<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://blogs.attac.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Les blogs d'Attac</title>
	<link>https://blogs.attac.org/</link>
	<description>Qui sommes-nous ? Fond&#233;e en 1998, suite &#224; la r&#233;daction d'un &#233;ditorial du Monde diplomatique : &#171; D&#233;sarmer les march&#233;s &#187; (d&#233;cembre 1997), Attac (Association pour la taxation des transactions financi&#232;res et pour l'action citoyenne) promeut et m&#232;ne des actions de tous ordres en vue de la reconqu&#234;te, par les citoyens, du pouvoir que la sph&#232;re financi&#232;re exerce sur tous les aspects de la vie politique, &#233;conomique, sociale et culturelle dans l'ensemble du monde.
Attac se revendique comme un mouvement d'&#233;ducation populaire tourn&#233; vers l'action, consid&#233;rant que le premier outil pour changer le monde est le savoir des citoyens. Attac produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Fin 2010, Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays, chaque organisation nationale &#233;tant autonome et devant simplement adh&#233;rer &#224; la plateforme internationale ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 170 comit&#233;s locaux.
L'association est dirig&#233;e par un conseil d'administration de 42 membres &#233;lus par les adh&#233;rents, et dispose de l'expertise d'un conseil scientifique de 110 membres.
</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://blogs.attac.org/spip.php?id_auteur=178&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;D&#233;mocratie r&#233;elle&#034; ! Vous avez dit &#034;D&#233;mocratie r&#233;elle&#034; ?</title>
		<link>https://blogs.attac.org/commission-democratie/outils-de-la-democratie/article/democratie-reelle-vous-avez-dit-democratie-reelle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://blogs.attac.org/commission-democratie/outils-de-la-democratie/article/democratie-reelle-vous-avez-dit-democratie-reelle</guid>
		<dc:date>2012-10-01T17:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albano Cordeiro</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une analyse de tout ce que masque la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et les apports possibles des formes de d&#233;mocratie directe, participative et d&#233;lib&#233;rative. Ce tour d'horizon inclut le tirage au sort, le parti-soci&#233;t&#233;, etc. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Ils ne nous repr&#233;sentent pas ! &#187; (l'un des slogans les plus significatifs &#224; la Puerta del Sol, Madrid, Mai-Juin-Juillet 2011) &lt;br class='autobr' /&gt;
L'effondrement de l'Union Sovi&#233;tique aurait, pour certains, consacr&#233; les r&#233;gimes lib&#233;raux et socialo-lib&#233;raux comme le nec plus ultra (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-democratie/outils-de-la-democratie/" rel="directory"&gt;Outils de la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une analyse de tout ce que masque la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et les apports possibles des formes de d&#233;mocratie directe, participative et d&#233;lib&#233;rative. Ce tour d'horizon inclut le tirage au sort, le parti-soci&#233;t&#233;, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ils ne nous repr&#233;sentent pas ! &#187; &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
(l'un des slogans les plus significatifs &#224; la Puerta del Sol, Madrid, Mai-Juin-Juillet 2011)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement de l'Union Sovi&#233;tique aurait, pour certains, consacr&#233; les r&#233;gimes lib&#233;raux et socialo-lib&#233;raux comme le nec plus ultra d&#233;finitif de l'organisation des soci&#233;t&#233;s sur la plan&#232;te. Du temps de l'Union Sovi&#233;tique, toute r&#233;f&#233;rence &#224; un autre type de soci&#233;t&#233;, &#224; une &#171; Alternative &#187; au syst&#232;me, se voyait rapidement trait&#233;e d'illusion ou de volont&#233; d'instaurer le totalitarisme, condamnable &#224; plus d'un titre. Durant son existence, l'Union Sovi&#233;tique a &#233;t&#233; ainsi un gigantesque repoussoir &#224; envisager une autre soci&#233;t&#233;, class&#233;e illico comme totalitariste. Une situation qui a persist&#233; encore pour une vingtaine d'ann&#233;es apr&#232;s la chute du r&#233;gime sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle g&#233;n&#233;ration, celle des Indignados et d'Occupy Wall Street, ne semble pas &#8211; pour la premi&#232;re fois depuis le d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle- associer l'id&#233;e d'Alternative, d'une soci&#233;t&#233; plus &#233;galitaire, avec un r&#233;gime totalitaire. La course en avant dans la d&#233;r&#233;gulation, dans un cadre d'&#233;conomies de plus en plus mondialis&#233;es, que Ronald Reagan et Margareth Tatcher ont impuls&#233;, ont amen&#233; &#224; des crises &#233;conomiques successives qui ont d&#233;cr&#233;dibilis&#233; le discours de &#171; solution universelle &#187; pour toutes les soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' &#171; excellence &#187; du mod&#232;le lib&#233;ral &#233;tait &#233;tendue au r&#233;gime politique appel&#233; sans complexes &#171; D&#233;mocratie &#187;. Elle se targuait de donner &#224; tous les citoyens le droit de s'exprimer via le suffrage universel en vue d'op&#233;rer la rel&#232;ve p&#233;riodique d'une partie du personnel politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le suffrage universel, propre &#224; la &#171; d&#233;mocratie r&#233;ellement existante &#187;, est bien la technologie politique intelligent qu'ont trouv&#233; les &#233;lites pour mettre &#224; leur profit (cas de le dire) la relative m&#233;connaissance, par la plupart des citoyens, des enjeux politiques derri&#232;re les propositions des divers partis en comp&#233;tition. M&#233;connaissance accrue par le fait que ces enjeux sont eux-m&#234;mes s&#233;lectionn&#233;s non pas par les citoyens ordinaires organis&#233;s mais plut&#244;t par l'appareil politico-m&#233;diatique des minorit&#233;s puissantes[1]. Et, sauf p&#233;rip&#233;tie et/ou discr&#233;dit (temporaire) de ce m&#234;me appareil politique, &#231;a marche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie repr&#233;sentative a &#233;t&#233; con&#231;ue comme moyen de transf&#233;rer l'exercice du pouvoir citoyen vers le &#171; repr&#233;sentant &#187; qui acquiert, de la fa&#231;on, un pouvoir de participer &#224; des d&#233;cisions qui concernent pratiquement tous les domaines de la vie du citoyen. Et qui est libre de s'allier avec les dominants et puissants de la soci&#233;t&#233; d'o&#249; ils proviennent, au d&#233;triment du citoyen gogo qui lui donn&#233; sa voix (cas de le dire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche r&#233;ellement d&#233;mocratique- qui aurait d&#251; pr&#233;valoir &#8211; est celle qui consiste &#224; mettre en place des institutions (souples, dites aussi &#171; molles &#187;) bottom-up qui, d'une part, recueillent la dite &#171; intelligence collective &#187; (la connaissance diffuse dans une soci&#233;t&#233;) et, d'autre part, organisent la confrontation des manifestations publiques collectives qui s'identifient avec tel ou tel int&#233;r&#234;t particulier, ou avec telle ou telle valeur. Ceci dans le cadre d'un consensus g&#233;n&#233;ral sur les r&#232;gles sous lesquelles ces manifestations ont lieu, et sur les grandes valeurs, distinctes &#8211; mais compatibles entre elles. Nous l'appellerons &#171; d&#233;mocratie r&#233;elle &#187;. Elle est issue d'une r&#233;flexion sur des apports positifs qui peuvent advenir de la d&#233;mocratie dite &#171; participative &#187;, de celle dite &#171; d&#233;lib&#233;rative &#187;, et de celle dite &#171; directe &#187;. Dans une combinaison, &#224; rechercher, qui garde &#224; la fois une coh&#233;rence et s'approche de ce qui est &#224; r&#233;aliser : la vraie d&#233;mocratie que demandent les manifestants du mouvement des Indign&#233;s et d'Occupy, en 2011-12.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exercice du pouvoir citoyen dans l'&#233;laboration de lois erga omnes, d'une part, et, d'autre part, l'exercice de l'autorit&#233; dans le cadre la souverainet&#233; nationale, sont confondus dans les comp&#233;tences de &#171; repr&#233;sentants &#187; des citoyens, bien qu'il s'agisse de deux domaines distincts. En outre, en ce qui concerne la souverainet&#233; nationale, la distinction n'est pas faite entre autorit&#233; &#224; exercer vers l'ext&#233;rieur du pays (n&#233;cessaire pour montrer l' &#187;unit&#233; &#187; du pays en action) et l'autorit&#233; &#224; exercer &#224; &#171; int&#233;rieur du pays &#187;, c'est-&#224;-dire au sein de la soci&#233;t&#233; civile. Celle-ci n'est pas (ne devrait pas &#234;tre) du dehors de la soci&#233;t&#233; civile. Elle devrait &#233;merger de la soci&#233;t&#233; civile elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche est issue d'une autre distinction connue. Celle entre Autorit&#233; suppos&#233;e non contestable sous peine de sanctions de type divers, s'imposant d'un ext&#233;rieur, et recourant &#224; la force si n&#233;cessaire, d'une part, et d'autre part, l'autorit&#233; qui s'impose d'elle-m&#234;me en obtenant ainsi des adh&#233;sions ou des acceptations de changement de comportement ou d'opinion. Il va de soi que, au sein de la soci&#233;t&#233; civile, c'est bien l'autorit&#233; qui s'impose d'elle-m&#234;me et non celle qui est impos&#233;e, qui doit &#234;tre l&#8216;axe dominant dans le d&#233;roulement de la vie publique, collective.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre I : La &#171; D&#233;mocratie repr&#233;sentative &#187; se pr&#234;te &#224; toute sorte de manipulations
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition canonique de &#171; d&#233;mocratie &#187; sans un quelconque adjectif &#8211; &#171; gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple &#187;- n'entre pas en contradiction radicale avec la d&#233;mocratie dite &#171; repr&#233;sentative &#187;, pr&#233;sent&#233;e comme l'expression la plus accomplie de la D&#233;mocratie. En effet, par la phrase toute faite, &#171; un homme, une voix &#187;, qui r&#233;sumerait en soi toute la d&#233;marche propos&#233;e par la d&#233;mocratie dite &#171; repr&#233;sentative &#187;, celle-ci est sans conteste consid&#233;r&#233;e par larges majorit&#233;s des populations partout dans le monde comme le mod&#232;le par excellence de la d&#233;mocratie, du moins lorsque le mod&#232;le qui lui est oppos&#233;e est celui de gouvernements autoritaires autoproclam&#233;s ou issus de pseudo-&#233;lections dans le cadre d'une pseudo-d&#233;mocratie repr&#233;sentative&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par maintes voies, l'oligarchie &#233;conomique et financi&#232;re, tout en d&#233;naturant la propre d&#233;mocratie repr&#233;sentative (en soutenant tel ou tel parti, en manipulant l'opinion publique via les m&#233;dias,&#8230;) peut &#233;galement se pr&#233;senter comme championne dans sa d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; l'astuce principale de la &#171; d&#233;mocratie repr&#233;sentative &#187; (&#171; un homme, une voix &#187;), &#224; d'autres op&#233;rations de conditionnement de l'opinion publique, ainsi qu'&#224; l'instrumentalisation de la m&#233;connaissance diffuse des enjeux politico-&#233;conomiques, la &#171; d&#233;mocratie r&#233;ellement existante &#187; est mise au service des dominants. Les cercles &#233;conomiques dirigeants sollicitent leurs &#171; oblig&#233;s &#187; (autrement dit : ils croient que si les gens vivent ou survivent c'est bien gr&#226;ce &#224; eux, &#224; leurs investissements !) &#224; &#171; participer &#187; indirectement &#224; la gestion du syst&#232;me, de leur syst&#232;me. Voter devient une forme de consentement &#224; celui-ci. En d&#233;posant un simple papier dans l'urne, le citoyen exerce un acte strictement individuel, alors que l'&#233;volution, les changements au sein de la soci&#233;t&#233; civile sont le fait d'implications collectives et de rapports de force entre les composantes de la diversit&#233; sociale et entre celles de la diversit&#233; d'id&#233;es et de valeurs qui s'y affrontent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renvoy&#233; au rang d'un porteur d'enveloppe ou d'un non-porteur d'enveloppe (abstentionniste), le citoyen devient une unit&#233; abstraite d&#233;tach&#233;e de ses diverses insertions sociales et d&#233;li&#233;e de ceux qui se r&#233;clament ou sympathisent[2] avec ses id&#233;es politiques -ou culturelles. Pr&#233;c&#233;demment &#224; la d&#233;cision qu'il est amen&#233; &#224; prendre, celle-ci a eu le temps d'&#234;tre soumise &#224; des influences diverses qui viennent combler le manque d'information concernant les enjeux r&#233;els de la d&#233;cision en question[3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien cet espace qui est la cible des campagnes m&#233;diatiques, et des diverses voies par lesquelles la pens&#233;e dominante est pr&#233;sent&#233;e comme &#171; naturelle &#187; et dot&#233;e d'une logique que &#171; tout le monde peut comprendre &#187; &#8230; et adopter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions sont r&#233;unies pour que les citoyens votent pour des repr&#233;sentants qui ne les d&#233;fendent pas. Conditions aussi pour que s'instaure un r&#233;gime d'alternance du &#171; pouvoir &#187;[4] entre deux variantes, une connot&#233;e &#171; Gauche &#187; et une autre connot&#233;e &#171; Droite &#187;, mais ne remettant ni l'une ni l'autre le r&#233;gime de d&#233;mocratie repr&#233;sentative, g&#233;n&#233;tiquement con&#231;ue pour maintenir le syst&#232;me &#233;conomique, social, culturelle et &#233;cologique[5] en vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**D&#233;mocratie directe et/ou d&#233;mocratie participative ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les luttes dans l'espace urbain d&#233;clench&#233;es par des jeunes pr&#233;caires et &#233;tudiants en Europe (Portugal, Espagne, Royaume Uni et autres, bien que de fa&#231;on moins massive), ainsi qu'aux Etats-Unis (Occupy Wall Street, Zucotti Park, Occupy Oakland, &#8230;) peuvent signifier une nouvelle approche pour aller vers une alternative d'organisation de la soci&#233;t&#233;, au sens large du terme, recherch&#233;e par des g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes avec des succ&#232;s mitig&#233;s[6] ou, en tout cas, vid&#233;s de leur contenu et rendus parfois fonctionnels aux int&#233;r&#234;ts des minorit&#233;s qui poss&#232;dent le pouvoir r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'alternative en mati&#232;re de strat&#233;gie et de gestion de la politique, des rapports &#233;tat-soci&#233;t&#233;, les mouvements dans l'espace public auxquels que nous avons assist&#233;, ont avanc&#233; des critiques pr&#233;cises au syst&#232;me de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, en particulier de ne pas faire ce pour quoi il dit avoir &#233;t&#233; fait, c'est-&#224;-dire, repr&#233;senter le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous constatons, n&#233;anmoins, une superposition de mots d'ordre quant aux options-orientations pour aller vers un nouveau syst&#232;me alternatif socio-politique. D'o&#249; une certaine ind&#233;termination strat&#233;gique accol&#233;e &#224; ces mouvements. Ainsi, la r&#233;f&#233;rence &#224; la D&#233;mocratie Participative est souvent pr&#233;sent&#233;e comme synonyme de D&#233;mocratie Directe[7]. Pourtant, ces deux formes de la dite &#171; d&#233;mocratie &#187; (terme qu'il convient &#233;galement analyser) sont bien distinctes, de m&#234;me que ses effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la &#171; D&#233;mocratie &#187; est d&#233;finie comme &#233;tant le pouvoir du peuple exerc&#233; par le peuple lui-m&#234;me, la &#171; d&#233;mocratie directe &#187; serait la D&#233;mocratie par excellence. Sauf que cette image d'un autogouvernement de masse est difficilement praticable, et que, en fait, il s'ag&#238;t de demander au peuple son accord ou d&#233;saccord sur des mesures pr&#233;cises propos&#233;es par ses repr&#233;sentants ou &#233;manant d'une partie du peuple (m&#233;diante p&#233;tition, par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;** R&#233;f&#233;rendums&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;f&#233;rendum est la pratique la plus identifi&#233;e &#224; la D&#233;mocratie Directe, puisque &#171; le peuple est consult&#233; &#187;. Il coexiste avec la d&#233;mocratie repr&#233;sentative (art. 3 de la Constitution de V&#232;me R&#233;publique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques &#224; cette pratique, telle qu'elle est le plus souvent organis&#233;e, ne manquent pas. La formulation de la question &#224; soumettre au r&#233;f&#233;rendum national peut, certes, &#234;tre influenc&#233;e par les d&#233;bats publics pr&#233;c&#233;dents, toutefois elle n'&#233;mane pas d' &#171; en bas &#187;, mais plut&#244;t d'instances gouvernementales ou des Chambres de &#171; repr&#233;sentants du peuple &#187;. La campagne r&#233;f&#233;rendaire nationale passe principalement par les m&#233;dias et par les organes de communication des partis, et s'adresse essentiellement &#224; la dite &#171; opinion publique &#187;, tenue par &#234;tre plus sensible aux affects qu'&#224; des arguments rationnels [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre critique concerne un fait observ&#233; : les &#233;lecteurs saisissent l'occasion d'un r&#233;f&#233;rendum pour &#171; r&#233;pondre &#224; une autre question &#187;. Soit parce que m&#233;contents avec une mesure prise par le gouvernement en exercice, soit pour marquer leur dissensus avec la politique g&#233;n&#233;rale du gouvernement. Le r&#233;sultat est d'autant d&#233;voy&#233; par rapport &#224; la question pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;f&#233;rendums locaux sont cens&#233;s int&#233;resser une proportion plus importante de citoyens que les r&#233;f&#233;rendums nationaux. Pour cette raison -le fait que le facteur proximit&#233; entre en jeu &#8211; le r&#233;f&#233;rendum local est plus en phase avec les conditions requises pour un exercice pertinent de la d&#233;mocratie directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste que ces r&#233;f&#233;rendums, nationaux et locaux, que nous mentionnons, sont d'initiative gouvernementale. M&#234;me si des initiatives de r&#233;f&#233;rendum sont lanc&#233;es &#224; la suite d'une pression venant de la soci&#233;t&#233; civile &#8211;par exemple, par des p&#233;titions d'initiative citoyenne &#8211; ce sont bien les gouvernements qui sont responsables de la formulation de la question &#224; poser au r&#233;f&#233;rendum et gardent la ma&#238;trise de l'op&#233;ration, choisissant le moment, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, les r&#233;f&#233;rendums dits &#171; d'initiative populaire &#187; sont d'autre nature, puisqu'ils sont cens&#233;s &#233;maner de la soci&#233;t&#233; civile, sur demande d'un nombre d&#233;termin&#233; de citoyens[9]. Il convient toutefois distinguer les r&#233;f&#233;rendums visant l'&#233;lectorat national et ceux s'adressant &#224; des citoyens locaux (une ou plusieurs communes associ&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette mati&#232;re, la Suisse a une tradition. Le &#171; droit d'initiative populaire &#187; date du XIX&#232;me si&#232;cle. Ce droit comporte trois types d'intervention. Le premier est l'''Initiative populaire f&#233;d&#233;rale &#187; qui concerne tout l'&#233;lectorat, et qui porte sur des changements &#224; la Constitution. Le deuxi&#232;me et le troisi&#232;me concernent les niveaux cantonal et local, et proposent des modifications de lois existantes ou une nouvelle loi. Dans tous ces cas, l'initiative part &#171; d'en-bas &#187;. Un nombre donn&#233; de citoyens (r&#233;sidents ayant le droit de vote) &#233;met des propositions de loi, applicables localement, et les soumet au vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;f&#233;rendum abrogatif, qui existe dans la l&#233;gislation italienne, est &#233;galement un acte public d'initiative populaire. 500.000 citoyens peuvent demander l'abrogation d'une loi en vigueur, ainsi que par 5 conseils r&#233;gionaux. Mais ils ne peuvent pas proposer une loi nouvelle, ce qui suppose que le peuple n'a pas &#224; faire des lois. Le premier r&#233;f&#233;rendum abrogatif fait en Italie en vue d'abolir la loi sur le divorce (1974) &#8230; qui n'est pas pass&#233;. Pour que le r&#233;sultat positif ou n&#233;gatif soit pris en compte une participation &#233;lectorale sup&#233;rieur &#224; 50%. Depuis 1974, sur 66 r&#233;f&#233;rendums, 27 n'ont pas atteint ce quorum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;vocation par r&#233;f&#233;rendum, en principe venant d' &#171; en bas &#187;, par initiative populaire, est encore une autre pratique de D&#233;mocratie Directe en usage dans certains &#233;tats (Venezuela, Californie, &#8230;). Sous demande d'un nombre d&#233;termin&#233; des &#233;lecteurs repr&#233;sent&#233;s par l'&#233;lu, pour lequel la revocation est demand&#233;e, celle-ci est propos&#233;e conjointement, ou pas, avec une liste de candidats de remplacement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Quelle contribution de la D&#233;mocratie Directe &#224; la D&#233;mocratie R&#233;elle ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La D&#233;mocratie Repr&#233;sentative est apparue dans l'histoire des syst&#232;mes politiques, au milieu du XIX&#232;me si&#232;cle, avec l'aura de &#171; donner la parole au peuple &#187;. Le suffrage universel se construisait dans l'id&#233;e que, gr&#226;ce &#224; ce moyen, lui, LE PEUPLE se manifestait, donc il existait. Un peuple id&#233;alis&#233;, dot&#233; d'une seule volont&#233;, &#233;quivalente de la souverainet&#233; nationale, m&#234;me si en fait le suffrage universel consignait le pouvoir &#224; une &#171; majorit&#233; &#187;[10].&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est possible maintenant dire que non seulement, par l&#224;, le peuple en question se dessaisissait de son pouvoir souverain, comme, en outre, ce clich&#233; s'est av&#233;r&#233; &#224; point utile pour oublier que &#171; le peuple &#187; votait sur des sujets et sur les programmes politiques qui n'&#233;taient pas ma&#238;tris&#233;s par une proportion importante des &#233;lecteurs concern&#233;s. Cette partie de l'&#233;lectorat &#233;tait donc manipulable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci, au point de pouvoir s'attendre au maintien du statu quo politique, de la domination de minorit&#233;s sur la politique suivie par les gouvernants, sur des longues p&#233;riodes. La D&#233;mocratie Repr&#233;sentative devenait ainsi une assurance de stabilit&#233; de cette domination. Domination dont la raison profonde est le maintien du plus fort niveau d'in&#233;galit&#233; sociale &#171; d&#233;mocratiquement &#187; compatible. Pour rester &#171; compatible &#187;, un certain nombre de moyens sont mis en &#339;uvre par les dominants : asservissement des principaux m&#233;dias, via la participation &#224; leur capital, influence sur la disponibilit&#233; de moyens dans l'&#233;ducation et la culture-spectacle, valorisation de la consommation comme &#171; status symbol &#187;, etc. Ce sont l&#224; quelques des facteurs agissant au sein de l'opinion publique pour obtenir un &#171; produit final &#187; ne remettant pas en cause le statu quo de la domination de la vie politique[11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes r&#233;sultats finaux &#8211; et &#224; long terme &#8211; risquent de s'av&#233;rer avec les proc&#233;dures qui caract&#233;risent la D&#233;mocratie Directe (r&#233;f&#233;rendums locaux et nationaux, &#224; l'initiative populaire ou de l'ex&#233;cutif d'un &#233;tat, r&#233;vocation d'&#233;lus). Les initiatives dites &#171; populaires &#187; (d'en-bas) pourront ici et l&#224; corriger des &#171; d&#233;r&#232;glements &#187; de la D&#233;mocratie Repr&#233;sentative, mais sans mettre en cause la stabilit&#233; du syst&#232;me &#233;conomique et social. Bien qu'il soit possible qu'il y ait des exceptions, la plupart des exemples donn&#233;s concernent des initiatives partant d'en-haut, en particulier les r&#233;f&#233;rendums. Ils sont ainsi potentiellement moins porteurs de changements am&#233;liorant le sort des citoyens &#224; long terme. Par contre, les initiatives qui partent d'en-bas seraient plus susceptibles d'apporter des r&#233;els changements en faveur des citoyens&#8230; mais cela n'est pas une condition suffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des proc&#233;dures de D&#233;mocratie Directe se caract&#233;risent comme relevant de ce qui est convenu appeler le &#171; contre-pouvoir &#187;. Cette notion, d'usage chez les militants de gauche, est consid&#233;r&#233;e comme &#171; positive &#187;, voire &#171; r&#233;volutionnaire &#187;. Pourtant, ces mesures sont &#224; fins de &#171; r&#233;paration &#187;, voire d'annulation, de mesures jug&#233;es n&#233;gatives par les citoyens demandeurs, et &#233;manant de la forme dominante de d&#233;mocratie, celle repr&#233;sentative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il ne convienne pas faire des g&#233;n&#233;ralisations, les proc&#233;dures connues relevant de la D&#233;mocratie Directe, se posent dans la fameuse situation du &#171; Messieurs les Anglais ! Tirez les premiers ! &#187;. Elles interviennent apr&#232;s que &#171; les anglais &#187; ont tir&#233;. Leur intervention a lieu lorsque des d&#233;g&#226;ts sont constat&#233;s, et en vue d'une remise en &#233;tat &#8211; avec des avanc&#233;es possibles, selon les cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se d'une g&#233;n&#233;ralisation de la D&#233;mocratie Directe devrait donner la primaut&#233; &#8211;ou exclusivit&#233;- &#224; l'initiative populaire, avec -&#233;ventuellement et si tel est estim&#233; n&#233;cessaire- un aval d'en haut (Ex&#233;cutif, Parlement, Cour ou Conseil constitutionnel, telle ou telle institution de l'&#233;tat concern&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles implications d'une pratique &#233;largie de la D&#233;mocratie Directe ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant cette g&#233;n&#233;ralisation de la D&#233;mocratie Directe, il conviendrait faire une r&#233;flexion sur ce qui signifie, concr&#232;tement, l'id&#233;e de donner aux citoyens la capacit&#233; &#224; &#171; faire des lois &#187;. Il s'agirait de r&#233;fl&#233;chir aux implications de la mise en pratique de ce droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il faudrait pr&#233;ciser que la D&#233;mocratie ne se r&#233;sume pas au respect scrupuleux de proc&#233;dures pour la d&#233;signation de repr&#233;sentants du peuple dans des &#233;lections &#171; libres, justes et transparentes &#187;[12], ni &#224; l'honn&#234;tet&#233; et d&#233;vouement des &#233;lus et des membres du gouvernement. Cela est n&#233;cessaire, mais la D&#233;mocratie est aussi le respect d'un certain nombre de valeurs[13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux points majeurs sont &#224; souligner&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, le fait d'accorder la capacit&#233; de proposer des lois directement, au suffrage universel, &#224; tous les citoyens, suppose que ceux-ci, individuellement ou collectivement (par collectifs partiels) sont &#224; m&#234;me de s'autor&#233;guler en se tenant au respect des valeurs majoritairement suivies dans la soci&#233;t&#233;. L'exp&#233;rience, dans des conditions nouvelles, le devra d&#233;montrer, mais il n'est pas &#224; &#233;carter que ces initiatives soient encadr&#233;es par des instances charg&#233;es de donner leur aval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de fonds est celle de savoir si le peuple, en tant qu'acteur collectif, laissant sa diversit&#233; id&#233;ologique interne s'exprimer, est &#224; m&#234;me de suivre globalement la grille de valeurs consensuellement agr&#233;&#233;e par la soci&#233;t&#233;, comme r&#233;sultante du vivre-ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des exemples d' &#171; initiatives populaires &#187; (d'en-bas) tendent &#224; montrer que celles-ci peuvent entrer en contradiction avec le consensus quant aux valeurs de la tol&#233;rance et de l'antiracisme. Un exemple souvent cit&#233;, est celui de la proposition d'interdiction des minarets en Suisse (vot&#233;e &#224; la majorit&#233;, novembre 2009) [14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre question de fonds est celle de l'engagement dans la vie politique, qui est extr&#234;mement diff&#233;rent d'un citoyen &#224; un autre. C'est un sujet largement abord&#233; dans la litt&#233;rature de science politique, essentiellement sous l'angle du comportement abstentionniste[15]. La compr&#233;hension et l'&#233;tude de la variabilit&#233; de l'engagement des citoyens dans la vie politique semble bien, en premi&#232;re analyse, constituer un pr&#233;alable pour mettre en marche une D&#233;mocratie R&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la tradition des id&#233;es de la gauche radicale, la D&#233;mocratie R&#233;elle suppose une CITOYENNET&#201; ACTIVE. Tous les citoyens sont convi&#233;s &#224; s'exprimer non plus &#224; de &#233;ch&#233;ances pluriannuelles, mais &#171; &#224; tout moment &#187;, sur des questions qui les concernent directement ou indirectement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probl&#233;matique des facteurs qui interviennent dans l'engagement citoyen, qu'il soit absent ou pleinement assum&#233;, sont multiples, est complexe, mais les facteurs sociod&#233;mographiques (&#226;ge, sexe, niveau de revenu, cat&#233;gorie socio-professionnelle (CSP), type d'habitat, taille de la commune de r&#233;sidence, inscription-non inscription dans la liste &#233;lectorale, comportement &#233;lectoral, etc.) sont suffisamment &#171; parlants &#187; pour se faire une premi&#232;re id&#233;e sur cet aspect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; grandes d&#233;mocraties &#187; existantes aujourd'hui deviennent de plus en plus des &#171; d&#233;mocraties de l'abstention &#187; (voir note 15), o&#249; un &#233;lectorat constitu&#233; d'environ la moiti&#233; des citoyens du pays d&#233;cide laquelle des deux formations politiques &#171; alternantes &#187; -qui r&#233;sument &#224; elle seules la vie politique ayant droit de cit&#233; dans l'espace public- doit occuper les pouvoirs l&#233;gislatif et ex&#233;cutif pour la p&#233;riode entre deux &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne abstentionniste, lors de la derni&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle (Avril-Mai 2012), tel qu'il ressort du sondage r&#233;alis&#233; pour Le Monde, France T&#233;l&#233;visions et Radio France, sur un &#233;chantillon de plus de 3000 personnes[16], donne quelques pistes pour comprendre ce qui am&#232;ne les d&#233;mocraties repr&#233;sentatives modernes &#224; s'accommoder de l'&#233;volution du comportement &#233;lectoral. Le profil des citoyens participationnistes, concernant environ la moiti&#233; de l'&#233;chantillon d'&#233;lecteurs, converge vers un type d'&#233;lecteur qui tend &#224; reporter son vote sur tout candidat qui ne remet pas en cause le syst&#232;me social et &#233;conomique existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PROFIL DE PARTICIPATIONNISTE ELECTORAL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(sondage Ipsos, Le Monde 19/6/12)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le-la participationniste moyen-ne a plus de chances d'&#234;tre assez &#226;g&#233;-e, puisque, parmi les &#233;lecteurs-rices, 73% de ceux et celles ayant 60 ans et plus, ont mis un bulletin dans les urnes aux pr&#233;sidentielles de 2012. Par contre, seulement 37% des jeunes ayant de 18 &#224; 24 ans, ont fait de m&#234;me. Apr&#232;s les &#171; 60 ans et plus &#187;, la classe d'&#226;ge qui participe le plus ce sont les &#171; 45-59 ans &#187;, avec 61%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes d'activit&#233; professionnelle et de cat&#233;gorie socio-professionnelle (CSP), ce sont encore les plus &#226;g&#233;s, les retrait&#233;s, qui constituent la cat&#233;gorie sociale qui a la plus forte proportion d'assidus aux bureaux de vote : 71%. Les ouvriers et les employ&#233;s, constitutifs des dites &#171; classes populaires &#187;, ont &#233;t&#233; celles qui ont le moins particip&#233; (41% et 49%), soit moins d'un sur deux.&lt;br class='autobr' /&gt;
En termes de niveau de revenus, ce sont les &#233;lecteurs &#224; revenus les plus faibles (moins de 1200&#8364;/mois) qui ont eu le taux de participation le plus faible : 40%, soit 2 sur 5. Les deux classes de revenus suivantes (1200-2000&#8364;, 2000-3000&#8364;) votent d&#233;j&#224; plus d'un sur deux (autour de 55%), et les deux classe de revenus sup&#233;rieurs &#224; 3.000&#8364; (3000-4500&#8364;, 4500&#8364; et plus) votent respectivement &#224; 65% et 61%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un profil semblable ressort de l'analyse des r&#233;sultats des &#233;lections r&#233;gionales du 14 et 21 mars 2010 : 28% des &#233;lecteurs de 18-34 ans ont particip&#233;, tandis que les &#233;lecteurs de plus de 65 ans ont particip&#233; &#224; la hauteur de de 62% d'entre eux. 54 % des professions lib&#233;rales et les cadres ont vot&#233;, tandis que seulement 31% des ouvriers et 36 % des employ&#233;s se sont d&#233;plac&#233;s pour voter (sondage TNS Sofres/Logica pour Le Monde, Le Point, France2, France 3 et France Inter, in Le Monde 23/3/10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter que ces pourcentages concernent des masses diff&#233;rentes d'&#233;lecteurs, mais les &#233;carts entre les cat&#233;gories plus connot&#233;es avec un vote dit &#171; de gauche &#187; sont justement celles o&#249; les taux de participation &#233;lectorale sont les plus faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'on s'int&#233;resse aux diverses modes d'engagement citoyen et &#224; leur dynamique, dans le cadre d'une d&#233;mocratie repr&#233;sentative, l'abstentionnisme appara&#238;t contradictoire &#224; la logique d'une citoyennet&#233; active. Et cela plus fortement que le fait de voter. Mais nous devons consid&#233;rer que si l'abstentionnisme est bien un indicateur d'un indiff&#233;rentisme politique diffus et d'une sous-information des citoyens, il peut aussi &#234;tre issu d'autre motifs. Il y a aussi un abstentionnisme intermittent et un abstentionnisme &#171; pour des raisons politiques &#187;. Le premier, qui concerne les &#233;lecteurs qui choisissent les &#233;lections auxquelles &#171; il vaut la peine d'aller voter &#187;, est m&#234;me la principale composante de l'abstentionnisme actuel, selon l'INSEE[17]. L'abstentionnisme &#171; pour des raisons politiques &#187; exprime un refus du &#171; syst&#232;me des partis &#187; ou du syst&#232;me &#233;lectoral, ou encore une fa&#231;on de dire que &#171; cela ne sert &#224; rien &#187;. A cette d&#233;saffection vis-&#224;-vis des pratiques &#233;lectorales classiques de la D&#233;mocratie Repr&#233;sentative, s'ajouterait encore le ph&#233;nom&#232;ne de la non-inscription dans les listes &#233;lectorales, ainsi que le ph&#233;nom&#232;ne des votes blancs et nuls, non pris en compte pour les r&#233;sultats finaux (calcul&#233;s sur les suffrages exprim&#233;s), malgr&#233; qu'ils d&#233;notent soit une insuffisance d'information, soit un refus de &#171; jouer le jeu &#187; de choisir alors que l'&#233;lecteur n'a pas de raisons de choisir un candidat plut&#244;t qu'un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, nous dirions que la D&#233;mocratie Directe apparait comme un d&#233;fi, ou un pari, que la soci&#233;t&#233; est &#224; m&#234;me de se r&#233;guler elle-m&#234;me pour rester dans le cadre des valeurs qui caract&#233;risent une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique qui veut sauvegarder l'entente entre tous pour bien vivre ensemble. Ce cadre ne fait pas l'&#233;conomie de conflits divers et vari&#233;s entre valeurs et entre int&#233;r&#234;ts collectifs partiels. Conflits qui sont n&#233;cessaires &#224; l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s. Il s'ag&#238;t seulement de faire en sorte que ces conflits soient men&#233;s selon des r&#232;gles consensuelles qui mettent les uns et les autres &#224; l'abri de violences difficilement ma&#238;trisables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre Deux QUELQUES PISTES POUR ALLER VERS UNE &#171; D&#201;MOCRATIE R&#201;ELLE &#187;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1- Les nouvelles formes de lutte sont au premier plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- &#171; R&#233;volution citoyenne &#187; ou r&#233;volution de minorit&#233;s citoyennes-ayant-fait-la- d&#233;monstration- d'&#234;tre-porteuses- des- aspirations- d'une- majorit&#233;- de- la- population ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- L'&#201;tat est-il une institution destin&#233;e &#224; durer longtemps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me en admettant que la maturation d'une Alternative au syst&#232;me &#233;conomique et social actuel sera longue (une g&#233;n&#233;ration ou plus), nous ne saurions d&#233;laisser la r&#233;flexion sur des pistes pour soutenir la dynamique menant &#224; cette Alternative. Et conjurer les alternances qui viennent toujours du m&#234;me bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus que les nouveaux modes d'organisation devront, d'une part, r&#233;cup&#233;rer des m&#233;thodes d'action des syst&#232;mes ant&#233;rieurs compatibles avec l'&#233;galit&#233; de tous et le bien-vivre-ensemble, et d'autre part, innover, principalement l&#224; o&#249; ces syst&#232;mes ant&#233;rieurs permettaient (tous, &#224; l'exception des peuples premiers avant l'introduction de l'agriculture) la domination de minorit&#233;s sur larges secteurs de la population de chaque pays, &#224; l'aide de leurs propres institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire progresser cette maturation, il faut, certes, savoir tirer parti des rapports de force &#233;tablis par les luttes et les mouvements sociaux, d'une part, et d'autre part, agir pour obtenir au sein de la soci&#233;t&#233; civile une &#171; majorit&#233; culturelle &#187; (au sens d'Antonio Gramsci, dans ses &#171; Cahiers de Prison &#187;), pr&#233;condition indispensable pour que l'Alternative soit accueillie et puisse s'enraciner dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**1- Les nouvelles formes de lutte sont au premier plan. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de proposer des formes de lutte &#171; meilleures que d'autres &#187; en dehors des dynamiques r&#233;elles de terrain. Mais plut&#244;t d'&#234;tre attentif aux aspects nouveaux de ces luttes ou mouvements sociaux, et de promouvoir leur extension[18]. Ces nouvelles formes de lutte (qui peuvent bien tra&#238;ner encore des vieux sch&#233;mas), sont cens&#233;es avoir des liens directs avec des nouvelles perceptions quant au fonctionnement global du syst&#232;me politico-&#233;conomique-social. Donc, elles sont porteuses de nouveaux contenus, de d&#233;finition de nouvelles cibles, voire d'une hi&#233;rarchisation diff&#233;rente de celles-ci.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**2- &#171; R&#233;volution citoyenne &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;est une &#171; r&#233;volution de minorit&#233;s citoyennes &#187;-ayant-fait-la- d&#233;monstration- d'avoir- interpr&#233;t&#233;- les- aspirations- d'une- majorit&#233;- de- la- population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;termination mise dans les luttes, dans les occupations d'espaces publics, et dans les mouvements sociaux divers, associ&#233;e &#224; la capacit&#233; &#224; maintenir la mobilisation en cas de refus, ou en cas de concessions insuffisantes, ce sont des &#233;l&#233;ments qui peuvent amener ceux qui sont concern&#233;s par ces luttes et mobilisations, &#224; sortir de leur passivit&#233; (voire de leur opposition) et &#224; se d&#233;cider de s'engager &#224; leur tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La clart&#233; des revendications et objectifs est &#233;galement un facteur mobilisateur. Elle permet de prolonger la mobilisation tout en &#233;largissant, en nombre, la base qui s'engage dans le mouvement. Mais, comme nous le disions ci-dessus, il y a des limites &#224; cet &#233;largissement qui viennent du niveau d'information et de conscience politique d'une majorit&#233; de la population[19], y inclus &#8211;souvent-dans la masse des citoyens appel&#233;s &#224; soutenir une revendication sp&#233;cifique les concernant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;termination des participants (li&#233;e &#224; une strat&#233;gie de visibilit&#233;) &#224; la lutte dans les diff&#233;rentes manifestations du mouvement en marche, est donc un facteur qui peut faire d&#233;multiplier l'impact sur la soci&#233;t&#233; civile et les institutions[20]. Et entra&#238;ner ainsi une diversit&#233; de couches de la population.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, il ne faudrait pas esp&#233;rer que l'adh&#233;sion aux motivations et aux mesures propos&#233;es, puisse atteindre LE PEUPLE entier-et &#171; uni &#187;[21] &#8211; comme le sugg&#232;re la rh&#233;torique des partis d&#233;fenseurs d'une transformation du syst&#232;me en vigueur. Cette rh&#233;torique donne pour escompt&#233; que le &#171; Peuple &#187; soutient l'action et les objectifs -m&#234;me s'il est largement absent- et rejoindra, &#224; plus ou moins br&#232;ve &#233;ch&#233;ance, la dynamique mise en marche par des citoyens engag&#233;s dans la lutte en cours. Ceci ne pr&#233;suppose donc pas que, au d&#233;clenchement de la lutte, le Peuple est d&#233;j&#224; l&#224; ! Puisque, comme le d&#233;montrent les &#233;lections au suffrage universel qui se suivent les unes apr&#232;s les autres, le Peuple craint le changement de syst&#232;me politique social et &#233;conomique et s'exprime &#224; l'encontre de leurs propres int&#233;r&#234;ts &#8230; et peut-&#234;tre m&#234;me en termes de valeurs par rapport &#224; celles de ceux qui s'engagent dans la lutte pour cette Alternative[22].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**3- L'&#201;tat est-il une institution destin&#233;e &#224; durer longtemps ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes tent&#233;s de dire oui. C'est bien une opinion qui aura certainement un consensus tr&#232;s large, malgr&#233; les contestations multiples et vari&#233;es dont celui-ci est objet &#8230;. Jusqu'&#224; la n&#233;gation de son utilit&#233;. Mais il ne pourra pas se maintenir dans sa forme actuelle. Maintes fonctions qu'il assume sont aujourd'hui d&#233;pass&#233;es ou ont entretemps chang&#233; de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commun&#233;ment, les uns et les autres estiment que l'Autorit&#233; &#233;tatique est une institution indispensable. Certaines fonctions, dites &#171; r&#233;galiennes &#187;, sont con&#231;ues comme consubstantielles &#224; la notion d'Etat, d&#233;tenteur de la souverainet&#233; nationale. C'est le cas de la S&#233;curit&#233; Nationale (int&#233;rieur et ext&#233;rieur), de la D&#233;fense, de la Justice, des Relations Ext&#233;rieures. &#171; Battre monnaie &#187; est aussi tenue comme &#233;tant une fonction associ&#233;e &#224; l'id&#233;e m&#234;me d'&#201;tat. Pourtant la cr&#233;ation de l'Euro[23] et son adoption par 17 pays, a &#233;t&#233; largement accept&#233; sans soulever des critiques ou des r&#233;serves de la part des experts et des personnalit&#233;s du monde politique, &#224; l'exception de quelques mouvements souverainistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats ce sont des sous-divisions de l'espace g&#233;ographique, cr&#233;&#233;es par des processus historiques vari&#233;s. L'&#201;tat se doit de prendre en charge l'administration d'un territoire plus ou moins &#233;tendu, comprenant un espace d&#233;limit&#233; par des fronti&#232;res naturelles, impos&#233;es ou n&#233;goci&#233;es , une biodiversit&#233;, du b&#226;ti et une population humaine. La modernit&#233;, le d&#233;veloppement des soci&#233;t&#233;s occidentales, ont multipli&#233; les fonctions de l'&#201;tat, en particulier sur le plan de l'&#233;ducation et de la solidarit&#233; sociale, particuli&#232;rement en ce qui concerne la sant&#233; et la vieillesse, fonctions tenues auparavant &#8211; tant bien que mal- par des communaut&#233;s familiales et ses r&#233;seaux, ainsi que par des institutions religieuses. L'&#201;tat y a gagn&#233; une nouvelle l&#233;gitimit&#233;, mais qui reste toujours discutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or aujourd'hui l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; et de la technique ont rendu caduques un bon nombre des fonctions que les &#201;tats avaient pris en charge. Mais surtout un grand nombre d'anciennes fonctions (comme la protection de la nature ou celle de voies de communication) ont compl&#232;tement chang&#233; d'&#233;chelle. Le d&#233;coupage territorial impos&#233; par le principe du respect absolu des souverainet&#233;s nationales entre ainsi en contradiction avec une gestion rationnelle qui ne doit pas &#234;tre limit&#233;e par des fronti&#232;res. La r&#233;ponse &#224; cette exigence apparait d&#233;j&#224;, de mani&#232;re incompl&#232;te et insatisfaisante, dans les grandes Agences de Coop&#233;ration internationale cr&#233;&#233;es en particulier sous l'&#233;gide des Nations Unies ou de l'Union Europ&#233;enne (pour l'environnement, sauvegarde des ressources piscicoles, et autres) . Reste &#224; d&#233;finir, pour ces Agences transnationales, soit r&#233;gionales, soit mondiales, un fonctionnement qui soit r&#233;ellement d&#233;mocratique. Nous pensons au r&#244;le important qui devrait y jouer le Contr&#244;le Citoyen. Pour &#234;tre efficace, cette nouvelle institution aurait &#224; trouver des formes d'intervention et de m&#233;diation garantissant son caract&#232;re d&#233;mocratique[24].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**4- Comment combiner la d&#233;mocratie participative, la d&#233;mocratie d&#233;lib&#233;rative et le contr&#244;le citoyen avec la d&#233;mocratie repr&#233;sentative ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il serait os&#233; que de pr&#233;tendre que l'on puisse &#8211; au stade o&#249; se trouve actuellement l'&#233;laboration d'une alternative au syst&#232;me &#233;conomique et social dominant sur la presque totalit&#233; de la plan&#232;te &#8211; dessiner un organigramme des structures et institutions qui seront n&#233;cessaires et dans lesquelles une majorit&#233; incontestable des citoyens s'y retrouve et apporte son assentiment ET sa collaboration consciente (non manipul&#233;e). Assentiment et collaboration consciente &#224; des r&#233;formes ou/et &#224; des nouvelles institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous limiterons ainsi &#224; pointer ce qui, dans le syst&#232;me actuel, devrait &#234;tre repens&#233; pour &#234;tre r&#233;form&#233; ou remplac&#233; par des nouvelles institutions du fait de leur non-ad&#233;quation aux principes que nous d&#233;fendons. Pour d&#233;velopper ce point, nous prendrons comme r&#233;f&#233;rence la &#171; d&#233;mocratie r&#233;ellement existante &#187; de l'Europe occidentale et d'une large partie du continent am&#233;ricain, ainsi que, de mani&#232;re plus &#233;parse, des pays d'autres continents[25].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;*** &#8211; Pr&#233;cisions sur ce que l'on entend par &#171; d&#233;mocratie participative &#187;. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans certains m&#233;dias ou lors des d&#233;bats publics sur des th&#232;mes politiques, l'usage du terme &#171; d&#233;mocratie participative &#187; est, clairement ou implicitement, pris pour d&#233;signer des proc&#233;dures de &#171; consultation &#187; des citoyens, &#224; l'initiative des &#233;lus, pr&#233;sid&#233;es et secr&#233;tari&#233;es, dans de nombreux cas, par des &#233;lus et leurs collaborateurs salari&#233;s ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces cas de figure, le terme de &#171; d&#233;mocratie consultative &#187; serait plus ad&#233;quat, en pr&#233;cisant son caract&#232;re qualitativement diff&#233;rent, voire oppos&#233; &#224; une conception de citoyennet&#233; active. En effet, cette &#171; consultation &#187;, telle qu'elle pratiqu&#233;e, n'op&#232;re aucune restitution du pouvoir aux citoyens. Apr&#232;s l'&#233;lection au suffrage universel (par lequel le repr&#233;sentant &#171; r&#233;ceptionne &#187; pour soi-m&#234;me la capacit&#233; d'initiative des citoyens), l'&#233;lu viendrait s'informer sur les pr&#233;occupations majeures de ses repr&#233;sent&#233;s. Il n'est pas &#224; exclure que cette d&#233;marche vise &#224; &#171; pr&#233;venir des conflits &#187; &#224; venir. Conflits qui pourraient mener &#224; imposer des solutions aux &#233;lus, rompant ainsi avec les r&#232;gles de la &#171; responsabilit&#233; &#187; des &#233;lus. Et &#8230; qui sait &#8230; le feraient-ils ne respectant pas l' &#171; ordre &#233;tabli &#187; &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces initiatives des &#233;lus de proposer des &#171; comit&#233;s de quartier &#187; et autres instances du m&#234;me type, est aussi vue, par des analystes politiques, comme une d&#233;marche de &#171; revalorisation &#187; de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, admettant que celle-ci souffrirait d'un baisse de cr&#233;dibilit&#233; et d'efficacit&#233;, pour g&#233;rer les probl&#232;mes de la communaut&#233; de citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; d&#233;mocratie participative &#187; se r&#233;f&#232;re &#224; la participation de citoyens -en tant que tels et non comme experts attitr&#233;s- aux diff&#233;rentes phases de pr&#233;paration d'une d&#233;cision politique d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#8211; ou d'int&#233;r&#234;t collectif partiel. La d&#233;mocratie participative est cens&#233;e rendre active la citoyennet&#233; que la d&#233;mocratie repr&#233;sentative a rendu passive. Pour que cette &#171; intromission &#187; du citoyen soit concr&#232;te, dans les proc&#233;dures qui m&#232;nent aux d&#233;cisions politiques qui comptent, une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'institutions s'av&#232;re n&#233;cessaire. Pour que cette intervention des citoyens soit la r&#232;gle, il faudra mettre en cause le dogme de la &#171; responsabilit&#233; de l'&#233;lu &#187; et revoir bon nombre d'objectifs et modes de fonctionnement des institutions qui g&#232;rent la vie politique, non conformes &#224; ceux de la recherche du bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233; et du &#171; bien-vivre &#187;[26] ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu majeur de la D&#233;mocratie R&#233;elle recherch&#233;e pourrait &#234;tre justement celui de rendre la d&#233;mocratie participative la forme principale de l'action citoyenne &#224; l'adresse de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pari de la D&#233;mocratie R&#233;elle est d'&#234;tre capable d'entamer une succession de transformations au niveau de la soci&#233;t&#233; civile dans le sens de l'objectif d'une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire[27]. Ceci ne signifie pas que l'on n&#233;glige l'importance de l'aspect institutionnel pour la consolidation de nouvelles approches du mode de faire de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels types d'institutions ? Cette nouvelle g&#233;n&#233;ration d'institutions devrait donner une place privil&#233;gi&#233;e &#224; des instances de Contr&#244;le Citoyen, mesure de sauvegarde d'un fonctionnement r&#233;ellement tourn&#233; vers le bien de tous dans le respect des valeurs de la d&#233;mocratie r&#233;elle, en rep&#233;rant et en pr&#233;venant les d&#233;viations diverses et vari&#233;es, observables aujourd'hui, servant les int&#233;r&#234;ts de quelques-uns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces instances de contr&#244;le citoyen[28] sont compl&#233;mentaires des obligations de transparence de gestion -elle-m&#234;me surveill&#233;e en vue de rep&#233;rer des insuffisantes, coupables ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, pour que, r&#233;ellement, cette nouvelle g&#233;n&#233;ration d'institutions civiles d&#233;mocratiques[29] puisse r&#233;cup&#233;rer les attributions de d&#233;cisions souveraines aujourd'hui monopolis&#233;es par celles de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, il faudrait &#233;tablir des nouvelles proc&#233;dures d'&#233;laboration des lois. La phase d&#233;lib&#233;rative de celles-ci devrait &#234;tre ouverte le plus possible &#224; la captation et mise en forme du savoir diffus dans la soci&#233;t&#233;[30]. Cette attribution de d&#233;cision souveraine (possibilit&#233; de faire des lois) &#224; ces nouvelles institutions, ne pourra &#234;tre acquise que par voie d'inscription dans la Constitution, ce qui pr&#233;suppose une lutte politique probablement longue. Il faudrait &#233;galement pr&#233;voir une indispensable p&#233;riode de transition (mesures provisoires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rentes modalit&#233;s sont &#224; pr&#233;voir pour l'&#233;laboration de lois sur des sujets aussi divers que la p&#234;che fluviale, la reconnaissance des dipl&#244;mes, ou l'enfance inadapt&#233;e &#8230; Le recueil du savoir collectif sur ces sujets prend forc&#233;ment des modalit&#233;s appropri&#233;es sachant, en outre, que, &#224; part les divers acteurs directement concern&#233;s, il y a une foule d'autres parties prenantes (stakeholders) qui, par la position qu'ils-elles occupent par rapport au sujet abord&#233;, ont &#171; des choses &#224; dire &#187; et -parfois- des &#171; points de vue &#187; (au double sens) s'av&#233;rant parfois riches et &#233;clairants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous donnons ensuite un exemple de pr&#233;paration d'une loi en situation de d&#233;mocratie d&#233;lib&#233;rative.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**D&#233;mocratie d&#233;lib&#233;rative&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie d&#233;lib&#233;rative est partie prenante de la d&#233;mocratie participative. Elle concerne la pr&#233;paration des lois. Donc, elle doit mettre en place des &#171; canaux &#187; de recueil du savoir collectif, en particulier aupr&#232;s de ceux-celles qui ont forte probabilit&#233; d'apporter des &#233;l&#233;ments utiles sur la probl&#233;matique du sujet sur lequel porte les lois en pr&#233;paration. Toutefois, les citoyens concern&#233;s peuvent diverger sur ces m&#234;mes &#233;l&#233;ments. Donc, leur recueil doit prendre en compte cette diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'hypoth&#232;se d'une &#233;laboration &#224; pr&#233;voir sur un sujet d&#233;termin&#233;, il est imaginable une succession d'assembl&#233;es depuis l'&#233;chelon local, l'&#233;chelon cantonal ou d&#233;partemental (sauf s'ils n'existent plus), l'&#233;chelon r&#233;gional et enfin celui national, qui produirait le texte final de la proposition de loi. Un processus forc&#233;ment long, mais n&#233;cessaire pour lui donner un caract&#232;re d&#233;mocratique. Les experts &#233;ventuels sur le sujet peuvent intervenir en tant que tels tout au long du processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple que nous donnons pour illustrer ce m&#234;me processus est celui de la pr&#233;paration d'une nouvelle loi sur l'enfance inadapt&#233;e. La soci&#233;t&#233; civile &#171; v&#238;t &#187; ce probl&#232;me tous les jours au niveau des familles. Partiellement, les concern&#233;s se regroupent dans des associations de parents d'enfants handicap&#233;s ou, &#233;ventuellement, dans d'autres associations affinitaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les unes et les autres seraient convi&#233;es &#224; une Rencontre &#8211; ou la convoqueraient elles-m&#234;mes. Rencontre &#8211; appel&#233;e &#171; Assises &#187; ou &#171; Etats G&#233;n&#233;raux &#187; &#8211; &#224; laquelle elles inviteraient en outre, des experts de la question en d&#233;bat et autres connaisseurs publiquement reconnus comme tels. En ressortirait un texte adopt&#233; &#224; &#8216;unanimit&#233; ou au consensus. Ce texte serait ensuite discut&#233; &#224; la Rencontre de l'&#233;chelon suivant jusqu'au texte final, issu d'une Rencontre nationale compos&#233; de repr&#233;sentants de toutes les rencontres pr&#233;c&#233;dentes, d&#251;ment mandat&#233;s par le texte de leur propre &#233;chelon. Il resterait alors l'ultime &#233;tape qui vise &#224; donner au texte final la valeur non contestable de loi nationale, c'est-&#224;-dire conforme &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et soutenue ainsi par la souverainet&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, l'on pourrait proposer que ce texte final soit pr&#233;sent&#233; &#224; une Assembl&#233;e de Repr&#233;sentants nationaux &#233;lus par le corps &#233;lectoral national constitu&#233; par tous les r&#233;sidents, dont la modalit&#233; d'&#233;lection devrait &#234;tre pr&#233;cis&#233;e (majoritaire, proportionnel, autre). En effet, diff&#233;rentes modalit&#233;s sont possibles : 1) tirage au sort[31] au sein de listes coll&#233;giales sous crit&#232;re r&#233;gional, ou de circonscription &#233;lectorale ; 2a) Candidats se pr&#233;sentant individuellement, couvrant tout le territoire, ou 2b) des candidats propos&#233;s par les partis, apr&#232;s des &#233;lections primaires dont les &#233;lecteurs sont des membres du parti en question et ses sympathisants ; Ou encore : 3) Tenir compte du sexe et des classes d'&#226;ge (en principe, deux suffiraient).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Le tirage au sort&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le tirage au sort est-il &#224; m&#234;me de compenser les d&#233;ficiences du syst&#232;me du suffrage universel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tirage au sort (dit parfois : &#171; s&#233;lection al&#233;atoire &#187;) est d&#233;sormais couramment consid&#233;r&#233; comme d&#233;mocratique &#8211; et m&#234;me comme LA m&#233;thode d&#233;mocratique par excellence, puisque tous les citoyens sont candidats et ont chance &#233;gale d'&#234;tre &#233;lus. Mais &#8211; est-il souvent ajout&#233; : &#171; &#231;a ne marche que &#187; pour des univers constitu&#233;s par un nombre relativement r&#233;duit de personnes. Le fait est que les &#171; petits univers &#187; peuvent se pr&#233;valoir d'une certaine homog&#233;n&#233;it&#233;. En effet, dans ces cas, n'importe qui pris au hasard, est &#171; repr&#233;sentatif &#187; de la totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#171; repr&#233;sentatif &#187; parce que ressemblant du fait de la suppos&#233;e homog&#233;n&#233;it&#233; du groupe dont il-elle est issu-e, ou par le &#171; facteur proximit&#233; &#187; ? La &#171; proximit&#233; &#187; (suppos&#233;e, &#233;galement) peut suppl&#233;er un d&#233;ficit d'homog&#233;n&#233;it&#233; dans la mesure o&#249;, dans l'univers repr&#233;sent&#233;, l'&#233;lu tir&#233; au sort a probablement acc&#232;s &#224; un r&#233;seau relationnel interne susceptible de lui &#234;tre pour exercer son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Ath&#232;nes, pour la d&#233;signation, par tirage au sort, de leurs magistrats, bouleutes, archontes et autres, l'homog&#233;n&#233;it&#233; &#233;tait &#171; renforc&#233;e &#187; par l'exclusion des femmes, des esclaves et des &#233;trangers. La d&#233;signation par tirage au sort, dans ce cas, avait effectivement lieu dans un univers r&#233;duit et (relativement) homog&#232;ne. Les d&#233;sign&#233;s &#233;taient l'objet d'un examen sur leur &#171; dignit&#233; &#187;*.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les soci&#233;t&#233;s d'aujourd'hui sont compos&#233;es de centaines de milliers, de millions, voire de dizaines et de centaines de millions d'appartenants. N&#233;cessairement l'on y constate l'existence, en leur sein, d'une grande diversit&#233; d'identit&#233;s, porteuses d'une grande vari&#233;t&#233; d'int&#233;r&#234;ts, souvent oppos&#233;s, et, parfois, de valeurs contradictoires entre elles. Et une diff&#233;rentiation notable des comp&#233;tences sur des sujets attenants &#224; leur propre appartenance sociale et professionnelle. Dans ces cas, les conditions du choix du tirage au sort peuvent ne pas &#234;tre assur&#233;es. La probabilit&#233; que les s&#233;lectionn&#233;-e-s interpr&#232;tent -du moins, approximativement- l'&#233;tat des connaissances de la population cens&#233;e &#234;tre repr&#233;sent&#233;e, risque de ne pas s'av&#233;rer suffisamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, le tirage au sort est une m&#233;thode applicable sur des univers homog&#232;nes sur un crit&#232;re d&#233;termin&#233; d'appartenance (exemple : agriculteurs). Ceci pose d'innombrables probl&#232;mes sur la pertinence d'adopter (choisir) telle ou telle appartenance, d'autant plus qu'il serait insens&#233; de les multiplier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le tirage au sort est aujourd'hui une m&#233;thode cens&#233;e produire des &#171; &#233;chantillons repr&#233;sentatifs &#187;** pour des sondages &#233;lectoraux ou de marketing commercial. Un &#233;chantillon repr&#233;sentatif des fran&#231;ais demande environ un millier de noms de fran&#231;ais (en fait, g&#233;n&#233;ralement des r&#233;sidents, nationaux ou &#233;trangers, pour d'autres types de sondages que ceux &#233;lectoraux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tirage au sort suppose au pr&#233;alable l'existence de listes nominatives relatives aux appartenances jug&#233;es &#171; significatives &#187; par leur forte incidence politique. Comme un-e citoyen-ne peut se revendiquer de plusieurs appartenances, il serait possible qu'une m&#234;me personne soit inscrite sur plus d'une liste nominative. Ce serait fort discutable, mais dans la logique du tirage au sort, cela serait normalement permis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Documents sur le sujet :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sabrina Costanzo, &#171; L'&#233;lection a longtemps &#233;cras&#233; le tirage au sort &#187;, revue Territoires n&#176;512 &#8211; novembre 2010.&lt;br class='autobr' /&gt;
Yves Sintomer, &#171; La r&#233;volution du tirage au sort&#171; , in &lt;a href=&#034;http://www.laviedesidees.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.laviedesidees.fr&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Yves Sintomer, &#171; Petite histoire de l'exp&#233;rimentation d&#233;mocratique. Tirage au sort et politique d'Ath&#232;nes &#224; nos jours &#187;, La D&#233;couverte, 2011.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Barth&#233;l&#233;my, &#171; Et si on tirait au sort nos d&#233;put&#233;s ? &#187;, Le Monde du 24/3/2012.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Merckl&#233;, &#8216;La d&#233;mocratie au hasard &#187;, Le Monde du 28/4/2012&lt;br class='autobr' /&gt;
Etienne Chouard, Plan C : &lt;a href=&#034;http://fr.search.yahoo.com/r/_ylt=A7x9QfiQuUNQsC8AsFBjAQx.;_ylu=X3oDMTBybWpoN25zBHNlYwNzcgRwb3MDMgRjb2xvA2lyZAR2dGlkAw&#8211;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.search.yahoo.com/r/_ylt=A7x9QfiQuUNQsC8AsFBjAQx.;_ylu=X3oDMTBybWpoN25zBHNlYwNzcgRwb3MDMgRjb2xvA2lyZAR2dGlkAw&#8211;&lt;/a&gt; /SIG=11qll4m7t/EXP=1346644496/**http%3a//etienne.chouard.free.fr/Europe/&lt;br class='autobr' /&gt;
*La dokimasia est l'examen pr&#233;liminaire que subissaient les futurs magistrats pour limiter les effets malheureux du tirage au sort. Cet examen permet de v&#233;rifier que le candidat est bien citoyen, qu'il a bien l'&#226;ge minimum requis, qu'il n'a jamais occup&#233; le poste et qu'il en est digne.&lt;br class='autobr' /&gt;
** &#171; Sans l'instrument conceptuel qu'est la notion d'&#233;chantillon repr&#233;sentatif, le tirage au sort ne pourra pas &#234;tre l&#233;gitim&#233; dans les communaut&#233;s de grande taille que sont les R&#233;publiques modernes &#187; (Yves Sintomer, cit&#233; par Sabrina Constanzo, r&#233;f. ci-dessus).&lt;br class='autobr' /&gt;
Il devrait &#234;tre possible une combinaison des crit&#232;res sous-division territoriale, sexe et classe d'&#226;ge, crit&#232;res qui seraient ainsi consid&#233;r&#233;s comme &#171; l&#233;gitimes &#187; pour une repr&#233;sentation politique. Toutes les propositions ant&#233;rieures sont compatibles avec la m&#233;thode du tirage au sort, sauf 2b) qui reprend le crit&#232;re d'affiliation &#224; une organisation politique ou associative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce crit&#232;re d'affiliation id&#233;ologique politique des candidats -propre aux &#233;lections au suffrage universel- reste d&#233;terminant, puisque cela est &#224; la base des d&#233;bats politiques entre repr&#233;sentants une fois &#233;lus, et pourra difficilement ne pas &#234;tre pris en compte dans la m&#233;thode du tirage au sort. Dans la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, l'affiliation partidaire des candidats (et ensuite, des &#233;lus), est pr&#233;sent&#233;e souvent comme incontournable, ce qui accorde aux partis politiques le privil&#232;ge de choisir &#171; ses &#187; candidats sur tout le territoire, r&#233;pondant &#224; des crit&#232;res d'&#226;ge (plus de 18 ans, &#226;ge actuel de la citoyennet&#233;) et de sexe (quotas). A son tour, ce r&#244;le des partis &#8211; qui sont subventionn&#233;s par l'Etat- associ&#233; &#224; des pratiques usuelles de cumul de mandats dans le temps (un-e &#233;lu-e peut se re-candidater plusieurs fois de suite) produit une professionnalisation de personnes qui &#171; ne font que &#231;a &#187; pour une large partie de leur vie active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une assembl&#233;e nationale de repr&#233;sentants tir&#233;s au sort ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;voiements des partis vers la professionnalisation et vers une polarisation sur la pr&#233;paration &#224; la participation au pouvoir, posent probl&#232;me. Est-il possible cr&#233;er, &#224; l'image de la tradition fran&#231;aise de l'Education Populaire, des organisations non pas tourn&#233;es vers &#171; le sommet &#187;, le pouvoir de l'&#233;tat, comme les partis traditionnels, mais vers la soci&#233;t&#233; civile ? A l'instar de certains mouvements organis&#233;s, non pas &#233;ph&#233;m&#232;res mais agissant dans la dur&#233;e &#224; l'int&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; civile, d&#233;fendant un corpus d'id&#233;es politiques, gr&#226;ce &#224; l'action de ses militants, des d&#233;bats, de participation &#224; des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Le &#171; PARTI-SOCI&#201;T&#201; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le concept du &#171; Parti-soci&#233;t&#233; &#187;, apparu dans la gauche socialiste italienne, dans les ann&#233;es 80, r&#233;unit ces orientations et mode de fonctionnement. En France, le concept a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; dans la revue EcoRev (Albano Cordeiro, J&#233;r&#244;me Gleizes , &#171; Quel parti pour aujourd'hui, le parti-soci&#233;t&#233; ? &#187; EcoRev, ao&#251;t 2000). Ce mode d'organisation est constitu&#233; par un r&#233;seau de &#8220; contrats politiques &#8221;, &#224; diff&#233;rents niveaux d'engagement (avec des objectifs communs n&#233;goci&#233;s, act&#233;s, et pourvus de m&#233;canismes de v&#233;rification de leur r&#233;alisation), avec toutes sortes de regroupements de citoyens &#224; buts autres que la simple d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts particuliers (y compris des regroupements d'entreprises poursuivant des buts autres que commerciaux), des projets regroupant diverses comp&#233;tences pour des r&#233;alisations b&#233;n&#233;ficiant &#224; diverses cat&#233;gories de population ou &#224; l'ensemble des citoyens, des &#233;tablissements culturels, scientifiques, sociaux, des associations. Chaque contrat politique inclurait une sorte de comit&#233; de suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi la d&#233;marche proche du &#171; Parti-Mouvement &#187; de Bruno Della Sudda, militant alternatif ni&#231;ois : (&lt;a href=&#034;http://fr.search.yahoo.com/r/_ylt=A7x9QX4xjWFQvVMAzPVjAQx.;_ylu=X3oDMTBybWpoN25zBHNlYwNzcgRwb3MDMgRjb2xvA2lyZAR2dGlkAw&#8211;/SIG=13gddfeko/EXP=1348599217/**http%3a//alters-paillon.over-blog.org/article-comment-devons-nous-nous-organiser-57494146.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.search.yahoo.com/r/_ylt=A7x9QX4xjWFQvVMAzPVjAQx.;_ylu=X3oDMTBybWpoN25zBHNlYwNzcgRwb3MDMgRjb2xvA2lyZAR2dGlkAw&#8211;/SIG=13gddfeko/EXP=1348599217/**http%3a//alters-paillon.over-blog.org/article-comment-devons-nous-nous-organiser-57494146.html&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les partis classiques, pour les raisons expos&#233;es, peuvent difficilement &#234;tre int&#233;gr&#233;s dans une d&#233;marche d'&#233;lection par tirage au sort, il reste que la repr&#233;sentation de la diversit&#233; d'approches politiques &#171; sans partis politiques &#187; pose de tr&#232;s nombreuses difficult&#233;s. Pour pr&#233;venir une prolif&#233;ration d'approches politiques aspirant &#224; &#234;tre reconnus comme des classements l&#233;gaux, il serait judicieux de limiter ces approches &#224; 9 ou m&#234;me &#224; 7, allant de la gauche radicale (anarchistes inclus &#8230; ou pas ?) &#224; la droite extr&#234;me. Faut-il y inclure les &#171; non-class&#233;s &#187;, en ajoutant une &#171; approche suppl&#233;mentaire &#187; pour ceux qui refusent de choisir un positionnement politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette description d&#233;taill&#233;e sert surtout &#224; prendre la dimension des difficult&#233;s qui risquent le bloquer cette d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; supposer cette &#233;tape franchie, d'autres difficult&#233;s surgiraient. Serait-elle viable la constitution de listes nationales pour chacune de ces approches, en vue du tirage au sort ? Pour cela l'exemple serait celui des listes municipales pour les &#233;lections primaires aux Etats-Unis. Ces listes sont &#224; inscription volontaire. Celui ou celle qui s'inscrit est alors habilit&#233;e &#224; participer &#224; ces &#233;lections, pour les &#171; r&#233;publicains &#187; ou pour les &#171; d&#233;mocrates &#187;, qu'ils ou elles soient ou ne soient pas adh&#233;rents des partis cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les listes des approches politiques seraient elles aussi &#224; inscription volontaire (obligatoire ?)[32], mais seraient nationales, et, sur elles, serait effectu&#233; le tirage au sort d'un nombre de citoyen-enne-s fix&#233; pr&#233;alablement, qui deviendraient des repr&#233;sentants de la diversit&#233; politique nationale[33]. Le tirage au sort serait en fait op&#233;r&#233; sur les &#171; listes de proximit&#233; &#187;, par d&#233;finition extr&#234;mement nombreuses. Cela pourrait amener &#224; la cr&#233;ation d'un &#233;chelon interm&#233;diaire de d&#233;sign&#233;s du &#171; premier tour &#187;, d'o&#249; seraient tir&#233;s au sort un nombre pr&#233;alablement fix&#233; (partiel) qui int&#233;greraient l'assembl&#233;e de repr&#233;sentants nationale. A ces tir&#233;s au sort selon un crit&#232;re g&#233;ographique s'ajouteraient les tir&#233;s au sort des listes des approches id&#233;ologiques ou politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre observation &#224; en tenir compte est que la conception m&#234;me d'une assembl&#233;e repr&#233;sentative de la population qui vit ensemble dans un p&#233;rim&#232;tre g&#233;ographique d&#233;termin&#233;, pr&#233;suppose une confrontation de programmes d'action politique &#224; moyen ou &#224; long terme. Une observation qui relance la question du maintien ou pas des partis politiques classiques, cens&#233;s &#234;tre les instances o&#249; s'&#233;laborent ces programmes, et &#171; arm&#233;s&#171; pour les d&#233;fendre. Le tirage au sort ne laisse pas de l'espace pour de tels programmes. En fait, le travail qui correspond aux d&#233;bats parlementaires inter-partis est largement contenu, avec d'autres &#233;l&#233;ments, dans la s&#233;quence de consultations qui sont le propre de la d&#233;mocratie dans sa phase d&#233;lib&#233;rative. Mais ces d&#233;bats et confrontations -qui montent du niveau local jusqu'au niveau national- sont porteurs d'int&#233;r&#234;ts collectifs partiels qui subissent des &#171; am&#233;nagements &#187; avec l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral au cours du processus. Mais cela doit &#234;tre constat&#233; au plus haut niveau. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de disposer d'un organe repr&#233;sentatif (tir&#233; au sort, ou &#233;lu au suffrage universel) qui dira de la conformit&#233; des projets finaux de loi, avec l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DIVERS COMPLEMENTS &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'illusion que le peuple aurait une r&#233;alit&#233; avant m&#234;me d'&#234;tre repr&#233;sent&#233;. Or le concept de repr&#233;sentation politique signifie pr&#233;cis&#233;ment le contraire : le peuple est constitu&#233; par sa repr&#233;sentation (Didier Mineur, Arch&#233;ologie de la repr&#233;sentation politique, Paris, Presses de Sciences Po, 2010,). Voir : syst&#232;me chinois de rel&#232;ve des &#233;lites&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tirage au sort est r&#233;activ&#233; dans une multitude d'innovations proc&#233;durales, comme les jurys citoyens, les conf&#233;rences de consensus, les sondages d&#233;lib&#233;ratifs. Les jurys citoyens sont les plus utilis&#233;s. Invent&#233;s simultan&#233;ment en Allemagne (Peter Dienel propose en 1969 des &#171; cellules de planification &#187;, les planungszelle) et aux &#201;tats-Unis (Ned Crosby cr&#233;e en 1971 un &#171; jury citoyen &#187;), ils consistent &#224; mobiliser plusieurs jours un petit groupe de citoyens, &#224; les informer et &#224; les former sur un probl&#232;me de politique publique &#224; l'aide d'interventions d'experts&lt;br class='autobr' /&gt;
principe repr&#233;sentatif et qu'elle repose sur la th&#233;orie qui en a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e par Hobbes dans le L&#233;viathan : la multitude &#233;parse n'acc&#232;de &#224; l'unit&#233; qu'en instituant des repr&#233;sentants (&#171; Le peuple et ses repr&#233;sentants &#187;, par Philippe Crignon [02-12-2010]&lt;br class='autobr' /&gt;
*Principes du gouvernement repr&#233;sentatif Bernard Manin Genre &#201;diteur Calmann-L&#233;vy , 1995 319 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
****Etat de droit &amp; d&#233;mocratie (USA d&#233;mocratie)&lt;br class='autobr' /&gt;
la d&#233;mocratie n'est qu'un certain am&#233;nagement de l'asym&#233;trie entre gouvernants et gouvern&#233;s Norbert Lenoir&lt;br class='autobr' /&gt;
La D&#233;mocratie est aussi une permanente ar&#232;ne de conflits. Conflit d'int&#233;r&#234;ts et conflits de valeurs. C'est inh&#233;rent &#224; la D&#233;mocratie. Mais les valeurs pr&#233;valent sur les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'une part, dans la derni&#232;re campagne &#233;lectorale grecque, les caract&#233;ristiques de manipulation des m&#233;dias et de toute la &#171; communication &#187; d&#233;ploy&#233;e durant (toutes) les campagnes &#233;lectorales ont &#233;t&#233; pouss&#233;es au paroxysme. Avec la particularit&#233; d'une &#171; immixtion &#187; &#233;trang&#232;re franchement d&#233;vergond&#233;e, sous pr&#233;texte d'&#234;tre &#171; aussi &#187; parties prenantes, du fait des interd&#233;pendances sein de l &#8216;UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut toutefois objecter que le suffrage universel &#224; &#233;ch&#233;ances r&#233;guli&#232;res comme mode de s&#233;lection des hommes et des femmes qui seront appel&#233;-e-s &#224; s'occuper du volant politique du fonctionnement g&#233;n&#233;ral du syst&#232;me de domination des oligarchies qui nous gouvernent, donne intrins&#232;quement l'espace pour de telles situations. Le cas grec reste ainsi un cas, particuli&#232;rement marqu&#233;, de cette tare, soigneusement entretenue par les premiers int&#233;ress&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le suffrage universel, propre &#224; la &#171; d&#233;mocratie r&#233;ellement existante &#187;, est la technologie politique intelligent qu'ont trouv&#233; les &#233;lites pour mettre &#224; leur profit (cas de le dire) la relative m&#233;connaissance, par la plupart des citoyens, des enjeux politiques derri&#232;re les propositions des divers partis en comp&#233;tition. M&#233;connaissance accrue par le fait que ces enjeux sont eux-m&#234;mes s&#233;lectionn&#233;s non pas par les citoyens ordinaires organis&#233;s mais plut&#244;t par l'appareil politique des minorit&#233;s puissantes. Et, sauf p&#233;rip&#233;tie et/ou discr&#233;dit (temporaire) de ce m&#234;me appareil politique, &#231;a marche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NOTES&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] &#171; &#8230; un syst&#232;me &#233;lectoral qui a &#233;t&#233; sp&#233;cifiquement con&#231;u, comme le disait James Madison, un des P&#232;res fondateurs du pays, &#171; afin de prot&#233;ger la riche minorit&#233; de la majorit&#233; &#187;, in Laurent Henry et Philippe-Alexandre Pouille doctorants, &#171; L'&#233;lection organise une aristocratie &#187; ; Lib&#233;ration, 10 mars 2008.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] &#171; &#8230; c'est une v&#233;rit&#233; d'&#233;vidence que la participation du citoyen &#224; l'&#233;laboration des lois, par le biais indirect ordinaire de l'&#233;lection de ses repr&#233;sentants, p&#232;se de peu de poids dans la d&#233;termination du contenu de ces lois &#187;. (C. Colliot-Th&#233;l&#232;ne, La D&#233;mocratie sans &#171; Demos &#187;, PUF, 2011, p. 8).&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] &#171; &#8230; la justification de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative comme standard obligatoire de sa forme moderne repose sur le postulat de l' &#187;ignorance du peuple &#187; (citation tir&#233;e de Guy Hermet, &#171; Une crise de la th&#233;orie d&#233;mocratique, in Catherine Gobin et Beno&#238;t Rihoux (dir.) , &#171; La d&#233;mocratie dans tous ses &#233;tats &#187;, &#233;d. Academia Bruylant, Bruxelles, 2000, p. 142). Cette id&#233;e est partag&#233;e par bien d'autres chercheurs (ex : G. Duprat (dir.), &#171; L'ignorance du peuple &#187;, PUF, Paris 1998).&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Dans ce syst&#232;me, malgr&#233; les apparences formelles des institutions qui r&#233;gissent la vie d'un pays, les d&#233;tenteurs du pouvoir r&#233;el d&#233;l&#232;guent bien la capacit&#233; &#224; prendre des d&#233;cisions formelles sur des domaines vari&#233;s, mais gardent l'essentiel de leur pouvoir. C'est la promotion de cette id&#233;e qui a mobilis&#233; les manifestants du mouvement &#171; Occupy &#187; apparu en divers pays de la plan&#232;te. Pour dire, en quelque sort : le pouvoir n'est pas &#224; la Maison Blanche, ni au Capitol, mais &#224; Wall Street !&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] Au syst&#232;me &#233;conomique et social existant correspond un mode d'exploitation des richesses naturelles, tendant &#224; la pr&#233;dation, en tant que biens &#171; gratuits &#187; et &#171; dispens&#233;s &#187; d'&#234;tre renouvel&#233;s. Ceci d&#233;coule du productivisme, la maximisation des profits priv&#233;s et le &#171; court-termisme &#187;, propres au syst&#232;me capitaliste. L'Ecologie, en tant qu'id&#233;ologie, s'oppose ainsi, de mani&#232;re radicale, &#224; ce syst&#232;me, m&#234;me si l' &#171; &#233;cologie politique existante &#187; est port&#233;e &#224; faire des compromis, se limitant &#224; r&#233;duire l'impact d&#233;vastateur sur les biens naturels.&lt;br class='autobr' /&gt;
[6] A l'exemple du Programme du Conseil National de la R&#233;sistance Fran&#231;aise (1944), qui a rendu possible une avanc&#233;e sociale notable (dite &#171; des trente glorieuses &#187;), qui, peu ou prou, a eu &#233;galement lieu dans d'autres pays europ&#233;ens.&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] Voir encore comme synonyme d'Autogestion &#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] Ceci &#233;tant, il n'y a pas d'issues in&#233;vitables dans une campagne r&#233;f&#233;rendaire nationale. Un exemple de cela est la campagne du r&#233;f&#233;rendum sur le Trait&#233; Constitutionnel de l'Union Europ&#233;enne de 1995, en France et en Hollande, o&#249;, malgr&#233; l'orientation propos&#233;e dans les grands m&#233;dias, les &#233;lecteurs se sont prononc&#233;s par un Non majoritaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
[9] Bien qu'introduit, sous Sarkozy, dans la Constitution (l'article 11 de la Constitution), le r&#233;f&#233;rendum d'initiative populaire en France n'existe pas. Les nombreux obstacles qui y ont &#233;t&#233; appos&#233;s ne permettent de qualifier ce m&#233;canisme de v&#233;ritable initiative populaire. En principe, ce m&#233;canisme &#233;lectoral est mis en marche suite &#224; une p&#233;tition de citoyens. (cf. Wikip&#233;dia). Mais pour d&#233;clencher ce r&#233;f&#233;rendum, il faut une d&#233;cision favorable de 20% du Congr&#232;s (deux chambres), ainsi que d'autres conditions (issues de la Commission Baladur, 2008).&lt;br class='autobr' /&gt;
[10] Qui, souvent, n'en &#233;tait pas une, lorsque les abstentions n'&#233;taient pas prises en compte dans le calcul des r&#233;sultats finaux des &#233;lections.&lt;br class='autobr' /&gt;
[11] L'ouvrage de Serge Halimi et Dominique Vidal (collab. d'Henri Maler), &#171; L'opinion, &#231;a se travaille&#8230; &#187; (Ed. Agone, 2006, 191 p. +chronologie), qui porte sur &#171; les m&#233;dias et les guerres justes &#187;, n'aborde que la manipulation sur des th&#232;mes de la politique internationale, mais l'exp&#233;rience d&#233;crite &#233;claire &#233;galement sur le traitement fait aux th&#232;mes politico-sociaux nationaux. Sur ce m&#234;me sujet : Patrick Champagne, &#171; Faire l'opinion. Le nouveau jeu politique &#187;, &#201;ditions de Minuit, 1990.&lt;br class='autobr' /&gt;
[12] Selon l'expression utilis&#233;e par les Missions d'Observation Electorale internationales pour donner le quitus final aux autorit&#233;s du pays o&#249; des &#233;lections ont eu lieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
[13] Dans chaque soci&#233;t&#233; des &#171; familles de valeurs &#187; diff&#233;remment combin&#233;es, s'affrontent sur le terrain politique. Un consensus peut exister sur quelques valeurs, diff&#233;remment interpr&#233;t&#233;es, mais il n'y a pas de Table des Valeurs attach&#233;e &#224; une identit&#233; nationale d&#233;termin&#233;e de tel ou tel peuple, dans tel ou tel pays, malgr&#233; ce que, pour des raisons politiques, certains courants politiques essayent de faire croire.&lt;br class='autobr' /&gt;
[14] C f. &#171; L'initiative populaire est-elle toujours judicieuse ? &#187;, in Courrier International, n&#176; 996, 3-9 d&#233;cembre 2009, p. 14. De m&#234;me, bien que des sondages r&#233;cents manquent, un sondage du Figaro publi&#233; le lendemain du vote de la loi d'abolition du 9 octobre 1981, indiquait que 63 % des &#171; Fran&#231;ais &#187; &#233;taient pour le maintien de la peine de mort. Celle-ci serait probablement donc &#233;t&#233; maintenue si un r&#233;f&#233;rendum sur la question avait alors lieu. C'est bien pour cela que le Front National a inscrit cette proposition dans son programme pendant longues ann&#233;es, apr&#232;s la promulgation de la loi d'abolition de la peine de mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
[15] Sur ce sujet, citons l'ouvrage de C&#233;line Braconnier et Jean-Yves Dormagen, &#171; La d&#233;mocratie de l'abstention &#8211; aux origines de d&#233;mobilisation &#233;lectorale en milieu populaire &#187;, &#224; partir d'une longue enqu&#234;te men&#233;e &#224; la Cit&#233; des Cosmonautes, &#224; St. Denis, &#206;le de France (coll. Folio Actuel, Gallimard, 2006, 394 p.+ appendice). Pour &#171; d&#233;mocratie de l &#8216;abstention &#187;, les auteurs entendent la situation d'un pays consid&#233;r&#233; d&#233;mocratique tout en tol&#233;rant que la moiti&#233;, voire plus de la moiti&#233; des &#233;lecteurs ne participent pas aux &#233;lections.&lt;br class='autobr' /&gt;
[16] Sondage r&#233;alis&#233; par Ipsos Logica Business Consulting (Le Monde, 19/6/12). Le fait que le comportement abstentionniste a &#233;t&#233; observ&#233; lors d'une &#233;lection pr&#233;sidentielle gagn&#233;e par un candidat connot&#233; &#171; de gauche &#187; est r&#233;v&#233;lateur du fait que l'&#233;volution observ&#233;e favorise autant la dite &#171; gauche &#187; que la droite.&lt;br class='autobr' /&gt;
[17] Les abstentionnistes intermittents sont aussi des participationnistes intermittents. Des &#233;tudes de l'INSEE, portant sur la p&#233;riode 2002, distinguaient deux types d'abstentionnisme. Ainsi, seuls 13 % des inscrits se sont abstenus &#224; toutes les &#233;lections qui ont eu lieu, et 40% des inscrits ont vot&#233; par intermittence, et 47% ont vot&#233; &#224; toutes les &#233;lections. (r&#233;f&#233;r&#233; par C&#233;line Braconnier et P-Y. Dormagen, op. cit., p. 66/67). Ajoutons encore qu'une proportion de l'ordre de 11-12%% des citoyens-&#233;lecteurs potentiels ne s'inscrivent pas dans les listes &#233;lectorales. Ils pourraient donc &#234;tre ajout&#233;s aux abstentionnistes &#171; permanents &#187;. Selon les auteurs cit&#233;s ci-dessus, ces non-inscrits sont particuli&#232;rement nombreux dans les quartiers populaires, comme aux &#171; Cosmonautes &#187;, le terrain d'enqu&#234;te de ces auteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
[18] Le fait de juger si une lutte ou un mouvement social sont porteurs de caract&#233;ristiques susceptibles de renforcer une dynamique en cours, reste un jugement subjectif, plus ou moins partag&#233;. Mais c'est bien la pratique qui tranchera si le jugement est, ou n'est pas, pertinent.&lt;br class='autobr' /&gt;
[19] En vue d'&#233;valuer l'incidence du manque d'information sur les faits et les enjeux politiques, de la vuln&#233;rabilit&#233; &#224; la d&#233;sinformation et &#224; la manipulation de l'information et autres &#171; storytellings &#187;, des chercheurs nord-am&#233;ricains invitent &#224; un huis clos de week-end quelques dizaines de personnes (tir&#233;es au hasard), pour les briefer sur des sujets d'ordre politique (type couverture universelle sant&#233;, politique ext&#233;rieure, r&#233;chauffement climatique, &#8230;). Ces personnes sont invit&#233;es &#224; voter au d&#233;but de cet huis clos et revotent &#224; la fin. Il est observable qu'un nombre significatif de participants changent leur vote en partant. Ceci m&#232;ne &#224; conclure que le vote au suffrage universelle refl&#232;te l'&#233;tat d'une opinion, plus ou moins &#171; travaill&#233;e &#187;, plut&#244;t que la soi-disant &#171; volont&#233; exprim&#233;e du peuple &#187; comme le fait croire la rh&#233;torique des m&#233;dias et des personnalit&#233;s politiques de tous bords (beaucoup de bords, du moins).&lt;br class='autobr' /&gt;
[20] Michel Lepesant donne le nom de &#171; masse critique &#187; &#224; ce niveau de mobilisation qui met en marche, d'une part un &#233;largissement du soutien et de la mobilisation sur le terrain, et d'autre part, se forme un consensus large aupr&#232;s de la masse des citoyens rest&#233;e apathiques, dubitatifs ou m&#234;me hostiles. Les masses, le Peuple tout entier -et &#171; uni &#187;- ne se mobilise pas, dans un premier temps, mais une fois atteint ce niveau, soit les citoyens adh&#233;rent par consentement, soit ils restent passifs, n'emp&#234;chant pas que les rapports de force &#233;voluent de mani&#232;re &#224; forcer les institutions &#224; se d&#233;finir, sachant que, ici, nous parlons de revendications visant la refondation et transformation du syst&#232;me politique, &#233;conomique et social.&lt;br class='autobr' /&gt;
[21] &#8220;El pueblo unido jam&#225;is sar&#225; vencido&#8221; est, certes, un slogan et comme tel, il sert &#224; unifier des manifestants. Pris &#224; la lettre, toutefois, il est trompeur, en conc&#233;dant trop &#224; l'id&#233;e que ce n'est que quand le peuple est &#171; uni &#187; &#8230; &#171; comme un seul homme &#187; &#8230; qu'il est en mesure d'agir comme acteur du changement dans la soci&#233;t&#233; et aupr&#232;s des institutions. Nous pensons qu'une combinaison dynamique de la diversit&#233; de la soci&#233;t&#233;, m&#234;me avec des zones largement passives, est capable de faire avancer des changements de fond.&lt;br class='autobr' /&gt;
[22] Dans leur id&#233;ologie (sens non p&#233;joratif), les partis de la Gauche radicale tendent &#224; omettre ou &#224; subalterniser le r&#244;le des valeurs de gauche, par rapport aux int&#233;r&#234;ts &#171; concrets &#187;, &#171; de classe &#187; de chaque citoyen, alors que leur r&#244;le dans la formation d'une volont&#233; d'engagement pour une Alternative, est aussi fondamental que celui des int&#233;r&#234;ts. Ceux-ci peuvent m&#234;me jouer un r&#244;le de frein, dans la mesure o&#249;, pour beaucoup, tout changement venant de la soci&#233;t&#233; en mouvement risquerait fort de porter pr&#233;judice, &#224; court terme, &#224; leurs int&#233;r&#234;ts. Par contre, un engagement bas&#233; sur la fid&#233;lit&#233; &#224; des valeurs, est &#224; m&#234;me de sacrifier &#171; ses propres int&#233;r&#234;ts &#187;. Du reste ceci explique l'observation courante que les &#171; fr&#233;quentateurs &#187; de manifs sont des &#171; privil&#233;gi&#233;s &#187; (bobos, etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
[23] Notons &#233;galement les cas de &#171; dolarisation &#187; des &#233;conomies de certains pays, comme ce fut le cas en Argentine et au Zimbabwe, et qui peuvent &#234;tre &#233;galement pris comme exemples du &#171; non-respect &#187; de la r&#232;gle &#171; battre sa monnaie'.&lt;br class='autobr' /&gt;
[24] Vu la grande masse d'informations &#224; traiter pour une gestion rationnelle de ces ressources, et leur complexit&#233;, une direction faisant de la place &#224; des experts nous semble indispensable. Le caract&#232;re d&#233;mocratique viendrait plut&#244;t du contr&#244;le citoyen, ouvert le plus possible, et de la transparence de gestion, en particulier de la nomination des experts (in website Vie Publique &#8211; Au c&#339;ur du d&#233;bat public, le 11/04/2012 : &#171; Comment un citoyen peut-il contr&#244;ler l'action des &#233;lus locaux &#187;).&lt;br class='autobr' /&gt;
[25] La d&#233;mocratie repr&#233;sentative pratiqu&#233;e dans une partie importante des pays des r&#233;gions cit&#233;es n'est pas, en g&#233;n&#233;ral, entach&#233;e de fraudes. L&#224;, les &#233;lections sont donc &#171; libres, justes et transparentes &#187;. Le conditionnement de la dite &#171; opinion publique &#187; (donc, concernant des citoyens), n'est pas li&#233;e &#224; une manipulation directement vou&#233;e &#224; produire des r&#233;sultats &#233;lectoraux confortant la stabilit&#233; du pouvoir de l'oligarchie. La &#171; pens&#233;e unique &#187;, diffus&#233;e par maintes voies, r&#233;unit tous les raisonnements n&#233;cessaires &#224; garantir la stabilit&#233; du pouvoir. Notons, toutefois, qu'une bonne partie des dictateurs (parfois, de p&#232;re en fils, voire le cas du Gabon), se font &#171; &#233;lire &#187;, en organisant p&#233;riodiquement des mascarades &#233;lectorales avec pr&#233;tention &#224; &#234;tre prises pour des copies conformes des &#233;lections &#171; d&#233;mocratiques &#187;. Les Missions d'Observation Electorale internationales rarement mettent en cause ces &#171; &#233;lections &#187;, sous pr&#233;texte que les &#171; irr&#233;gularit&#233;s constat&#233;es &#187; n'auraient pas chang&#233; le verdict final. De la sorte, ces Missions cautionnent les &#171; r&#233;sultats officiels &#187;. Si la contestation il y a, au point de proposer l'invalidation des dites &#171; &#233;lections &#187;, le dictateur peut ne pas en tenir compte (ex. le Pr&#233;sident du Zimbabwe, Mugabe, 2008 ; Kenya, ).&lt;br class='autobr' /&gt;
[26] Cette expression vient directement des conceptions des autochtones am&#233;rindiennes sur la vie sociale, reprise dans les ouvrages et articles de Paul Ari&#232;s, professeur &#224; l'Institut de Sciences Politiques de Lyon, directeur du journal Sarkophage et de la revue Z'Indign&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
[27] La soci&#233;t&#233; &#233;galitaire recherch&#233;e ne doit pas &#234;tre con&#231;ue comme &#171; &#233;galitariste &#187;, c'est-&#224;-dire sous la base d'une hypoth&#232;se irr&#233;aliste selon laquelle, en fin de processus, les moyens dont disposeraient les citoyens seraient exactement les m&#234;mes pour tous. Non pas pour &#171; r&#233;tablir l'in&#233;galit&#233; &#187;, mais pour tenir compte, selon des r&#232;gles consensuelles, des diff&#233;rences entre individus (base de l'identit&#233; individuelle), et des efforts de chacun-e (autrefois : &#171; m&#233;rite &#187;).&lt;br class='autobr' /&gt;
[28] Ces instances de Contr&#244;le Citoyen pourront &#234;tre saisies par tout-e citoyen-ne qui aurait &#224; signaler une distorsion dans le fonctionnement d'une institution d&#233;mocratique. Signalement aupr&#232;s des instances g&#233;n&#233;rales d'appel, ou confi&#233;es enti&#232;rement &#224; des commissions de surveillance, &#224; l'instar de ce qui existe dans des grandes soci&#233;t&#233;s de droit commercial. Les responsables et membres de celles-ci pourraient &#234;tre choisis par le syst&#232;me du tirage au sort sur la liste nationale, r&#233;gionale ou nationale, des &#171; R&#233;sidents &#187;, qui seront tous citoyens (crit&#232;re du Vivre Ensemble).&lt;br class='autobr' /&gt;
[29] Ces nouvelles institutions sont appel&#233;es, par certains, au sein de la gauche radicale, par le nom d'&#171; institutions molles &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[30] Autrement dit, il s'ag&#238;t de capter et mettre en forme la dite &#171; Intelligence collective &#187; de fa&#231;on &#224; devenir des &#233;l&#233;ments inspirateurs ou constitutifs de nouvelles lois.&lt;br class='autobr' /&gt;
[31] Voir encadr&#233; sur le tirage au sort&lt;br class='autobr' /&gt;
[32] Il faudrait &#233;galement pr&#233;voir que les citoyen-nne-s puissent durant leur vie changer leur adh&#233;sion &#224; une approche politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
[33] L'inscription dans les listes de diff&#233;rents crit&#232;res (proximit&#233; ou autre) serait th&#233;oriquement ouverte &#224; TOUS les citoyens. Mais le-la citoyen-ne tir&#233;-e au sort peut ne pas avoir des conditions pour l'exercice de son mandat (maladie grave chronique, certains types d'handicaps, activit&#233; professionnelle contradictoire avec ce m&#234;me exercice, manque r&#233;el de disponibilit&#233; pour raisons diverses). En Gr&#232;ce Antique (Ath&#232;nes), les tir&#233;-e-s au sort &#233;taient l'objet d'une v&#233;rification de leur &#171; dignit&#233; &#187;. Cette v&#233;rification, qui pourrait amener &#224; &#233;carter le tir&#233; au sort, semble bien pouvoir &#234;tre adopt&#233;e. Reste &#224; savoir si, en dehors de ces cas, la-le tir&#233;-e au sort peut se refuser &#224; exercer son mandat, ou s'il-elle peut d&#233;sister de sa charge en cours de mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Albano Cordeiro est &#233;conomiste-sociologue &#224; Paris.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
