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	<title>Les blogs d'Attac</title>
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	<description>Qui sommes-nous ? Fond&#233;e en 1998, suite &#224; la r&#233;daction d'un &#233;ditorial du Monde diplomatique : &#171; D&#233;sarmer les march&#233;s &#187; (d&#233;cembre 1997), Attac (Association pour la taxation des transactions financi&#232;res et pour l'action citoyenne) promeut et m&#232;ne des actions de tous ordres en vue de la reconqu&#234;te, par les citoyens, du pouvoir que la sph&#232;re financi&#232;re exerce sur tous les aspects de la vie politique, &#233;conomique, sociale et culturelle dans l'ensemble du monde.
Attac se revendique comme un mouvement d'&#233;ducation populaire tourn&#233; vers l'action, consid&#233;rant que le premier outil pour changer le monde est le savoir des citoyens. Attac produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Fin 2010, Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays, chaque organisation nationale &#233;tant autonome et devant simplement adh&#233;rer &#224; la plateforme internationale ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 170 comit&#233;s locaux.
L'association est dirig&#233;e par un conseil d'administration de 42 membres &#233;lus par les adh&#233;rents, et dispose de l'expertise d'un conseil scientifique de 110 membres.
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	<language>fr</language>
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		<title>La langue, outil incontournable de l'espace public europ&#233;en</title>
		<link>https://blogs.attac.org/commission-democratie/outils-de-la-democratie/article/la-langue-outil-incontournable-de-l-espace-public-europeen</link>
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		<dc:date>2007-09-21T14:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Paraton, Jean-Fran&#231;ois Escuit, Michel Christian, Robert Joumard</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;mocratie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;[**En fin d'article, les pdf du texte en fran&#231;ais, italien, allemand, espagnol, anglais et esp&#233;ranto.*] &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour &#234;tre d&#233;mocratique, la vie politique europ&#233;enne n&#233;cessite un espace public qui offre les conditions d'un v&#233;ritable d&#233;bat public europ&#233;en commun, mettant en sc&#232;ne les contradictions comme les accords entre les peuples et entre les citoyens. Or La soci&#233;t&#233; est divis&#233;e en ceux qui peuvent parler - ils sont rares - et la masse qui n'a qu'&#224; se taire ; entre ceux qui sont renseign&#233;s parce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-democratie/outils-de-la-democratie/" rel="directory"&gt;Outils de la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://blogs.attac.org/mot/democratie" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;[**En fin d'article, les pdf du texte en fran&#231;ais, italien, allemand, espagnol, anglais et esp&#233;ranto.*]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre d&#233;mocratique, la vie politique europ&#233;enne n&#233;cessite un espace public qui offre les conditions d'un v&#233;ritable d&#233;bat public europ&#233;en commun, mettant en sc&#232;ne les contradictions comme les accords entre les peuples et entre les citoyens. Or La soci&#233;t&#233; est divis&#233;e en ceux qui peuvent parler - ils sont rares - et la masse qui n'a qu'&#224; se taire ; entre ceux qui sont renseign&#233;s parce qu'ils parviennent &#224; s'alimenter &#224; des sources vari&#233;es &#8211; ils sont encore plus rares - et la masse qui re&#231;oit des nouvelles incompl&#232;tes, d&#233;form&#233;es, convergentes (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut organiser pour tous, un droit &#224; l'information pluraliste et contradictoire (2). Ce droit est une condition &#233;l&#233;mentaire de la vie d&#233;mocratique : les citoyens europ&#233;ens doivent pouvoir s'informer et informer les autres citoyens europ&#233;ens, car c'est &#224; eux de d&#233;battre. Il s'agit donc du droit d'acc&#232;s &#224; l'information comme du droit de diffusion de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cot&#233; de nombreux autres aspects (3), la construction d'un espace politique commun pose le probl&#232;me de la diversit&#233; des langues, eu &#233;gard &#224; l'omnipr&#233;sence de la langue dans l'activit&#233; humaine. En effet toute limitation du d&#233;bat &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res linguistiques ou nationales implique la d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts nationaux, si l&#233;gitimes soient-ils. Or, c'est l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral de l'ensemble des Europ&#233;ens dont nous devons d&#233;battre ensemble. Pour cela nous devons pouvoir nous comprendre entre acteurs de l'espace public (citoyens, presse, personnel politique...).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du grec au &lt;i&gt;globish&lt;/i&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lites ont souvent utilis&#233; une langue diff&#233;rente de celle de leur peuple pour aider &#224; leur domination : ce fut le cas du grec &#224; Rome, du latin dans l'Europe du Moyen-&#226;ge, du fran&#231;ais dans une grande partie de l'Europe aux 18 et 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles. L'anglais les a aujourd'hui remplac&#233;es. Il s'agit plus exactement de l'anglo-am&#233;ricain, du &lt;i&gt;globish&lt;/i&gt;. Le &lt;i&gt;globish&lt;/i&gt; est d'abord une &lt;i&gt;lingua franca&lt;/i&gt;, qui sert &#224; demander un caf&#233;, de Tamanrasset &#224; P&#233;kin, et qui sert &#224; soumissionner &#224; Bruxelles. C'est surtout, &#224; la diff&#233;rence de l'anglais, une langue extr&#234;mement pauvre, qui enseigne ou contraint &#224; penser pauvrement. On peut peut-&#234;tre la comparer &#224; la langue du III&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Reich, une langue allemande en train de se modifier, de s'appauvrir, d'&#234;tre orient&#233;e-violent&#233;e, avec des mots comme de &#171; minuscules doses d'arsenic &#187;, pour devenir une langue de transmission id&#233;ologique (4, 5, 6). Le &lt;i&gt;globish&lt;/i&gt; n'est-il pas aussi une langue en train de se modifier, de s'appauvrir, d'&#234;tre orient&#233;e-violent&#233;e, pour devenir une langue de transmission de l'id&#233;ologie libre-&#233;changiste, &#224; laquelle elle est unie par une sorte de solidarit&#233; naturelle (7) ? Le &lt;i&gt;globish&lt;/i&gt; est l'idiome des &#233;lites mondiales qu'elles ont progressivement impos&#233; comme langue &#224; vocation plan&#233;taire, et avec lequel elles ambitionnent d'imposer subrepticement leurs seuls sch&#233;mas de pens&#233;e. N'est-ce pas une des mani&#232;res qu'elles emploient pour assurer leur domination sur les peuples ? (8). La perc&#233;e du &lt;i&gt;globish&lt;/i&gt; tend par ailleurs &#224; marginaliser les langues nationales et &#224; revaloriser les langues infranationales, comme on le voit, entre autres, en Espagne et en Allemagne (9). La convergence acc&#233;l&#233;r&#233;e, si rien n'est fait, vers l'h&#233;g&#233;monie linguistique exerc&#233;e par l'anglais est dangereuse pour la diversit&#233; linguistique et surtout culturelle, et pr&#233;occupante pour ses implications politiques et g&#233;opolitiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usage de cette langue nationale pour les &#233;changes internationaux procure aussi un avantage consid&#233;rable aux membres anglophones de l'Union europ&#233;enne, le Royaume-Uni et l'Irlande, qui jouent naturellement un r&#244;le essentiel dans l'enseignement de leur langue, et qui ne supportent aucun frais de traduction et d'interpr&#233;tation, au contraire de leurs partenaires. Les entreprises non anglophones doivent supporter des co&#251;ts extr&#234;mement pesants de traduction et d'interpr&#233;tation professionnelles pour travailler dans des conditions &#233;gales &#224; celles de leurs homologues anglophones. Il ne faut pas oublier qu'aux co&#251;ts directs du personnel s'ajoutent de lourds co&#251;ts indirects et organisationnels (allongement des temps de travail pour la n&#233;cessaire phase, ult&#233;rieure, de traduction...). Le Royaume-Uni gagnerait actuellement, &#224; titre net, au minimum 10 milliards d'euros par ann&#233;e, et m&#234;me 18 milliards d'euros si l'on tient compte de l'effet multiplicateur de certaines composantes de cette somme ainsi que du rendement de ces fonds lib&#233;r&#233;s (10). Ce chiffre, qui correspond &#224; pr&#232;s de 1 % du produit int&#233;rieur brut britannique, ne tient pas compte de diff&#233;rents effets symboliques, comme l'avantage dont jouissent les locuteurs natifs de la langue h&#233;g&#233;monique dans toute situation de n&#233;gociation ou de conflit se d&#233;roulant dans leur langue. Cette somme peut &#234;tre compar&#233;e au budget de l'Union europ&#233;enne (116 milliards d'euros en 2007), ou &#224; la contribution du Royaume-Uni &#224; ce budget qui s'&#233;l&#232;ve &#224; 15 milliards d'euros. Il va de soi que ce n'est pas la langue anglaise en tant que telle qui est en cause, mais l'h&#233;g&#233;monie linguistique, quel que soit le pays ou le groupe de pays qui en b&#233;n&#233;ficie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre langue commune, l'esp&#233;ranto, n&#233;e il y a plus d'un si&#232;cle, n'a gu&#232;re r&#233;ussi &#224; percer jusqu'alors. Elle n'a pas r&#233;ussi &#224; surmonter les pr&#233;ventions qui l'entourent et qui sont souvent bas&#233;es sur la simple ignorance (10).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais qu'est-ce qu'une langue ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les linguistes nous apprennent par ailleurs que les langues ne sont pas neutres. Chaque langue exprime des concepts qui lui sont propres et v&#233;hicule une vision du monde particuli&#232;re. En effet &lt;i&gt;Diverse lingue sono atte a significare diversi concetti &lt;/i&gt; (11) : depuis le 16&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle nous savons que des langues diverses sont aptes &#224; signifier des concepts divers : la diversit&#233; des connaissances est li&#233;e &#224; la diversit&#233; des langues. Il en est ainsi des concepts de la&#239;cit&#233; et de service public, que la langue fran&#231;aise exprime particuli&#232;rement bien, mais que beaucoup d'autres langues peinent &#224; traduire par de longues p&#233;riphrases, de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; britannique, sorte de droit oral peu compr&#233;hensible pour un non anglophone, ou dans un autre domaine du &lt;i&gt;business plan&lt;/i&gt;, sorte de planification pour une entreprise que le fran&#231;ais utilise tel quel, sans que le sens en soit clair pour la majorit&#233;. L'histoire a jou&#233; aussi un grand r&#244;le dans les expressions du registre politique. Pensons par exemple aux expressions &#171; &#201;tats g&#233;n&#233;raux &#187; ou &#171; cahiers de dol&#233;ances &#187;, qui, m&#234;me traduites, n'ont gu&#232;re de sens pour la plupart des Europ&#233;ens. Les mots &#171; nation &#187;, ou bien &#171; peuple &#187; renvoient &#224; des notions non seulement diff&#233;rentes, mais m&#234;me oppos&#233;es, quand elles sont employ&#233;es en allemand &#8211; avec une connotation imp&#233;riale et ethnique &#8211; ou en fran&#231;ais, prenant alors un sens politique d'&#233;mancipation. De m&#234;me avec l'anglais : quand on parle de &#171; libert&#233; &#187;, en France, on r&#233;f&#232;re bien souvent &#224; des droits conquis collectivement, inscrits dans la loi, et garantis par l'&#201;tat. En Grande-Bretagne, &#171; liberty &#187; renvoie tout au contraire &#224; la limitation du r&#244;le de la puissance publique. Ces concepts et la langue qui les exprime sont li&#233;s au contexte politique, et influent sur lui en retour (8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophes de l'&#232;re des Lumi&#232;res et une partie de la philosophie anglo-saxonne, dite analytique, se sont oppos&#233;es &#224; cette sp&#233;cificit&#233; des langues. Les philosophes de l'&#232;re des Lumi&#232;res ont lutt&#233; contre les &#171; pr&#233;jug&#233;s &#187; s&#233;diment&#233;s dans les langues. La politique linguistique de la Terreur, cinq ans apr&#232;s la r&#233;volution fran&#231;aise, en est la continuation politique : elle visait &#224; d&#233;truire les pr&#233;jug&#233;s s&#233;mantiques s&#233;diment&#233;es dans les diff&#233;rentes langues en France, mais aussi qui se trouvent dans la langue fran&#231;aise elle-m&#234;me. Ce dernier objectif a &#233;chou&#233; : le fran&#231;ais n'a pas &#233;t&#233; nettoy&#233; de son caract&#232;re fran&#231;ais (9). Quant &#224; la philosophie anglo-saxonne, ce qui compte, au moins comme tendance chez elle, c'est le concept, pas le mot, pas la langue. Cet universel du concept indiff&#233;rent &#224; son expression, peut importe l'habit, la langue qu'il rev&#234;t. Et traduire c'est simplement changer d'habit. Mais la caract&#233;ristique universelle n'a pas vu le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'oppos&#233; de ces conceptions, des linguistes estiment que ce qui compte en chaque langue, ce qui la caract&#233;rise, ce sont les &#233;quivoques qu'elle contient : les &#233;quivoques chargent de sens les mots d'une langue dans son usage litt&#233;raire, mais aussi technique ou politique (4, 12). Et, &#224; l'extr&#234;me, le nationalisme linguistique survalorise les sp&#233;cificit&#233;s de la langue nationale, sa vision du monde et nie que les autres langues sont tout aussi pr&#233;cieuses et tout aussi riches. Une langue est donc &#224; la fois un simple outil de communication apte &#224; traduire nombre de concepts, et un outil id&#233;ologique particuli&#232;rement apte &#224; exprimer certains concepts et pas d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des pistes linguistiques pour un espace public&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; populaire et la construction d'un espace public exigent donc que les langues qui en sont le vecteur permettent &#224; chacun de s'exprimer et d'&#234;tre compris, sans lui imposer par ce biais des concepts qui lui sont &#233;trangers et sans atteindre &#224; la diversit&#233; culturelle de l'Europe. Il est donc hors de question d'imposer aux citoyens europ&#233;ens telle ou telle culture nationale, et tout particuli&#232;rement quand cette culture n'est pas europ&#233;enne mais essentiellement am&#233;ricaine, ce qui est le cas du &lt;i&gt;globish&lt;/i&gt; (13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs solutions non exclusives sont envisageables :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Aller vers un anglais v&#233;hiculaire et d&#233;cultur&#233;, mais est-ce possible ? Les linguistes en doutent fortement comme on l'a vu plus haut et insistent sur la pauvret&#233; de la pens&#233;e qu'elle permet. L'anglais m&#234;me d&#233;cultur&#233; sera de toute mani&#232;re toujours proche de l'anglo-am&#233;ricain. Le co&#251;t &#233;conomique, culturel et politique de l'h&#233;g&#233;monie d'une langue nationale serait consid&#233;rable.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&#233;velopper une pr&#233;valence de quelques langues au sein de l'Europe : l'allemand, le fran&#231;ais et l'anglo-am&#233;ricain (14) ; mais cela ne changerait gu&#232;re la donne, &#233;liminerait &#224; terme les autres langues europ&#233;ennes, et rien ne dit que cela freinerait l'h&#233;g&#233;monie du &lt;i&gt;globish&lt;/i&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Renforcer les recommandations europ&#233;ennes d'enseigner syst&#233;matiquement deux langues &#233;trang&#232;res dans chaque pays membre, en le rendant obligatoire ou en enseignant &#224; tous les Europ&#233;ens trois ou quatre langues europ&#233;ennes, afin que la plupart les parlent couramment, comme c'est le cas par exemple dans nombre de pays africains. Ce sc&#233;nario serait aussi on&#233;reux &#233;conomiquement que le sc&#233;nario d'h&#233;g&#233;monie de l'anglais, mais r&#233;duirait consid&#233;rablement les transferts contraires &#224; l'&#233;quit&#233; et les in&#233;galit&#233;s entre Europ&#233;ens. Il pr&#233;sente un risque certain d'instabilit&#233; et d'&#233;rosion en faveur de l'anglo-am&#233;ricain, &#224; moins de mesures d'accompagnement tr&#232;s strictes (10).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Promouvoir l'intercompr&#233;hension au sein de chaque famille de langues, par exemple au sein des langues romanes, au sein des langues slaves ou au sein des langues germaniques, comme c'est d&#233;j&#224; le cas au sein des langues scandinaves, ce qui pourrait &#234;tre une solution &#224; court et moyen terme (13). Par intercompr&#233;hension, on entend la capacit&#233; de comprendre une langue &#233;trang&#232;re sans savoir ni la parler ni l'&#233;crire : chacun parle et &#233;crit dans sa propre langue et sait comprendre et lire celle de l'autre (15). Si cela favorise les &#233;changes au sein d'une m&#234;me famille linguistique, ce n'est pas suffisant pour un espace public r&#233;ellement europ&#233;en. Une premi&#232;re habitude que chacun peut mettre en &#339;uvre est de pr&#233;f&#233;rer des expressions longues mais sans ambigu&#239;t&#233; &#224; des termes ou expressions synth&#233;tiques compris diff&#233;remment selon les milieux et les cultures.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Faire jouer &#224; l'esp&#233;ranto le r&#244;le de langue commune aupr&#232;s des g&#233;n&#233;rations &#224; venir. C'est une langue artificielle, un peu comme l'h&#233;breu moderne qui s'est n&#233;anmoins impos&#233; en Isra&#235;l. Ce n'est la langue d'aucun pays et son usage ne donnerait aucun avantage &#233;conomique ou symbolique &#224; tel ou tel pays. Son usage se traduirait par une &#233;conomie nette d'environ 25 milliards d'euros pour l'Europe enti&#232;re (Royaume-Uni et Irlande compris), et de pr&#232;s de 5 milliards pour la France (10). C'est une langue beaucoup plus facile &#224; apprendre que toutes les autres langues : alors qu'il faut 1500 heures pour atteindre un niveau standard en anglais, on estime qu'il faut de 3 &#224; 10 fois moins d'heures pour atteindre un niveau &#233;quivalent en esp&#233;ranto (10, 16, 17). Il suffirait de rendre obligatoire le seul enseignement de l'esp&#233;ranto, en sus de la langue nationale, toute autre langue &#233;tant optionnelle. C'est aujourd'hui une langue sans gu&#232;re de tradition culturelle que n'a pas encore beaucoup enrichie l'exercice de la pens&#233;e ; mais pourquoi ne pourrait-elle pas devenir une langue de culture, le ciment citoyen de l'Europe ? La conf&#233;rence g&#233;n&#233;rale de l'Unesco de 1985 reconnaissait &#171; les grandes possibilit&#233;s qu'offre l'esp&#233;ranto pour la compr&#233;hension internationale et pour la communication entre les peuples de nationalit&#233;s diff&#233;rentes &#187;. Les fr&#233;quentes r&#233;actions de rejet &#224; son &#233;gard devraient cependant &#234;tre vaincues, notamment par l'information et la volont&#233; commune.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il faut de toute mani&#232;re une forte volont&#233; politique pour institutionnaliser ces vecteurs d'&#233;changes directs et d'identit&#233; commune entre les citoyennes et citoyens d'Europe, comme seule l'intervention de l'&#201;tat a permis &#224; certaines langues (hongrois, finnois, tch&#232;que, estonien, h&#233;breu moderne, etc) de survivre ou de s'adapter &#224; la modernit&#233; (7).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1.	Mort d'une libert&#233;. Techniques et politique de l'information. J. Kayser, Plon, 1955.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.	Pour une appropriation populaire des m&#233;dias. Groupe de travail &#034;m&#233;dias&#034; du Parti communiste fran&#231;ais, novembre 2005, 26 p. &lt;a href=&#034;http://www.forum-alternative.fr/IMG/pdf/note_media.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.forum-alternative.fr/IMG/pdf/note_media.pdf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
3.	Quelle Europe construire ? Les termes du d&#233;bat. R. Joumard, H. Paraton, M. Christian &amp; JF. Escuit, 2007, 46 p. &lt;a href=&#034;http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/Quelle_Europe_construire.rtf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/Quelle_Europe_construire.rtf&lt;/a&gt; ; version espagnole : &lt;a href=&#034;http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/Que_Europa_construir.rtf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/Que_Europa_construir.rtf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
4.	Les &#171; intraduisibles &#187; en sciences sociales. B. Cassin, Traduire, n&#176;212, 2007, p. 51-61.&lt;br class='autobr' /&gt;
5.	LTI, la langue du IIIe Reich. Carnets d'un philologue. Victor Klemperer, trad. fr. E. Guillot, Albin Michel, 1996 [Leipzig, 1975].&lt;br class='autobr' /&gt;
6.	Don't speak English, Parlez globish ? J-P. Nerri&#232;re, Eyrolles, 2e &#233;d. mise &#224; jour et compl&#233;t&#233;e, 2006.&lt;br class='autobr' /&gt;
7.	Combat pour le fran&#231;ais. C. Hag&#232;ge, Odile Jacob, Paris, 2006, 244 p. &lt;br class='autobr' /&gt;
8.	&#202;tre et parler fran&#231;ais. P.M. Co&#251;teaux, Perrin, 2006, 400 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
9.	L'antinomie linguistique &#8211; Quelques enjeux politiques. J. Trabant, in M. Werner (dir.), Politiques et usages de la langue en Europe, &#233;d. MSH, 2007, p. 67-79&lt;br class='autobr' /&gt;
10.	L'enseignement des langues &#233;trang&#232;res comme politique publique. F. Grin, Haut conseil de l'&#233;valuation de l'&#233;cole, Paris, 2005, 125 p. &lt;a href=&#034;http://cisad.adc.education.fr/hcee/documents/rapport_Grin.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cisad.adc.education.fr/hcee/documents/rapport_Grin.pdf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
11.	Dialogo delle lingue. S. Speroni, 1542, in M. Pozzi (dir.), Discussioni linguistiche del Cinquecento, Turin, UTET, 1988, p. 279-335.&lt;br class='autobr' /&gt;
12.	La traduction des brevets : quand la technique rencontre le droit. J. Combeau, Traduire, n&#176;212, 2007, p. 62-69&lt;br class='autobr' /&gt;
13.	Un monde polyglotte pour &#233;chapper &#224; la dictature de l'anglais. B. Cassen, Le Monde Diplomatique, janvier 2005, 6 p. &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2005/01/CASSEN/11819&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.monde-diplomatique.fr/2005/01/CASSEN/11819&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
14.	Une constitution europ&#233;enne. R. Badinter, octobre 2002. &lt;a href=&#034;http://www.aidh.org/Europe/Conv_05badin.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.aidh.org/Europe/Conv_05badin.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
15.	Des universit&#233; europ&#233;ennes ont d&#233;velopp&#233; des initiatives et des programmes d'intercompr&#233;hension, parmi lesquels le projet GALATEA : &lt;a href=&#034;http://www.u-grenoble3.fr/galatea/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.u-grenoble3.fr/galatea/&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.galanet.eu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.galanet.eu&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
16.	L'esp&#233;ranto. B. Flochon, in Gauthier (&#233;d.), Langues : une guerre &#224; mort, Panoramiques, n&#176;48, 2000, p. 89-95.&lt;br class='autobr' /&gt;
17.	Studio della commissione sulla lingua internazionale (&#201;tude de la Commission sur la langue internationale). Minist&#232;re de l'instruction publique / Ministero delle pubblica iztruzione, Bolletino ufficiale del Ministero delle pubblica iztruzione, n&#176;21-22, 1995, p. 7-43. &lt;a href=&#034;http://www.internacialingvo.org/public/126_plena.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.internacialingvo.org/public/126_plena.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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