.org/a/9605&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;glement 1466/97, article 5,&lt;a href=&#034;http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CONSLEG:1997R1466:20111213:EN:PDF&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CONSLEG:1997R1466:20111213:EN:PDF&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Statistiques Eurostat, &lt;a href=&#034;http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&amp;init=1&amp;language=en&amp;pcode=tsieb080&amp;plugin=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&amp;init=1&amp;language=en&amp;pcode=tsieb080&amp;plugin=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;European Economy, Occassional Papers 65, 2010, &lt;a href=&#034;http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/occasional_paper/2010/pdf/ocp65_en.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/occasional_paper/2010/pdf/ocp65_en.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pacte Europlus, page 19 des conclusions du Conseil, 24, 25 mars 2011, &lt;a href=&#034;http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ec/120296.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ec/120296.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cela fait longtemps que l'id&#233;e de telles instances ind&#233;pendantes, disposant d'un r&#244;le important est d&#233;battue au sein les institutions europ&#233;ennes, et de nouvelles propositions l&#233;gislatives dans ce sens devraient &#234;tre faites bient&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;The Guardian, 30 janvier 2012, &lt;a href=&#034;http://www.guardian.co.uk/business/2012/jan/30/eu-summit-eurozone-treaty-deal?newsfeed=true&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.guardian.co.uk/business/2012/jan/30/eu-summit-eurozone-treaty-deal?newsfeed=true&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;p&#234;che Eurostat, 6 f&#233;vrier 2012, &lt;a href=&#034;http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-06022012-AP/EN/2-06022012-AP-EN.PDF&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-06022012-AP/EN/2-06022012-AP-EN.PDF&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Professeur Jesper Jespersen, interview, 24 f&#233;vrier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Commission europ&#233;enne, European Economy no 3, 2006, &lt;a href=&#034;http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/publication423_en.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/publication423_en.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Exemples tir&#233;s de Pat McArcle ; &#8220;The Euro Crisis : The &#8216;Fiscal Compact' and Fiscal Policy&#8221;, Working Paper 6, Institute of International and European Affairs, 2012, page 13. &lt;a href=&#034;http://www.iiea.com/publications/the-euro-crisis-the-fiscal-compact-and-fiscal-policy&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iiea.com/publications/the-euro-crisis-the-fiscal-compact-and-fiscal-policy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A critique argument&#233;e de la m&#233;thode de la Commission europ&#233;enne a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e par la Banque Nationale danoise (d&#233;partement &#233;conomie) : Ann-Louise Winther ; &#8220;Konjunkturudsving og offentlige finanser&#8221;, Kvartalsoversigt, 1. Kvartal 2011 del 1, Danmarks Nationalbank, 2011, pp. 71- 91. &lt;a href=&#034;https://www.nationalbanken.dk/C1256BE2005737D3/side/7E21A951977D9382C1257855004AE526/$file/konjunkturudsving.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalbanken.dk/C1256BE2005737D3/side/7E21A951977D9382C1257855004AE526/$file/konjunkturudsving.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Su&#232;de, Finlande, Estonie et Luxembourg, lire &lt;a href=&#034;http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/deficit/index_en.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/deficit/index_en.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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