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	<title>Les blogs d'Attac</title>
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	<description>Qui sommes-nous ? Fond&#233;e en 1998, suite &#224; la r&#233;daction d'un &#233;ditorial du Monde diplomatique : &#171; D&#233;sarmer les march&#233;s &#187; (d&#233;cembre 1997), Attac (Association pour la taxation des transactions financi&#232;res et pour l'action citoyenne) promeut et m&#232;ne des actions de tous ordres en vue de la reconqu&#234;te, par les citoyens, du pouvoir que la sph&#232;re financi&#232;re exerce sur tous les aspects de la vie politique, &#233;conomique, sociale et culturelle dans l'ensemble du monde.
Attac se revendique comme un mouvement d'&#233;ducation populaire tourn&#233; vers l'action, consid&#233;rant que le premier outil pour changer le monde est le savoir des citoyens. Attac produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Fin 2010, Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays, chaque organisation nationale &#233;tant autonome et devant simplement adh&#233;rer &#224; la plateforme internationale ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 170 comit&#233;s locaux.
L'association est dirig&#233;e par un conseil d'administration de 42 membres &#233;lus par les adh&#233;rents, et dispose de l'expertise d'un conseil scientifique de 110 membres.
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		<title>Propositions de r&#233;formes institutionnelles pour une d&#233;mocratie r&#233;elle </title>
		<link>https://blogs.attac.org/commission-democratie/experimentations-d-alternatives/article/propositions-de-reformes-institutionnelles-pour-une-democratie-reelle</link>
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		<dc:date>2012-02-23T16:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;l Martine</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cette note constitue une introduction, utile au titre de sensibilisation, aux d&#233;bats actuels autour de la chambre des citoyens rempla&#231;ant le S&#233;nat et &#224; d'autres mesures (tirage au sort, conventions de citoyens, r&#233;f&#233;rendum r&#233;vocatoire) ; indications bibliographiques internes et externes &#224; Attac. &lt;br class='autobr' /&gt; Le texte qui suit est un outil p&#233;dagogique utilisable par les militants d'Attac &#224; l'intention des citoyens qui se mobilisent aujourd'hui pour la &#034;d&#233;mocratie r&#233;elle&#034; : Indign&#233;s et autres. C'est une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-democratie/experimentations-d-alternatives/" rel="directory"&gt;Exp&#233;rimentations d'alternatives&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette note constitue une introduction, utile au titre de sensibilisation, aux d&#233;bats actuels autour de la chambre des citoyens rempla&#231;ant le S&#233;nat et &#224; d'autres mesures (tirage au sort, conventions de citoyens, r&#233;f&#233;rendum r&#233;vocatoire) ; indications bibliographiques internes et externes &#224; Attac.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le texte qui suit est un outil p&#233;dagogique utilisable par les militants d'Attac &#224; l'intention des citoyens qui se mobilisent aujourd'hui pour la &#034;d&#233;mocratie r&#233;elle&#034; : Indign&#233;s et autres. C'est une note de pr&#233;sentation r&#233;sumant les propositions qui me semblent les plus novatrices sur la question des institutions de la d&#233;mocratie, propositions &#233;mises au sein d'Attac principalement, et quelques autres. J'ai essay&#233; de montrer de fa&#231;on concise que ces propositions forment un tout qui est &#034;op&#233;rationnel&#034;. Cette note ne pr&#233;sente que les propositions et non les analyses sur la crise de la d&#233;mocratie qui justifient ces propositions. Enfin il faudrait aussi faire l'articulation avec les propositions de nouvelle constitution pour une &#171; 6&#232;me R&#233;publique &#187; en d&#233;bat dans les partis de gauche fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No copyright : ce texte est fait pour circuler, vous pouvez en extraire des morceaux ou le modifier &#224; votre guise. Il faudrait peut-&#234;tre aussi le maquetter en moins compact, plus a&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Intervention &#224; la r&#233;union du 23/2/12 des Indign&#233;s de Marseille sur &#034;Quelle constitution pour une d&#233;mocratie r&#233;elle ?&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D 'abord un r&#233;sum&#233; des trouvailles les plus g&#233;niales des initiateurs du d&#233;bat dans Attac :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de syst&#232;mes politiques actuels sont &#224; deux chambres (= bicam&#233;risme) : une assembl&#233;e l&#233;gislative (en France l'Assembl&#233;e Nationale) et un s&#233;nat. De par son mode d'&#233;lection indirect et son renouvellement par parties, le s&#233;nat est cens&#233; jouer un r&#244;le de contrepoids, plus conservateur, vis-&#224;-vis de l'assembl&#233;e l&#233;gislative, &#233;lue au suffrage direct donc plus sensible aux mouvements rapides de l'opinion. Or les militants d'Attac pr&#233;conisent un S&#233;nat constitu&#233; comme un &#233;chantillon repr&#233;sentatif de la population par tirage au sort (comme on fait pour les sondages, les sondages s&#233;rieux et honn&#234;tes bien s&#251;r !). Il aurait donc un r&#244;le d'expression directe du peuple vis-&#224;-vis de l'assembl&#233;e &#233;lue. C'est une combinaison des avantages d&#233;mocratiques de l'&#233;lection et du tirage au sort, le beurre et l'argent du beurre ! D'un c&#244;t&#233; les d&#233;put&#233;s de l'assembl&#233;e l&#233;gislative votent les lois et sont responsables devant leurs &#233;lecteurs (donc on ne tire pas les lois &#224; pile ou face !), et les &#233;lecteurs sont responsables de leurs votes, de l'autre c&#244;t&#233; les s&#233;nateurs, &#233;chantillon repr&#233;sentatif des citoyens lambda, peuvent &#233;mettre un veto aux d&#233;cisions de l'assembl&#233;e l&#233;gislative et peuvent aussi lancer des d&#233;bats et &#233;mettre des pr&#233;conisations g&#233;n&#233;rales, donc le s&#233;nat constitue un contrepoids et un garde-fou contre les d&#233;rives typiques des d&#233;put&#233;s &#233;lus (&#233;lectoralisme, d&#233;magogie corporatiste, batailles entre &#171; &#233;curies de course &#187; pour la conqu&#234;te des postes dans les partis, d&#233;cisions selon les rapports de force &#224; court terme, corruptibilit&#233;...). Etant tir&#233;s au sort mais volontaires pour accepter leur d&#233;signation, les s&#233;nateurs ne sont pas d&#233;pendants d'un &#233;lectorat et peuvent s'&#233;lever &#224; des consid&#233;rations universelles et de long terme, tout en restant la voix directe de l'opinion populaire. Dans ce bicam&#233;risme nettement plus d&#233;mocratique que l'actuel, le s&#233;nat joue un r&#244;le conservateur non pas des pouvoirs en place dans la soci&#233;t&#233;, mais de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, et de l'avenir, notamment de l'avenir &#233;cologique. (Bien s&#251;r il faudrait aussi d&#233;mocratiser l'Assembl&#233;e Nationale : plus de pouvoir face &#224; l'ex&#233;cutif, une repr&#233;sentation proportionnelle, etc.) D'autre part, les s&#233;nateurs lanceraient des &#171; conf&#233;rences de citoyens &#187; par th&#232;mes : un panel de citoyens constitu&#233; comme &#233;chantillon repr&#233;sentatif tir&#233; au sort re&#231;oit une formation de base et pluraliste sur un sujet, des moyens financiers et en temps pour auditer les experts officiels et non-officiels sur ce sujet, et enfin &#233;labore un rapport public servant de base aux pr&#233;conisations du S&#233;nat ; le tout en &#233;tant r&#233;mun&#233;r&#233;. D'ailleurs toutes les institutions, les pouvoirs locaux par exemple, devraient prendre l'habitude de convoquer des conf&#233;rences de citoyens. Gr&#226;ce &#224; cette m&#233;thode les s&#233;nateurs se prononceraient en connaissance de cause, et l'opinion publique elle-m&#234;me, en participant &#224; ce d&#233;bat, s'&#233;duquerait, acquerrait un pouvoir d'expertise citoyenne. En cas de conflit durable entre le vote de l'assembl&#233;e l&#233;gislative et le veto du s&#233;nat, qui aurait le dernier mot ? Logiquement ce devrait &#234;tre le pouvoir l&#233;gislatif, responsable devant les &#233;lecteurs. Des militants proposent aussi la proc&#233;dure du r&#233;f&#233;rendum r&#233;vocatoire d'initiative populaire : si un certain nombre de citoyens le demandent on organise un scrutin sur un point pr&#233;cis, permettant au peuple d'exprimer son d&#233;saccord avec pour cons&#233;quence la r&#233;vocation des &#233;lus et de nouvelles &#233;lections. Il ne s'agit pas d'un r&#233;f&#233;rendum qui se substituerait au d&#233;bat parlementaire avec tous les risques de simplification d&#233;magogique, mais pr&#233;cis&#233;ment d'une proc&#233;dure permettant au peuple, quand il estime que sur une question importante ses &#233;lus ne le repr&#233;sentent plus, de les r&#233;voquer et de remettre en route le processus &#233;lectoral. En somme, s&#233;nat tir&#233; au sort + conf&#233;rences de citoyens + r&#233;f&#233;rendum r&#233;vocatoire sont des moyens &#224; la fois de construire une opinion publique populaire et d'emp&#234;cher l'autonomisation de l'assembl&#233;e &#233;lue vis-&#224;-vis du peuple &#8230; tout en reconnaissant aux &#233;lecteurs, aux &#233;lus de l'assembl&#233;e l&#233;gislative, et aux partis ou autres regroupements politiques leur fonction constructive et responsabilisante dans les d&#233;cisions l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajoute &#224; tout cela une id&#233;e qui vient des &#233;cologistes Bourg et Whiteside (voir plus bas) : tout ce processus pourrait &#234;tre guid&#233; et dynamis&#233; par des objectifs constitutionnels, c'est-&#224;-dire l'inscription dans la constitution de la vis&#233;e d'objectifs tels que la soutenabilit&#233; &#233;cologique ou la mise en place de services publics. Et ces objectifs, m&#234;me s'ils ne peuvent pas &#234;tre formul&#233;s de fa&#231;on pr&#233;cise donc contraignante, pourraient servir de base de l&#233;gitimit&#233; aux vetos et aux pr&#233;conisations du s&#233;nat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Premier texte &#224; lire : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://local.attac.org/attac92/IMG/doc/QuelquesPistesReformes5.doc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://local.attac.org/attac92/IMG/doc/QuelquesPistesReformes5.doc&lt;/a&gt; : Quelques pistes de r&#233;formes institutionnelles pour r&#233;g&#233;n&#233;rer une d&#233;mocratie chancelante, par Jean-Claude Bauduret et autres, 40 pages, r&#233;sum&#233; du d&#233;bat et des propositions innovantes, par coup&#233;s-coll&#233;s des textes principaux, avec liens internet. Th&#232;mes : la non-d&#233;mocratie des institutions actuelles ; le tirage au sort : utilit&#233;, mode d'emploi ; le bicam&#233;risme ; les conf&#233;rences de citoyens ; le r&#233;f&#233;rendum. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces textes r&#233;sultent de discussions entre des adh&#233;rents d'ATTAC sur la liste &#171; d&#233;mocratie &#187;. Ils ne repr&#233;sentent que l'opinion de leurs auteurs et ne peuvent pas &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des propositions d'ATTAC-France o&#249; ils sont, pour l'instant, en d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**En compl&#233;ment &#224; ces textes provenant d'Attac, j'ajoute quelques r&#233;f&#233;rences : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1) Pour une approche de ces questions &#224; partir des enjeux &#233;cologiques&lt;br class='autobr' /&gt;
voir Dominique Bourg et Kerry Whiteside, Vers une d&#233;mocratie &#233;cologique, Seuil, 2010. On trouve un r&#233;sum&#233; de ce livre sur &lt;a href=&#034;http://www.reporterre.net//spip.php?article592&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.reporterre.net//spip.php?article592&lt;/a&gt; : cet article donne un bon aper&#231;u de l'ouvrage en ce qui concerne l'analyse de la crise &#233;cologique et les fondements philosophiques de la d&#233;mocratie moderne et de sa n&#233;cessaire transformation, mais il n'indique malheureusement pas pr&#233;cis&#233;ment les solutions institutionnelles propos&#233;es par les auteurs dans les derniers chapitres du livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compar&#233;s aux militants d'Attac, Bourg et Whiteside insistent plus sur l'int&#233;gration de la pens&#233;e scientifique dans le processus d&#233;mocratique et sur la prise en compte des int&#233;r&#234;ts des g&#233;n&#233;rations futures. Les institutions qu'ils proposent ont beaucoup de points communs avec celles apparaissant dans le d&#233;bat d'Attac, notamment sur le r&#244;le d'un S&#233;nat constitu&#233; par tirage au sort, et sur le recours aux conf&#233;rences de citoyens. Une diff&#233;rence toutefois : le S&#233;nat ne serait pas form&#233; uniquement de citoyens lambda tir&#233;s au sort, mais en partie (en majorit&#233;, m&#234;me) d'experts tir&#233;s au sort dans une liste propos&#233;e par des ONG environnementales ; donc Bourg et Whiteside accordent un r&#244;le non seulement consultatif mais d&#233;lib&#233;ratif aux experts, ce qui est critiqu&#233; par les militants d'Attac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Comme les enjeux actuels les plus d&#233;cisifs, notamment &#233;cologiques, sont de dimension mondiale, la d&#233;mocratie exige une r&#233;forme des institutions de gouvernance mondiale telles que l'ONU et les organismes qui en &#233;manent. Pour de nombreuses id&#233;es innovantes et excellentes, voir la brochure Pour une gouvernance mondiale, de l'Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire, coordonn&#233; par Pierre Calame, aux &#233;ditions de la Fondation Charles L&#233;opold Mayer pour le progr&#232;s de l'homme, 2003 : 36 propositions, 200 pages. Texte int&#233;gral :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.world-governance.org/IMG/pdf_Calame_Pierre_Coord._-_Pour_une_gouvernance_mondiale_efficace_legitime_et_democratique.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.world-governance.org/IMG/pdf_Calame_Pierre_Coord._-_Pour_une_gouvernance_mondiale_efficace_legitime_et_democratique.pdf&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) La construction d'une d&#233;mocratie r&#233;elle ne se pose bien s&#251;r pas uniquement en termes de r&#233;formes institutionnelles, mais en rapport avec les mobilisations populaires, et l'auto-organisation dans la soci&#233;t&#233; civile, notamment par des formes de pouvoir collectif et d'autogestion dans l'&#233;conomie. Voir &#224; ce sujet surtout Yves Salesse, R&#233;formes et r&#233;volution, &#233;d. Agone, 2001, 200p. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voir aussi Thomas Coutrot, Jalons vers un monde possible, Le Bord de l'Eau, 2010, 230p. ou D&#233;mocratie contre capitalisme, La Dispute, 2005. Enfin, en plus philosophique, Marc Fleurbaey, Capitalisme ou d&#233;mocratie ? Grasset, 2006, 215p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jo&#235;l Martine est militant d'Attac-Marseille : joel.martine@free.fr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour un s&#233;nat de l'&#233;cologie</title>
		<link>https://blogs.attac.org/commission-democratie/outils-de-la-democratie/article/pour-un-senat-de-l-ecologie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://blogs.attac.org/commission-democratie/outils-de-la-democratie/article/pour-un-senat-de-l-ecologie</guid>
		<dc:date>2011-06-28T16:29:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;l Martine</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Comment int&#233;grer les imp&#233;ratifs &#233;cologiques dans le fonctionnement de la d&#233;mocratie, quelles raisons y poussent (notamment une r&#233;flexion sur &#171; l'articulation &#187; des connaissances scientifiques et des institutions de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts du futur propos&#233;es par Dominique Bourg). D&#233;bat sur la question de la pr&#233;sence et du poids des experts dans une chambre comportant des citoyens tir&#233;s au sort. &lt;br class='autobr' /&gt; N.B. : &#224; la fin, les critiques, la plupart justifi&#233;es, qui ont &#233;t&#233; faites &#224; ce texte par des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-democratie/outils-de-la-democratie/" rel="directory"&gt;Outils de la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment int&#233;grer les imp&#233;ratifs &#233;cologiques dans le fonctionnement de la d&#233;mocratie, quelles raisons y poussent (notamment une r&#233;flexion sur &#171; l'articulation &#187; des connaissances scientifiques et des institutions de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts du futur propos&#233;es par Dominique Bourg). D&#233;bat sur la question de la pr&#233;sence et du poids des experts dans une chambre comportant des citoyens tir&#233;s au sort.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;N.B. : &#224; la fin, les critiques, la plupart justifi&#233;es, qui ont &#233;t&#233; faites &#224; ce texte par des militants d'ATTAC-France, et une r&#233;ponse rapide. Si j'avais le temps je r&#233;&#233;crirais ce texte en tenant compte des critiques, et en le situant dans le d&#233;bat sur la d&#233;mocratie au sein d'Attac. En l'&#233;tat, il vaut mieux que le lecteur commence par lire les textes importants de ce d&#233;bat (voir pages internet cit&#233;es au d&#233;but du texte). &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le futur est la circonscription n&#233;glig&#233;e de la politique repr&#233;sentative moderne. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dominique Bourg et Kerry Whiteside&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Probl&#232;me : COMMENT INTEGRER LES IMPERATIFS ECOLOGIQUES DANS LE FONCTIONNEMENT DE LA DEMOCRATIE ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce texte je pr&#233;sente de larges extraits des propositions institutionnelles faites par Dominique Bourg et Kerry Whiteside dans Vers une d&#233;mocratie &#233;cologique, Seuil, 2010 (dans la suite, pour faire plus court, je dirai simplement &#171; Bourg &#187; pour d&#233;signer cet ouvrage), notamment l'id&#233;e d'un S&#233;nat de l'&#233;cologie, qui dans le cas fran&#231;ais remplacerait l'actuel S&#233;nat aux c&#244;t&#233;s de l'Assembl&#233;e Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un d&#233;bat dans Attac-France sur la question des formes institutionnelles de la d&#233;mocratie : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://local.attac.org/attac92/IMG/doc/QuelquesPistesReformes5.doc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://local.attac.org/attac92/IMG/doc/QuelquesPistesReformes5.doc&lt;/a&gt; : Quelques pistes de r&#233;formes institutionnelles pour r&#233;g&#233;n&#233;rer une d&#233;mocratie chancelante, par Jean-Claude Bauduret et autres, 40 pages, r&#233;sum&#233; du d&#233;bat et des propositions innovantes, par coup&#233;s-coll&#233;s des textes principaux, avec liens internet. Th&#232;mes : la non-d&#233;mocratie des institutions actuelles ; le tirage au sort : utilit&#233;, mode d'emploi ; le bicam&#233;risme ; les conf&#233;rences de citoyens ; le r&#233;f&#233;rendum.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article10968&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article10968&lt;/a&gt; , &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article11951&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article11951&lt;/a&gt; , &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article11952&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article11952&lt;/a&gt; . &lt;br class='autobr' /&gt;
Or les p&#233;rils &#233;cologiques d'aujourd'hui renouvellent la fa&#231;on dont cette question se pose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce d&#233;bat il faut &#233;viter les caricatures. Quand quelqu'un propose qu'une assembl&#233;e soit tir&#233;e au sort parmi les citoyens, cela ne veut pas dire qu'il propose qu'on tire les lois &#224; pile ou face. Des militants d'Attac proposent un syst&#232;me bicam&#233;riste avec une chambre tir&#233;e au sort et une autre &#233;lue par les citoyens : voir entre autres Jean-Claude Bauduret, Robert Joumard, Marc Brunet, La Chambre des citoyens : faire du tirage au sort un &#233;l&#233;ment d'une d&#233;mocratie active : &lt;a href=&#034;http://www.france.attac.org/spip.php?article11951&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france.attac.org/spip.php?article11951&lt;/a&gt; . Dans les propositions de Bourg le tirage au sort joue un r&#244;le en partie comparable. Cela ne veut pas dire qu'on annule la responsabilit&#233; des citoyens dans leur vote ni celle des &#233;lus devant leurs &#233;lecteurs. Au contraire, dans cette formule bicam&#233;riste, l'&#233;lection et le tirage au sort combinent leurs qualit&#233;s et contrent mutuellement leurs d&#233;fauts. C'est un progr&#232;s remarquable dans la r&#233;flexion sur les institutions de la d&#233;mocratie. Quand Bourg propose que les deux tiers du s&#233;nat soient tir&#233;s au sort dans une liste d'experts propos&#233;e par des ONG et un tiers parmi les citoyens lambda, cela ne revient pas &#224; instaurer une dictature des experts, ni &#224; refuser la possibilit&#233; pour le peuple de d&#233;velopper sa propre capacit&#233; d'expertise, au contraire. Enfin quand une proposition de r&#233;forme pourrait convenir &#224; un projet de &#171; capitalisme vert &#187;, cela ne signifie pas qu'elle serait inint&#233;ressante dans un projet anticapitaliste, ni qu'on puisse ignorer les probl&#232;mes auxquels elle essaie de r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point de d&#233;part de ce d&#233;bat, on sait que la d&#233;mocratie repr&#233;sentative conduit le plus souvent &#224; une d&#233;possession du pouvoir du peuple. Toutefois, la cause principale de l'autonomisation de la &#171; classe politique &#187; vis-&#224;-vis du peuple n'est peut-&#234;tre pas la d&#233;l&#233;gation de pouvoir lors des &#233;lections, mais plut&#244;t le fait que le pouvoir du peuple n'est pas concr&#232;tement organis&#233; &#224; tous les niveaux du fonctionnement de la soci&#233;t&#233; (subsidiarit&#233;, d&#233;mocratie locale, d&#233;mocratie dans la direction des entreprises et dans la gouvernance du tissu &#233;conomique, d&#233;mocratie participative donc des moyens pour l'exp&#233;rimentation sociale, droit d'initiative populaire pour les propositions de loi, vitalit&#233; des associations, et enfin, ou plut&#244;t d'abord, pression d&#233;mocratique par les luttes sociales). Il faut donc d&#233;mocratiser radicalement la soci&#233;t&#233; &#224; tous les niveaux, et dans ces conditions les institutions repr&#233;sentatives (car il en faut pour certaines fonctions) pourraient devenir l'un des &#233;l&#233;ments d'un dispositif complexe de pouvoir du peuple. Il faut donc penser des combinaisons de d&#233;mocratie directe et de d&#233;mocratie repr&#233;sentative, et de repr&#233;sentation par &#233;lection et par tirage au sort. Dans la vie concr&#232;te, la d&#233;mocratie passe par une &#171; guerre de position &#187; : la conqu&#234;te de lieux de pouvoir collectif dans la soci&#233;t&#233; civile et dans les appareils d'Etat, lieux de pouvoir qui sont &#224; la fois des points de r&#233;sistance et des lieux d'alternative &#224; travers lesquels le peuple se construit comme collectivit&#233; agissante . Et les institutions repr&#233;sentatives peuvent devenir l'un de ces lieux, &#224; condition que le peuple s'organise aussi de fa&#231;on autonome.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES EXIGENCES ECOLOGIQUES ET LA PENSEE POLITIQUE
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les exigences &#233;cologiques, qui sont devenues une question de survie pour l'humanit&#233;, jettent un &#233;clairage nouveau sur le fonctionnement de la d&#233;mocratie. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;mocratie, qu'elle soit directe ou repr&#233;sentative, est cens&#233;e (m&#234;me si cet id&#233;al est le plus souvent entrav&#233; ou d&#233;voy&#233;) permettre l'expression de la diversit&#233; des int&#233;r&#234;ts et leur d&#233;passement dans la formulation de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Cela passe &#224; la fois par une n&#233;gociation entre les int&#233;r&#234;ts particuliers et par une prise de conscience &#233;thique &#224; vis&#233;e universelle. Or pour r&#233;pondre aux enjeux &#233;cologiques la conscience universaliste est d&#233;cisive ( &#171; penser global &#187; ), et la n&#233;gociation entre les int&#233;r&#234;ts particuliers est plus souvent un obstacle qu'un chemin !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e politique doit alors r&#233;pondre ensemble &#224; quatre exigences, qui ne sont pas nouvelles mais qui deviennent prioritaires &#224; l'&#233;poque des p&#233;rils &#233;cologiques : &lt;br class='autobr' /&gt;
1. int&#233;grer la science, 2. viser le bien commun universel, 3. prot&#233;ger l'avenir, 4. faire vivre la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**1 Il faut int&#233;grer l'expertise scientifique (comme d&#233;bat visant &#224; &#233;tablir des connaissances vraies ou du moins plausibles) dans le d&#233;bat politique (visant &#224; la gouvernance collective pour le bien commun). &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Jusqu'au milieu du XX&#232;me si&#232;cle, tant que l'ampleur des p&#233;rils &#233;cologiques n'&#233;taient pas per&#231;ue, on pouvait penser que la d&#233;finition des objectifs politiques ne d&#233;pendait pas des connaissances scientifiques, mais devait seulement en tenir compte en tant que moyens d'action disponibles. On pouvait penser la science simplement comme une pourvoyeuse de connaissances ext&#233;rieure par principe au processus politique, connaissances qui dans un deuxi&#232;me temps seraient utilisables en bien ou en mal dans les d&#233;cisions politiques et &#233;conomiques. Cette s&#233;paration entre science et politique n'est plus acceptable. L'expertise scientifique doit accompagner le processus politique dans toutes ses &#233;tapes. Toutefois que cela ne veut pas dire que la d&#233;cision politique (et &#233;thique) n'ait pas son autonomie. Si la science nous montre que certains choix collectifs ne sont pas soutenables, elle nous montre aussi que l'&#233;ventail des choix soutenables est large, ouvert &#224; la cr&#233;ativit&#233;. De plus, comme les connaissances scientifiques ne sont jamais totalement certaines, la politique reste un art de la d&#233;cision dans l'incertitude. Pour le dire avec les mots de la philosophie classique, la politique, comme la technique, ne requiert pas seulement le savoir, mais la prudence. Diversit&#233; et cr&#233;ativit&#233; d'une part, prudence d'autre part : tout cela laisse un large champ au d&#233;bat politique &#8230; et donne aux citoyens une responsabilit&#233; immense et in&#233;dite, puisqu'il s'agit de pr&#233;server la survie de l'humanit&#233;, responsabilit&#233; paradoxale et difficile puisqu'il y a toujours des marges d'incertitude. En conclusion de ce point, l'importance vitale des connaissances scientifiques ne signifie pas qu'il faut soumettre la politique au diktat des savants (quand bien m&#234;me les savants seraient ind&#233;pendants des puissances politiques, &#233;conomiques et acad&#233;miques, ce qui n'est pas le cas), mais qu'il faut int&#233;grer l'expertise scientifique dans le processus politique. Il faut d'abord que les institutions politiques et les citoyens soient &#224; l'&#233;coute des savoirs et de leurs d&#233;bats, dans un esprit scientifique. Cela ne veut pas dire tenir compte uniquement des connaissances scientifiques constitu&#233;es comme telles, mais aussi &#233;couter les connaissances populaires d'exp&#233;rience . Allons plus loin, il faut que les institutions politiques et les &#171; simples &#187; citoyens d&#233;veloppent leurs propres capacit&#233;s d'expertise. Or cela est possible comme le montrent les r&#233;seaux de connaissance coop&#233;ratifs, Wikipedia par exemple, et les exp&#233;riences de conf&#233;rences de citoyens. La communaut&#233; politique doit donc se constituer en communaut&#233; d'experts, en adoptant des proc&#233;dures inspir&#233;es des r&#232;gles id&#233;ales du d&#233;bat scientifique (ce que proposent des philosophes comme Habermas) &#8230; m&#234;me si la vie politique ne saurait se r&#233;duire &#224; cela !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**2 Il faut institutionnaliser davantage la vis&#233;e universaliste inh&#233;rente &#224; la politique. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la d&#233;mocratie il y a le pari que le d&#233;bat et le vote permettront de formuler une volont&#233; collective poursuivant le bien commun. Mais en fait la composition ou le compromis entre les int&#233;r&#234;ts particuliers tels qu'ils existent dans la soci&#233;t&#233; ne conduit pas forc&#233;ment au bien commun. Toute gouvernance, a fortiori d&#233;mocratique, n&#233;cessite une certaine dose d'&#233;thique collective, le vouloir-vivre-ensemble en une communaut&#233; politique qui permet de transcender la diversit&#233; des int&#233;r&#234;ts particuliers. Cette communaut&#233; politique a pu &#234;tre le clan, la tribu ou la nation. A chaque &#233;poque et dans chaque r&#233;gion du monde, la communaut&#233; politique se construit comme unit&#233; de survie dans ses rapports avec ses voisines : son &#233;chelle g&#233;ographique et son mod&#232;le id&#233;ologique sont d&#233;termin&#233;s par les techniques et par les id&#233;ologies de solidarit&#233; qu'elle peut mobiliser compte tenu des forces productives (mat&#233;rielles et intellectuelles) et des rapports sociaux existants. L'Etat-nation, le principal horizon de la pens&#233;e politique h&#233;rit&#233;e, occidentale mais pas seulement, a &#233;t&#233; et est encore la forme de communaut&#233; politique correspondant aux relations de concurrence perp&#233;tuelle au sein de l'&#233;conomie-monde capitaliste. Mais ce syst&#232;me lui-m&#234;me n'est pas &#233;cologiquement soutenable. A l'heure des p&#233;rils &#233;cologiques, c'est l'ensemble de l'humanit&#233; &#224; l'&#233;chelle de plan&#232;te qui est devenue l'unit&#233; de survie la plus importante (nonobstant les autres dimensions g&#233;ographiques : &#171; penser global, agir local &#187;). Il faut donc introduire une &#233;thique &#224; vis&#233;e mondiale dans le processus politique, et c'est difficile car l'activit&#233; politique se d&#233;roule encore en grande partie sur des ar&#232;nes nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par quelles institutions peut-on incarner cette &#233;thique universaliste et l'int&#233;grer de plein droit dans le processus politique ? Deux pistes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, une r&#233;forme des institutions de gouvernance mondiale telles que l'ONU et les organismes qui en &#233;manent. Un exemple instructif d'expertise partag&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale est le GIEC. Un exemple d'institution d&#233;cisionnelle instructive par ses &#233;checs est la Conf&#233;rence des Nations Unies sur le Changement Climatique. Pour de nombreuses id&#233;es innovantes et excellentes, voir le petit livre Pour une gouvernance mondiale, de l'Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire, coordonn&#233; par Pierre Calame, aux &#233;ditions de la Fondation Charles L&#233;opold Mayer pour le progr&#232;s de l'homme, 2003 :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.world-governance.org/IMG/pdf_Calame_Pierre_Coord._-_Pour_une_gouvernance_mondiale_efficace_legitime_et_democratique.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.world-governance.org/IMG/pdf_Calame_Pierre_Coord._-_Pour_une_gouvernance_mondiale_efficace_legitime_et_democratique.pdf&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part il y a l'exp&#233;rience des CONFERENCES DE CITOYENS : &#224; n'importe quelle &#233;chelle du local au global on peut constituer par tirage au sort un &#233;chantillon repr&#233;sentatif de la population, leur donner une formation de base sur une question, puis leur donner les moyens de se documenter, d'auditer les experts, enfin de r&#233;aliser un rapport sur cette question avec des pr&#233;conisations, moyennant une indemnisation par un quasi salaire pour la dur&#233;e de l'op&#233;ration. Cette forme d'organisation permet l'&#233;mergence de la conscience universaliste des individus. D'abord parce que, &#233;tant tir&#233;s au sort, ils n'ont pas eu &#224; se battre pour leur propre int&#233;r&#234;t, contrairement aux &#233;lus qui sont de fait s&#233;lectionn&#233;s sur leur capacit&#233; &#224; gagner et garder les faveurs de l'opinion publique, des m&#233;dias, des lobbies, et &#224; gagner des postes de pouvoir dans un parti, le tout en &#233;cartant leurs rivaux. Ensuite ils sont r&#233;unis pour une t&#226;che de pure expertise, dans laquelle ils sont d&#233;tach&#233;s de leurs adh&#233;rences sociales. Certes chacun a toujours ses int&#233;r&#234;ts particuliers et ses all&#233;geances mais les membres d'une conf&#233;rence de citoyens n'ont pas de pouvoir pour favoriser tel ou tel int&#233;r&#234;t particulier et d'autre part ils sont suffisamment nombreux pour qu'aucun int&#233;r&#234;t incompatible avec l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral n'ait le dessus. Dans les faits, quand on fait travailler sur un m&#234;me th&#232;me des conf&#233;rences de citoyens recrut&#233;es dans des pays aussi diff&#233;rents que, disons, le Mali et la Pologne, elles donnent des avis souvent convergents et font des suggestions auxquelles les experts sp&#233;cialis&#233;s n'avaient pas toujours pens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gouvernance internationale d'une part, conf&#233;rences de citoyens d'autre part : on a l&#224; des outils pour l'affirmation d'orientations universalistes, contrebalan&#231;ant les int&#233;r&#234;ts particuliers. Evidemment cela r&#233;pond aussi aux exigences 1 et 3 : int&#233;grer l'expertise scientifique dans le processus politique, et int&#233;grer les enjeux de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**3 Il faut prendre en compte les droits des g&#233;n&#233;rations &#224; venir et le r&#244;le des esp&#232;ces non humaines dans les &#233;co-syst&#232;mes
. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : en Grande-Bretagne de nombreux projets d'&#233;oliennes ont &#233;t&#233; bloqu&#233;s par l'opposition des citoyens locaux au nom d'arguments tels que le bruit et l'atteinte au paysage, et les &#233;lus &#233;taient les otages de leurs &#233;lecteurs. Certes ces arguments sont recevables et on aurait pu chercher des compromis. Mais en attendant, ces m&#234;mes &#233;lecteurs continuaient &#224; utiliser de l'&#233;lectricit&#233; d'origine thermique et des voitures individuelles &#224; essence, donc ils utilisaient leur privil&#232;ge de polluer l'atmosph&#232;re au CO2, aggravant tranquillement la catastrophe climatique dont les effets les plus graves ne se font pas encore sentir dans le pr&#233;sent mais frapperont les g&#233;n&#233;rations &#224; venir, humaines, v&#233;g&#233;tales et animales. Or les humains de l'avenir n'ont pas le droit de vote dans les d&#233;cisions du pr&#233;sent. A plus forte raison les v&#233;g&#233;taux et les animaux. Qui repr&#233;sente leurs int&#233;r&#234;ts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des pr&#233;suppos&#233;s de la d&#233;mocratie est qu'il vaut mieux que les d&#233;cisions soient prises par ceux-l&#224; m&#234;me qui auront &#224; en supporter les cons&#233;quences. Mais comment r&#233;aliser cette exigence ? En effet les cons&#233;quences &#233;cologiques (et d'autres) des d&#233;cisions prises actuellement impactent parfois assez peu les g&#233;n&#233;rations actuellement vivantes, et massivement, pour le meilleur et pour le pire, les g&#233;n&#233;rations humaines futures, qui par d&#233;finition ne sont pas pr&#233;sentes dans le d&#233;bat d&#233;mocratique d'aujourd'hui. C'est un d&#233;fi &#224; l'un des fondements de la d&#233;mocratie que nous avons &#233;voqu&#233; plus haut : le pari qu'on puisse arriver au bien commun &#224; partir des int&#233;r&#234;ts particuliers tels qu'ils existent dans la soci&#233;t&#233;, par leur libre expression, la r&#233;flexion sur ces int&#233;r&#234;ts, la discussion ouverte, enfin le vote &#8230; avec dans ce processus une part importante de composition entre les int&#233;r&#234;t particuliers. Or l'exp&#233;rience montre que la vis&#233;e de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral est souvent d&#233;voy&#233;e en compromis et en marchandages entre les int&#233;r&#234;ts particuliers et &#224; court terme. Ceux qui se sont battus pour le suffrage universel afin d'emp&#234;cher la confiscation de la politique par les privil&#233;gi&#233;s ont-ils pens&#233; &#224; l'int&#233;gration des g&#233;n&#233;rations futures dans la prise de d&#233;cision ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pose deux questions : comment conna&#238;tre et exprimer les int&#233;r&#234;ts des g&#233;n&#233;rations futures, c'est-&#224;-dire leur donner une voix consultative ? et comment leur donner un poids dans la prise de d&#233;cision, c'est-&#224;-dire une voix d&#233;lib&#233;rative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Idem pour les populations v&#233;g&#233;tales et animales (quel que soit le statut &#233;thique et m&#233;taphysique qu'on leur donne : simples moyens &#224; pr&#233;server pour l'usage qu'en font les humains, ou objets de sollicitude et de compassion, ou encore sujets de droits &#224; part enti&#232;re &#8211; je n'entre pas ici dans ce d&#233;bat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc donner un pouvoir institutionnel &#224; des instances que l'on pourrait appeler LES AVOCATS DE L'AVENIR HUMAIN ET DE LA NATURE, pouvoir d'enqu&#234;te et d'information, mais aussi pouvoir de contr&#244;le sur les lois et les d&#233;cisions politiques. On verra que dans l'ing&#233;nieux syst&#232;me bicam&#233;riste propos&#233; par Bourg, le S&#233;nat de l'&#233;cologie r&#233;pond &#224; ces deux fonctions, tandis que l'Assembl&#233;e l&#233;gislative reste l'organe du pouvoir et de la responsabilit&#233; politiques des citoyens humains vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En amont du s&#233;nat, Bourg pr&#233;conise une institution scientifique en charge de la pr&#233;vision &#233;cologique : une &#171; Acad&#233;mie du futur &#187;. Mais il ne propose pas donner &#224; cette acad&#233;mie le pouvoir de dicter des directives, d'une part parce que si la recherche scientifique &#233;tait soumise &#224; l'obligation de fournir des directives politiques elle perdrait son caract&#232;re d'espace de d&#233;couverte et de d&#233;bat ouvert, et d'autre part, surtout, parce que la d&#233;mocratie n'est pas moins n&#233;cessaire que la science.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**4 La d&#233;mocratie est n&#233;cessaire face aux p&#233;rils &#233;cologiques. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut que le peuple exerce sa souverainet&#233; et assume en toute responsabilit&#233; son pouvoir de faire les lois. Ce y compris pour des raisons &#233;cologiques : sans intervention d&#233;mocratique du peuple, tant par des institutions que par des luttes, on laisse les mains libres aux pouvoirs &#233;conomiques et administratifs dominants &#224; l'instant t, qui utilisent tous les moyens accessibles dans leur comp&#233;tition pour renforcer leurs positions &#224; court terme, m&#234;me au d&#233;triment du long terme et de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Certes il vaut mieux un despotisme &#233;clair&#233; qu'une tyrannie barbare. Mais sous un despotisme la nature n'est jamais &#224; l'abri des d&#233;g&#226;ts des pouvoirs. L'id&#233;e d'un despotisme &#233;cologiquement bienveillant serait une utopie dangereuse. Des citoyens responsables et mobilis&#233;s, mandatant pr&#233;cis&#233;ment les &#233;lus, et capables de les sanctionner, sont une garantie contre les effets catastrophiques des luttes de pouvoir des puissants, et sont m&#234;me une garantie du libre exercice de la pens&#233;e rationnelle dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que tout cela soit possible il faut que le fonctionnement des institutions stimule dans la soci&#233;t&#233; une culture du d&#233;bat rationnel, tant sur le versant scientifique de l'&#233;tablissement des preuves et de l'ouverture aux questionnements, que sur le versant politique de la responsabilit&#233; dans les d&#233;cisions l&#233;gislatives et dans le pilotage de la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES PROPOSITIONS INSTITUTIONNELLES DE BOURG ET WHITESIDE &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De toutes ces exigences il r&#233;sulte, selon Bourg et Whiteside, que les imp&#233;ratifs &#233;cologiques devraient &#234;tre inscrits dans la constitution, avec autant de pr&#233;cision que le sont les droits sociaux et politiques. Doit &#234;tre inscrite &#233;galement dans la constitution l'autorit&#233; des connaissances plausiblement vraies issues de d&#233;bats scientifiquement m&#233;thodiques et libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bourg insiste donc sur la n&#233;cessit&#233; de d&#233;finir des &#171; biens publics mondiaux environnementaux &#187;, sur l'adoption de &#171; nouveaux objectifs constitutionnels &#187;, et sur l'institution d'une &#171; Acad&#233;mie du futur &#187; publique et ind&#233;pendante. A partir de l&#224;, les exigences &#233;cologiques &#233;tant ainsi d&#233;finies, il faut imaginer les institutions les mieux &#224; m&#234;me de les traduire en d&#233;cisions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc il propose (p.92 et suivantes) un parlement &#224; deux chambres : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#61485;	- d'une part une assembl&#233;e l&#233;gislative &#233;lue, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#61485;	- d'autre part un S&#233;nat de l'&#233;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assembl&#233;e fait les lois et exerce les autres pr&#233;rogatives qui lui sont g&#233;n&#233;ralement reconnues, comme de contr&#244;ler le gouvernement. Les d&#233;put&#233;s sont responsables devant leurs &#233;lecteurs. (Cette assembl&#233;e elle-m&#234;me doit &#234;tre r&#233;form&#233;e dans un sens d&#233;mocratique, mais c'est un autre d&#233;bat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bourg d&#233;crit ainsi les attributions du S&#233;nat de l'&#233;cologie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; [il] serait charg&#233; de traduire et d'interpr&#233;ter politiquement les connaissances internationalement acquises quant aux limites et ressources de la plan&#232;te, savoir capitalis&#233; par l'Acad&#233;mie du futur. Il exercerait une double fonction, en amont et en aval de l'Assembl&#233;e [l&#233;gislative] nationale : primo, &#233;laborer les grands projets de loi permettant de r&#233;aliser les nouveaux objectifs constitutionnels, par exemple en mati&#232;re d'&#233;nergie ou concernant le basculement de la fiscalit&#233; du travail vers la consommation de ressources ; secundo, opposer son veto &#224; toute proposition l&#233;gislative allant &#224; l'encontre des objectifs constitutionnels, suivant les donn&#233;es fournies par l'Acad&#233;mie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;nat de l'&#233;cologie est donc le repr&#233;sentant politique de l'avenir humain et de la nature. Il n'est bien s&#251;r pas &#233;lu par les g&#233;n&#233;rations &#224; venir ni par les esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales, mais il est d&#233;sign&#233; par la soci&#233;t&#233; comme le gardien et le repr&#233;sentant de leurs int&#233;r&#234;ts, un peu comme un tuteur d&#233;sign&#233; pour s'occuper des biens d'une personne mineure ou incapable, ou comme un avocat commis d'office.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce s&#233;nat ne vote pas de lois, cela reste la responsabilit&#233; des d&#233;put&#233;s de l'assembl&#233;e l&#233;gislative. Il donne une expertise, un avis consultatif sur le fonctionnement des institutions (comme font la Cour des Comptes et le Conseil Economique et Social, mais avec un domaine plus large et &#224; dominante &#233;cologique). Il &#233;labore des pr&#233;conisations. Et pour cela, [Bourg, p.94]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; le S&#233;nat devra organiser r&#233;guli&#232;rement des consultations du public, selon une proc&#233;dure analogue &#224; celle des conf&#233;rences de citoyens, inspir&#233;e de la m&#233;thode danoise . Les d&#233;cisions du S&#233;nat seront conditionn&#233;es par le r&#233;sultat de ces multiples conf&#233;rences de citoyens organis&#233;es pr&#233;alablement &#224; toute d&#233;cision publique et formelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc le s&#233;nat met en oeuvre la formation et l'intervention de &#171; l'expertise citoyenne &#187; dans le d&#233;bat &#233;cologique. Et il joue lui-m&#234;me le r&#244;le d'une grande &#171; conf&#233;rence de citoyens &#187; permanente et g&#233;n&#233;raliste. D'ailleurs, comme on va le voir, un tiers de ses membres sont un &#233;chantillon repr&#233;sentatif de l'ensemble de la population, tir&#233; au sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il exerce un contr&#244;le de la conformit&#233; des lois aux objectifs inscrits dans la constitution (comme fait actuellement le Conseil Constitutionnel). A ce titre il a un droit de veto sur les lois. Ce droit de veto incarne l'autorit&#233; des connaissances scientifiques et des exigences &#233;cologiques. Un veto oblige l'assembl&#233;e l&#233;gislative &#224; revoir sa copie. Au final, il vaudrait mieux [&#224; mon avis &#8211; J.M.] que le peuple ait le dernier mot, soit par ses repr&#233;sentants l&#233;gislatifs, soit par referendum, car il faut bien que quelqu'un tranche en dernier recours, et que le peuple soit mis devant ses responsabilit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bourg pr&#233;cise (p.93) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le S&#233;nat ne pourrait adopter aucune loi : soit il proposerait de grandes dispositions l&#233;gislatives, g&#233;n&#233;rales et transversales, soit il ne se d&#233;terminerait que n&#233;gativement. Autrement dit, le S&#233;nat serait tenu &#224; l'&#233;cart des fonctions qui reconduisent immanquablement l'esprit partisan et, au premier chef, le vote de lois heurtant certains int&#233;r&#234;ts pr&#233;sents au sein de la soci&#233;t&#233;. Il se bornerait en effet &#224; proposer les grands principes de r&#232;gles et de lois nouvelles, sans entrer dans les d&#233;tails qui favorisent ou d&#233;favorisent telle ou telle cat&#233;gorie sociale. Ou alors il se contenterait d'opposer son refus &#224; une loi particuli&#232;re [&#8230;]. C 'est pourquoi le S&#233;nat ne souffrirait ni esprit ni organisation partisane. Les s&#233;nateurs seraient certes r&#233;mun&#233;r&#233;s et employ&#233;s &#224; temps plein, mais ils ne seraient affili&#233;s &#224; aucune formation politique et ne pourraient appartenir &#224; des groupes parlementaires, au sens partisan du terme. Le S&#233;nat devrait &#234;tre le plus repr&#233;sentatif possible du corps social, sans privil&#233;gier une cat&#233;gorie professionnelle, un parti, etc. Il devrait exprimer la volont&#233; de la nation m&#234;me s'il ne la repr&#233;sente pas. Il devrait &#234;tre le plus l&#233;gitime possible, sans pour autant constituer une institution repr&#233;sentative au sens traditionnel, celles dont nous n'avons cess&#233; de fustiger les limites. Enfin le S&#233;nat devrait &#234;tre capable d'entrer dans des consid&#233;rations passablement complexes. [&#8230;] C'est pourquoi nous proposons un mode de d&#233;signation multiple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[suite, p.94] La d&#233;signation des s&#233;nateurs &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour &#233;viter de reproduire au sein de cette assembl&#233;e la logique temporelle et territoriale [c'est-&#224;-dire l'obligation pour chaque &#233;lu s'il veut &#234;tre r&#233;&#233;lu de satisfaire les int&#233;r&#234;ts &#224; court terme des &#233;lecteurs d'une circonscription g&#233;ographique particuli&#232;re], qui plus est partisane, ces nouveaux s&#233;nateurs ne pourraient &#234;tre &#233;lus contre d'autres. Nous proposons deux modes de d&#233;signation diff&#233;rents, qui ont recours tous deux au hasard [c'est-&#224;-dire au tirage au sort], mais de fa&#231;on diff&#233;rente . La premi&#232;re solution consisterait &#224; confier aux ONGE (ONG environnementales) la constitution d'une liste regroupant des personnalit&#233;s qualifi&#233;es, appartenant &#224; des ONG ou ayant leur confiance, aptes &#224; ma&#238;triser la complexit&#233; des dossiers et connues pour leur engagement en faveur de la nature et des g&#233;n&#233;rations futures. Les s&#233;nateurs seraient alors d&#233;sign&#233;s au hasard au sein de cette liste . [...] La seconde solution consiste &#224; r&#233;server cette proc&#233;dure de nomination aux deux tiers du S&#233;nat. Le dernier tiers [mais on pourrait discuter sur cette proportion &#8211; J.M.] serait issu de la population &#171; ordinaire &#187;. Ces s&#233;nateurs seraient d&#233;sign&#233;s au hasard, mais &#224; l'instar de ce qui se pratique pour les conf&#233;rences de citoyens, c'est-&#224;-dire en fonction de la structuration de la population nationale, selon le sexe, les classes d'&#226;ge, les cat&#233;gories professionnelles et de niveau d'&#233;tudes, la provenance g&#233;ographique, etc. La nomination d&#233;finitive comme s&#233;nateur serait toutefois suspendue &#224; l'acceptation formelle des individus d&#233;sign&#233;s. [...] Ce mode de d&#233;signation cl&#233;rocratique (du grec kleros, attribu&#233; par tirage au sort) permet d'obtenir la meilleure repr&#233;sentation possible, au sens statistique, sans induire les biais partisans inh&#233;rents au syst&#232;me repr&#233;sentatif . Au sein du syst&#232;me repr&#233;sentatif en vigueur, une majorit&#233; ne repr&#233;sente le plus souvent qu'un quart de la population. Avec la m&#233;thode cl&#233;rocratique, toutes les couches de la population seraient par contre pr&#233;sentes au sein du S&#233;nat. Avec 180 membres au moins, la diversit&#233; des points de vue et des comp&#233;tences initiaux devrait &#234;tre suffisante. Des attach&#233;s parlementaires dot&#233;s d'une bonne culture scientifique devraient &#233;galement permettre de faciliter le travail d'acculturation de ces nouveaux s&#233;nateurs issus de la population. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[P.95] Le S&#233;nat donnerait lieu &#224; un renouvellement d'un tiers de sa composition tous les trois ans, avec des s&#233;nateurs d&#233;sign&#233;s pour neuf ans, de telle sorte que l'assembl&#233;e maintienne toujours le plus haut niveau de comp&#233;tence et de continuit&#233; possible. [&#8230;] Un seul mandat serait permis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait encore se demander s'il vaudrait mieux que ce S&#233;nat vote ses r&#233;solutions &#224; la majorit&#233; simple (50% des voix + 1) ou &#224; une majorit&#233; qualifi&#233;e assurant une plus grande repr&#233;sentativit&#233; (60 % par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons. Le s&#233;nat de l'&#233;cologie propos&#233; par Bourg r&#233;pondrait aux insuffisances de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative face aux enjeux &#233;cologiques. Il servirait, notamment gr&#226;ce aux conf&#233;rences de citoyens, &#224; construire une opinion publique instruite, intellectuellement autonome, et prenant en charge la d&#233;fense de l'avenir ; il servirait aussi &#224; repr&#233;senter la population dans toute sa diversit&#233; r&#233;elle. Ce gr&#226;ce &#224; ses attributions (traduction des connaissances scientifiques en pr&#233;conisations politiques, enqu&#234;te, d&#233;bat public, et contr&#244;le de constitutionnalit&#233; des lois) et &#224; sa composition (pour une part des s&#233;nateurs tir&#233;s au sort au sein d'un vivier d'experts non-gouvernementaux, pour une autre part un &#233;chantillon repr&#233;sentatif de l'ensemble de la population constitu&#233; &#233;galement par tirage au sort).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les d&#233;mocraties bourgeoises le s&#233;nat, de par son &#233;lection indirecte et notabiliaire et la lenteur de son renouvellement, joue plut&#244;t un r&#244;le conservateur, faisant contrepoids &#224; l'Assembl&#233;e Nationale qui par son mode d'&#233;lection est &#233;ventuellement plus sensible aux revirements de l'opinion. D'un point de vue bourgeois, le s&#233;nat incarne la prudence, il est le gardien des traditions et de l'ordre &#233;tabli. A l'inverse, dans le bicam&#233;risme de Bourg, le s&#233;nat incarne aussi la prudence, mais en tant que gardien de l'avenir, non de la tradition, et conservateur de la biosph&#232;re, non de l'ordre &#233;tabli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut reprocher &#224; la composition de ce s&#233;nat de faire la part trop belle aux experts. J'y vois au contraire la promotion d'experts de type nouveau : le tirage au sort de s&#233;nateurs dans un vivier constitu&#233; par les ONGE affirme une l&#233;gitimit&#233; d'expertise provenant de la soci&#233;t&#233; civile mobilis&#233;e, ce qui contrebalance le pouvoir des experts issus du syst&#232;me acad&#233;mique, des appareils d'Etat et des grandes entreprises. Et le m&#233;lange, dans une m&#234;me assembl&#233;e, de ces experts des ONGE avec des &#171; apprentis-experts &#187; tir&#233;s au sort parmi les citoyens lambda obligerait les experts savants &#224; ne pas s'enfermer dans leur tour d'ivoire, &#224; rendre des comptes aux citoyens et &#224; les aider &#224; se former. Et les citoyens lambda du s&#233;nat et des conf&#233;rences citoyennes, transform&#233;s par ce concubinage avec les experts savants, auraient une forte l&#233;gitimit&#233; d'experts du peuple. Il y a l&#224; un effet de synergie entre le savoir scientifique et l'opinion publique politique, synergie d&#233;cisive pour la d&#233;mocratie &#224; l'&#233;poque de la surpuissance techno-scientifique et des p&#233;rils &#233;cologiques, synergie qui serait moins facile si le s&#233;nat &#233;tait form&#233; uniquement de citoyens lambda, comme dans la proposition de Chambre des citoyens faite par Bauduret, Joumard et Brunet. Bien s&#251;r, tout cela se discute, notamment la proportion entre les citoyens lambda et les experts. Par ailleurs la repr&#233;sentativit&#233; des ONG, m&#234;me habilit&#233;es, est sujette &#224; caution (certaines sont le cheval de Troie d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s), mais existe-t-il un meilleur filtre pour g&#233;n&#233;rer des experts savants r&#233;ellement d&#233;vou&#233;s au bien commun ? Enfin il n'y a pas de mod&#232;le tout terrain et c'est l'histoire des crises et des mobilisations qui d&#233;cidera du type de relation entre le peuple et les scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;nat propos&#233; par Bourg a un champ de comp&#233;tence express&#233;ment &#233;cologique. Mais cette comp&#233;tence n'est pas limitative vu l'interd&#233;pendance entre l'&#233;cologique et le social. On pourrait imaginer sur le m&#234;me mod&#232;le un s&#233;nat &#224; comp&#233;tence g&#233;n&#233;raliste (avec des crit&#232;res plus complexes pour le choix des experts : par exemple, une part du vivier des experts pourrait &#234;tre d&#233;sign&#233;e par les Conseils Economiques et Sociaux&#8230;). Il semble toutefois que la formule pr&#233;f&#233;rable serait un s&#233;nat g&#233;n&#233;raliste &#224; priorit&#233; &#233;cologique, pour des raisons qui rel&#232;vent de l'urgence vitale collective et de la l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;P.S. : LES EXPERTS ET LA DEMOCRATIE, en r&#233;ponse &#224; Jean Gadrey.
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les propositions de Bourg, notamment son s&#233;nat de l'&#233;cologie, reviennent &#224; compl&#233;ter la d&#233;mocratie en institutionnalisant la vigilance des citoyens conseill&#233;s par les experts. Selon Jean Gadrey, Bourg accorde trop de confiance aux experts. Voir &lt;a href=&#034;http://www.alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2011/01/18/la-%C2%AB-democratie-ecologique-%C2%BB-de-dominique-bourg-n%E2%HYPERLINK&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2011/01/18/la-%C2%AB-democratie-ecologique-%C2%BB-de-dominique-bourg-n%E2%HYPERLINK&lt;/a&gt; &#034;&lt;a href=&#034;http://www.alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2011/01/18/la-&#171; -democratie-ecologique- &#187;-de-dominique-bourg-n'est-pas-la-solution/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2011/01/18/la-&#171;-democratie-ecologique-&#187;-de-dominique-bourg-n'est-pas-la-solution/&lt;/a&gt;&#034; 80%99est-pas-la-solution/ . (mais je n'ai pas encore lu les contributions qui font suite &#224; cet article, notamment celles de Jacques Testard, D. Bourg, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple dans le s&#233;nat selon Bourg, les 2/3 sont des experts tir&#233;s au sort dans un vivier de personnalit&#233;s propos&#233;es par des ONG, et 1/3 est constitu&#233; par un panel de citoyens tir&#233;s au sort refl&#233;tant la composition sociologique de la population. Bourg a tendance, c'est ce que lui reproche Gadrey, &#224; consid&#233;rer que les citoyens ordinaires ne tiennent pas suffisamment compte du futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or Bourg n'a pas tord sur ce point, mais de bons arguments peuvent justifier la critique que lui fait Gadrey. Si les citoyens ont tendance &#224; mal voir les enjeux du futur c'est parce que leur opinion est manipul&#233;e par la ploutocratie via les conditions de concurrence incessante dans lesquelles les gens sont emprisonn&#233;s par le capitalisme, a fortiori avec l'offensive n&#233;olib&#233;rale de destruction des services publics, via les mod&#232;les de &#171; r&#233;ussite dans la vie &#187; v&#233;hicul&#233;s par les riches, via la pub qui renforce tout cela non seulement par le contenu de ses messages mais aussi par son flot de pseudo-informations futiles qui emp&#234;che de penser aux choses importantes. Quant aux experts, Gadrey montre que leurs avis sont fortement conditionn&#233;s par l'ordre dominant. En effet les probl&#232;mes sur lesquels ils travaillent, et donc la fa&#231;on dont ils sont form&#233;s et s&#233;lectionn&#233;s refl&#232;tent les priorit&#233;s &#233;conomiques de l'investissement capitaliste, &#224; quoi s'ajoute les effets du cloisonnement et de la concurrence entre ces disciplines, chacune ayant par cons&#233;quent tendance &#224; se constituer en chasse gard&#233;e contre les critiques externes. Et Gadrey souligne que quand on donne &#224; des citoyens ordinaires les moyens de s'informer et de d&#233;battre, par exemple dans les exp&#233;riences de conf&#233;rences citoyennes, ils sont tr&#232;s sensibles aux enjeux du long terme et aux informations d'origine scientifique, et ils donnent des avis souvent plus sens&#233;s que les experts. La conclusion politique logique de tout cela est qu'il faut avant tout lib&#233;rer les citoyens de l'emprise des oligarchies (ploutocratie, aristocratie des Etats et expertocratie) et qu'alors la d&#233;mocratie sera beaucoup moins fauss&#233;e et sera &#224; m&#234;me de prendre en compte le long terme et les donn&#233;es scientifiques. (Il ne s'agit pas de supprimer les experts mais de d&#233;faire leur pouvoir institutionnel autoproclam&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur tout cela, Gadrey a raison, et Bourg ne le contredirait pas (m&#234;me s'ils ne mettent pas l'accent sur les m&#234;me choses). Pour Bourg, il faut corriger la d&#233;mocratie, et il montre comment on peut le faire. Pour Gadrey il faut &#233;manciper la d&#233;mocratie de sa mise en tutelle par l'oligarchie, et logiquement cela passe par la constitution d'un r&#233;el pouvoir du peuple. Mais cela n'enl&#232;ve rien &#224; l'int&#233;r&#234;t des propositions de Bourg, au contraire. En effet, comment construire une opinion publique rationnelle capable de d&#233;l&#233;gitimer les sophistes des oligarchies ? Il faut pour cela des institutions qui organisent le dialogue entre la vie de la soci&#233;t&#233;, son auto-organisation, les savoirs populaires, et d'autre part les savoirs scientifiques avec leurs proc&#233;dures ; ce dans les associations (certaines se sont dot&#233;es d'un Conseil Scientifique), dans les mouvements sociaux (qui n'ont pas seulement leurs assembl&#233;es d&#233;cisionnelles, mais aussi leurs forums de d&#233;bat en salle et sur internet) &#8230; et dans les institutions politiques, et l&#224; une construction institutionnelle comme celle propos&#233;e par Bourg est indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me quand on aura r&#233;ussi &#224; &#233;manciper la d&#233;mocratie des tutelles oligarchiques il faudra que la d&#233;mocratie fonctionne avec la soci&#233;t&#233; telle qu'elle est. Or les soci&#233;t&#233;s sont et seront confront&#233;es &#224; des situations d'urgence g&#233;n&#233;r&#233;es par la crise multiforme de l'ordre actuel. De plus les soci&#233;t&#233;s sont marqu&#233;es par l'h&#233;ritage culturel du capitalisme (concurrence, recherche du profit, culte de l'efficacit&#233; technique &#224; court terme). Et de toute fa&#231;on dans n'importe quelle soci&#233;t&#233; peuvent appara&#238;tre des tendances au court-termisme. Des d&#233;cisions anti-&#233;cologiques peuvent &#234;tre prises d&#233;j&#224; par insouciance ou par insuffisance d'information, mais surtout parce que le cadre m&#234;me de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative pousse &#224; d&#233;fendre vos int&#233;r&#234;ts particuliers contre les menaces venant d'autres int&#233;r&#234;ts particuliers (en gros, le court-termisme corporatiste), donc &#224; &#233;lire des repr&#233;sentants selon ce crit&#232;re, lesquels repr&#233;sentants ont &#224; leur tour un int&#233;r&#234;t, sous peine d'&#234;tre &#233;vinc&#233;s par leurs concurrents, &#224; fid&#233;liser leurs &#233;lecteurs en les entretenant dans ce cadre de pens&#233;e. Il faut &#234;tre conscient que la d&#233;mocratie en tant que telle, et pas seulement parce qu'elle est manipul&#233;e par les oligarchies, g&#233;n&#232;re des effets pervers anti-&#233;cologiques, et il faut s'en pr&#233;munir, fondamentalement par la prise de conscience collective, mais aussi par des moyens institutionnels, par exemple ceux pr&#233;conis&#233;s par Bourg et Whiteside.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Post-Scriptum du 8 juillet 2011 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bonjour !&lt;br class='autobr' /&gt;
Je voudrais dans ce message prendre acte des critiques qui ont &#233;t&#233; faites par plusieurs militants d'Attac &#224; mon texte Pour un S&#233;nat de l'Ecologie, o&#249; j'ai pr&#233;sent&#233; favorablement les propositions institutionnelles de Dominique Bourg et Kerry Whiteside. Mais il se peut que certains messages m'aient &#233;chapp&#233; car je ne suis pas sur la liste &#171; D&#233;mocratie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas vu de critiques concernant le syst&#232;me bicam&#233;riste combinant une chambre constitu&#233;e par tirage au sort et une autre par &#233;lection, ni non plus concernant le r&#244;le du S&#233;nat : d'une part r&#244;le d'enqu&#234;te et de pr&#233;conisation, d'autre part r&#244;le gardien des objectifs constitutionnels, avec droit de veto sur les lois vot&#233;es par l'assembl&#233;e l&#233;gislative. Il me semble donc bien &#233;tabli que les exigences &#233;cologiques confirment le syst&#232;me bicam&#233;riste d&#233;fendu par Jean-Claude Bauduret, Robert Joumard et Marc Brunet. Les critiques se concentrent sur la pr&#233;sence d'experts dans la composition du S&#233;nat (a fortiori &#224; hauteur des deux tiers). Je d&#233;fendais l'id&#233;e que le m&#233;lange des experts et des citoyens lambda dans une m&#234;me assembl&#233;e d&#233;lib&#233;rative aiderait les citoyens, donc la soci&#233;t&#233;, &#224; construire leur capacit&#233; d'expertise collective. Or les arguments contre cette id&#233;e sont convaincants. D'une part les experts, m&#234;me en position minoritaire, peuvent facilement circonvenir le jugement des citoyens, entraver leur &#233;laboration intellectuelle autonome, et finalement d&#233;voyer les d&#233;cisions dans le sens des int&#233;r&#234;ts dominants, technocratiques notamment. D'autre part l'id&#233;e de tirer au sort les s&#233;nateurs dans une liste &#233;tablie par des ONG agr&#233;es tendrait &#224; accentuer chez les ONG la course &#224; la reconnaissance officielle avec tous ses effets pervers. Conclusion : il vaut mieux en rester &#224; l'id&#233;e d'un s&#233;nat compos&#233; uniquement de citoyens lambda. Ce qui conforte les critiques de Jean Gadrey contre les penchants &#224; &#171; l'expertocratie &#187; dans l'approche de Dominique Bourg. (C'est aussi &#224; la lumi&#232;re de cette question qu'on peut se demander s'il vaut mieux un mandat court ou un mandat long pour les s&#233;nateurs : avec un mandat court ils restent peut-&#234;tre plus repr&#233;sentatifs de l'opinion du peuple &#8230; avec un mandat plus long ils ont peut-&#234;tre plus le temps de construire leur capacit&#233; d'expertise ...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, m&#234;me s'il n'est pas souhaitable que les citoyens soient chaperonn&#233;s par les experts, les probl&#232;mes auxquels Bourg entend r&#233;pondre restent entiers : comment int&#233;grer pleinement l'expertise scientifique dans le d&#233;bat d&#233;mocratique ? comment faire en sorte que les exigences du futur soient suffisamment prises en compte au point de contrebalancer les int&#233;r&#234;ts existant dans le pr&#233;sent ? Certes, dans une soci&#233;t&#233; int&#233;gralement d&#233;mocratique, les citoyens arriveraient, par le d&#233;bat, &#224; des positions universalistes, rationnelles et respectueuses du futur. Mais cela ne nous dit pas par quelles m&#233;thodes et quelles institutions on peut faire faire avancer dans ce sens la soci&#233;t&#233; telle qu'elle est, avec ses groupes de pression, son opinion manipul&#233;e, etc. Et ce avec suffisamment de force vu l'urgence de la situation &#233;cologique. Je n'ai pas la solution, mais par exemple on pourrait demander que toute institution politique se dote d'un &#171; conseil scientifique &#187;. Il faut aussi que les Etats et l'ONU maintiennent et d&#233;veloppent des institutions de recherche scientifique publique avec des garanties d'ind&#233;pendance pour les chercheurs. Il faut donc faire le point attentivement sur ce qu'il y a &#224; prendre et &#224; laisser dans les propositions de Bourg. Je pense notamment &#224; son id&#233;e d'Acad&#233;mie du futur. En outre, la r&#233;ponse &#224; la question de l'int&#233;gration de la science dans le d&#233;bat d&#233;mocratique ne peut pas se situer principalement au niveau des institutions &#233;tatiques, mais aussi dans une transformation des pratiques de la soci&#233;t&#233; civile. Par exemple, il faut souhaiter que des conf&#233;rences de citoyens soient mises en place fr&#233;quemment &#224; tous les niveaux de la soci&#233;t&#233; et sur toutes sortes de probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la question de la vie d&#233;mocratique et de ses formes institutionnelles doit &#234;tre pos&#233;e &#224; partir des exigences de la conversion &#233;cologique de la soci&#233;t&#233; en situation de p&#233;ril global. Une cons&#233;quence de cela dans le d&#233;bat sur les institutions, c'est que la l&#233;gitimit&#233; du s&#233;nat (son autorit&#233; morale dans le d&#233;bat politique en continu, mais aussi sa l&#233;gitimit&#233; &#224; mettre son veto sur des lois allant contre les &#171; objectifs constitutionnels &#187;) a deux fondements distincts : d'une part sa repr&#233;sentativit&#233; populaire, d'autre part son r&#244;le de porte-parole des connaissances scientifiques et des int&#233;r&#234;ts du futur et de la nature. Certes il est souhaitable et possible que ces deux choses convergent &#8230; mais elles peuvent parfois &#234;tre en conflit (par exemple le peuple d'un pays pauvre peut juger l&#233;gitime de continuer &#224; exporter du p&#233;trole tant qu'il n'a pas d'autres sources de devises dans l'ordre mondial en place, mais &#231;a n'arrange rien au r&#233;chauffement climatique !). Il faut donc penser juridiquement l'articulation de ces deux l&#233;gitimit&#233;s. Bien s&#251;r avec une insurrection des consciences &#224; l'&#233;chelle mondiale cette question sera facile &#224; r&#233;soudre... Sur ce, bonnes vacances !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Jacques Testart, le 3 Juillet 2011 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'il y a une confusion dans l'exemple de Joel. En 2002, la Commission fran&#231;aise du DD (CFDD que je pr&#233;sidais), enthousiaste apr&#232;s le d&#233;roulement de sa CdC sur les &#8220;changements climatiques et le citoyen&#8221;avait projet&#233; une CdC multi-pays sur les aides &#224; l'agriculture impliquant la France, la Pologne et le Mali. Mais le gouvernement s'y opposa (et la CFDD perdit la plupart de ses membres qui d&#233;missionn&#232;rent , pas Dominique Bourg...). On ne peut donc rien affirmer de ce qui ne fut qu'un projet dont l'un des buts &#233;tait de d&#233;montrer ce qu'&#233;crit Joel. En revanche quand le m&#234;me th&#232;me est soumis &#224; CdC dans diff&#233;rents pays par des autorit&#233;s nationales, les avis sont tr&#232;s proches (ex OGM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Jean-Claude Bauduret, le 3 juillet 2011 :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte envoy&#233; par Jo&#235;l et retransmis par Robert est tr&#232;s int&#233;ressant. J'avais fait la remarque sur le texte d'orientation de l'AG de 2009 que notre analyse devrait partir d'abord de l'examen des conditions &#233;cologiques. L'esp&#232;ce humaine est condamn&#233;e &#224; vivre dans cette fine couche terrestre qu'est la biosph&#232;re et ne pourra pas s'en &#233;chapper. Consommer moins (dans les pays d&#233;velopp&#233;s) mais vivre mieux et vivre tous sur terre en bonne harmonie tel est me semble-t-il notre ligne de conduite. J'ai l'impression cependant que nous avan&#231;ons &#224; t&#226;tons dans ce sens, je ne sais pas s'il est possible de faire autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;nat &#233;cologique serait peut-&#234;tre une solution, mais il devrait se situer au niveau mondial, dans une ONU transform&#233;e en gouvernement mondiale, ce qui n'interdit pas d'avoir des s&#233;nats correspondants nationaux ou continentaux, en fonction des structures politiques en vigueur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je pense, comme Robert que le poids des experts est beaucoup trop important dans la proposition qui est faite. Est-ce la bonne solution d'institutionnaliser des experts ou faut-il faire confiance &#224; la communaut&#233; scientifique dans son ensemble en d&#233;veloppant et facilitant au maximum le syst&#232;me des &#171; lanceurs d'alerte &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces questions qui me paraissent fondamentales j'en ai quelques secondaires sur le texte de Jo&#235;l : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; &#171; Dans les faits, quand on fait travailler sur un m&#234;me th&#232;me des conf&#233;rences de citoyens recrut&#233;es dans des pays aussi diff&#233;rents que, disons, le Mali et la Pologne, elles donnent des avis souvent convergents et font des suggestions auxquelles les experts sp&#233;cialis&#233;s n'avaient pas toujours pens&#233;. &#187; Cette affirmation est tr&#232;s int&#233;ressante , elle ouvre la perspective de conf&#233;rences mondiales de citoyens, mais je serais aussi tr&#232;s int&#233;ress&#233; de savoir sur quelles exp&#233;riences elle s'appuient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; &#171; Avec la m&#233;thode cl&#233;rocratique, toutes les couches de la population seraient par contre pr&#233;sentes au sein du S&#233;nat. Avec 180 membres au moins, la diversit&#233; des points de vue et des comp&#233;tences initiaux devrait &#234;tre suffisante . &#187; J'ai avanc&#233;, dans la proposition de &#171; Chambre des Citoyens &#187; qu'un tirage au sort de 600 citoyens, conduit convenablement, donnerait un &#233;chantillon repr&#233;sentatif de la population fran&#231;aise, mais je n'ai pas les comp&#233;tences suffisantes pour le d&#233;montrer. Sur quoi repose ce nombre de 180 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; &#171; [P.95] Le S&#233;nat donnerait lieu &#224; un renouvellement d'un tiers de sa composition tous les trois ans, avec des s&#233;nateurs d&#233;sign&#233;s pour neuf ans, de telle sorte que l'assembl&#233;e maintienne toujours le plus haut niveau de comp&#233;tence et de continuit&#233; possible. [&#8230;] Un seul mandat serait permis. &#187; A mon avis 9 ans c'est beaucoup trop long. Les &#171; citoyens lambda &#187; ont toutes les chances de se faire circonvenir par divers lobbys et par les experts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci &#224; Jo&#235;l d'&#233;clairer ma lanterne. &lt;br class='autobr' /&gt;
(je n'ai pas r&#233;pondu dans le d&#233;tail, mais on trouve des r&#233;ponses dans cet &#233;change de mails - J.M.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Robert Joumard, le 29 juin 2011 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques remarques sur les propositions de Bourg et Whiteside, telles que pr&#233;sent&#233;es par la synth&#232;se de J. Martine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le tiers de tir&#233;s au sort dans la population seront dans le s&#233;nat &#233;cras&#233;s par les deux tiers d'experts issus des ONG. Ce qui fait qu'une conf&#233;rence de citoyen compos&#233;e de tir&#233;s au sort marche est, entre autres, qu'il n'y a aucun militant ou expert. Tous les tir&#233;s au sort sont au m&#234;me niveau de comp&#233;tence technique, aucun ne peut imposer sa soit-disante comp&#233;tence technique. Il en serait tout diff&#233;remment avec un s&#233;nat m&#233;langeant experts et tir&#233;s au sort. En tant que chercheur sp&#233;cialiste, je sais bien combien il est facile pour un &#034;expert&#034; d'en mettre plein la vue &#224; des non experts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tirer au sort les experts parmi une liste d'experts propos&#233;s par les ONG environnementales demande de d&#233;finir ce qu'est une telle ONG environnementale. Si ces ONGE &#233;taient des lieux de pouvoir &#224; travers le s&#233;nat, il est s&#251;r que toutes les ONG se diront environnementales. D'ailleurs, Attac est-elle une ONG environnementale ? Le CRID ? L'environnement et plus g&#233;n&#233;ralement l'&#233;cologie &#233;tant de plus en plus globalisants, peu de sujets ne touchent plus &#224; l'&#233;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De plus ce choix parmi les experts d'ONG transformeront ces ONG en lieux de pouvoir assez semblables aux partis actuels, avec le risque de se faire plus ou moins acheter par les lobbies. La seule diff&#233;rence tiendrait au tirage au sort et au caract&#232;re non renouvelable de la fonction (mais on peut appliquer tout autant ces r&#232;gles aux partis, en tirant au sort les repr&#233;sentants des partis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comment serait d&#233;finie la repr&#233;sentativit&#233; des ONGE, c'est-&#224;-dire le nombre de leurs repr&#233;sentants dans la liste initiales des experts parmi lesquels on tirera au sort ? La m&#233;thode choisie am&#232;nera chaque ONG &#224; privil&#233;gier ce qui fera augmenter sa repr&#233;sentativit&#233;, avec des biais semblables &#224; ceux que connaissent les partis aujourd'hui. Par exemple, si la repr&#233;sentativit&#233; &#233;tait bas&#233;e sur le nombre d'adh&#233;rents, les ONGE chercheraient &#224; tout pris &#224; augmenter le nombre de leurs adh&#233;rents, par exemple avec des adh&#233;sions &#224; 10 euros, par des campagnes de pub...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comment d&#233;finir qui est expert et qui ne l'est pas ? L'avantage des &#034;experts&#034; acad&#233;miques, c'est-&#224;-dire des chercheurs tels que ceux qu'on trouve au sein du GIEC, est qu'ils sont s&#233;lectionn&#233;s de mani&#232;re tr&#232;s transparente (m&#234;me si tout n'est pas parfait) par le biais de l'&#233;valuation par leurs pairs tout au long de leur carri&#232;re. Ne devient pas chercheur de haut niveau qui veut. Hors un processus &#233;quivalent, c'est la porte ouverte aux experts autoproclam&#233;s (pensez aux fr&#232;res Bogdanov, ou aux soit-disants experts des lobbies industriels) qui seront bien loin de l'expertise scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Enfin est-on si s&#251;r de la s&#251;ret&#233; du point de vue des experts ? Si le GIEC est autant &#233;cologique, c'est notamment parce que l'&#233;cologie, et dans ce cas la mise en &#233;vidence de l'effet de serre et de ses causes, permet aux membres du GIEC et &#224; la communaut&#233; des chercheurs sur le r&#233;chauffement climatique de prosp&#233;rer, d'avoir des cr&#233;dits et des postes. Cette convergence d'int&#233;r&#234;ts est factuelle, les scientifiques ne sont pas par nature des &#233;cologistes et pr&#233;occup&#233;s par le long terme, sauf si l'&#233;cologie et le long terme est leur fond de commerce bien s&#251;r. On le voit bien aujourd'hui sur le nucl&#233;aire, les OGM ou les nanotechnologies o&#249; la majorit&#233; des chercheurs de ces domaines poussent pour que leur domaine soit reconnu comme important et minimisent les risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'id&#233;e que la d&#233;mocratie repr&#233;sentative pousse &#224; d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts particuliers et de court terme me para&#238;t erron&#233;e. C'est une id&#233;e classique, mais elle n'est jamais illustr&#233;e, prouv&#233;e. En quoi l'&#233;lection de son maire, de son d&#233;put&#233; ou de Sarko r&#233;pond-elle aux int&#233;r&#234;ts particuliers des citoyens et au court terme ? On peut tout aussi bien fid&#233;liser ses &#233;lecteurs avec du long terme et de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral qu'avec du court terme et de l'int&#233;r&#234;t particulier. C'est le poids d'int&#233;r&#234;ts particuliers - l'oligarchie - qui fait que les &#233;lus font du court terme et du non &#233;cologique, pas la d&#233;mocratie repr&#233;sentative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, ces propositions me semblent h&#226;tives et m&#233;conna&#238;tre des biais importants, contrairement au tirage au sort parmi les seuls citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'Alain Delannoy : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attention &#224; ne pas l&#233;gitimer un recul de la d&#233;mocratie par des exigences &#233;cologistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;ponds &#224; certaines erreurs : on parle d'&#233;oliennes refus&#233;es par leurs voisins envisag&#233;s (pas besoin d'aller en Angleterre, &#231;a a &#233;t&#233; le cas dans mon d&#233;partement, et &#224; plusieurs reprises), ce n'est pas par &#233;lection que ces refus se sont pass&#233;s, mais par assembl&#233;es improvis&#233;es qui ont l&#233;gitimement censur&#233; la d&#233;cision du Prince. En fait &#231;a n'a pas grand chose &#224; voir avec le fonctionnement d&#233;mocratique, et un S&#233;nat &#233;cologique n'y changerait rien ! Par contre, on peut imaginer que les n&#233;gociations avec les opposants ont &#233;t&#233; mal conduites, qu'on ne leur a pas propos&#233;, par exemple, de contrepartie raisonnable &#224; l'installation des &#233;oliennes dans leur voisinage. Et puis, si l'on revient 50 ans en arri&#232;re, quand l'industrie &#233;lectrique voulait construire un barrage, on expropriait les villages noy&#233;s et la n&#233;gociation se concentrait sur le montant du rachat des terrains... mais c'&#233;tait l'&#201;tat qui intervenait ; aujourd'hui ce sont des investisseurs priv&#233;s qui cherchent avant tout rentabilit&#233; et &#233;conomie des d&#233;penses. Ce probl&#232;me serait largement r&#233;gl&#233;e par la re-nationalisation des compagnies d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de ce S&#233;nat - int&#233;ressant par son droit de v&#233;to -, les politiques de tous bords consultent d&#233;j&#224; des experts et s'en inspirent pour les politiques qu'ils pr&#233;conisent. Mais quelque chose me g&#234;ne vraiment : la place si grande accord&#233;e aux scientifiques, en particulier en tant que pr&#233;visionnistes ! quasi toutes les pr&#233;visions scientifiques (d&#233;mographiques, &#233;conomiques, environnementales...) se sont r&#233;v&#233;l&#233;es fausses. Et faut-il rappeler que c'est &#224; des scientifiques que l'on doit la bombe atomique, les centrales nucl&#233;aires, les OGM, les nanotechnologies, la pollution chimique, etc. Une autre chose me d&#233;range : la place de choix d&#233;volue aux ONGE. Les plus importantes sont loin d'&#234;tre vertueuses (cf le livre de Fabrice Nicolino : Qui a tu&#233; l'&#233;cologie ?) ; je n'accorderais aucune confiance &#224; des Greenpeace ou WWF, et ce serait leurs directions qui d&#233;signeraient les candidats &#224; notre S&#233;nat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarque &#224; juste titre que les citoyens consult&#233;s semblent plut&#244;t r&#233;ceptifs aux constats &#233;cologiques, pourtant cela ne se traduit pas dans la vie politique. C'est que les &#233;lecteurs populaires ont tr&#232;s bien compris que ceux qui s'habillent politiquement de programmes &#233;cologiques ne sont pas cr&#233;dibles. Les participations de Verts &#224; des gouvernements en France ne se sont traduits par quasi aucun progr&#232;s environnemental, on n'a ferm&#233; qu'une seule centrale nucl&#233;aire (qui n'avait quasi jamais servi), le ferroutage a continu&#233; de prendre du retard et on n'a pas arr&#234;t&#233; de fermer des gares ou de supprimer des trains (leur derni&#232;re loi ayant eu de grandes r&#233;percussions sur la soci&#233;t&#233;... est celle qui a conduit &#224; supprimer les concerts dans les bars !). Pour ce qui est des Fran&#231;ais, ils ont bien compris que les Verts mettaient en avant le mariage des homosexuels, la d&#233;fense des immigr&#233;s et les minarets suisses, consid&#233;rations certainement louables mais qui ne motivent pas les &#233;lecteurs &#224; croire que EELV d&#233;fend l'&#233;cologie ! Au prochain scrutin, Joly (qui n'est pas vraiment une sp&#233;cialiste de la pollution) devrait faire 3% et peut-&#234;tre 4% pour Hulot... ; 7% des voix exprim&#233;es pour leurs listes... ce sera certainement moins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie doit &#234;tre politique et sociale, c'est &#224; dire oppos&#233;e au capitalisme : d&#233;privatisations des grands groupes de l'&#233;nergie, des transports, de la sant&#233; et de la recherche, taxation des produits en fonction de leur empreinte environnementale, relocalisation de la production, aide aux plus d&#233;munis (car quand on en est &#224; se battre pour survivre, les consid&#233;rations &#233;cologiques n'existent plus) donc tendre vers le plein-emploi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; un gouvernement mondial qui aurait comme premier effort la question &#233;cologique, il n'est &#233;videmment pas envisageable dans un futur proche de mani&#232;re d&#233;mocratique. L'ONU, ni son instrument, le GIEC ne sont d&#233;mocratiques ; il faudrait donc d&#233;j&#224; r&#233;former tout le fonctionnement de la premi&#232;re, ensuite refonder le second... On doit bien s&#251;r imaginer un fonctionnement id&#233;al, pour autant, le mettre en parall&#232;le avec une urgence &#233;cologique ne me semble pas du tout r&#233;aliste. Je crains par contre beaucoup que la lutte contre le changement climatique ne serve de pr&#233;texte au Prince pour se d&#233;barrasser de la d&#233;mocratie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Je rejoins largement les critiques ant&#233;rieures de Robert !)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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