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	<title>Les blogs d'Attac</title>
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	<description>Qui sommes-nous ? Fond&#233;e en 1998, suite &#224; la r&#233;daction d'un &#233;ditorial du Monde diplomatique : &#171; D&#233;sarmer les march&#233;s &#187; (d&#233;cembre 1997), Attac (Association pour la taxation des transactions financi&#232;res et pour l'action citoyenne) promeut et m&#232;ne des actions de tous ordres en vue de la reconqu&#234;te, par les citoyens, du pouvoir que la sph&#232;re financi&#232;re exerce sur tous les aspects de la vie politique, &#233;conomique, sociale et culturelle dans l'ensemble du monde.
Attac se revendique comme un mouvement d'&#233;ducation populaire tourn&#233; vers l'action, consid&#233;rant que le premier outil pour changer le monde est le savoir des citoyens. Attac produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Fin 2010, Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays, chaque organisation nationale &#233;tant autonome et devant simplement adh&#233;rer &#224; la plateforme internationale ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 170 comit&#233;s locaux.
L'association est dirig&#233;e par un conseil d'administration de 42 membres &#233;lus par les adh&#233;rents, et dispose de l'expertise d'un conseil scientifique de 110 membres.
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	<language>fr</language>
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		<title>Quelles solutions pour parvenir &#224; une d&#233;mocratie r&#233;elle et globale ?</title>
		<link>https://blogs.attac.org/commission-democratie/outils-de-la-democratie/article/quelles-solutions-pour-parvenir-a-une-democratie-reelle-et-globale</link>
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		<dc:date>2013-02-18T14:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thierry Brugvin</dc:creator>



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&lt;p&gt;Comment combattre les pouvoirs ad&#233;mocratiques et parfois ill&#233;gaux exerc&#233;s par les &#233;lites du local au mondial ? par ordre d'importance : Le premier et principal niveau de pouvoir du syst&#232;me actuel est le syst&#232;me capitaliste Le second niveau consisterait &#224; d&#233;mocratiser en profondeur la r&#233;gulation de la soci&#233;t&#233; (principe de subsidiarit&#233;, etc&#8230;) Le troisi&#232;me niveau consisterait des modes de d&#233;cision des &#233;lus &lt;br class='autobr' /&gt; Comment combattre les pouvoirs ad&#233;mocratiques et parfois m&#234;me ill&#233;gaux, exerc&#233;s par le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-democratie/outils-de-la-democratie/" rel="directory"&gt;Outils de la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment combattre les pouvoirs ad&#233;mocratiques et parfois ill&#233;gaux exerc&#233;s par les &#233;lites du local au mondial ? par ordre d'importance :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le premier et principal niveau de pouvoir du syst&#232;me actuel est le syst&#232;me capitaliste
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le second niveau consisterait &#224; d&#233;mocratiser en profondeur la r&#233;gulation de la soci&#233;t&#233; (principe de subsidiarit&#233;, etc&#8230;)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le troisi&#232;me niveau consisterait des modes de d&#233;cision des &#233;lus&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment combattre les pouvoirs ad&#233;mocratiques et parfois m&#234;me ill&#233;gaux, exerc&#233;s par le pouvoir des &#233;lites du local au mondial ? Les indign&#233;s, les militants, les &#233;lus, voir les anticonspirationnistes, ne prennent que rarement le probl&#232;me dans sa globalit&#233;, se limitant souvent &#224; des d&#233;tails, des propositions parfois int&#233;ressantes, mais r&#233;duites &#224; de petites r&#233;formes &#224; la marge du syst&#232;me. Il y a en effet, des r&#233;formes &#224; entreprendre au niveau de la d&#233;mocratisation des m&#233;canismes d&#233;cisionnels, mais ce n'est que le 3e niveau par ordre hi&#233;rarchique. Le premier des trois niveaux de transformation radicale de la d&#233;mocratie, rel&#232;ve du niveau de la d&#233;mocratisation du mode de production &#233;conomique (le capitalisme) et le second du niveau de la d&#233;mocratisation de la r&#233;gulation soci&#233;tale (&#233;conomique, sociale, &#233;cologique&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le premier et principal niveau&lt;/strong&gt; du pouvoir du syst&#232;me actuel est le syst&#232;me capitaliste. Ce dernier &#171; gouverne &#187; gr&#226;ce &#224; la domination des infrastructures &#233;conomiques sur les superstructures (publiques et id&#233;ologiques&#8230;), comme le d&#233;crivait Marx. Les &#233;lites &#233;conomiques sont donc les premiers ma&#238;tres de la soci&#233;t&#233; dans son ensemble et domine les &#233;lites politiques, avec qui elles ont des int&#233;r&#234;ts de classes. Ce n'est donc ni les &#233;lites seules qui d&#233;cident, comme l'imaginent certains anticonspirationnistes, ni un syst&#232;me capitaliste abstrait et d&#233;sincarn&#233; comme l'analyse certains marxistes. C'est pourquoi la transformation des entreprises capitalistes en de petites coop&#233;ratives priv&#233;es et publiques serait un premier pas. En effet, dans les coop&#233;ratives, la propri&#233;t&#233; est socialis&#233;e et le pouvoir d&#233;cisionnel (pour les d&#233;cisions importantes) est collectif. Les pr&#234;ts aux &#201;tats par des banques publiques autogestionnaires seraient une avanc&#233;e majeure, car actuellement ce sont les banques priv&#233;es capitalistes qui repr&#233;sentent le premier pouvoir du capitalisme, notamment gr&#226;ce &#224; la dette publique. Ainsi, les diff&#233;rents pouvoirs financiers, productifs, r&#233;pressifs, m&#233;diatiques, exerc&#233;s par les &#233;lites &#233;conomiques qui en d&#233;tiennent les commandes, seraient d&#233;mocratis&#233;s en profondeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le second niveau&lt;/strong&gt; consisterait &#224; d&#233;mocratiser la r&#233;gulation de la soci&#233;t&#233; en profondeur. En effet, la soci&#233;t&#233; souffre de deux maux le centralisme (national, continental, mondial) qui impose une d&#233;r&#233;gulation, puis une r&#233;gulation n&#233;olib&#233;rale, c'est-&#224;-dire des lois interdisant d'autres lois ! Telle la loi de la libert&#233; du commerce libre et non fauss&#233;. Contre ces exc&#232;s, il s'agit de relocaliser la production et de r&#233;guler l'&#233;conomie de mani&#232;re f&#233;d&#233;raliste. Le f&#233;d&#233;ralisme v&#233;ritable, ne consiste pas &#224; un syst&#232;me centralis&#233;, mais au contraire une d&#233;centralisation dominante. Pour cela il faut appliquer une r&#233;gulation fond&#233;e sur le principe de subsidiarit&#233; (une d&#233;cision ne doit &#234;tre prise au niveau sup&#233;rieur, que si elle ne peut pas &#234;tre d&#233;cid&#233;e au niveau inf&#233;rieur). Cela signifie que les acteurs &#233;conomiques et sociaux disposeront de la libre initiative, &#224; l'exception des obligations d&#233;cid&#233;es par les autorit&#233;s publiques d&#233;mocratiques (pouvoirs publics et parties prenantes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au niveau international&lt;/strong&gt;, la subsidiarit&#233; signifie que chaque Etat, &#233;tant souverain, dispose du droit de g&#233;rer lui-m&#234;me ses ressources (renouvelables ou non). Le fait de choisir de mani&#232;re l&#233;gitime une r&#233;gulation au niveau national s'appuie sur le principe de la n&#233;cessit&#233; de l'autonomie, de l'efficacit&#233; (plus les acteurs sont proches du sujet, plus ils connaissent les besoins) et sur le d&#233;veloppement d'une culture sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au niveau national&lt;/strong&gt;, le probl&#232;me est le m&#234;me, par exemple en France, cela consistera &#224; d&#233;cider du montant du RMI ou du salaire minimum au niveau national, peut &#233;viter la concurrence vers le bas entre r&#233;gions ou les entreprises. Par contre, d&#233;cider du montant du budget pour le transport collectif dans une commune peut l&#233;gitimement se discuter et se d&#233;cider &#224; au niveau municipal. Ce syst&#232;me alternatif peut &#234;tre d&#233;nomm&#233; relocalisation f&#233;d&#233;raliste, il est fond&#233; sur la relocalisation de la production et la r&#233;gulation f&#233;d&#233;raliste de la fiscalit&#233;, du social et de l'&#233;cologie. Il faut en effet, &#233;viter deux exc&#232;s, celui du centralisme r&#233;publicain, internationaliste, ou mondialiste et l'autre exc&#232;s le r&#233;gionaliste ou le nationalisme x&#233;nophobe, &#233;go&#239;ste et guerrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux moteurs principaux de l'imp&#233;rialisme sont les int&#233;r&#234;ts des &#233;lites capitalistes et dans une moindre mesure le nationalisme, qui consiste dans le besoin de dominer les autres nations et cultures. La d&#233;mocratisation de ces deux niveaux, que sont le gouvernement national et le capitalisme, permettrait de limiter consid&#233;rablement le n&#233;ocolonialisme &#233;conomique et militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 3e niveau &lt;/strong&gt; de la d&#233;mocratisation consistera dans les r&#233;formes plus classiques, du mode de d&#233;cision par les &#233;lus. Les propositions que l'on entend habituellement qui sont n&#233;cessaires, mais non pas suffisantes pour une d&#233;mocratie v&#233;ritable. Elle consiste dans l'am&#233;lioration de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative (le non cumul des mandats, dans le temps et dans l'espace, le renforcement du pouvoir l&#233;gislatif sur l'ex&#233;cutif (le parlement sur le gouvernement), l'&#233;lection &#224; la proportionnelle pond&#233;r&#233;e, l'accroissement des mandats imp&#233;ratifs&#8230;), le d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie participative (budget participatif, participation citoyenne, cr&#233;ation d'une chambre des associations citoyennes au parlement&#8230;), de la d&#233;mocratie directe (avec les r&#233;f&#233;rendums en particulier), de la d&#233;mocratie par tirage &#224; sort fond&#233;e de citoyen volontaire (par exemple pour &#233;lire les d&#233;put&#233;s ou les conseils municipaux, mais pas le maire&#8230;). Certaines de ses r&#233;formes supposeraient c'est-&#224;-dire de cr&#233;er une nouvelle constitution, avec des citoyens. D'autres r&#233;formes sont encore n&#233;cessaires, telles que le respect de l'&#201;tat de droit (par un renforcement de l'ind&#233;pendance de la justice, gr&#226;ce &#224; une meilleure s&#233;paration des pouvoirs et un accroissement des moyens financiers), une plus grande transparence financi&#232;re des entreprises, des biens des &#233;lites &#233;conomiques et politiques, l'abolition des paradis fiscaux... Faute de pouvoir, interdire le lobbying, il s'agirait au moins de le r&#233;glementer, car le fait que deux personnes qui se rencontrent pour discuter autour d'un verre peuvent d&#233;j&#224; &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une forme de lobbying[1], d&#232;s qu'il s'agit d'un &#233;lu. Or, il est impossible de l'interdire en &#171; d&#233;mocratie r&#233;elle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; que le pouvoir des &#233;lites ne se limite pas &#224; celui des &#233;lus, nous pouvons en conclure que le changement soci&#233;tal et d&#233;mocratique ne pourra passer par les seules &#233;lections repr&#233;sentatives, ou un seul axe, tel que l'interdiction des lobbies. Si les citoyens parvenaient &#224; faire interdire tous les lobbies, le syst&#232;me oligarchique capitaliste actuel pourrait continuer &#224; fonctionner, en s'appuyant sur les autres piliers du pouvoir. Le changement pour &#234;tre effectif, suppose donc de prendre en compte chacun des grands axes du pouvoir des &#233;lites que nous avons analys&#233;, c'est-&#224;-dire que la transformation touche tous les niveaux : le pouvoir financier (banques, dette et paradis fiscaux), les organisations internationales publiques, le pouvoir de la production et du commerce, la concurrence des pouvoirs nationalistes et le pouvoir ad&#233;mocratique de l'&#201;tat, le pouvoir r&#233;pressif ill&#233;gal (policiers, milices, militaires&#8230;), le pouvoir relationnel et id&#233;ologique, communicationnel et la dimension psychosociologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, de nombreuses autres solutions sont &#224; proposer ou plus simplement &#224; collecter, &#224; rassembler. Une s&#233;rie de propositions avaient &#233;t&#233; formul&#233;es par l'association Attac[2]. Une fois que le fait ad&#233;mocratique est &#233;tabli, les solutions sont parfois simples, car elles d&#233;coulent souvent du constat d'une d&#233;rive. Il suffit souvent de proposer simplement une loi contraire. Par exemple, contre l'opacit&#233; des comptes des entreprises et des &#201;tats, il s'agit alors de r&#233;clamer la transparence compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, les partisans d'une d&#233;mocratisation de la soci&#233;t&#233;, commencent par proposer des r&#233;formes secondaires, portant sur le mode de d&#233;cision, plut&#244;t que de s'attaquer au mode de r&#233;gulation trop centralis&#233; et trop d&#233;r&#233;gul&#233;, mais surtout &#224; son c&#339;ur, le pouvoir du capitalisme exerc&#233; par ses &#233;lites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Matthieu BOISSAVY propose diff&#233;rentes mesures pour r&#233;glementer le lobbying : - Obligation des lobbyistes de d&#233;clarer leurs actions entreprises pour le compte de leurs clients - Obligation d'en faire la publicit&#233; : (mettre ces informations a disposition du public) - Interdiction aux lobbyistes de transmettre aux pouvoirs publics des informations qu'ils savent fausses - Cr&#233;er une autorit&#233; ind&#233;pendante de contr&#244;le du lobbying, soumise au pouvoir politique. Elle aura le pouvoir d'enqu&#234;te et de poursuite disciplinaire ou p&#233;nale en coordination avec le minist&#232;re public aura &#233;t&#233; relev&#233;. - Pr&#233;voir des sanctions disciplinaires et p&#233;nales applicables en cas de violation de la r&#233;glementation.- Cr&#233;ation d'une liste publique des lobbies et l'obligation d'y &#234;tre enregistr&#233;. (BOISSAVY Matthieu, &#8220;Le droit et le lobbying : de la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;glementation du lobbying en France et aupr&#232;s de l'Union Europ&#233;enne&#8221;, in DELACROIX X. (Dir), Influencer la d&#233;mocratie, d&#233;mocratiser l'influence, Paris, AFCAP, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] ATTAC, Manifeste Altermondialiste, &lt;a href=&#034;http://www.manifeste.attac.org/index.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.manifeste.attac.org/index.php&lt;/a&gt; Manifeste, 2007. &lt;br class='autobr' /&gt; ATTAC, Volet d&#233;mocratique du Manifeste, 2006. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://thierrybrugvin.voila.net/Pages/Democratie_et_gouv_neo_lib/Democratie_et_gouv_neo_lib.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://thierrybrugvin.voila.net/Pages/Democratie_et_gouv_neo_lib/Democratie_et_gouv_neo_lib.html&lt;/a&gt;,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour un contr&#244;le d&#233;mocratique de la gestion des affaires publiques</title>
		<link>https://blogs.attac.org/commission-democratie/situations-non-democratiques/article/pour-un-controle-democratique-de-la-gestion-des-affaires-publiques</link>
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		<dc:date>2011-08-21T15:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Delarue, Martine Boudet, Thierry Brugvin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Plan de cette contribution : I - De quelques affaires politico-financi&#232;res symbolisant les d&#233;rives d&#233;mocratiques II - Les d&#233;voiements du syst&#232;me public r&#233;publicain et d&#233;mocratique fran&#231;ais. III - Une tendance g&#233;n&#233;rale du n&#233;olib&#233;ralisme : l'accaparement oligarchique de l'Etat IV - Pour une reconqu&#234;te d&#233;mocratique de la gestion des affaires publiques &lt;br class='autobr' /&gt; Si la R&#233;publique vise via la d&#233;mocratie la coh&#233;sion sociale et le bien commun, il faut remarquer qu'avec la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-democratie/situations-non-democratiques/" rel="directory"&gt;Situations non d&#233;mocratiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plan de cette contribution :&lt;br class='autobr' /&gt;
I - De quelques affaires politico-financi&#232;res symbolisant les d&#233;rives d&#233;mocratiques&lt;br class='autobr' /&gt;
II - Les d&#233;voiements du syst&#232;me public r&#233;publicain et d&#233;mocratique fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
III - Une tendance g&#233;n&#233;rale du n&#233;olib&#233;ralisme : l'accaparement oligarchique de l'Etat&lt;br class='autobr' /&gt;
IV - Pour une reconqu&#234;te d&#233;mocratique de la gestion des affaires publiques&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si la R&#233;publique vise via la d&#233;mocratie la coh&#233;sion sociale et le bien commun, il faut remarquer qu'avec la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s la d&#233;g&#233;n&#233;rescence et de la R&#233;publique et de la d&#233;mocratie s'est accrue. L'Etat social perd de son statut protecteur du peuple-classe face aux puissants. C'est que les oligarchies ont toujours agi pour brider la d&#233;mocratie (populaire) et pour s'approprier la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une majorit&#233; des probl&#232;mes socio-&#233;conomiques rel&#232;vent du syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral, dont une part des activit&#233;s (politiques et &#233;conomiques) est l&#233;gale et relativement d&#233;mocratique. Certaines d'entre elles s'av&#232;rent ill&#233;gales et ad&#233;mocratiques : ces d&#233;rives d&#233;linquantes voire maffieuses d&#233;terminent trop souvent les orientations politiques et &#233;conomiques nationales, voire internationales. Quels modes de d&#233;mocratisation institutionnelle sont n&#233;cessaires pour en contr&#244;ler et r&#233;duire l'impact sur la gestion des affaires publiques ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - De quelques affaires politico-financi&#232;res symbolisant les d&#233;rives d&#233;mocratiques
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise d&#233;multipli&#233;e du syst&#232;me n&#233;o-lib&#233;ral est un contexte favorable &#224; l'expansion de l'oligarchie politico-financi&#232;re.1A l'&#233;chelle de l'Union europ&#233;enne, la Gr&#232;ce, l'Espagne, le Portugal, la Hongrie&#8230;sont autant de pays dont les acquis sont dramatiquement menac&#233;s par les march&#233;s et lobbies financiers, qui tentent d'imposer leurs diktats aux gouvernements en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, depuis l'&#233;lection de Nicolas Sarkozy en 2007, les reculs sociaux sont encore accentu&#233;s : l'Etat social et m&#234;me l'Etat de droit sont progressivement phagocyt&#233;s par un gouvernement aux ordres. Une v&#233;ritable crise de r&#233;gime s'est ouverte, &#224; l'occasion du d&#233;bat sur le projet de contre-r&#233;forme des retraites : est-il l&#233;gitime en effet que des sacrifices croissants soient impos&#233;s au peuple-classe par la caste de politiciens affairistes actuellement aux commandes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en 2010, au moment o&#249; le projet sur les retraites &#233;tait l'objet de l'opposition de millions de personnes, l'affaire Woerth-Bettencourt, instruite entre autres par le journal en ligne Mediapart, r&#233;v&#233;lait de graves malversations financi&#232;res de la part de membres de l'ex&#233;cutif : soup&#231;ons de conflits d'int&#233;r&#234;t,de fraude et d'&#233;vasion fiscales, de trafic de biens publics et de r&#233;compenses honorifiques, de financement occulte de campagnes &#233;lectorales&#8230; Le d&#233;part de l'&#233;pouse d'Eric Woerth, ministre du Travail, de la soci&#233;t&#233; qui g&#232;re la fortune de Liliane Bettencourt (premi&#232;re fortune de France), la d&#233;mission de deux secr&#233;taires d'Etat, Christian Blanc et Alain Joyandet, celle d'E. Woerth de son poste de tr&#233;sorier du parti au pouvoir tout autant que son blanchiment par une juridiction interne &#224; son minist&#232;re (et l'absence d'enqu&#234;te judiciaire ind&#233;pendante) sont autant d'aveux d'un m&#233;lange des genres pour le moins inconvenant. Comme l'est la proposition de Jacques Chirac, ancien pr&#233;sident de la r&#233;publique, et de son parti l'UMP de n&#233;gocier un non-lieu en indemnisant la mairie de Paris des salaires ind&#251;ment vers&#233;s pour emplois fictifs pendant des ann&#233;es (2,2 millions d'euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sait, ces affaires qui se situent entre absence de s&#233;paration des pouvoirs et ill&#233;galit&#233;s, s'&#233;gr&#232;nent r&#233;guli&#232;rement depuis des d&#233;cennies et singuli&#232;rement depuis 2007. Certaines parviennent &#224; faire l'objet de proc&#232;s, qui restent trop souvent inaboutis, d'autres sont rapidement &#233;cart&#233;es par les pouvoirs en place. Outre celles qui ont &#233;t&#233; cit&#233;es pr&#233;c&#233;demment, on se rappelle l'affaire des march&#233;s publics en Ile de France, le proc&#232;s Elf dans lequel &#233;tait inculp&#233; le pr&#233;sident du Conseil constitutionnel de l'&#233;poque Roland Dumas, l'Angolagate et le proc&#232;s de Charles Pasqua, ancien ministre de l'Int&#233;rieur, l'affaire des d&#233;lits d'initi&#233;s &#224; Airbus, affaire Tapie-Lagarde du Cr&#233;dit lyonnais, celles de l'UIMM, du contrat de la SOFREMI et du casino d'Annemasse (Charles Pasqua), celle de l'hippodrome de Compi&#232;gne, l'affaire de Karachi, pour laquelle Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur, ancien premier ministre, pourraient &#234;tre mis en examen pour le financement de la campagne de ce dernier. Sans parler du projet n&#233;potiste, heureusement contrecarr&#233; par la mobilisation citoyenne et m&#233;diatique, de gestion de l'EPAD, le plus grand centre d'affaires europ&#233;en, par le fils du pr&#233;sident, &#233;tudiant en Droit &#226;g&#233; d'une vingtaine d'ann&#233;es ! Autre exemple de coup de force et d'aberration gestionnaire : la nomination par l'Elys&#233;e et contre la volont&#233; des conseils d'administration, de Fran&#231;ois P&#233;rol, &#224; la t&#234;te de la Banque Populaire et du Cr&#233;dit agricole fusionn&#233;s ; or ce dernier est &#224; l'origine des placements en bourse Natixis dont la faillite, dans le contexte de la chute des subprimes, conduisit &#224; la ruine de maints actionnaires. Quant &#224; l'affaire du Cr&#233;dit Lyonnais, la consid&#233;rable &#171; indemnisation &#187; de Bernard Tapie aux frais du contribuable n'a pas emp&#234;ch&#233; Christine Lagarde de remplacer DSL &#224; la direction g&#233;n&#233;rale du FMI. Il est vrai que cette institution, dirig&#233;e par des Fran&#231;ais depuis des d&#233;cennies, est loin de cultiver les principes de d&#233;mocratie et de justice sociale : dans ce cas, ce sont les peuples du Sud qui paient la note.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;** L'affaire Woerth-Bettencourt&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'affaire Woerth-Bettencourt concentre un grand nombre de d&#233;rives engendr&#233;es par la gouvernance n&#233;o-lib&#233;rale : conflits d'int&#233;r&#234;t,complicit&#233; de fraude et d'&#233;vasion fiscales, trafic de biens publics et de r&#233;compenses honorifiques, prises ill&#233;gales d'int&#233;r&#234;t, financement occulte de campagnes &#233;lectorales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etat-voyou ou Etat de droit /Etat social ? Qui l'emportera ? La suite donn&#233;e &#224; cette affaire, en conjonction avec les mouvements sociaux, conditionnera en partie l'avenir politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;** L'affaire de l'UIMM (caisse noire patronale)
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'UIMM a eu affaire &#224; la justice en d&#233;cembre 2007, &#224; travers l'ouverture d'une information judiciaire et la mise en examen de son ancien pr&#233;sident, Denis Gautier-Sauvagnac, pour abus de confiance. La caisse noire, cr&#233;&#233;e au sein de l'UIMM depuis des g&#233;n&#233;rations servait notamment &#224; corrompre certains acteurs cl&#233;s dont des responsables syndicaux. Le comit&#233; des forges est l'anc&#234;tre de l'UIMM (Union des m&#233;tiers et industries de la m&#233;tallurgie), qui est actuellement l'un des organes patronaux les plus puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1920-1930, les industriels les plus puissants gouvernaient dans les faits, mettant une politique ext&#233;rieure au service d'une politique int&#233;rieure consacr&#233;e &#224; la guerre des salaires. Parmi les plus riches on comptait d&#233;j&#224; la famille Seilli&#232;re (32 millions). C'est le &#171; Comit&#233; des forges (acier) et des houill&#232;res qui disposait de la plus grande influence avec la Famille De Wendel en premier lieu, mais aussi les Schneider, les Rothschild...(Ernest Antoine Seili&#232;res et Fran&#231;oise de Panafieu sont descendants des &#171; De Wendel &#187;)1.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;** L'affaire des march&#233;s publics d'Ile de France (Surfacturer afin de verser des commissions)
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains &#233;lus r&#233;ussissent &#224; s'enrichir &#224; travers la surfacturation de march&#233;s publics : ils octroient le march&#233; &#224; l'entreprise qui accepte ce march&#233; et encaissent la diff&#233;rence (entre prix de facturation et prix normal), pour eux ou leur parti politique. Ce syst&#232;me a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; notamment dans le cadre des march&#233;s publics d'Ile de France (construction de HLM, d'&#233;coles...). La majorit&#233; des partis politiques dominants (RPR, UDF, PS, PC) &#233;taient arros&#233;s, pour acheter leur silence2&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**L'affaire ELF3 : un Etat dans l'Etat, en Afrique et en France
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Loik Le Floch Prigent, affirme lui-m&#234;me dans un livre intitul&#233; &#8220;Affaires Elf, affaires d'Etat&#8221; (2001), faisant le bilan de son proc&#232;s, que &#8220;l'activit&#233; industrielle classique s'accompagne n&#233;cessairement de m&#233;canismes qui permettent le financement d'op&#233;rations opaques (...). Au sein du groupe (Elf) qui fait deux cents milliards de francs de chiffre d'affaires par an, le volume de ces op&#233;rations (occultes) varie de trois cents &#224; huit cents millions de francs. (...) Elf d&#233;pensait notamment ces fonds pour obtenir &#8220;des permis de forage&#8221; dans les pays ou la soci&#233;t&#233; n'&#233;tait pas encore implant&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces commissions vers&#233;es aux officiels du pays, via des interm&#233;diaires, &#233;tait d'un certaine fa&#231;on le prolongement de la politique &#233;trang&#232;re de la France, notamment dans les pays africains et c'est la raison pour laquelle le pr&#233;sident d'Elf en informait la pr&#233;sidence de la r&#233;publique (fran&#231;aise), ainsi que les ministres des Finances et du Budget&#8221; (Prigent, 55-56). &#8220;Disons que le pr&#233;sident d'Elf est &#224; la fois le pr&#233;sident d'une soci&#233;t&#233; p&#233;troli&#232;re et ministre bis de la Coop&#233;ration. Et c'est justement parce que cette soci&#233;t&#233; avait un objet politique et diplomatique en Afrique qu'elle a de tout temps financ&#233; les services secrets (...). Elf a servi au financement du parti gaulliste, et a m&#234;me &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour &#231;a...&#8221; (...). Puis ce fut le tour du parti socialiste et de certains de ses responsables. Certaines de ces affaires dans l'affaire ont d&#233;fray&#233; la chronique judiciaire (affaire Dumas, Deviers Joncourt, Sirven, Elf Thomson, avions renifleurs, affaires des fr&#233;gates, etc.). (Prigent, 2001 : 54-55 et 63-64).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;** Le proc&#232;s de L'Angolagate : le r&#244;le des banques (Paribas) et des &#233;lus politiques (Pasqua)
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s de l'Angolagate est &#233;galement exemplaire du pouvoir, non d&#233;mocratique et ill&#233;gal, exerc&#233; par des repr&#233;sentants de l'&#201;tat fran&#231;ais sous la pression des lobbies d'affaires ou de connivence avec ceux-ci. C'est le plus gros scandale de trafic d'armes de la fin du XXe si&#232;cle, sur fond d'enjeux p&#233;troliers. La collusion entre les d&#233;cideurs &#233;conomiques et politiques (fran&#231;ais, russes, am&#233;ricains, angolais...) vise &#224; servir leurs int&#233;r&#234;ts au d&#233;triment de leurs peuples respectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pasqua ou la corruption de certains &#233;lus&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien ministre de l'Int&#233;rieur, r&#233;put&#233; pour la duret&#233; de ses lois &#224; l'encontre de l'immigration (l&#233;gale ou clandestine) s'est-il appliqu&#233; &#224; lui-m&#234;me la m&#234;me rigueur ? Toujours est-il que cet ancien pr&#233;sident du Conseil g&#233;n&#233;ral des Hauts-de-Seine, qui a c&#233;d&#233; entre-temps son fief &#224; la famille Sarkozy, a &#233;t&#233; convaincu de corruption par la justice, entre autres dans le cadre de l'Angolagate. Le 29 novembre 1999, &#171; Les enqu&#234;teurs perquisitionnent le parti pasqua&#239;en, le RPF et les bureaux du pr&#233;sident du Conseil g&#233;n&#233;ral des Hauts-de-Seine et d&#233;couvrent qu'une r&#233;sidente gabonaise a fait un don de 7,5 millions de francs pour la campagne europ&#233;enne du RPF de 1999, et s'est port&#233;e caution d'un pr&#234;t de 4 millions par une banque mon&#233;gasque (&#8230;). Leurs comptes &#224; Monaco sont l'objet d'une instruction pour &#171; blanchiment &#187; (Beau, 2001) par une justice locale gu&#232;re r&#233;put&#233;e pour ses exc&#232;s de z&#232;le. Elle y a rep&#233;r&#233; d'importants virements, provenant notamment de la banque nationale angolaise &#187; (Chichizola, 2001).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean-Charles Marchiani : un symbole des pratiques ill&#233;gales entre Etat et acteurs &#233;conomiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jean-Charles Marchiani, 64 ans, natif d'un petit village corse voisin de celui de Charles Pasqua, a &#233;t&#233; un authentique agent secret. Du moins jusqu'en 1970, o&#249; il sera &#233;vinc&#233; du SDECE (l'anc&#234;tre de la DGSE, Direction g&#233;n&#233;rale de la s&#233;curit&#233; ext&#233;rieure) (Lecadre, 2008). Il est ancien Pr&#233;fet du Var et ex-d&#233;put&#233; europ&#233;en du R.P.F et est souvent pr&#233;sent&#233; comme l'&#171; homme &#224; tout faire de la galaxie Pasqua &#187;. Il a &#233;t&#233; condamn&#233;, en d&#233;cembre 2005, par le tribunal, &#224; trois ans de prison, &#171; pour avoir per&#231;u des commissions en marge de la vente de chars militaires au Moyen-Orient &#187;. Dans l'affaire Angolagate, il aurait re&#231;u de Falcone et d'autres des sommes importantes pour faciliter les ventes d'armes &#224; Dos Santos (Lecadre, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans un document saisi chez son assistante, Falcone explique, en des termes parfaitement clairs, au pr&#233;sident angolais, qu'&#8220;une avance de 450 000 dollars&#8221;, sur 1,5 million au total, a &#233;t&#233; vers&#233;e &#224; un certain &#8220;Robert&#8221; (c'est &#224; dire Marchiani). (&#8230;) Cet argent devrait &#234;tre utilis&#233;, dans sa totalit&#233;, pour la campagne des &#233;lections europ&#233;ennes 4 &#187;. L'ancien pr&#233;fet du Var Jean-Charles Marchiani a finalement &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; trois ans de prison, dont 21 mois avec sursis et &#224; 15 mois fermes, pour complicit&#233; de trafic d'influence et recel d'abus de biens sociaux (AFP, 27 octobre, 2009)5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paribas et les banques mafieuses&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; suisse Glencore et la banque fran&#231;aise Paribas (chef de file d'un pool d'une dizaine de banques dont la BNP, Worms, la Banque populaire... ) (LDC, 14/12/2000)6 sont quant &#224; eux, au c&#339;ur du syst&#232;me de pr&#234;ts gag&#233;s sur le p&#233;trole futur de l'Angola &#224; des taux extr&#234;mement &#233;lev&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Angola &#8211; &#224; travers les contrats de l'entreprise publique Simportex (anciennement Ematec), qui impliquent le sommet de ses structures gouvernementales, financi&#232;res et militaires &#8211; a pay&#233; &#224; l'entrepreneur franco-russe Arcadi Gaydamak 135 millions de dollars en plus de ce qu'il devait recevoir pour une livraison de mat&#233;riel militaire, fin 1996. L'affaire a &#233;t&#233; boucl&#233;e par un ensemble d'institutions bancaires presque toutes europ&#233;ennes (France, Suisse, Allemagne, Autriche...) sous le leadership de la banque Paribas &#8211; une des banques que Luanda a utilis&#233;es de fa&#231;on de plus en plus fr&#233;quente pour ses transactions et emprunts ces derni&#232;res ann&#233;es (Verschaeve, 2001 : 129-132)7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;chec du proc&#232;s ELF, l'Angolagate est un autre &#233;chec de la justice r&#233;publicaine. Le renforcement de l'autonomie du pouvoir judiciaire, le contr&#244;le par le Parlement de la politique internationale fran&#231;aise, la r&#233;habilitation de la coop&#233;ration franco-africaine, la promotion d'une francophonie de progr&#232;s et ouverte sur les cultures des peuples sont autant de conditions n&#233;cessaires &#224; l'&#233;radication de la Fran&#231;afrique et au regain d&#233;mocratique dans les pays francophones, mais aussi en France.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;** L'affaire Claerstream&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Denis Robert8 (2001) a mis au jour l'une des techniques de blanchiment, en analysant le fonctionnement des banques Clearstream et Euroclear. Il s'agit d'une chambre de compensation, qui assure la s&#233;curisation des paiements internationaux d'un march&#233; entre banques en r&#233;duisant les risques de liquidit&#233;. Clearstream, gr&#226;ce &#224; ce &#171; m&#233;canisme de compensation &#187;, fait dispara&#238;tre certaines transactions douteuses. Les chambres de compensation, parce qu'elles sont au c&#339;ur de la finance mondiale, blanchissent des sommes largement plus importantes que ne le font les paradis fiscaux. Par cons&#233;quent, elles sont encore plus puissantes et dangereuses pour le maintien de l'Etat de droit dans l'&#233;conomie mondiale. Par exemple, la BGPI, filiale du Cr&#233;dit Agricole Indosuez, poss&#232;de elle aussi un compte (n&#176;S0418) chez Clearstream (Robert, 2007)9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les b&#233;n&#233;ficiaires du syst&#232;me de non-droit auquel s'attaque Denis Robert ne restent pas sans r&#233;agir. Ainsi se succ&#232;dent les proc&#232;s &#224; l'encontre de ce citoyen politiquement tr&#232;s g&#234;nant, qui est &#224; l'origine de l'appel de Gen&#232;ve (1996) en faveur d'une justice europ&#233;enne ind&#233;pendante des pouvoirs financiers. Dernier proc&#232;s en date, l'affaire Clearstream manifeste en France la r&#233;cup&#233;ration du d&#233;bat judiciaire sur les paradis fiscaux par des dirigeants politiques qui se disputent le pouvoir d'Etat, le pr&#233;sident de la R&#233;publique Nicolas Sarkozy et un ancien premier ministre, Dominique de Villepin en l'occurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du G20 r&#233;uni &#224; Pittsburg (2009) sur la r&#233;sorption des paradis fiscaux suffira-t-elle &#224; r&#233;soudre ce probl&#232;me ? On peut en douter si, dans le m&#234;me temps, un contr&#244;le populaire des caisses de compensation n'est pas effectu&#233; et si les droits d&#233;mocratiques ne sont pas r&#233;habilit&#233;s et promus dans des pays comme la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il normal en effet qu'un pr&#233;sident de la R&#233;publique, dont les pouvoirs abusifs sur l'institution judiciaire ont &#233;t&#233; maintenus, voire renforc&#233;s par la nouvelle Constitution de 2008, soit dans les faits juge et partie dans cette affaire ? Est-il normal que Denis Robert ait &#233;t&#233; inculp&#233; et inqui&#233;t&#233; dans sa vie socio-professionnelle, sans que les m&#233;dias n'en rendent vraiment compte ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Les d&#233;voiements du syst&#232;me public r&#233;publicain et d&#233;mocratique.&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**A) Intra-muros, main basse du capital sur la R&#233;publique
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***1) Les banquiers priv&#233;s placent leurs hommes au c&#339;ur des Etats et privatisent &#224; nouveau la cr&#233;ation mon&#233;taire
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;George Pompidou &#233;tait un banquier, de 1945 &#224; son &#233;lection comme pr&#233;sident de la R&#233;publique en 1969. Il exercera des fonctions au sein du gouvernement fran&#231;ais tout en continuant durant plusieurs p&#233;riodes &#224; travailler au service de la banque Rotschild. Cela ne l'emp&#234;chera pas d'&#234;tre nomm&#233; en 1959 au Conseil constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'influence du Conseil national de la r&#233;sistance, la banque de France avait &#233;t&#233; nationalis&#233;e en 1945 par le G&#233;n&#233;ral de Gaule, donc durant cette p&#233;riode l'Etat retrouva le contr&#244;le sur le cr&#233;dit et sur la monnaie. Mais avec Pompidou et de Giscard d'Estaing, l'article 25 de la loi du 3 janvier 1973 &#171; interdit au Tr&#233;sor public d'&#234;tre pr&#233;sentateur de ses propres effets &#224; l'escompte de la Banque de France &#187;. L'Etat fran&#231;ais renforce donc &#224; nouveau l'emprise financi&#232;re directe des banquiers priv&#233;s (qui existait avant 1973 mais plus faiblement). Depuis lors, la progression exponentielle de la dette de la France est en grande partie due &#224; l'&#233;mission de la monnaie par le secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***2) Le capital de la grande distribution organise le d&#233;voiement de la R&#233;publique contre le petit commerce et une partie de la production locale
&lt;p&gt;Depuis la circulaire Fontanet en 1960 (interdiction du refus de vente), puis des tentatives affich&#233;es de r&#233;gulation comme la loi Royer en 1973 ou les lois Galland et Raffarin en 1996 jusqu'&#224; la Loi de modernisation de l'&#233;conomie12 en 2008, c'est tout un arsenal l&#233;gislatif qui a permis &#8211; par son respect ou son contournement tol&#233;r&#233; (contr&#244;l&#233; de fa&#231;on souvent laxiste et objet de corruptions diverses) &#8211; &#224; la grande distribution de s'imposer, sous couvert de prix bas pour les consommateurs (selon le principe &#171; un &#238;lot de pertes dans un oc&#233;an de profits &#187;) et de cr&#233;ation d'emplois imm&#233;diatement visibles (en fait au d&#233;triment d'emplois13 bien plus nombreux dans le commerce et dans la production en France, &#224; la faveur d'importations / d&#233;localisations croissantes). Pendant longtemps, et notamment avant les lois de 1991 et 1993 sur le financement des partis, les acteurs de la grande distribution ont &#171; arros&#233; &#187; les partis politiques comme les &#233;lus locaux et nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le secteur pouvait ainsi s'assurer un d&#233;veloppement exponentiel et la constitution de fortunes colossales et autres r&#233;sultats financiers ph&#233;nom&#233;naux. C'est aujourd'hui un oligopole qui assure l'essentiel du commerce en France &#224; travers 6 centrales d'achat (avec l'appui de centrales d'achat internationales domicili&#233;es en Suisse), et des entreprises habilement pilot&#233;es par des strat&#232;ges qui agissent selon une conception purement financi&#232;re de l'&#233;conomie .&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**B) Extra-muros, une R&#233;publique qui soutient le colonialisme.&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***1) La tradition de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement l'insuffisance de contr&#244;le parlementaire, m&#233;diatique et citoyen qui est responsable du maintien de structures de domination post-coloniales, &#224; l'&#233;gard des pays d'Afrique francophone. Ainsi, une large partie du soutien de la cellule africaine de l'Elys&#233;e, vis &#224; vis des dictateurs, des guerres, des d&#233;ploiements de l'arm&#233;e fran&#231;aise, etc. vise &#224; prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts des entreprises fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements et les minist&#232;res (de la Coop&#233;ration, de la D&#233;fense..) sont souvent doubl&#233;s par des officines parall&#232;les. C'est le cas du r&#233;seau Foccart, travaillant pour Elf, qui dirigeait en sous- main toute la politique africaine de la France. Ces institutions politiques ou &#233;conomiques, qui devraient normalement fonctionner dans la l&#233;galit&#233;, sont dans les faits responsables ou complices de crimes de guerre et m&#234;me de crimes contre l'humanit&#233;. C'est l'aveu en demi-teinte qu'a fait Sarkozy &#224; Kigali en f&#233;vrier 2010, &#224; propos des responsabilit&#233;s de l'Etat fran&#231;ais dans le g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; au Rwanda en 1994. Le conflit franco-ivoirien qui a perdur&#233; pendant une d&#233;cennie n'avait pas d'autre objectif que de maintenir la main-mise des entreprises fran&#231;aises sur les richesses de la C&#244;te d'Ivoire. En parall&#232;le &#224; la d&#233;mocratisation des institutions nationales, il est temps de neutraliser le syst&#232;me parasite du n&#233;ocolonialisme qui, avec d'autres facteurs imp&#233;rialistes et de domination endog&#232;ne, entrave la d&#233;mocratisation et le d&#233;veloppement des pays d'Afrique francophone.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***2) La Ve R&#233;publique et la fran&#231;afrique
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En France, le n&#233;olib&#233;ralisme s'appuie sur une lourde tradition d'autoritarisme imp&#233;rial intra comme extra muros, v&#233;hicul&#233;e par les institutions de la 5e R&#233;publique. Le pr&#233;sidentialisme est la clef de vo&#251;te de ce syst&#232;me qui cantonne l'exercice d&#233;mocratique &#224; des proc&#233;dures de d&#233;l&#233;gation de pouvoirs et de consultation facultative des citoyens :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; En France, la mystique r&#233;publicaine a conserv&#233; des traits du l&#233;gitimisme monarchique : d'o&#249; cette &#233;trange institution qu'est le pr&#233;sident de la R&#233;publique, monarque &#233;lu mais omnipotent, dont Sarkozy n'a fait qu'accentuer les traits jusqu&#8216;&#224; la caricature. Conception monarchiste qui imbibe les repr&#233;sentations mentales dans tous les niveaux de la pyramide repr&#233;sentative &#8211;jusqu'&#224; l'ext&#233;rieur du syst&#232;me politique, dans les entreprises, les syndicats, les associations&#8230; &#187;14&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - Une tendance g&#233;n&#233;rale du n&#233;olib&#233;ralisme : l'accaparement oligarchique de l'Etat
.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;publique lib&#233;rale et la d&#233;mocratie lib&#233;rale ne sont que des avortons de R&#233;publique et de d&#233;mocratie. Il est plus vrai de dire que la gouvernance financi&#232;re, ou l'oligarchie financi&#232;re sont les noms plus explicites de ce syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral. Ce dernier est profond&#233;ment marqu&#233; par la forte emprise du capitalisme financier non seulement sur les structures de productions mais aussi sur les institutions publiques d&#233;mocratiques et sociales. C'est au peuple (entendu tout &#224; la fois comme le peuple d&#233;mocratique et le peuple-classe) de reprendre ce que l'oligarchie lui a vol&#233; d&#233;mocratiquement et socialement au profit de la classe dominante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**1) L'extension de &#171; l'&#233;conomique &#187; &#224; tous les champs sociaux n&#233;cessite un Etat autoritaire et pr&#233;dateur au profit de la classe dominante.
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Leur Etat : &#171; Il faut prendre la mesure de la nouveaut&#233; que constitue le n&#233;olib&#233;ralisme dans l'histoire du capitalisme. L'Etat disposait auparavant d'une relative autonomie par rapport au capital et pouvait, en cas de crise sociale majeure, lui imposer des compromis (&#8230;). Avec le n&#233;olib&#233;ralisme, tout se passe comme si l'Etat, colonis&#233; par la finance, avait cess&#233; d'&#234;tre un recours possible contre l'emprise du capital. Ces pouvoirs exercent d&#233;sormais conjointement leur domination sur la soci&#233;t&#233;. La logique coercitive de l'Etat et la logique d'accumulation illimit&#233;e du capital, loin de se contrebalancer, se renforcent mutuellement. Alors que les &#233;lites politiques &#233;taient sociologiquement distinctes des &#233;lites &#233;conomiques, elles tendent d&#233;sormais &#224; fusionner en une seule classe dominante, au caract&#232;re d'ailleurs de plus en plus transnational. On peut qualifier ce ph&#233;nom&#232;ne &#171; d'hyper pouvoir &#233;tatico-financier &#187;. 15&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n&#233;o-lib&#233;ralisme autoritaire favorise la mont&#233;e en puissance de r&#233;seaux et de lobbies d'affaires qui investissent les instances de d&#233;cision. La richesse ne repose pas seulement sur l'argent mais aussi sur des r&#233;seaux sociaux et un capital de privil&#232;ges socioculturels transmis par des dynasties familiales16.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, Val&#233;rie P&#233;cresse17, qui fit voter la LRU et un dispositif de privatisation de l'Universit&#233; et de la recherche au compte du patronat de l'industrie et du commerce, est li&#233;e &#224; l'empire Bollor&#233;. Parall&#232;lement aux r&#233;seaux politiques, on trouve des r&#233;seaux &#233;conomiques : dans les relations entre la France et l'Afrique, les r&#233;seaux les plus influents sont ceux d'Elf-Total, Bollor&#233;-Rivaud, Bouygues, Castel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes personnages se retrouvent dans les diff&#233;rents conseils d'administration des entreprises du CAC 40 et dans des groupes de pression europ&#233;ens et internationaux tel le groupe de Bilbderberg, issu de l'&#233;cole de Chicago. Le n&#233;o-lib&#233;ralisme a g&#233;n&#233;r&#233; des castes ou des clans politico-financiers, qui s&#233;vissent aux c&#244;t&#233;s des G7 et des G20, au FMI ou &#224; travers de plus ou moins subtils jeux d'influence, et cela &#224; l'encontre de la d&#233;mocratisation des institutions internationales : ONU, Union europ&#233;enne&#8230;etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FMI : Christine LAGARDE vient d'&#234;tre &#233;lue Directrice G&#233;n&#233;rale du Fonds mon&#233;taire international (FMI), en remplacement de Dominique STRAUSS-KAHN. &#192; l'heure o&#249; le Parlement grec vote un nouveau plan d'aust&#233;rit&#233;, injuste et inutile, sous la pression de l'Union Europ&#233;enne et du FMI, cette d&#233;cision &#233;lude tout d&#233;bat sur une r&#233;orientation radicale du Fonds. Mais l'actualit&#233; judiciaire fran&#231;aise (affaire TAPIE) ou l'aggravation pr&#233;visible de la crise financi&#232;re pourraient fort bien poser &#224; nouveau ce d&#233;bat dans les mois qui viennent. (...) C'est la cinqui&#232;me fois que ce poste, traditionnellement r&#233;serv&#233; &#224; un &#201;tat europ&#233;en, &#233;choit &#224; la France, et il n'y a h&#233;las pas lieu de s'en r&#233;jouir. Depuis les ann&#233;es 1980, la politique du FMI est toujours la m&#234;me, quel qu'en soit le Directeur G&#233;n&#233;ral. Ainsi, c'est sous la direction de Jacques de LAROSIERE (1978-1987), puis de Michel CAMDESSUS (1987-2000) qu'ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;s les plans d'ajustement structurel ayant conduit &#224; la ruine tant de pays d'Am&#233;rique latine, d'Afrique ou d'Asie. Si bien que par la suite, la plupart des pays &#233;mergents ou en d&#233;veloppement, ont refus&#233; de recourir &#224; l'aide du FMI ou de la Banque mondiale (c'est d'ailleurs ce que vient de faire l'&#201;gypte tout r&#233;cemment). Les choses allaient-elles changer avec DSK ? Il fallait &#234;tre bien na&#239;f pour le croire. &#192; l'exception d'un l&#233;ger toilettage, le fonctionnement de l'institution est rest&#233; le m&#234;me : c'est toujours &#8220;un dollar = une voix&#8221;, si bien que les &#201;tats-Unis, avec plus de 17% des voix, disposent d'un droit de veto qui leur permet de contr&#244;ler le FMI, o&#249; les grands pays de l'Union Europ&#233;enne jouent aussi un r&#244;le majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quand m&#234;me une chose qui a chang&#233; : avec la crise financi&#232;re, que le FMI a &#233;t&#233; d'ailleurs incapable de voir venir, ce sont maintenant des pays europ&#233;ens qu'on force &#224; solliciter des plans d'aust&#233;rit&#233; tout aussi draconiens que les pr&#233;c&#233;dents. Hongrie, Ukraine, Lettonie, Irlande, Gr&#232;ce, Portugal sont les plus r&#233;centes victimes de programmes d'une rare violence sociale.&#034; (communiqu&#233; d'Attac France du 29 juin 2011)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**2) Affairisme g&#233;n&#233;ralis&#233; : Corruptions et &#171; d&#233;linquance en col blanc &#187; remontent &#224; la surface.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En France, la collusion des &#233;quipes politico-financi&#232;res (Sarkozy/Bollor&#233; ; Woerth/Bettencourt/Eric de S&#233;rigny, l'un des fondateurs du premier cercle des donateurs de l'UMP ; Breton/Lagard&#232;re ; Chirac/Dassault ; Mitterrand/Tapie ; Dumas/Le Floch-Prigent/Elf&#8230;) tout comme l'autoritarisme pr&#233;sidentiel et r&#233;publicain ont conduit &#224; une pl&#233;thore de cas de d&#233;linquance financi&#232;re, peut-&#234;tre in&#233;gal&#233;e &#224; l&#8216;&#233;chelle des pays occidentaux. Selon certains observateurs (Mediapart&#8230;), leur degr&#233; de parasitisme est en telle expansion que ce serait d&#233;sormais l'une des causes principales du d&#233;ficit des budgets publics. De leur c&#244;t&#233;, les r&#233;seaux maffieux fran&#231;africains, encore en activit&#233; cinquante ans apr&#232;s les ind&#233;pendances, s&#233;vissent toujours plus &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts vitaux des peuples du Sud. Ainsi, le Niger et le Tchad, g&#233;n&#233;reux pourvoyeurs de mati&#232;res premi&#232;res pour les entreprises fran&#231;aises (l'uranium pour Areva, le p&#233;trole pour l'entreprise Total..) sont condamn&#233;s &#224; la famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des individus mis en cause pour corruption, c'est donc tout un syst&#232;me politico-financier qui implose du fait de l'abus d'une politique unilat&#233;rale et sans contr&#244;le suffisant, au service des int&#233;r&#234;ts des plus riches. Depuis 2007, afin de pr&#233;server les privil&#232;ges de cette caste d'affairistes prot&#233;g&#233;e par une l&#233;gislation complaisante (d&#233;p&#233;nalisation du droit des affaires, mise en place du bouclier fiscal, privatisation des services publics... ), il faut rappeler que le r&#233;gime Sarkozy a accumul&#233; les atteintes aux libert&#233;s publiques, aux acquis sociaux ainsi qu'aux droits des minorit&#233;s et des cat&#233;gories discrimin&#233;es. Le cadre de l'Union europ&#233;enne n'a en rien permis d'endiguer un tel ph&#233;nom&#232;ne, bien au contraire : &#171; Les scandales qui ont secou&#233; le sommet de l'&#201;tat fran&#231;ais peuvent donner lieu &#224; deux lectures. La premi&#232;re, propos&#233;e par la plupart des m&#233;dias et des acteurs politiques, fait de la corruption et du conflit d'int&#233;r&#234;ts la cause des affaires Bettencourt-Woerth, Blanc, Joyandet, Boutin et autres. Sans &#234;tre fausse, cette vision est partielle car elle ne dit rien sur les racines v&#233;ritables de ces affaires, et donne &#224; penser qu'il suffira de moraliser le personnel politique pour que de telles affaires ne se reproduisent plus. Il faut aller plus loin dans l'analyse : les scandales r&#233;cents sont la cons&#233;quence directe du fonctionnement de l'&#201;tat n&#233;olib&#233;ral, que le sarkozysme a port&#233; &#224; son paroxysme en France.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**3) Les dimensions de l'&#201;tat n&#233;olib&#233;ral apparaissent clairement aujourd'hui.
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, l'&#201;tat n&#233;olib&#233;ral est &#171; pr&#233;dateur &#187;, selon l'expression de James Galbraith18.Des relations &#233;troites de collusion ont &#233;t&#233; tiss&#233;es entre les gouvernants et les &#233;lites &#233;conomiques et financi&#232;res, comme l'illustrent les liens privil&#233;gi&#233;s de Sarkozy avec les soci&#233;t&#233;s du CAC40. Les administrations et les r&#233;gulateurs publics ont &#233;t&#233; captur&#233;s par les milieux &#233;conomiques. Les d&#233;cisions de l'&#201;tat, notamment dans les domaines de la fiscalit&#233; et de la r&#233;glementation, sont influenc&#233;es par l'action souterraine des groupes d'influence et autres lobbyistes &#233;conomiques, tr&#232;s puissants &#224; Washington, &#224; Londres ou &#224;&#8200;Bruxelles. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, l'&#201;tat n&#233;olib&#233;ral est un &#201;tat fort, autoritaire et interventionniste, et non un &#171; &#201;tat minimal &#187; selon l'id&#233;e souvent v&#233;hicul&#233;e par les lib&#233;raux, et par certains milieux &#171; progressistes &#187; et altermondialistes. Les promoteurs du n&#233;olib&#233;ralisme &#8211;Thatcher, Bush, Berlusconi, Sarkozy&#8211; ont tout mis en &#339;uvre pour renforcer le pouvoir de l'&#201;tat en cherchant &#224; affaiblir et &#224; asservir tous les contre-pouvoirs : les syndicats, les m&#233;dias, la justice, l'universit&#233; &#8211;&#8200;o&#249; les sciences sociales sont une source d'analyse critique du syst&#232;me&#8200;&#8211; sont asphyxi&#233;s par les r&#233;formes. &#187;19&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les effets d'une telle politique dans le pays ? L'on assiste &#224; la multiplication des ph&#233;nom&#232;nes de violence urbaine dans les banlieues, lieux de rel&#233;gation sociale : &#233;meutes de 2005, celles de Villiers le Bel en 2007, de Grenoble et Saint-Aignan en 2010&#8230; Parall&#232;lement et par un effet d'engrenage savamment aliment&#233;, s'intensifie la r&#233;pression par des forces de police de plus en plus militaris&#233;es : multiplication des interpellations et poursuites, fichage g&#233;n&#233;ralis&#233;, armes &#171; non l&#233;tales &#187;, stigmatisation de certaines communaut&#233;s immigr&#233;es ou migrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, s'intensifient les dysfonctionnements de la vie en collectivit&#233; li&#233;s &#224; la casse des services publics de proximit&#233; et &#224; la destruction correspondante du lien social : violences r&#233;currentes dans les &#233;tablissements scolaires - l'Education nationale &#233;tant par ailleurs l'objet d'un dispositif de contre-r&#233;formes volontairement et sciemment anti-p&#233;dagogiques pour casser l'outil public, &#233;pid&#233;mies de suicide dans les entreprises et les services publics soumis &#224; une r&#233;organisation manag&#233;riale concurrentielle impitoyable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, il existe un lien ainsi qu'une forme de mim&#233;tisme de l'anti-exemplarit&#233; entre tous ces ph&#233;nom&#232;nes, provoqu&#233;s par la crise morale et symbolique du n&#233;olib&#233;ralisme, id&#233;ologie qui promeut une soci&#233;t&#233; individualiste enti&#232;rement vou&#233;e au profit imm&#233;diat via une comp&#233;tition g&#233;n&#233;ralis&#233;e : &#171; L'emprise de l'&#201;tat n&#233;olib&#233;ral ne s'arr&#234;te pas &#224; l'&#233;conomie ; elle va bien au-del&#224; et agit &#233;galement sur les personnes et sur la soci&#233;t&#233;. Il s'agit l&#224; d'un interventionnisme d'&#201;tat beaucoup plus insidieux, nomm&#233; &#171; gouvernementalit&#233; &#187; par Michel Foucaul &#187;t20. &#171; Toutes les formes de pression sont mises en &#339;uvre pour amener les individus &#224; se comporter comme s'ils &#233;taient engag&#233;s dans des relations de transactions et de concurrence sur un march&#233; &#187;21. &#171; Les institutions (h&#244;pitaux, universit&#233;s, etc.) sont contraintes d'agir comme des entreprises et d'&#234;tre rentables. Les salari&#233;s du secteur public (infirmi&#232;res, postiers, enseignants, policiers, etc.) sont somm&#233;s d'&#233;pouser cette rationalit&#233; n&#233;olib&#233;rale, ce qui vide de sens leurs m&#233;tiers, et contribue &#224; un nombre croissant de suicides et de maladies professionnelles. L&#224; r&#233;side l'un des plus grands scandales de l'&#201;tat n&#233;olib&#233;ral ! &#187;22&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces changements portent donc sur tous les champs sociaux de l'&#233;conomique au politique en passant par l'administratif et le m&#233;diatique et &#171; descendent &#187; au c&#339;ur de la soci&#233;t&#233; civile et impr&#232;gnent et perturbent le mode de vie des membres du peuple-classe nonobstant leur diversit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re l'Etat de droit on constate une omnipotence du gouvernement au service de l'oligarchie financi&#232;re et des r&#233;seaux lobbyistes ou maffieux, en particulier fran&#231;africains, destruction des solidarit&#233;s sociales acquises par les combats populaires, atomisation des individus : telle est la culture n&#233;olib&#233;rale &#224; la fran&#231;aise23. L'auto-hypnose t&#233;l&#233;visuelle, m&#233;diatique et publicitaire ne vantait-t-elle pas jusqu'&#224; il y a peu de temps encore un mod&#232;le de r&#233;ussite &#233;go&#239;ste par l'argent facile et le succ&#232;s m&#233;diatique, star-syst&#232;me dont notre pr&#233;sident ancien ministre de l'Int&#233;rieur est le mod&#232;le identificatoire affich&#233; ? L'affaire DSK, jusqu'alors pl&#233;biscit&#233; par les m&#233;dias comme le nouvel homme providentiel, manifeste l'overdose des ingr&#233;dients de la toute-puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233;, de la t&#234;te de l'Etat aux &#233;tablissements scolaires en passant par le monde du travail, la l&#233;gitimit&#233; de tels modes de gouvernance est de plus en plus contest&#233;e, dans un contexte d'accroissement flagrant des in&#233;galit&#233;s socio-&#233;conomiques, des souffrances psychosociales qui s'ensuivent, et de prise de conscience progressive que le monde &#8211;et sp&#233;cialement la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise- marche sur la t&#234;te, qu'on ne peut continuer comme cela. La paralysie progressive du syst&#232;me national proc&#232;de du fait qu'&#171; en bas on ne veut plus et en haut on ne peut plus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - Pour un contr&#244;le citoyen (ou d&#233;mocratique) de la gestion des affaires publiques
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des contrepouvoirs tels les journaux en ligne (M&#233;diapart&#8230;) ont jou&#233; un r&#244;le important pour, sur le mod&#232;le am&#233;ricain, conduire &#224; un sarkogate, notamment par la m&#233;diatisation de l'affaire Woerth-Bettencourt. Les textes en vigueur sont ficel&#233;s cependant de mani&#232;re &#224; entraver tout sc&#233;nario d'&#171; empeachment &#187; : la loi organique fixant les conditions d'application de l'article de loi concernant la possibilit&#233; de destitution d'un pr&#233;sident n'est toujours pas officialis&#233;e deux ansapr&#232;s le d&#233;part de J. Chirac du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, en r&#233;ponse &#224; la strat&#233;gie des r&#233;seaux mondialis&#233;s et des march&#233;s qui imposent les diktats n&#233;olib&#233;raux &#224; partir de la gestion des Etats nationaux, il importe de renforcer la vigilance &#224; l'&#233;gard des &#233;quipes au pouvoir, clefs de vo&#251;te du syst&#232;me. Le combat pour la d&#233;mocratisation des institutions nationales, via le contr&#244;le volontariste exerc&#233; par les citoyens &#224; diff&#233;rents niveaux de l'organisation sociale -m&#233;diatique, juridique, parlementaire, associative, syndicale&#8230;- est donc un enjeu strat&#233;gique f&#233;d&#233;rateur. Au-del&#224;, l'impunit&#233; dont jouissent ces clans affairistes r&#233;v&#232;le les limites de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative traditionnelle et la n&#233;cessit&#233; de mettre en place des structures de contre-pouvoirs efficaces et de d&#233;mocratie r&#233;ellement participative et active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport d'orientation d'Attac (2009-2012) pr&#233;sente cette question comme l'un des axes principaux d'intervention de l'association25. Montrer qu'un changement en profondeur &#224; l'&#233;chelle des valeurs r&#233;publicaines est n&#233;cessaire, c'est la base de notre mission d'&#233;ducation populaire tourn&#233;e vers l'action. Dans ce contexte, r&#233;pondre &#224; la demande pressante en mati&#232;re d'alternatives progressistes passe par la d&#233;fense et la promotion de la d&#233;mocratie, sous toutes ses formes, politique, sociale, culturelle&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la conf&#233;rence internationale &#171; Dette et d&#233;mocratie &#187; (d&#233;but 2012), il importe que le d&#233;bat public mette entre autres l'accent sur les objectifs suivants :&lt;br class='autobr' /&gt;
* la constitution d'une commission d'enqu&#234;te parlementaire pour faire la lumi&#232;re sur les affaires politico-financi&#232;res de la derni&#232;re d&#233;cennie&lt;br class='autobr' /&gt;
* la collaboration des &#233;lus et des citoyens pour obtenir le jugement et, en cas de culpabilit&#233;, la d&#233;mission des responsables politiques mis en cause&lt;br class='autobr' /&gt;
* l'interdiction d'allouer des fonds publics &#224; des micros-partis, foyers de lobbying et d'affairisme et &#224; la solde d'un candidat et le contr&#244;le strict des financements des campagnes &#233;lectorales&lt;br class='autobr' /&gt;
* l'interdiction de cumuler des postes minist&#233;riels et de hautes charges &#233;conomico-financi&#232;res ou strat&#233;giques et instauration d'un temps de latence de trois ans (ou plus) pour le passage d'un poste de haut niveau (&#224; d&#233;finir) entre le public et le priv&#233;. Cela de mani&#232;re &#224; diminuer les conflits d'int&#233;r&#234;t et afin de pr&#233;server l'ind&#233;pendance des services publics&lt;br class='autobr' /&gt;
* la collaboration des &#233;lus et des citoyens avec les m&#233;dias publics, la justice et les administrations (des Imp&#244;ts&#8230;) pour que soient remplies leurs missions r&#233;publicaines dans le cadre de ces affaires&lt;br class='autobr' /&gt;
* la d&#233;mocratisation des proc&#233;dures de cooptation et de promotion &#224; tous les niveaux de l'administration&lt;br class='autobr' /&gt;
* la r&#233;habilitation par les minist&#232;res de tutelle et par l'Etat, sur le plan mat&#233;riel et moral, de la qualit&#233; du service, de la dignit&#233; des fonctionnaires et des enseignants pour que la d&#233;ontologie et la culture professionnelle des agents des services publics soient reconnues et respect&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
* le contr&#244;le par le Parlement de la politique europ&#233;enne et internationale fran&#231;aise ainsi que de sa politique militaire et la r&#233;habilitation de la coop&#233;ration civile avec les pays du Sud, dans le sens du respect de la d&#233;mocratie internationale et des droits des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est n&#233;cessaire et possible d'inverser cette orientation irresponsable et mortif&#232;re. D&#233;mocratisation des institutions et de leur gestion administrative, garanties de transparence financi&#232;re de leur gestion, garanties d'ind&#233;pendance des m&#233;dias et de la justice, contr&#244;le des &#233;lus et de la politique internationale de la France, suppression des paradis fiscaux &#8230;.voil&#224; quelques-unes des mesures n&#233;cessaires pour y parvenir. Pour ce faire, c'est &#224; la r&#233;habilitation de la culture politique qu'il nous faut nous atteler : &#224; l'encontre de la strat&#233;gie des r&#233;seaux claniques voire maffieux au sommet de l'Etat et de l'individualisme atomisant &#224; la base, opposons les armes pacifiques de la solidarit&#233; agissante pour la restauration de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et du progr&#232;s r&#233;publicain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Notes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1 SEDILLO Georges,1989, &lt;i&gt;Histoire morale et immorale de la monnaie, &lt;/i&gt; Ed. Bordas culture, Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 VERSCHAEVE Fran&#231;ois-Xavier, 2003,&lt;br class='autobr' /&gt;
3 BRUGVIN Thierry, &lt;i&gt;Les m&#233;canismes ill&#233;gaux et non d&#233;mocratiques du pouvoir &#8211;en France, en Afrique et dans le monde-&lt;/i&gt; (BookEdition, 2009) &lt;a href=&#034;http://www.France.attac.org/spip.php?article11296&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.France.attac.org/spip.php?article11296&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
4 BEAU Nicolas, MARTIN Herv&#233;, &#034;Quand Falcone demandait aux Angolais de financer la liste Pasqua&#034;, Le Canard encha&#238;n&#233;, 17/01/2001, in Verschave, 2001).&lt;br class='autobr' /&gt;
5 AFP, &#034;Angolagate : Charles Pasqua condamn&#233; &#224; un an de prison ferme&#034;, 27 octobre 2009.&lt;br class='autobr' /&gt;
6 LDC, France : &#8220;Affaires africaines&#8221;, 14/12/2000.&lt;br class='autobr' /&gt;
7 VERSCHAEVE Fran&#231;ois-Xavier, 2001 : 129-132.&lt;br class='autobr' /&gt;
8 ROBERT Denis,&lt;i&gt; R&#233;v&#233;lation$&lt;/i&gt; (2001), La bo&#238;te noire ( 2002)&lt;br class='autobr' /&gt;
9 ROBERT Denis, 2007, &#034;Clearstream-Nigeria :m&#234;me combat&#034;,&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://ladominationdumonde.blogspot.com/2007/11/clearstream-nigeria-mme-combat.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ladominationdumonde.blogspot.com/2007/11/clearstream-nigeria-mme-combat.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
10 MARSEILLE Jacques, Novembre 2004, &#171; Napol&#233;on, ses batailles &#233;conomiques &#187;, L'Expansion Num&#233;ro 691.&lt;br class='autobr' /&gt;
11 LACROIX-RIZ Annie, &#171; Les comit&#233;s d'organisation et l'Allemagne : tentative d'&#233;valuation &#187;, in Herv&#233; Joly, dir., &lt;i&gt;Les comit&#233;s d'organisation et l'&#233;conomie dirig&#233;e du r&#233;gime de Vichy&lt;/i&gt;, Centre de recherche d'histoire quantitative, Seconde Guerre mondiale, Caen, 2004, p. 47-62&lt;br class='autobr' /&gt;
12 Ou LME &#8211; rebaptis&#233;e par certains &#171; Loi Michel-Edouard &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
13 Si curieusement aucune &#233;tude officielle n'existe, des &#233;lus locaux et anciens membres de chambres consulaires estiment que, pour un emploi cr&#233;&#233; par la grande distribution, ce sont entre 4 et 10 emplois dans le commerce ou la production qui disparaissent (Bothorel &amp; Sassier, 2005, p133).&lt;br class='autobr' /&gt;
14 COUTROT Thomas, &lt;i&gt;Jalons vers un monde possible -redonner des racines &#224; la d&#233;mocratie- ,&lt;/i&gt; p. 152 (Le bord de l'eau, 2010)&lt;br class='autobr' /&gt;
15 COUTROT Thomas, J&lt;i&gt;alons vers un monde possible -redonner des racines &#224; la d&#233;mocratie-, &lt;/i&gt; p. 30-31 (Le bord de l'eau, 2010)&lt;br class='autobr' /&gt;
16 PIN&#199;ON Michel, PIN&#199;ON-CHARLOT Monique, &lt;i&gt;Grandes fortunes : Dynasties familiales et formes de richesses en France,&lt;/i&gt; Petite Biblioth&#232;que Payot, 2006.&lt;br class='autobr' /&gt;
17Ind&#233;pendance des chercheurs, CNRS, &#233;lections, abstention... (IV)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/08/26/cnrs-elections-abstention-iv.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/08/26/cnrs-elections-abstention-iv.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
18 GALBRAITH James, &lt;i&gt;L'&#201;tat pr&#233;dateur,&lt;/i&gt; Seuil, 2009.&lt;br class='autobr' /&gt;
19 PLIHON Dominique, &#034;La vraie nature de l'Etat n&#233;o-lib&#233;ral&#034; (Politis, 22 juillet 2010)&lt;br class='autobr' /&gt;
20 FOUCAULT Michel, &lt;i&gt;Naissance de la biopolitique&lt;/i&gt;, Seuil-Gallimard, 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
21 DARDOT Pierre et LAVAL Christian, &lt;i&gt;La Nouvelle Raison du monde : essai sur la soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2009.&lt;br class='autobr' /&gt;
22 PLIHON Dominique, &#034;La vraie nature de l'Etat n&#233;o-lib&#233;ral&#034; (Politis, 22 juillet 2010)&lt;br class='autobr' /&gt;
23 Collectif d'Attac France, &#034;La d&#233;mocratie au c&#339;ur du combat altermondialiste&#034; (2009)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.france.attac.org/spip.php?article11522&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france.attac.org/spip.php?article11522&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
24 Lacroix-Riz Annie, &lt;i&gt;X&#233;nophobie d'Etat&lt;/i&gt; (article, 2010)&lt;br class='autobr' /&gt;
25 &lt;a href=&#034;http://www.france.attac.org/spip.php?article10349&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france.attac.org/spip.php?article10349&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
1Herv&#233; Kempf, &#171; L'oligarchie &#231;a suffit, vive la d&#233;mocratie &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Monique Pin&#231;on-Charlot, Michel Pin&#231;on, &lt;i&gt;Le Pr&#233;sident des riches,&lt;/i&gt; La D&#233;couverte, 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Document annexe &lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;Programme des indign&#233;s (Gr&#232;ce)&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cadre du changement&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces conditions, la soci&#233;t&#233; des citoyens est appel&#233;e &#224; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) se rendre compte que de nos jours, la protestation extra-institutionnelle est un mode d'opposition totalement d&#233;risoire face aux g&#233;ants de l'ordre mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons prendre conscience que le temps du fonctionnement extra-institutionnel de la collectivit&#233; est r&#233;volu. Les collectivit&#233;s non institutionnelles durent moins que la n&#233;cessit&#233; qui les fait na&#238;tre. Elles risquent soit de d&#233;g&#233;n&#233;rer, soit d'&#234;tre contamin&#233;es par les pouvoirs constitu&#233;s et par les forces qui refusent l'&#233;mancipation de la soci&#233;t&#233; des citoyens. Ce risque est accru lorsque l'enjeu de la soci&#233;t&#233; des citoyens se d&#233;veloppe dans un petit pays et ne concorde ni avec la dynamique interne des pays du complexe h&#233;g&#233;monique qui d&#233;finit l'&#233;tat des choses au niveau mondial, ni, a fortiori, avec leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) prendre le syst&#232;me politique en main, exiger la suspension des articles de la Constitution qui suppriment le principe repr&#233;sentatif de la politeia, qui lui &#244;tent &#224; elle-m&#234;me la qualit&#233; de mandant. La soci&#233;t&#233; des citoyens doit &#233;laborer des propositions de lois qui aboliront le caract&#232;re poss&#233;d&#233; de l'&#201;tat et la partitocratie dynastique, qui feront d&#233;pendre le personnel politique de la soci&#233;t&#233; des citoyens, aboliront son &#171; immunit&#233; &#187; et le soumettront directement &#224; la justice pour ses actes politiques, accorderont au citoyen le droit d'avoir un &#171; int&#233;r&#234;t pour agir &#187; en cas de pr&#233;judice occasionn&#233; par les agents de l'administration ou le personnel politique ; enfin, elle doit mettre au point les orientations politiques dans le cadre desquelles le pouvoir politique sera oblig&#233; de gouverner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Dans ce cadre, formuler des revendications r&#233;alistes en termes &#171; l&#233;gislatifs &#187; clairs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les circonstances actuelles, il est r&#233;aliste et n&#233;cessaire de :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Institutionnaliser la comp&#233;tence de &#171; contr&#244;le &#187; du personnel politique (et de l'administration et de la justice) par le tribunal sp&#233;cialement pr&#233;vu &#224; cette fin. Le contr&#244;le doit aussi concerner les individus/membres (par exemple, le d&#233;put&#233; chaque semestre, par un corps de citoyens tir&#233;s au sort dans sa circonscription &#233;lectorale) et les institutions du syst&#232;me politique (le Parlement, le gouvernement, etc.).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Abolir l'immunit&#233; et abroger les lois sur la responsabilit&#233; du personnel politique. Introduire la responsabilit&#233; politique du personnel politique pour ses actes (ou omissions) politiques qui portent pr&#233;judice &#224; la soci&#233;t&#233; des citoyens. Affirmer clairement que la finalit&#233; de la politique, c'est l'int&#233;r&#234;t (de la nation) de la soci&#233;t&#233;, et non (de la nation) de l'&#201;tat. Il est inconcevable qu'au XXIe si&#232;cle, nous vivions sous un r&#233;gime ant&#233;rieur &#224; Solon. Le personnel politique doit &#234;tre soumis, pour le dommage occasionn&#233; par son action politique, au droit commun, et avec la circonstance aggravante que le d&#233;lit politique porte pr&#233;judice &#224; bien plus de monde que le d&#233;lit ordinaire. Le tribunal comp&#233;tent doit &#234;tre compos&#233; d'un corps de juges tir&#233;s au sort, avec la participation de citoyens jur&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Reconna&#238;tre au citoyen un droit &#171; d'int&#233;r&#234;t pour agir &#187; en cas de pr&#233;judice occasionn&#233; par les agents de l'administration, de la justice et par le personnel politique. L'agent administratif, judiciaire et politique et, &#224; titre tout &#224; fait subsidiaire, l'&#201;tat doivent &#234;tre directement responsables devant le citoyen.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Exiger que la soci&#233;t&#233; des citoyens exprime obligatoirement son avis (sa volont&#233;) avant toute d&#233;cision politique (gouvernementale ou l&#233;gislative) et qu'elle ait la possibilit&#233; de soulever des questions de politique dont elle estime qu'elles requi&#232;rent d'&#234;tre trait&#233;es (par exemple, le fonctionnement efficace de l'administration). En pratique, la possibilit&#233; scientifique des sondages pourrait &#234;tre exploit&#233;e : il n'est pas besoin de rassembler chaque fois l'ensemble de la soci&#233;t&#233; sur la place Syntagma. Avant toute prise de d&#233;cision, la soci&#233;t&#233; devrait &#234;tre sond&#233;e sur sa volont&#233;. Ou mieux, il pourrait &#234;tre cr&#233;&#233; un d&#233;mos sondable en permanence, qui discutera et se prononcera sur les probl&#232;mes du pays, au niveau politique. C'est l&#224; un des nombreux exemples de r&#233;glementations qui rendraient possible le passage &#224; un relatif semblant de repr&#233;sentation. Mais cela requiert que la soci&#233;t&#233; des citoyens entre institutionnellement en politique. Qu'elle participe aux d&#233;cisions.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Faire ainsi ressortir ce que la soci&#233;t&#233; des citoyens consid&#232;re ou non comme son int&#233;r&#234;t. Pour l'instant, l'avis obligatoire suffirait, sans aller jusqu'&#224; obliger le pouvoir politique &#224; s'y conformer. &#171; Contr&#244;le &#187; et &#171; responsabilit&#233; &#187; combin&#233;s au processus &#233;lectoral, voil&#224; qui &#233;quilibrera la volont&#233; du pouvoir politique de s'autonomiser voire de se soumettre &#224; des forces exog&#232;nes (par. ex. aux march&#233;s).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Exiger du Parlement qu'il renonce &#224; sa &#171; comp&#233;tence &#187; abusive de l&#233;gif&#233;rer sur les questions de responsabilit&#233; politique de ses membres et notamment &#224; se m&#234;ler de la gestion de leurs responsabilit&#233;s. Que la justice soit saisie de toutes les affaires d'immunit&#233; et de scandales apparues depuis 1974. Par nature, les affaires relevant de la responsabilit&#233; des hommes politiques ne sont pas prescriptibles.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La plupart de ces am&#233;nagements ne n&#233;cessitent pas de r&#233;vision de la Constitution. La soci&#233;t&#233; des citoyens r&#233;clamera simplement le sursis des articles de la Constitution qui r&#233;servent au pouvoir politique la qualit&#233; de mandant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1795&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1795&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'influence des lobbies sur la politique internationale</title>
		<link>https://blogs.attac.org/commission-democratie/situations-non-democratiques/article/linfluence-des-lobbies-sur-la-politique-internationale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://blogs.attac.org/commission-democratie/situations-non-democratiques/article/linfluence-des-lobbies-sur-la-politique-internationale</guid>
		<dc:date>2009-04-13T15:14:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thierry Brugvin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Des actions non d&#233;mocratiques &#224; l'ill&#233;galit&#233; : les diff&#233;rents types de lobbies ; les diff&#233;rents types de lobbyings ; les r&#233;seaux, les lobbies et les associations professionnelles, un des nombreux leviers de la gouvernance ; la proximit&#233; des r&#233;seaux d'extr&#234;me droite et des &#233;lites internationales ; la puissance des lobbies industriels &#224; l'ONU. &lt;br class='autobr' /&gt; Au sein de ces diff&#233;rentes organisations, sous couvert d'un discours sur la &#171; bonne gouvernance &#187;, les dirigeants lib&#233;raux privatisent les instances (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-democratie/situations-non-democratiques/" rel="directory"&gt;Situations non d&#233;mocratiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des actions non d&#233;mocratiques &#224; l'ill&#233;galit&#233; : les diff&#233;rents types de lobbies ; les diff&#233;rents types de lobbyings ; les r&#233;seaux, les lobbies et les associations professionnelles, un des nombreux leviers de la gouvernance ; la proximit&#233; des r&#233;seaux d'extr&#234;me droite et des &#233;lites internationales ; la puissance des lobbies industriels &#224; l'ONU.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au sein de ces diff&#233;rentes organisations, sous couvert d'un discours sur la &#171; bonne gouvernance &#187;, les dirigeants lib&#233;raux privatisent les instances d&#233;mocratiques en privil&#233;giant le dialogue avec les entreprises au d&#233;triment des peuples, de leurs repr&#233;sentants, des ONG. Ces diff&#233;rents m&#233;canismes sont mis en &#339;uvre notamment par des pratiques de lobbying non d&#233;mocratique, mais qui restent pour une large part l&#233;gales. Cependant, il y a un autre champ qui lui est encore moins analys&#233;, il s'agit de la dimension ill&#233;gale des pratiques des lobbies nationaux et internationaux. Ce sont donc les diff&#233;rentes formes lobbying politique et &#233;conomique non d&#233;mocratique, in&#233;gale et aussi ill&#233;gale que nous allons analyser dans cet article. Nous pr&#233;senterons donc les diff&#233;rents types et formes d'actions des lobbies, certains r&#233;seaux les lobbies, la proximit&#233; des lobbies d'extr&#234;me droite et des &#233;lites internationales et enfin la puissance des lobbies industriels &#224; l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les diff&#233;rents types de lobbies&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; La polys&#233;mie de l'expression est encore renforc&#233;e par l'utilisation de termes souvent interchangeables, comme &#171; groupes d'int&#233;r&#234;t &#187; [1], &#171; lobbies &#187;, et groupes de pression [2]. (Grossmann, 2005 : 6) [3]. Certains auteurs tel Grossman, qualifient indiff&#233;remment de lobbies, les repr&#233;sentants des entreprises, les syndicats patronaux, les syndicats de salari&#233;s, ou les associations. Mais nous &#233;carterons ces derni&#232;res ainsi que les syndicats de salari&#233;s, de cette d&#233;finition et nous qualifierons leurs activit&#233;s de plaidoyer associatif ou syndical, car les int&#233;r&#234;ts d&#233;fendus sont d'une autre nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les groupes exer&#231;ants une activit&#233; de lobbying, il faut y ajouter aussi de nombreux bureaux d'&#233;tudes (CEPS, EPC), de cabinets de conseils, d'agences de relations publiques ou d'affaires publiques, car certains travaillent et sont financ&#233;s par les transnationales, afin d'exercer une influence sur les d&#233;cisions des &#233;lus politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Le lobbying participatif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le lobbying participatif consiste &#224; entretenir des contacts &#233;troits avec les personnels politiques, individuellement ou dans le cadre de groupes de travail, au pr&#233;texte de les assister dans leur t&#226;che l&#233;gislative ou d&#233;cisionnelle. Ainsi, ils en viennent souvent &#224; r&#233;diger des lois, qui sont ensuite vot&#233;es par les &#233;lus politiques, ce qui &#233;pargne probablement du temps et du travail &#224; ces derniers, mais nuit &#224; l'ind&#233;pendance des pouvoirs publics. Au plan mondial la BRT &#8211; (US Business Round Table-Table ronde des hommes d'affaire am&#233;ricains) est un des plus puissants lobbies. Il a &#233;t&#233; cr&#233;e en 1972 et compte les PDG d'environ 200 transnationales, dont 37 des 50 des plus importantes entreprises des Etats-Unis selon le classement de la revue Fortune. Au niveau europ&#233;en, un des plus puissants est l'ERT (European Round Table), fond&#233; en 1983, il &#233;tait consitu&#233; de 45 &#171; capitaine d'industries &#187;, dirigeants de transnationales europ&#233;ennes. Parmi les firmes repr&#233;sent&#233;es on comptait dans les ann&#233;es 80, BP, Fiat, Nestl&#233;, Nokia, Philips, Renault, Shell, Solvay, Total, Unilever&#8230; Parmi les membres qui sont membres de l'ERT, ou qui y ont appartenu, il y a notamment : Thierry Breton (France T&#233;lecom), Antony Burgmans (Unilever), Thierry Desmarest (TotalFinaElf), Bertrand Collomb, (Lafarge et pr&#233;sident du Conseil des affaires pour le d&#233;veloppement durable (WBCSD), de 2003 &#224; 2005 et il finance l'ONG WWF &#224; hauteur de 1 million d'Euro par an), Louis Schweitzer (Renault), Peter Sutherland (BP et ancien Dirigeant du Gatt, pr&#233;sident d'honneur de la commission Trilat&#233;rale)&#8230; (Balanya, 2005 : 58).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres varient mais la Commission Europ&#233;enne &#233;valuait &#224; 3000 les lobbies en relation avec elle, en 1992, en 2003 Greenwood (2003) [4] en d&#233;nombrait autour de 1500 (mais il y int&#233;grait les associations et les syndicats). Leurs nombres d&#233;passent donc tr&#232;s largement celui des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens. En 2008, Bruxelles comptait &#224; pr&#233;sent 15 000 lobbyistes [5] selon Siim Kallas, le commissaire europ&#233;en charg&#233; des affaires administratives, d'audit, et de fraude. Certaines sources estiment qu'il y aurait jusqu'&#224; 20 000 (European Agenda, 04/2008 : 17) 26.Kallas estime par ailleurs que l'activit&#233; des lobbies et des 2 600 grands groupes d'int&#233;r&#234;t qui disposent de bureaux dans la capitale europ&#233;enne draine un budget &#171; de 60 &#224; 90 millions d'euros &#187; (Kallas, 2008). Or, selon l'estimation de Roberta Baskin, directrice de l'ONG Centre for Public Integrity, &#224; Washington les groupes de pression disposent de bien plus encore, car ils chaque ann&#233;e, ils re&#231;oivent quelque 2 milliards de dollars (Baskin, 2008) [6].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Le lobbying id&#233;ologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de l'action des groupes de r&#233;flexions, des think tanks, telle l'institut Thomas More en France, ou la Soci&#233;t&#233; du Mont P&#232;lerin &#224; l'&#233;tranger dont &#233;tait membre Hayek et qui est a &#233;t&#233; &#224; l'origine de l'essor du n&#233;olib&#233;ralisme. Ils ont pour but d'exercer une influence l'id&#233;ologie, pour qu'elle devienne h&#233;g&#233;monique comme l'explique Gramsci. Fukuyama a ainsi tent&#233; de persuader le monde que le capitalisme &#233;tait la fin de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Les lobbies mixtes : priv&#233;s et publics (associations professionnelles &#187; ou de &#171; cercles)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On les qualifie aussi &#171; d'associations professionnelles &#187; ou de &#171; cercles &#187;, car elles r&#233;unissant des &#233;lites &#233;conomiques et politiques. Au plan international il y a notamment les rencontres de Davos, les Bilderberg, la Trilat&#233;rale et au plan national par exemple, club de l'horloge, le club Vauban, le Si&#232;cle&#8230;. Ce dernier &#224; &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1944. En sein s'y rencontrent les &#233;lites m&#233;diatiques, politiques et &#233;conomiques fran&#231;aises, tel Alain de Pouzilhac (Havas), Serge July (Lib&#233;ration) ou Patrick Poivre d'Arvor (TF1). Du c&#244;t&#233; des &#233;lites &#233;conomiques on trouve notamment B&#233;b&#233;ar (ancien PDG d'AXA), Maurice L&#233;vy (Publicis), Jean-Marie Messier (ancien membre), Louis Schweitzer (pr&#233;sident du conseil d'administration de Renault), Ernest-Antoine Seilli&#232;re (ancien pr&#233;sident du MEDEF)&#183; Ce &#171; cercle &#187;, compte des &#233;lites politiques de gauche (Alain Fabius, Martine Aubry, Lionel Jospin) et de droite (Fran&#231;ois Bayrou (Modem), Jean Fran&#231;ois Cop&#233;, Rachida Dati) (La r&#233;publique de lettre, 01-2008) qui sont donc amen&#233;s &#224; se rencontrer et &#224; partager leurs id&#233;es, lors de r&#233;unions hebdomadaires &#224; Paris. Il se cr&#233;e alors une sorte de fraternit&#233; des &#233;lites, une certaine connivence id&#233;ologique et une &#171; pens&#233;e unique &#187; en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Le lobbying co-gestionnaire ou la privatisation de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral dans les pouvoirs publics &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; On peut &#233;ventuellement qualifier la d&#233;l&#233;gation de service public comme une forme de lobbying. En effet, c'est une perte de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et collusion d'int&#233;r&#234;ts, entre le secteur priv&#233; et le publique, dans r&#233;gulation d&#233;l&#233;gu&#233;e aux acteurs priv&#233;s par les pouvoirs publics (secteurs des industries d'armement, a&#233;rospatiales, de la gestion de l'eau, de l'&#233;lectricit&#233;&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Le plaidoyer associatif : Bingos, Gongos et associations civiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On devrait peut &#234;tre plut&#244;t qualifier le lobbying associatif de plaidoyer associatif, pour le distinguer de celui des entreprises. On peut distinguer trois grandes formes d'associations exer&#231;ant une activit&#233; de plaidoyer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) les BINGOS : ce sont les Bizness No Governemental's Organizations, organisations &#224; vocation &#233;conomique mais pas lucratif (MEDEF, UNICE&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) les GONGOS : ce sont les GOvernemental's No Governemental's Organizations, organisations vivant en grande partie des subventions publiques. &#192; ce titre, elles sont plus ou moins ind&#233;pendantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) les associations citoyennes (ou civiques) : elles doivent avoir un int&#233;r&#234;t public et g&#233;n&#233;ral vers les plus d&#233;favoris&#233;s ; &#234;tre &#224; but non lucratif ; ne pas repr&#233;senter des acteurs &#233;conomiques ou &#233;tatiques ; &#234;tre ind&#233;pendantes &#233;conomiquement vis &#224; vis de ceux qu'elle entend r&#233;guler, contr&#244;ler et surtout. Mais le crit&#232;re qui leur donne le plus de l&#233;gitimit&#233; pour repr&#233;senter l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et qui est le plus objectif pour les diff&#233;rencier des deux autres types d'associations est le nombre de leurs adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines associations (ONG) de dimension internationale (OXFAM, le CICR, le WWF, Greenpeace) disposent des capacit&#233;s financi&#232;res pour r&#233;mun&#233;rer des lobbyistes &#224; titre permanent ou &#224; temps partiel pour intervenir dans les instituions internationales afin d&#233;fendre leurs revendications.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les diff&#233;rentes formes de lobbying
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Les relations de proximit&#233; entre les acteurs &#233;conomiques avec les gouvernements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lites &#233;conomiques rencontrent souvent les &#233;lites politiques. Durant ces rencontres, ils parlent autant de politique que d'affaires, c'est donc des moments propices pour communiquer leurs id&#233;es politiques. En plus de leur image forte li&#233;e &#224; leur puissance &#233;conomique, ces dirigeants p&#232;sent directement sur les d&#233;cisions des dirigeants politiques, car en &#233;change de leurs pr&#234;ts, ou investissement, ils sont en situation de les assortir de conditions politiques (plus de lib&#233;ralisme : moins d'imp&#244;ts, de r&#233;glementations&#8230;). Lorsque le milliardaire Waleed Bin Tatal a rencontr&#233; Jacques Chirac en 2005, il a fait un don de 100 millions de $ au mus&#233;e du Louvre, pour d&#233;velopper les arts islamiques (M6, 2005) [7].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Le pouvoir des propri&#233;taires des grandes banques vis-&#224;-vis des &#233;lus politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les banques et les propri&#233;taires des grandes banques (Rockefeller, Rothschild, Morgan&#8230;) repr&#233;sentent un des pivots du pouvoir mondial. D'une part parce que ces propri&#233;taires disposent de sommes &#233;normes : Le magazine Forbes d&#233;comptait 1125 milliardaires en 2008. (Kroll, 2008) [8]. Ceci leur permet d'acheter potentiellement absolument, tout ce qui peut servir leur objectif de puissance : entreprises, m&#233;dias, biens divers. Mais de plus, ils ont la capacit&#233; de corrompre les dirigeants politiques, qui sont susceptibles de se laissent soudoyer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Exploiter gr&#226;ce &#224; la menace des dirigeants politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il existe plusieurs formes de menaces exerc&#233;es par les dirigeants d'entreprises priv&#233;s pour obtenir des lois servant leurs int&#233;r&#234;ts. Il y a notamment la menace de retrait des capitaux investis dans les entreprises ou dans les march&#233;s financiers nationaux. Certains dirigeants d'entreprise influents, expriment parfois, leurs d&#233;saccords catastroph&#233;s : nous allons tous faire faillite ou perdre des march&#233;s, cela va cr&#233;er du ch&#244;mage&#8230; Ce qui influe grandement sur les &#233;lus craignant de ne pas &#234;tre r&#233;&#233;lus par leurs &#233;lecteurs d&#233;&#231;us.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ensuite les menaces de d&#233;localisation, de lock out (m&#234;me si on le fait relativement peu dans la pratique). Parfois la menace de d&#233;localisation est utilis&#233;e aussi par les dirigeants politiques qui savent que les d&#233;localisations vers les PED ne repr&#233;sentent qu'une danger mineur, proportionnellement &#224; la hausse de la productivit&#233;, ou aux importations europ&#233;ennes (Wood, 1998) [9].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Le soutien des Etats aux int&#233;r&#234;ts des grands capitalistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Etat sert les int&#233;r&#234;ts des ETN, notamment pour des raisons d'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique nationale. M. Dominique Perreau, directeur des affaires &#233;conomiques et financi&#232;res au minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res a d&#233;clar&#233; que g&#233;n&#233;ralement &#171; le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res use de son influence pour d&#233;fendre les projets des compagnies fran&#231;aises car l'Etat doit veiller &#224; la s&#233;curit&#233; des approvisionnements en p&#233;trole et gaz naturel &#187; (Aubert, 1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'ouverture, le 27 ao&#251;t, de la XVIe conf&#233;rence des ambassadeurs de France, le pr&#233;sident Nicolas Sarkozy a nettement r&#233;orient&#233; l'aide au d&#233;veloppement &#171; pour soutenir en priorit&#233; le secteur priv&#233; &#187; affirme-t-il (Glaser, 2008). Comment souvent avec N. Sarkosy, il affirme tout haut et de mani&#232;re d&#233;complex&#233;e ce qui se passait autrefois dans l'ombre. A cette m&#234;me conf&#233;rence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son secr&#233;taire d'Etat &#224; la coop&#233;ration, Alain Joyandet, (qui est aussi un ancien dirigeant d'une entreprise de presse) lui embo&#238;te le pas, il &#171; n'attend plus que le feu vert du Conseil d'Etat pour devenir le vrai patron de l'Agence fran&#231;aise de d&#233;veloppement (AFD), la tirelire de la politique africaine. Il a d'entr&#233;e de jeu d&#233;clar&#233; qu'il n'avait pas peur d'&#234;tre confondu avec le secr&#233;taire d'Etat au commerce ext&#233;rieur (&#8230;). Alain Joyandet a en outre propos&#233; aux dirigeants d'entreprise de les informer en amont des projets qui seront financ&#233;s par l'aide fran&#231;aise. Ils seront &#233;galement associ&#233;s &#224; un nouveau &#171; comit&#233; des engagements &#187; et &#8211; &#224; condition qu'ils ne viennent pas danser au &#171; bal des pleureuses &#187;, selon l'expression du ministre -, ils b&#233;n&#233;ficieront d'un soutien politique (&#8230;) &#187; (Glaser, 2008) [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;sidents de la r&#233;publique jouent aussi le r&#244;le de VIP pour les grandes transnationales de leur pays. Chirac &#233;tait accompagn&#233; de plusieurs PDG, lors de son voyage en Chine, en octobre 2006. Nicolas Sarkozy fit de m&#234;me et a ramen&#233; pour 20 milliards d'euros de contrats pour les entreprises fran&#231;aises, lors de son voyage en Chine en 2007(Les Echos, 26 :/11/2007) [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une large partie du soutien de la cellule africaine de l'Elys&#233;e, vis &#224; vis des dictateurs, des guerres, des d&#233;ploiements de l'arm&#233;e fran&#231;aise, etc. vise &#224; prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts des entreprises fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements et les minist&#232;res sont parfois doubl&#233;s par des officines parall&#232;les. C'est le cas du r&#233;seau Foccart, travaillant pour Elf, qui dirigeait en sous main tout la politique africaine de la France. Le soutien de l'Etat aux transnationales renforce leur capacit&#233; d'exploitation l&#233;gale et ill&#233;gale. La cellule africaine de l'Elys&#233;e, le Minist&#232;re des Affaires Etrang&#232;res, de l'identit&#233; nationale et de la coop&#233;ration&#8230; qui devraient normalement fonctionner dans la l&#233;galit&#233; ne respectent pas toujours l'Etat de droit. Par exemple, les observateurs du minist&#232;re de la coop&#233;ration qui ont cautionn&#233; les &#233;lections truqu&#233;es au Tchad en mai 2006 (Survie, 2005) [12].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**S'allier les services d'un &#233;lu gr&#226;ce aux commissions et r&#233;tro-commissions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les commissions sont ill&#233;gales lorsqu'elles ne sont pas d&#233;clar&#233;es et que par cons&#233;quent elles &#233;chappent aux services des imp&#244;ts des pays concern&#233;s. Les commissions et r&#233;tro-commissions sont aussi ill&#233;gales lorsqu'elles r&#233;mun&#232;rent un &#233;lu ou un administrateur des pouvoirs publics, afin de biaiser un appel d'offre. Cela peut permettre de formuler l'appel d'offre en le l'orientant pour privil&#233;gier un candidat, pour obtenir un contrat, au d&#233;triment d'autres concurrents ou de l'int&#233;r&#234;t des pouvoirs publics de sa nation. A travers ce m&#233;canisme l'acheteur, les interm&#233;diaires et le vendeur s'enrichissent au d&#233;triment des pouvoirs publics et des populations, qui paient le co&#251;t de la surfacturation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loik Le Floch Prigent, affirme lui-m&#234;me dans un livre intitul&#233; &#8220;Affaires Elf, affaires d'Etat&#8221; (2001), faisant le bilan de son proc&#232;s, que &#8220;l'activit&#233; industrielle classique s'accompagne n&#233;cessairement de m&#233;canismes qui permettent le financement d'op&#233;rations opaques (&#8230;). Au sein du groupe (Elf) qui fait deux cents milliards de francs de chiffre d'affaires par an, le volume de ces op&#233;rations (occultes) varie de trois cents &#224; huit cents millions de francs). (&#8230;) Elf d&#233;pensait notamment ces fonds pour obtenir &#8220;des permis de forage&#8221; dans les pays ou la soci&#233;t&#233; n'&#233;tait pas encore implant&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces commissions vers&#233;es aux officiels du pays, via des interm&#233;diaires, &#233;tait d'un certaine fa&#231;on le prolongement de la politique &#233;trang&#232;re de la France, notamment dans les pays africains et c'est la raison pour laquelle le pr&#233;sident d'Elf en informait la pr&#233;sidence de la r&#233;publique (fran&#231;aise), ainsi que les ministres des Finances et du Budget&#8221; (Prigent, 55-56) [13]. &#8220;Disons que le pr&#233;sident d'Elf est &#224; la fois le pr&#233;sident d'une soci&#233;t&#233; p&#233;troli&#232;re et ministre bis de la Coop&#233;ration. Et c'est justement parce ce que cette soci&#233;t&#233; avait un objet politique et diplomatique en Afrique qu'elle a de tout temps financ&#233; les services secrets (&#8230;). Elf a servi au financement du parti gaulliste, et a m&#234;me &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour &#231;a&#8230;&#8221; (&#8230;). Puis ce fut le tour du parti socialiste. Certaines de ces affaires ont d&#233;fray&#233; la chronique judiciaire (affaire Dumas, Deviers Joncourt, Sirven, Elf Thomson, avions renifleurs, affaires des fr&#233;gates, etc.). (Prigent, 2001 : 54-55 et 63-64). &#8220;L'ensemble de la classe politique savait qu'Elf faisait du financement politique&#8221;. Les r&#233;tro-commissions servaient &#8220;&#224; mettre sous influence celui qui les percevait. Au cas o&#249;&#8230; Au cas une affaire comme l'affaire Elf leur p&#233;terait &#224; la figure. Si tout le monde se sert du g&#226;teau, plus personne ne plus rien dire.&#8221; (Prigent, 2001, 66-67).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Figaro et le Parisien, les repr&#233;sentants de l'Elys&#233;e ont r&#233;agi aux d&#233;clarations de Loik Le Floch Prigent de mai 2001, en affirmant qu'&#224; pr&#233;sent le syst&#232;me avait chang&#233; depuis 1995. Cela confirmait donc le fait ce syst&#232;me avait bel et bien exist&#233; et donc que l'Elys&#233;e en avait bien eu connaissance, sans y mettre fin. On le voit, les int&#233;r&#234;ts des Etats, si&#232;gant notamment au sein des la Banque Mondiale, sont fortement li&#233;s &#224; ceux de leurs grandes entreprises transnationales. Car il en va des int&#233;r&#234;ts nationaux, tels qu'ils sont envisag&#233;s par les gouvernements nationaux et les partis politiques dominants. Il s'agit d'une lutte politico-&#233;conomique entre Etats via leurs entreprises, pour s'assurer entre autres, une ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique et se disputer les parts du march&#233; mondial. C'est pourquoi les pouvoirs publics nationaux et organisations internationales o&#249; elles si&#232;gent, sont relativement peu regardant sur les pratiques des entreprises qu'elles subventionnent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**S'appuyer sur les transnationales pour contr&#244;ler un Etat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Etats utilisent aussi leurs entreprises (ou certaines ONG) pour asseoir leur influence. En fait, les transnationales et les Etats s'appuient souvent l'un et l'autre, dans le cadre d'un &#233;change r&#233;ciproque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elf-Total va tenter de contr&#244;ler les pays vis&#233;s. Pour cela ces dirigeants vont entreprendre diff&#233;rentes actions ill&#233;gales ou anti-d&#233;mocratiques : corruption des dirigeants politiques, co-organisation de scrutins truqu&#233;s, financement de polices politiques, de gardes dictatoriales&#8230; Dans le cadre la guerre froide, Elf-Total servira au gouvernement, comme instrument pour &#233;viter la propagation du communisme. Ainsi, des firmes fran&#231;aises, telle Elf-Total charg&#233;e d'approvisionner la France en mati&#232;res strat&#233;giques, sont investies par les services secrets. De plus Elf-Total a aussi largement utilis&#233; les services secrets et le lobby militaire pour aboutir &#224; ses fins (Verschave, 2003) [14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les dirigeants nationaux, tel Reagan, Bush, De Gaulle, Chirac, Mitterrand ou Sarkozy, disent parfois servir la d&#233;fense de la grandeur nationale, c'est avant tout pour s'assurer &#224; leur nation, un pouvoir d'influence dans les n&#233;gociations internationales (diplomaties, institutions internationales. La France a ainsi r&#233;ussi &#224; placer Pascal Lamy &#224; la t&#234;te de l'OMC le 1er septembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me la promotion de la langue nationale (la francophonie) est utilis&#233;e comme un instrument h&#233;g&#233;monique et commercial. En effet, plus une langue est parl&#233;e dans le monde, plus l'influence politique et commerciale du pays peut s'accro&#238;tre. Enfin, un des buts de la n&#233;o-colonisation est aussi de conserver un cort&#232;ge d'&#201;tats clients (un r&#233;servoir de votes) permettant &#224; la France d'occuper une position importante dans les institutions internationales, tel l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les r&#233;seaux, les lobbies et les associations professionnelles : un des nombreux leviers de la gouvernance&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Les associations professionnelles contribuant &#224; l'&#233;laboration des politiques internationales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les associations professionnelles (lobbies) exercent une influence parfois plus puissante sur les &#233;lus, que les &#233;lecteurs eux-m&#234;mes. En effet, de par leur position sociale, &#8220; leur capital &#233;conomique, social, culturel, symbolique &#171; , tels que les d&#233;finit Bourdieu, certains de ces individus, groupes ou lign&#233;es, influencent de fa&#231;on plus ou moins indirecte, une part des d&#233;cisions politiques et &#233;conomiques internationales. Quelques-uns sont des leaders politiques de premier plan. Mais la plupart d'entre eux sont g&#233;n&#233;ralement inconnus du grand public, bien qu'ils occupent des postes hauts plac&#233;s dans le secteur professionnel ou politique. Parmi, ces diff&#233;rentes organisations ont peu citer parmi les plus connus : CFR, Trilat&#233;rale, Bilderberg, WBRound Table, Bohemian Grove, Skulls&amp;bones&#8230; Or ces r&#233;seaux exercent une influence parfois plus puissante sur les &#233;lus que les &#233;lecteurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gramsci (1975) a soulign&#233; le r&#244;le des intellectuels dans l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique et la puissance des think thanks. Ces derniers sont des sortes de club de r&#233;flexion qui diffusent des id&#233;es. Les think thanks les plus influents, actuellement mettent la puissance de leurs id&#233;es et leurs meilleurs intellectuels au service de l'id&#233;ologie, des politiques des classes dominantes. Le sociologue fran&#231;ais, Michel Crozier a ainsi r&#233;alis&#233;, avec Samuel Huntington, un rapport en 1975, pour la trilat&#233;rale (Crozier) [15] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de la CCI, tel Maucher, ceux de l'ERT, et, des ETN telles Nestl&#233;, Shell ou Unilever participent r&#233;guli&#232;rement aux rencontres de Davos et du groupe Bilderberg (Balanya, 2005). C'est dans ces lieux o&#249; se forgent les id&#233;es n&#233;o-lib&#233;rales au plan mondial que ces derniers se r&#233;unissent tous les ans (Gill, 1990 : 127).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe Bilderberg, fut cr&#233;&#233; en 1954, gr&#226;ce &#224; un cofinancement de Unilever et de la CIA. Selon le politologue Stephen Gill, Il a pour but &#8220;d'encourager des discussions ouvertes et confidentielles (&#8230;) entre les nations de l'axe atlantique &#187; (Gill, 1990 : 127) [16] en particulier les Etats-Unis et l'Europe de l'Ouest. Selon un ancien d&#233;l&#233;gu&#233; du groupe, le consensus &#233;labor&#233; au sein de ce forum sert de base &#224; l'&#233;volution des politiques internationales. Bilderberg &#8220;compose la toile de fond des politiques qui sont mises en place par la suite. Ainsi, le Forum &#233;conomique mondial &#224; Davos en f&#233;vrier, les rencontres Bilderberg et du G8 en avril-mai et la conf&#233;rence annuelle du FMI et de la Banque Mondiale en septembre. Une sorte de consensus international &#233;merge (&#8230;). Ce consensus devient la toile de fond des communiqu&#233;s du G8 ; il inspire le FMI lorsqu'il impose le programme de r&#233;ajustement &#224; l'Indon&#233;sie, et la politique que le Pr&#233;sident am&#233;ricain propose au congr&#232;s&#8221; (Armstrong, 1998) [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Rockefeller fut le fondateur du Bilderberg, puis de la Commission Trilat&#233;rale. &#171; Ces deux lobbies sont les v&#233;ritables architectes de la mondialisation n&#233;o-lib&#233;rale&#8221; selon M. R. Jennar (2005) [18]. D. Rockefeller a d&#233;clar&#233; &#224; Newsweek international, &#8220;quelque chose doit remplacer les gouvernements et le pouvoir priv&#233; me semble l'entit&#233; ad&#233;quate pour le faire&#8221; (Rockefeller, 1999). &#8220;Ce m&#234;me personnage avait d&#233;clar&#233; huit ans plus t&#244;t devant la Commission Trilat&#233;rale : la souverainet&#233; supranationale d'une &#233;lite intellectuelle et de banquiers est pr&#233;f&#233;rable au principe d'autod&#233;termination des peuples&#8221; (Jennar, 2005 : 17). En effet, ces derniers sont consid&#233;r&#233;s par certaines &#233;lites, tels les certains experts de la gouvernance europ&#233;enne comme &#8220;ignorants, &#233;motifs et versatiles, comme nous le rapporte Hermet (2003 : 16) [19]. C'est donc, pour leur &#233;viter de commettre des erreurs nuisant &#224; l'int&#233;r&#234;t du peuple lui m&#234;me, que les &#233;lites proposent d'&#233;riger la gouvernance, par les seuls experts et les &#233;lites &#233;conomiques et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision de Nietzsche illustre bien celles de certaines &#233;lites, tel Rockefeller. Pour Nietzsche, la d&#233;mocratie est un fl&#233;au pour l'humanit&#233;, car elle inaugure le pouvoir de la masse, du peuple ignorant (Nietzsche, 1976). Spencer, un contemporain de Darwin, consid&#233;rait que la loi du plus fort &#233;tait une loi naturelle, qui devait s'appliquer aux soci&#233;t&#233;s humaines. Ne favoriser que les &#233;lites est pr&#233;f&#233;rable pour le d&#233;veloppement de l'humanit&#233;, car c'est le sens de l'&#233;volution naturelle, la s&#233;lection naturelle du plus fort sur le plus faible. Par cons&#233;quent, l'aide sociale, les services sociaux, l'&#233;cole publique, sont nuisibles &#224; l'humanit&#233;, car ils viennent gaspiller des ressources n&#233;cessaires pour d&#233;velopper les qualit&#233;s des &#233;lites (Spencer, 1889). [20]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romano Prodi figure notamment parmi ces &#233;lites. En 2006, il dirige l'Italie, or il a &#233;t&#233; auparavant membre du comit&#233; de direction du groupe Bilderberg. Avec Pascal Lamy, actuel directeur de l'OMC et autrefois repr&#233;sentant de l'UE &#224; l'OMC, ils ont &#224; participer aux r&#233;unions du groupe Bilderberg en 2001 et 2003.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Passage r&#233;gulier d'un statut de repr&#233;sentant d'un int&#233;r&#234;t particulier &#224; celui de d&#233;fenseur de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tous les ans, les repr&#233;sentants de BP, Exxon, Shell, Unilever se rendent &#224; la r&#233;union annuelle du groupe Bilderberg (Balanya : 2005 :292). En 1997, son comit&#233; de direction &#233;tait notamment compos&#233; de Peter Sutherland (ex-directeur du Gatt), du PDG de BP, d'Henry Kissinger, de James Wolfensohn (ex-directeur de la Banque Mondiale), d'Etienne Davigon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier illustre l'omnipr&#233;sence de ces r&#233;seaux priv&#233;s et de ces &#233;lites non-&#233;lues dans l'&#233;laboration des politiques internationales par les pouvoirs publics. Il pr&#233;sidait le Groupe Bilderberg en 1999 et &#233;tait membre du comit&#233; directeur en 1997 (Balanya, 2005 : 293-292). Il a &#233;t&#233; membre de l'ERT (European Roundtable) et commissaire europ&#233;en &#224; l'Industrie de 1977 &#224; 1994 (Balanya, 2005 : 68). Ce passage r&#233;gulier d'un statut de repr&#233;sentant d'un int&#233;r&#234;t particulier &#224; celui de d&#233;fenseur de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral n'est pas v&#233;ritablement compatible, puisque leurs int&#233;r&#234;ts sont g&#233;n&#233;ralement contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la Commission Trilat&#233;rale, elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1973, par les membres du groupe Bilderberg. Selon Stephen Gill, elle a &#233;t&#233; con&#231;ue comme une structure plus formelle et efficace que le groupe Bilderberg visant &#224; propager les m&#234;mes id&#233;es n&#233;o-lib&#233;rales, c'est &#224; dire celles du &#8220;Consensus de Washington&#8221; (Gill, 1990). David Korten ajoute que David Rockfeller fut aussi le principal instigateur de la commission Trilat&#233;rale, dont il tient la pr&#233;sidence durant les ann&#233;es 80. A la m&#234;me &#233;poque, il pr&#233;sidait le Conseil pour les relations ext&#233;rieures (Concil Foreign Relations (CFR)) qui regroupe des dirigeants d'entreprise des Etats Unis qui &#8220;contr&#244;le plus de la moiti&#233; des richesses du pays&#8221; (Korten, 1995) [21].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les dirigeants les plus connus figurent Jimmy Carter, Bill Clinton, Georges Bush, Alan Greespan, Paolo Fresco (Fiat), Daniel Jansen (Solvay), Bjorn Svedberg (Ericsson), Etienne Davignon [22]. Selon Stephen Gill, les membres de la Commission Trilat&#233;rale cherchent aussi &#224; y d&#233;terminer les politiques &#233;conomiques qui seront adopt&#233;es aux niveaux nationaux et internationaux par les dirigeants politiques. Or, les entreprises &#224; vocation nationale et les organisations de travailleurs y sont sous repr&#233;sent&#233;es (Gill, 1990). Pr&#233;cisons cependant, que le pouvoir des r&#233;seaux et des lobbies, n'est pas si important que certains voudraient le penser. S'ils disparaissaient, cela n'aurait qu'un impact relatif, dans la mesure, ou il ne sont qu'un aspect, parmi une bonne dizaine d'autres formes de gouvernance non d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**La puissance des r&#233;seaux contre la d&#233;mocratie ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s sa victoire aux &#233;lections pr&#233;sidentielles, Nicolas Sarkosy invite au Fouquet's, un palace parisien, les membres les plus proches de son r&#233;seau. On y trouvait notamment : B. Arnault, Bollor&#233;, Dassault, Decaux, Bouygues (Parain d'un de ses fils), Desseigne (Barri&#232;re), Bernheim (Generali), Desmarais (Power Corporation), Kron (Alsthom), Fr&#232;re (Suez), Proglio (V&#233;olia)&#8230; (Chemin, 2005) [23]. De m&#234;me au mariage de la fille de Bernard Arnaud, le 22 septembre 2005j, le magasine Paris Match, rapporte que 6 ministres en exercice &#233;taient pr&#233;sents. Michel et Monique Pin&#231;on, dans leur livre sur les grandes fortunes, montre que la richesse ne repose pas seulement sur l'argent mais sur des r&#233;seaux sociaux et un capital de privil&#232;ges socioculturels transmis par des dynasties familiales (2006). Cet aspect dynastique n'est pas sans rappeler les pratiques de la noblesse et de la royaut&#233;. Les privil&#232;ges officiels de l'aristocratie ont disparu pour la plupart (except&#233; pour certaines familles royales), mais cette pratique dynastique se perp&#233;tue, au plan social, &#233;conomique et souvent m&#234;me sur le plan du sang (mariage entre nobles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement aux r&#233;seaux politiques, on trouve des r&#233;seaux &#233;conomiques. Par exemple dans les relations entre la France et l'Afrique, les r&#233;seaux les plus influents sont ceux d'Elf-Total, Bollor&#233;-Rivaud, Bouygues, Castel&#8230; Les r&#233;seaux religieux et &#233;sot&#233;riques ont aussi leur place. Il y a notamment les groupes catholiques, le Vatican, l'Opus Dei, la Loge P2&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;seau francs-ma&#231;ons, en France et dans le monde, contribue parfois &#224; limiter l'impartialit&#233; des juges. Le magistrat, Eric de Montgolfier, a d&#233;nonc&#233; certains agissements, puis en janvier 2004, le magistrat Bernard Bacou d&#233;cide de saisir lui-m&#234;me le conseil sup&#233;rieur de la magistrature au sujet de doyen des juges d'instruction du tribunal de Nice, en l'accusant d'impartialit&#233; et de solidarit&#233; criminelle entre des pr&#233;venus et lui-m&#234;me. En effet, ce juge &#233;tait membre des francs-ma&#231;ons et jugeait une affaire dans laquelle l'accus&#233; &#233;tait lui m&#234;me membre des francs-ma&#231;ons. Or un des premiers serments de la franc-ma&#231;onnerie est le serment de solidarit&#233; (Etchegoin, 2004) [24]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La proximit&#233; des r&#233;seaux d'extr&#234;me droite et des &#233;lites internationales&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**L'id&#233;ologie fasciste : un capitalisme totalitaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parmi les hauts dirigeants &#233;conomiques et politiques mondiaux, on rel&#232;ve une proportion importante de personnalit&#233;s favorables aux id&#233;es d'extr&#234;me droite (royaliste, fasciste, nazie&#8230;). Ces derni&#232;res convergent autour de diff&#233;rents points communs. L'id&#233;e centrale repose sur une vision naturaliste, d'un darwinisme social, d'un monde naturellement hi&#233;rarchis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait donc une erreur de chercher, comme le font les communistes, &#224; &#233;galiser les conditions des hommes. Ainsi, ils estiment que les d&#233;cisions ne doivent pas &#234;tre prises par le peuple (suffrage universel, d&#233;mocratie parlementaire) mais qu'il faut confier le gouvernement aux seules &#233;lites politiques et &#233;conomiques (les grands capitalistes), car disposant seuls des comp&#233;tences n&#233;cessaires (Pannekoek, 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les nazis, il a de plus l'id&#233;e d'une hi&#233;rarchie entre les races. La race blanche sup&#233;rieure est &#233;lue par Dieu, pour diriger le monde. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de la recherche de la puret&#233; du sang (droit du sang) pour prot&#233;ger un groupe (dynastie monarchique, race blanche, race aryenne&#8230;), que l'on retrouve dans le noblesse (le sang bleu) et la monarchie&#8230; (Hitler, 1925) [25]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**L'influence des r&#233;seaux d'extr&#234;me droite en France et dans le Monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des commissions parlementaires, en Italie, en Suisse et en Belgique ont mis en lumi&#232;re l'existence des r&#233;seaux Stay Behind (Gladio en Italie) cr&#233;es par la CIA apr&#232;s la 2e guerre mondiale, afin d'exfiltrer les anciens nazis, tel Klaus Barbie, dont les comp&#233;tences pouvaient leur &#234;tre utiles (Erdman, 1991) [26]. Le service action des services secrets fran&#231;ais (le 11e Choc du Sdece) a chapeaut&#233; les membres du r&#233;seau Stay Behind fran&#231;ais. Ce dernier a longtemps &#233;t&#233; command&#233; par le g&#233;n&#233;ral Paul Aussaresses, d&#233;pendant en fait de l'OTAN, par le biais du colonel Foccard. Parmi ces membres on retrouve Fran&#231;ois de Grossouvre (DGSE, puis conseiller de Mitterand) (Verschave, 2003, 34).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CIA s'est aussi appuy&#233;e sur des sectes &#224; l'id&#233;ologie d'extr&#234;me droite (temple solaire avec Joseph di Mambro, Luc Jouret (Agent secret Belge) (Deloire : 1999) [27]. Le tr&#232;s secret OPC (Bureau pour la coordination politique) des Etats Unis, dirigea diff&#233;rents r&#233;seaux dont les Stay Behind, provoqua le prise de pouvoir des juntes latino-am&#233;ricaines (g&#233;n&#233;ralement &#224; l'id&#233;ologie d'extr&#234;me droite), utilisa les hautes instances franc-ma&#231;onnes notamment &#224; travers la la Loge P2 (dont fit parti Silvio Berlusconi), la mafia, le Vatican (Ganser, 2007) [28]. Michele Sindona fut le banquier en chef de la Mafia et aussi le fond&#233; de pouvoir du pape Paul VI. Roberto Calvi prit le relais avant d'&#234;tre pendu. L'exfiltration d'Europe de certains agents fascistes fut r&#233;alis&#233;e par le Saint Si&#232;ge, sous la responsabilit&#233; de Mgr Giovanni Battista Montini (le futur Paul VI). Depuis sa cr&#233;ation la CIA entretient des relations privil&#233;gi&#233;es avec le Saint si&#232;ge. Apr&#232;s le dernier Consistoire, ce fut par le biais du Cardinal Avery Dulles, lui m&#234;me fils de John F. Dulles (Verschave, 2003 : 37).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fr&#232;res Dulles &#233;tant eux-m&#234;mes cousins des Rockefeller, puis John F.Dulles fut pr&#233;sident la Rockefeller Fondation. Il fut directeur dans les ann&#233;es 30 de la Colidated Slesian Steel Compagny dont l'industriel nazi Friedrich Flick poss&#233;dait 66%) (Bureau d'Etudes, 2004) [29].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cr&#233;er son r&#233;seau europ&#233;en, Allen Dulles s'appuya sur la Grande Loge Suisse Alpina. Cette loge franc-ma&#231;onne &#233;litiste, dont Jacques Chirac semble &#234;tre membre (FXV, NC, 36). En France, le repr&#233;sentant en France de l'Opus Dei, fut Geoffroy Chodron de Courcel (l'oncle de Bernadette Chirac) (Verschave, 2003 : 47).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**L'id&#233;ologie d'extr&#234;me droite au sein des r&#233;seaux internationaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il existe plusieurs associations professionnelles qui r&#233;unissent les &#233;lites politiques et &#233;conomiques et contribuent &#224; dresser les grandes orientations mondiales comme le CFR, la trilat&#233;rale ou le groupe Bilderberg. Ce dernier a &#233;t&#233; lanc&#233; en 1954 par David Rockefeller et le prince Bernard des Pays Bas, qui est un ancien officier SS et un espion allemand pour le compte du d&#233;partement d'espionnage NW7 op&#233;rant au sein de l'entreprise IG Farben qui participait au fonctionnement d'Auschwitz (Sutton, Antony, 1980 : 182) [30].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allen Dulles, qui n'h&#233;site pas &#224; collaborer avec d'anciens nazis, est membre de la soci&#233;t&#233; secr&#232;te &#171; Skull and Bones &#187; (le cr&#226;ne et des os) dont font partie John Kerry (le candidat au pr&#233;sidentielle US de 2003), les Bush grand p&#232;re Prescott, p&#232;re et fils (m&#234;me s'ils n'affichent pas officiellement ce type d'id&#233;ologie). Durant l'initiation, explique Robbins, les nouveaux adeptes &#171; d&#233;couvrent les d&#233;cors du tombeau constitu&#233; d'objets et notamment d'embl&#232;mes nazis gard&#233;s comme des reliques &#187; (Robbins, 2005). [31]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1936, plus de 100 firmes am&#233;ricaines furent impliqu&#233;es dans le financement de l'arm&#233;e allemande fasciste. Il y avait notamment General Motors, Ford, Du Pont. En France, de nombreuses entreprises telles, Schneider en France ont financ&#233; le fascisme allemand avant et pendant la guerre, ou encore l'entreprise Renault qui a &#233;t&#233; nationalis&#233;e apr&#232;s la guerre pour avoir collabor&#233; avec les occupants nazis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres des Skull and Bones sont pr&#233;sents &#224; la CIA et &#171; dominent les institutions financi&#232;res comme J.P Morgan, Morgan Stanley, BB Harriman, qui comptaient &#224; une &#233;poque plus d'un tiers de membres appartenant &#224; Skull &amp; Bones parmi ses associ&#233;s. C'est &#224; travers ces compagnies que les Skull &amp; Bones ont apport&#233; leur appui financier &#224; Adolf Hitler, car la soci&#233;t&#233; suivait &#224; l'&#233;poque la doctrine nazie et aujourd'hui n&#233;o-nazie (Robbins, 2005 :15).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**L'id&#233;ologie d'extr&#234;me droite au sein des r&#233;seaux des &#233;lites fran&#231;aises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En France, par exemple on observe une convergence id&#233;ologique autour des id&#233;es d'extr&#234;me droite dans plusieurs organisations fran&#231;aises. La proportion des partisans de l'extr&#234;me droite est plus importante au sein de l'arm&#233;e, des services secrets (la DRM (Direction des renseignements militaires), la RDPS, la DGSE). De m&#234;me une large partie des mercenaires fran&#231;ais d&#233;fend des id&#233;es d'extr&#234;me droite. Cette proximit&#233; id&#233;ologique facilite le passage entre les groupuscules fascistes et ces instances. Par exemple, Fran&#231;ois de Courcelles a &#233;t&#233; un haut grad&#233; dans l'arm&#233;e, au sein de la DGSE, puis il a travaill&#233; pour Fran&#231;ois Mitterrand, comme garde du corps pour Madame Pinjeot (la seconde femme de Fran&#231;ois Mitterrand), puis comme responsable du DPS (le service de s&#233;curit&#233; du Front National) et enfin comme conseiller d'un pr&#233;sident africain (Verschave, 2000) [32]. La proximit&#233; des deux acronymes DPS et RDPS n'est pas le fruit du hasard. Les membres du DPS souhaitant ainsi montrer leur filiation au RDPS. Ainsi, on observe une continuit&#233; id&#233;ologique autour des id&#233;es de d'extr&#234;me droite au sein de l'arm&#233;e, en particulier les hautes instances de l'Etat Major militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me le SAC (le service d'action Civique) a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1959 par Foccart et Pasqua (dont il devient le vice pr&#233;sident en 1967) avec Etienne L&#233;andri (Verschave, 2000, 418) et au service des int&#233;r&#234;ts de De Gaulle. Il a regroup&#233; un large partie d'anciens collaborateurs de l'Allemagne Nazie tel Paul Touvier (Verschave, 2003 : 34). Lorsque Charles Pasqua est devenu ministre de l'int&#233;rieur en 1992, L'influence des r&#233;seaux d'extr&#234;me droite s'est renforc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Charles Marchiani &#233;tait au bureau du RPF (pr&#233;sid&#233; par Pasqua), et a conduit un temps liste du FN &#224; Toulon (Nice Matin, 4 janvier 2000). Il est pro-alg&#233;rie fran&#231;aise, catholique de droite. Il a &#233;t&#233; aussi membre de la DGSE jusqu'en 1969, pr&#233;fet, conseiller de Charles Pasqua lorsqu'il &#233;tait ministre de l'int&#233;rieure (Verschave, 2000 : 429). En 2008, il demande l'amnistie pr&#233;sidentielle pour &#233;chapper aux sanctions p&#233;nales qu'ils doit assumer (il est notamment accus&#233; d'avoir re&#231;u des commissions ill&#233;gales dans les ventes d'armes (Thomson, Falcone).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La puissance des lobbies industriels &#224; l'ONU&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**La d&#233;pendance financi&#232;re de l'OMS et de l'UNICEF vis &#224; vis de entreprises priv&#233;es
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous allons voir que l'ONU et l'OMS subissent parfois de graves d&#233;rives. Or, l'Etat fran&#231;ais dispose d'une part non n&#233;gligeable de responsabilit&#233; dans la mesure o&#249; il est repr&#233;sent&#233; au sein du conseil d'administration de l'OMS et qu'il dispose du droit de veto au conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU. Ce dernier s'av&#232;re l'organe le plus puissant de l'ONU, mais aussi le moins d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ses faiblesses, l'ONU est parvenue &#224; de grandes r&#233;ussites au service des plus pauvres. Pourtant, l'ONU, du fait de son influence, est l'objet de tentative de contr&#244;le de la part des Etats dominants et de leurs transnationales, au sein du conseil de s&#233;curit&#233; et de chacune de ses agences.&lt;br class='autobr' /&gt;
Christian Joly rappelle les positions des organisations de solidarit&#233; internationale vis-&#224;-vis de l'OMS : celles ci &#171; continuent &#224; voir la main des multinationales dans divers programmes de l'organisation. La collaboration de l'OMS, avec les firmes multinationales, est consid&#233;r&#233;e comme une soumission aux lois du march&#233;, au d&#233;triment de la satisfaction des besoins des populations &#187; (Joly,:244-245) [33] Or, &#224; la diff&#233;rence du financement par l'imp&#244;t, le partenariat et le m&#233;c&#233;nat des organisations internationales publiques par des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, tel Rockefeller, portent le risque de fausser les d&#233;cisions, au d&#233;triment de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, de l'ind&#233;pendance des pouvoirs publics. Le 19 juillet 2002, l'UNICEF et la multinationale MacDonald's ont annonc&#233; leur collaboration, dans la cr&#233;ation de la premi&#232;re Journ&#233;e mondiale des enfants de Mac Donald's (Balanya, 2005 : 363).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Le lobby nucl&#233;aire aux commandes de l'AIEA et de l'OMS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis la signature, le 28 mai 1959, de l'Accord OMS-AIEA (WHA 12-40), l'OMS para&#238;t soumise &#224; l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), pour ce qui concerne les risques li&#233;s &#224; la radioactivit&#233; artificielle, notamment dans l'&#233;tude des cons&#233;quences sanitaires de l'explosion de Tchernobyl. Professionnels de la sant&#233; &#187; (www.Independentwho, 2/12/ 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet accord du 28 mai 1959 contraint l'OMS, avant toute d&#233;claration publique portant sur les probl&#232;mes de sant&#233; li&#233;s au nucl&#233;aire, &#224; consulter auparavant l'AIEA, afin de &#171; r&#233;gler la question d'un commun accord &#187;. L'article III &#171; pr&#233;voit de prendre certaines mesures restrictives pour sauvegarder le caract&#232;re confidentiel de certains documents &#187;. L'AIEA est elle m&#234;me sous l'influence de l'industrie nucl&#233;aire civile (Areva) et militaire (www.Independentwho, 22/03/2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour les projets de recherche, &#171; r&#233;gler la question d'un commun accord &#187; avec l'AIEA, conduit &#224; censurer l'expression de l'OMS, dans le domaine des accidents nucl&#233;aires (&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci explique qu'en 1995, l'AIEA contestait les morts et les cancers de la thyro&#239;de chez les enfants vivant &#224; proximit&#233; de Tchernobyl. Sous la pression des chercheurs et des associations, &#224; partir de 1996, les chiffres officiels commencent &#224; &#233;voluer. Or, &#171; Le M&#233;decin chef de la F&#233;d&#233;ration de Russie signalait, en 2001, que 10% des 184.000 liquidateurs russes &#233;taient d&#233;c&#233;d&#233;s et qu'un tiers &#233;tait invalide. L'Ukraine a fourni 260.000 liquidateurs. Selon le communiqu&#233; de presse de l'ambassade d'Ukraine &#224; Paris, publi&#233; le 25 avril 2005, 94,2% d'entre eux &#233;taient malades en 2004. &#171; Lors des Conf&#233;rences de Kiev en 2001, on apprenait que 10% de ces travailleurs s&#233;lectionn&#233;s &#233;taient d&#233;c&#233;d&#233;s (la moiti&#233; &#233;tant de jeunes militaires) et qu'un tiers &#233;tait gravement invalide, leur situation se d&#233;t&#233;riorant rapidement &#187; (www.Independantwho,2007). Enfin, selon Alla Yarochinskaga il y a eu &#171; 70 000 mineurs dont la plupart sont morts en pla&#231;ant des tuyaux de refroidissement sous la dalle du r&#233;acteur pour &#233;viter une explosion thermonucl&#233;aire &#187; (Yarochinskaga, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Les lobbies du tabac et de l'amiante mettent l'OMS sous pression&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement aux lobbies nucl&#233;aires, les lobbies du tabac et de l'amiante ont exerc&#233; une influence consid&#233;rable sur l'OMS. Une s&#233;rie de proc&#232;s contre les industriels du tabac s'est tenue aux Etats-Unis. Par exemple, Entre 1996 et 2003 sur 40 proc&#232;s jug&#233;s, 12 proc&#232;s ont &#233;t&#233; perdus par l'industrie du tabac, pour un montant de 377 millions $ d'amende, contre Philip Morris (groupe Altria) et Brown &amp; Williamson. &#171; Ces proc&#232;s lanc&#233;s aux &#201;tats-Unis contre des fabricants de tabac, dans les ann&#233;es 1990, ont permis de d&#233;couvrir des millions de documents internes et confidentiels r&#233;v&#233;lant les comportements d&#233;linquants de l'industrie du tabac. Ces documents ont d&#233;voil&#233; les strat&#233;gies des industriels du tabac pour contrer les politiques de sant&#233; publique. Ils ont, en effet, d&#233;lib&#233;r&#233;ment cach&#233; qu'ils savaient depuis les ann&#233;es 1960 que la cigarette &#233;tait nocive, que la nicotine engendrait une d&#233;pendance physique importante et qu'ils jouaient sur la teneur en nicotine des cigarettes pour en augmenter les effets &#187; (Toxic-corp, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gro Harlem Bruntland, lorsqu'elle dirigeait l'OMS en 2000, a demand&#233; un rapport sur le r&#244;le de l'industrie du tabac. Ce rapport, publi&#233; le 2 ao&#251;t 2000, accuse l'industrie du tabac d'&#234;tre &#171; active, organis&#233;e et calculatrice &#187; de &#171; saper son action pour la sant&#233; &#187;, de &#171; subversion &#187; de l'OMS. En effet, la liste des strat&#233;gies adopt&#233;es est longue. &#171; L'industrie du tabac aurait donc tent&#233; d'influencer les membres de l'OMS, en leur offrant des emplois et ainsi tirer avantage de leurs contacts avec l'Organisation pour influencer le contr&#244;le du tabac par celle-ci, faire pression sur les budgets de l'OMS consacr&#233;s &#224; ce contr&#244;le, infiltration, espionnage, propagande, falsification, campagnes de d&#233;nigrement, financements philanthropiques pour gagner les faveurs de l'OMS, (ex : campagnes de vaccination), utilisation d'autres agences de l'ONU ou de la Banque mondiale pour obtenir des informations ou faire pression sur l'OMS &#187; (Zeltner, 2000).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Le contr&#244;le des naissances au FNUAP et &#224; l'OMS, sous l'influence des lobbies&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon Malthus, compte tenu du fait que &#171; la population augmente plus vite que les subsistances, il ne faut surtout pas courir le risque d'un accroissement de la population en aidant les pauvres &#187; (Malthus, 1798). Galton, cousin de Charles Darwin, applique cette th&#233;orie aux hommes. Il cr&#233;e, en 1883, le mot eug&#233;nique (art de bien engendrer). Selon Galton il faut intervenir pour favoriser la procr&#233;ation des plus dou&#233;s, c'est-&#224;-dire de ceux qui r&#233;ussissent &#8211; et, parall&#232;lement, freiner la procr&#233;ation des pauvres, c'est-&#224;-dire de ceux qui &#233;chouent, qui ne devraient pas survivre (Galton, 1989).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la fin du XIX&#232;me si&#232;cle, des voix s'&#233;l&#232;vent en Angleterre pour demander la st&#233;rilisation des sujets porteurs de d&#233;fauts. A cette &#233;poque, l'am&#233;ricaine Margaret Sanger (1879-1966) recommande la st&#233;rilisation des faibles d'esprit, des gens atteints de maladies h&#233;r&#233;ditaires, sinon aux Etats-Unis et au plan international, les races autres que la race blanche, occidentale, anglo-saxonne risquent d'envahir le monde. Sanger a forg&#233; l'expression Birth Control (contr&#244;le des naissances) et en a largement propag&#233; l'id&#233;e, dans un perspective f&#233;minisme, n&#233;o-malthusianiste et eug&#233;niste. Cependant, comme Malthus et Galton, Margaret Sanger ne remet pas en question les in&#233;galit&#233;s sociales. Leur conception s'oppose donc &#224; une politique sociale de stabilisation d&#233;mographique fond&#233;e sur une r&#233;partition des richesses, permettant l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation, &#224; l'emploi pour tous et &#224; l'&#233;mancipation des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1913, Rockefeller finance des recherches sur le contr&#244;le des naissances et cr&#233;e &#233;galement la plus grosse organisation priv&#233;e qui va s'occuper entre autres de contr&#244;le de la population : la Rockefeller Foundation (Rockefeller, 2008). John D. Rockefeller III fondera &#171; le Population Council en 1952 (Population Concil, 2008) qui influencera jusqu'&#224; aujourd'hui les programmes d&#233;mographiques de l'ONU, tel le FNUAP. Enfin l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies a &#233;galement accept&#233; les 8,5 millions de dollars qu'offrait John D. Rockefeller Jr. &#224; l'organisation pour qu'elle puisse acheter le terrain o&#249; elle se trouve actuellement &#187; (ONU, 2008) : ainsi cette organisation sera install&#233;e de mani&#232;re permanente aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sir Julian S. Huxley (1887-1975), a &#233;t&#233; vice-pr&#233;sident de l'Eugenics Society de 1937 &#224; 1944, puis Premier Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral de l'UNESCO, de 1946 &#224; 1948 et &#224; nouveau pr&#233;sident de l'Eugenics Society de 1959 &#224; 1962. Il fut d'autre part le fondateur du World Wildlife Fund (WWF) (Cavanaugh-O'keefe, 1995). Ce dernier d&#233;clara au sujet des populations les plus pauvres que &#171; bien trop fr&#233;quemment, ils doivent &#234;tre assist&#233;s par des fonds publics, et deviennent un fardeau, pour la communaut&#233; (&#8230;), des tests d'intelligence et autres ont r&#233;v&#233;l&#233; qu'ils ont un Q.I. tr&#232;s bas ; (&#8230;) Ici encore, la st&#233;rilisation volontaire pourrait &#234;tre utile &#187; (Huxley, 1946).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Rapport Kissinger de 1974 expose la politique des Etats Unis de l'&#233;poque. Il affirme que les pays du Nord sont menac&#233;s par les pays du Sud, pauvres, mais beaucoup plus peupl&#233;s. D'o&#249;, la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse de contenir, c'est-&#224;-dire brider la croissance d&#233;mographique du Sud. On observe ainsi, des similarit&#233;s entre les rapports actuels du FNUAP et le rapport Kissinger, &#233;tabli en 1974. Y-aurait-t-il des parent&#233;s id&#233;ologiques ou non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'influence des lobbies industriels, &#224; l'ONU, ne se limite pas &#224; l'OMS ou au FNUAP. L'affaire &#171; du programme p&#233;trole contre nourriture &#187; de l'ONU a &#233;clat&#233;, en janvier 2004. Dans son dernier rapport, le 7 septembre, la Commission d'enqu&#234;te ind&#233;pendante mise en place, en avril 2004, par Kofi Annan, a d&#233;nonc&#233; une conduite &#171; illicite, non &#233;thique et corrompue &#187; au sein de l'ONU et bl&#226;m&#233; le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Kofi Annan, lui-m&#234;me, pour ses n&#233;gligences et ses erreurs. &#171; Notre mission &#233;tait de chercher des fautes de gestion, dans le programme &#171; p&#233;trole contre nourriture &#187; et des preuves de corruption au sein de l'ONU et par des entreprises sous contrat. &#171; Malheureusement, nous avons trouv&#233; les deux &#187;, a d&#233;plor&#233; son pr&#233;sident, Paul Volcker (Rosett, 2005). &#171; Dans un pr&#233;c&#233;dent rapport, en ao&#251;t, la Commission avait &#233;tabli que le Chypriote Benon Sevan, lorsqu'il &#233;tait responsable du programme &#171; p&#233;trole contre nourriture &#187;, avait empoch&#233; pr&#232;s de 150 000 dollars en pots-de-vin &#187; (Mauriac, 2005).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Le global compact de l'ONU : une privatisation de la r&#233;gulation des normes sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Global Compact est un instrument qui contribue au d&#233;veloppement de la bonne gouvernance n&#233;olib&#233;rale. Au cours du Forum Mondial de l'Economie de Davos, le 31 Janvier 1999, Kofi Annan, le Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral des Nations Unies, a propos&#233; au monde des affaires, de mettre en oeuvre le Global Compact (le pacte global). Plus de 3 700 entreprises venant de 120 pays diff&#233;rents, adh&#233;raient en 2007 au Global Compact. Parmi les dix principes du Global Compact, deux concernent les droits de l'homme, quatre sont destin&#233;s aux droits des travailleurs, trois concernent l'environnement et le dixi&#232;me porte sur la lutte contre la corruption. Le Global Compact &#233;tant une forme de code de conduite &#233;labor&#233; par les pouvoirs publics internationaux. Les transnationales, telle Nike, Nestl&#233;, ou Total qui l'ont adopt&#233; s'engage volontairement &#224; le respecter, mais il n'est pr&#233;vu de dispositif de v&#233;rification, ni de sanction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique de nature n&#233;o-lib&#233;rale se d&#233;cline sous de multiples formes. Par exemple, le &#8220;partenariat&#8221; avec les ETN se d&#233;veloppe aussi dans le secteur de l'environnement, comme on a pu l'observer au sommet de Johannesburg, sur le d&#233;veloppement durable, en 2002. Le choix consiste &#224; d&#233;l&#233;guer, aux acteurs &#233;conomiques priv&#233;s, certaines des fonctions traditionnellement d&#233;volues au service public (service des eaux, retraitement des d&#233;chets, production &#233;nerg&#233;tique..). D'une part, cela repr&#233;sente une orientation de politique &#233;conomique tr&#232;s sp&#233;cifique. Mais d'autre part, cela transforme la nature m&#234;me des organisations internationales publiques qui deviennent des partenaires des entreprises priv&#233;es, plut&#244;t que des autorit&#233;s de r&#233;gulation au service du peuple et de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, m&#234;me si elles n'appliquent pas le Global Compact, les entreprises disposent du droit de placer le logo de l'ONU, sur leurs documents publicitaires. D'apr&#232;s Joshua Karliner et Kenny Bruno (2000) qui travaillent pour le Transnational Ressource &amp; Action Center, &#224; lobbying Francisco : &#8220;Le Global Compact permet en fait &#224; des soci&#233;t&#233;s connues pour leurs violations des droits humains et de l'environnement, de &#8220;bleuir&#8221; leur image, en se drapant dans la banni&#232;re des Nations Unies. C'est un &#8220;blue Wash&#8221; &#224; peu de frais, car rien ne les emp&#234;chera de continuer &#224; produire sans am&#233;liorer leur pratique, dans la mesure o&#249; il n'existe pas de syst&#232;me de contr&#244;le. C'est pourquoi ces ONG estiment que soutenir ainsi certaines ETN, peut se r&#233;v&#233;ler nuisible pour l'image, la cr&#233;dibilit&#233; et m&#234;me la l&#233;gitimit&#233; de l'ONU. Les Nations Unies ont autoris&#233; les ETN Nike et Shell notamment, &#224; adh&#233;rer au Global Compact, alors qu'elles enfreignent r&#233;guli&#232;rement leurs propres codes de conduite et les normes sociales et environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le capitalisme &#233;conomique et politique peut expliquer la situation mondiale actuelle d'in&#233;galit&#233; extr&#234;me, le lib&#233;ralisme (avec sa d&#233;r&#233;gulation) ne vient que le renforcer, en accentuant encore les tendances vers le non respect des r&#232;gles de certains des &#233;lites (la corruption). Ainsi, si le capitalisme lib&#233;ral n'est pas la cause premi&#232;re des in&#233;galit&#233;s, il vient largement renforcer les faiblesses humaines (le besoin compulsif de pouvoir), le manque de d&#233;mocratie et la tentation de la corruption et de l'ill&#233;galit&#233; &#224; travers ses lobbies. Ces derniers agissant souvent de mani&#232;re non d&#233;mocratique et parfois m&#234;me de mani&#232;re ill&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le &#171; terme groupe d'int&#233;r&#234;t &#187; renvoie plus largement &#224; une entit&#233; qui cherche &#224; repr&#233;senter et &#224; promouvoir les int&#233;r&#234;ts d'un secteur sp&#233;cifique de la soci&#233;t&#233; &#187; (&#8230;) Un lobby est une groupe de pression, mais se diff&#233;rencie des autres, par le fait que g&#233;n&#233;ralement il r&#233;alise &#171; deux activit&#233;s compl&#233;mentaires : le d&#233;marchage politique et la veille informationnelle &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale un groupe de pression est d&#233;fini comme une entit&#233; organis&#233;e qui cherche &#224; influencer les pouvoirs publics et les processus politiques dans un sens favorable &#224; ses int&#233;r&#234;ts, sans pour autant participer &#224; la comp&#233;tition &#233;lectoral, ce qui le distingue d'un parti.&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] GROSSMAN Emilio, novembre 2005, Lobbying et vie politique, Probl&#232;mes politiques et sociaux, La Documentation fran&#231;aise, n&#176;918.&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] GREENWOOD, J. (2003), Interest representation in the European Union, Basingstoke, Palgrave, Macmillan.&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] KALLAS Sim, (A6-0105/2008), R&#233;solution du Parlement europ&#233;en du 8 mai 2008 sur le d&#233;veloppement du cadre r&#233;gissant les activit&#233;s des repr&#233;sentants d'int&#233;r&#234;ts (lobbyistes) aupr&#232;s des institutions de l'Union europ&#233;enne. &lt;br class='autobr' /&gt;
[6]BASKIN Roberta, 27 janvier 2008, Colloque d'Alter EU Alliance pour la transparence du lobbying et l'&#233;thique. &lt;br class='autobr' /&gt;
[7] M6, La vie de Waleed Bin Tatal, Zone Interdite, 4 septembre 2005.&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] KROLL Luisa, 3/05/2008, The world's billonaires, Forbes, USA.&lt;br class='autobr' /&gt;
[9] Wood Alan., 1998, &#171; Les d&#233;localisations et l'emploi &#187;, Alternatives &#233;conomiques, Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
[10] GLASER Antoine, 28/08/2008, France/Afrique la nouvelle &#171; diplomatie business &#187; !, La lettre du continent.&lt;br class='autobr' /&gt;
[11] LES ECHOS, 26/11/2007, Plus de 20 milliards d'euros de contrats entre la France et la Chine.&lt;br class='autobr' /&gt;
[12] SURVIE, 2005, Avril 2005 &#8211; Le choix vol&#233; des Togolais &#8211; Rapport sur un coup d'Etat &#233;lectoral perp&#233;tr&#233; avec la complicit&#233; de la France et de la communaut&#233; internationale, L'harmattan, Paris, 110 p. &lt;br class='autobr' /&gt;
[13] LE FLOCH PRIGENT, Affaire Elf, Affaire d'Etat, Le cherche midi, 2001.&lt;br class='autobr' /&gt;
[14] VERSCHAVE Fran&#231;ois-Xavier, 2003, Noir Chirac, Les ar&#232;nes. &lt;br class='autobr' /&gt;
[15] CROZIER Michel, HUNTINGTON Samuel, WATANUKI M., The Crisis of Democratie, Report on the governability of Democracies to the Trilateral Commission, New York, University Press, 1975&lt;br class='autobr' /&gt;
[16] GILL Stephen, American Hegemony and the Trilateral Commission, Cambridge University, Press, 1990.&lt;br class='autobr' /&gt;
[17] ARMSTRONG Alan, MCCONNACHIE Alistair, &#8220;The 1998 Bilderberg Meeting&#8221;, The Social Creation, Official Journal of the Social Secretariat, juillet-ao&#251;t, 1998.&lt;br class='autobr' /&gt;
[18] JENNAR Marc Raoul, &#171; Le gouvernement des lobbies : la gouvernance contre la d&#233;mocratie &#187;, in BALANYA, 2005.&lt;br class='autobr' /&gt;
[19] HERMET Guy, &#171; Un r&#233;gime &#224;a pluralisme limit&#233; ? A propos de la gouvernance d&#233;mocratique &#187;, S&#233;minaire du 12/13 juin 2003 sur la Gouvernance organis&#233; par l'UNESCO, le Colegio de Mexico et le CERI &#224; Mexico&lt;br class='autobr' /&gt;
et &lt;a href=&#034;http://www.ceri-sciences-po.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ceri-sciences-po.org&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[20] SPENCER Herbert, (1889), 1907 (Trad.), Autobiographie. Naissance de l'&#233;volutionisme lib&#233;ral, Paris, PUF.&lt;br class='autobr' /&gt;
[21] Korten David, When Corporations Rule the World Kumarian Press, 1995.&lt;br class='autobr' /&gt;
[22] Pour une actualisation de le liste de membres consulter le site officiel de la trilat&#233;rale &lt;a href=&#034;http://www.trilateral.org/memb.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.trilateral.org/memb.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[23]CHEMIN Ariane, PERRIGNON Judith, 2007, La nuit du Fouquet's, Fayard, Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
[24] ETCHEGOIN Marie-France, Olivier TOSCER, 28 Octobre 2004, Les francs-ma&#231;ons et la justice, N&#186;2086, Le nouvel observateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
[25] HITLER Adolf, 1934 (1925), Mein Kampf, Mon Combat, Nouvelles &#233;ditions Latines, Paris,&lt;br class='autobr' /&gt;
[26] ERDMAN M., HASQUIN M., 1990-1991, Commission d'enqu&#234;te parlementaire sur l'existence d'un r&#233;seau de renseignement clandestin international, (r&#233;f&#233;rence : 1117-4).&lt;br class='autobr' /&gt;
[27] DELOIRE Christophe, 9/1/1999, &#171; Enqu&#234;te sur la France Templi&#232;re &#187;, Le Point.&lt;br class='autobr' /&gt;
[28] GANSER Dani&#232;le, 2007, Les arm&#233;es secr&#232;tes de l'OTAN ; R&#233;seaux Stay Behind, Gladio et Terrorisme en Europe de l'Ouest, &#233;ditions Demi-Lune.&lt;br class='autobr' /&gt;
[29] BUREAU D'ETUDES, 2004, Le gouvernement mondial, &lt;a href=&#034;http://homnispheres.info/imprimer.php3?id_article=36.&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://homnispheres.info/imprimer.php3?id_article=36.&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[30] SUTTON Antony C. 1980, Trilateralism, the Trilateral Commission and the Elite Planning for World Management, sous la dir. Holly Skar, South End Press, Boston, 1982.&lt;br class='autobr' /&gt;
[31] ROBBINS Alexandra Skull and Bones, La v&#233;rit&#233; sur l'&#233;lite secr&#232;te qui dirige les Etats Unis, Ed. Milo, 2005.&lt;br class='autobr' /&gt;
[32] Verschave Fran&#231;ois-Xavier, 2000, Noir Silence, Les Ar&#232;nes.&lt;br class='autobr' /&gt;
[33] JOLY Christian, 1987, in DESTEXHE Alain, Sant&#233;, m&#233;dicaments et d&#233;veloppement, Les soins primaires &#224; l'&#233;preuve des faits, Fondation libert&#233; sans fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Brugvin est docteur en sociologie politique et il est l'auteur du livre &#171; les mouvements sociaux face au commerce &#233;thique &#187;, Herm&#232;s, 2007.&lt;br class='autobr' /&gt;
Thierry.brugvin@free.fr[&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://thierry.brugvin.over-blog.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://thierry.brugvin.over-blog.com/&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La source originale de cet article est Mondialisation.ca&lt;br class='autobr' /&gt;
Copyright &#169; Thierry Brugvin, Mondialisation.ca, 2009&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les causes psychosociologiques de l'addiction dans une soci&#233;t&#233; capitaliste </title>
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		<dc:date>2008-11-12T19:16:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thierry Brugvin</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pour expliquer les addictions, on observe une circularit&#233; entre la dimensions psychologique et les d&#233;terminismes &#233;conomiques et id&#233;ologiques ; mais capitalisme et carences d&#233;mocratiques restent les causes principales. Etude des addictions &#224; la consommation, au pouvoir, &#224; la reconnaissance sociale. L'autolimitation, &#171; la simplicit&#233; volontaire &#187; comme rem&#232;des ? &lt;br class='autobr' /&gt; 1 - Introduction &lt;br class='autobr' /&gt; Le grand m&#233;rite de certains auteurs tels Corn&#233;lius Castoriadis, des freudo- marxistes tels Marcuse et d'autres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-democratie/fondamentaux-de-la-democratie/" rel="directory"&gt;Fondamentaux de la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour expliquer les addictions, on observe une circularit&#233; entre la dimensions psychologique et les d&#233;terminismes &#233;conomiques et id&#233;ologiques ; mais capitalisme et carences d&#233;mocratiques restent les causes principales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Etude des addictions &#224; la consommation, au pouvoir, &#224; la reconnaissance sociale. L'autolimitation, &#171; la simplicit&#233; volontaire &#187; comme rem&#232;des ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1 - Introduction
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le grand m&#233;rite de certains auteurs tels Corn&#233;lius Castoriadis, des freudo- marxistes tels Marcuse et d'autres psychosociologues est d'avoir introduit l'approche individuelle et psychologique dans l'analyse &#233;conomique et politique, afin d'&#233;viter une dichotomie trop manich&#233;enne, entre le collectif et l'individu, le d&#233;terminisme et la libert&#233;, la sociologie et la psychologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers ce texte, nous allons chercher &#224; parcourir diff&#233;rentes analyses psychosociologiques des m&#233;canismes de l'addiction. Nous explorerons diff&#233;rentes dimensions. Tout d'abord, nous analyserons l'addiction &#224; la consommation comme compensation d'une ins&#233;curit&#233; et de carences psychiques, puis l'addiction psychologique au pouvoir comme obstacle &#224; la d&#233;mocratie dans les organisations. Nous verrons ensuite que le d&#233;tachement des addictions individuelles et collectives suppose aussi une mutation anthropologique, car la culture techno-capitaliste renforce notamment l'addiction &#224; la reconnaissance sociale, &#224; la croissance infinie. Enfin, nous verrons en quoi l'autolimitation, la &#171; simplicit&#233; volontaire &#187; peuvent &#234;tre des rem&#232;des contre l'addiction &#224; la consommation, &#224; la violence et &#224; la d&#233;mesure.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2 - L'addiction &#224; la consommation comme compensation d'une ins&#233;curit&#233; et de carences psychiques &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le sociologue Veblen Thorstein (1970) qualifie de &#171; consommation ostentatoire &#187;, l'acte de consommer pour para&#238;tre, pour se sentir exister par le regard qu'on imagine envieux et admiratif des autres. En effet, le besoin de consommer pour para&#238;tre vise souvent &#224; compenser nos carences identitaires. Plus les individus se sentent mal aim&#233;s, mal reconnus, plus ils ressentent un vide existentiel, un manque de sens profond, plus ils cherchent des b&#233;quilles pour r&#233;pondre &#224; leurs carences affectives et identitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le besoin de possession et d'accumulation est quasiment illimit&#233; chez certains milliardaires, qui accumulent plus qu'ils ne pourront jamais consommer ou d&#233;penser. Car le ressort profond de leurs besoins est fond&#233; sur un besoin de puissance. Cela devient un indicateur de r&#233;ussite : plus ils poss&#232;dent, plus ils se sentent puissants et plus leur classement dans le palmar&#232;s des personnalit&#233;s les plus riches du monde progresse ! Ce besoin de puissance est lui-m&#234;me le signe d'un complexe d'inf&#233;riorit&#233;, explique Adler (1918), d'une peur d'assumer sa part de fragilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour les moins riches, le besoin de possession repose d'abord sur la peur du manque. Le fait de poss&#233;der des richesses, des biens &#224; profusion, rassure les personnes qui se sentent &#233;ternellement en danger de tomber un jour dans la pr&#233;carit&#233; &#233;conomique, alors m&#234;me qu'elles d&#233;tiennent d&#233;j&#224; une propri&#233;t&#233;, une automobile, un m&#233;tier, ou plus g&#233;n&#233;ralement lorsqu'elles disposent d&#233;j&#224; d'une situation professionnelle assur&#233;e. Leur analyse n'est pas fond&#233;e sur les faits, mais sur une angoisse d'ins&#233;curit&#233; inconsciente, la crainte de sombrer un jour dans la pr&#233;carit&#233;. Pour s'en pr&#233;munir, elles ne cessent d'accumuler, m&#234;me quand leurs besoins minimaux sont atteints ; cependant, c'est peine perdue, puisque leur probl&#232;me n'est pas mat&#233;riel, mais psychique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en d&#233;tacher, les membres du mouvement pour &#171; la simplicit&#233; volontaire &#187; (Burch, 2007) apprennent &#224; vivre heureux avec de faibles moyens, gr&#226;ce &#224; des joies et des activit&#233;s simples, afin de se lib&#233;rer de leur besoin de possessions mat&#233;rielles et d'autrui, de leur consommation de marchandises, de leurs addictions aux sucreries, &#224; la sexualit&#233;&#8230; Cela n'emp&#234;che pas une partie d'entre eux de militer en m&#234;me temps contre l'exploitation et la domination du capitalisme, ne se limitant pas &#224; la d&#233;nonciation mais tentant de r&#233;aliser concr&#232;tement une soci&#233;t&#233; alternative au capitalisme, fond&#233;e notamment sur l'accumulation illimit&#233;e de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce mouvement de la &#171; simplicit&#233; volontaire &#187; ne touche qu'une petite partie de la population mondiale solvable. La majorit&#233; des autres individus des pays riches est la cible des professionnels du marketing capitaliste qui s'appuie sur ces failles, qu'ils ont &#233;tudi&#233;es de tr&#232;s pr&#232;s. Dans le cadre de la &#171; soci&#233;t&#233; de consommation &#187;, ces professionnels cherchent &#224; accro&#238;tre les profits des entreprises en poussant la population &#224; la consommation, en particulier par la publicit&#233;. Le besoin psychosociologique de possession et de consommation est ainsi renforc&#233; par le marketing capitaliste. De plus, depuis l'Antiquit&#233; au moins, les pouvoirs en place ont bien compris l'utilit&#233; de r&#233;pondre &#224; ce besoin &#224; travers &#171; du pain et des jeux &#187;, comme disaient les Romains. Un peuple qui ne crie pas trop famine, qui a le ventre plein et qui s'amuse, devient alors plus facile &#224; diriger &#224; son insu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre Le Capital, Marx pr&#233;cise que ce processus illusoire rel&#232;ve du besoin de consommer et commercer, un besoin d'ordre psycho-sociologique. Il explique que, lorsque nous achetons une marchandise, nous oublions que celle-ci n'est qu'un objet mat&#233;riel et nous en faisons une idole, un f&#233;tiche : nous sommes victimes du m&#233;canisme de &#171; f&#233;tichisation de la marchandise &#187; (Marx, 1948 I,1,4, p. 57).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ali&#233;nation, terme juridique &#224; l'origine, est aussi un concept transversal utilis&#233; &#224; la fois en philosophie, en &#233;conomie et en psychologie. On le trouve chez Hegel (1982), puis repris par Marx (1962) qui la d&#233;crit comme l'&#233;tat dans lequel l'&#234;tre humain est d&#233;tourn&#233; de sa conscience v&#233;ritable, par les conditions &#233;conomiques dans lesquelles il vit. Lorsqu'un individu est ali&#233;n&#233;, il n'a m&#234;me pas conscience d'&#234;tre exploit&#233;, d'&#234;tre domin&#233;, ni m&#234;me d'appartenir &#224; une classe sociale particuli&#232;re au sein de laquelle il pourrait d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts (la classe en soi). Cependant, l'ali&#233;nation peut prendre diff&#233;rentes formes, religieuse avec Ludwig&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feuerbach (1804-1872), familiale, sexuelle ou socio-&#233;conomique chez Marx. La phrase c&#233;l&#232;bre de ce dernier, &#171; la religion est l'opium du peuple &#187;, pourrait d&#232;s lors &#234;tre d&#233;tourn&#233;e de la mani&#232;re suivante : &#171; la consommation est l'opium du peuple &#187;, la consommation &#233;tant effectivement susceptible d'ali&#233;ner les individus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3 - L'addiction psychologique au pouvoir contre la d&#233;mocratie dans les organisations (gouvernements, entreprises, associations)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne peut donc pas consid&#233;rer que les probl&#232;mes politiques ne rel&#232;vent que de d&#233;ficiences de nature sociale ; ils rel&#232;vent aussi de faiblesses psychologiques, de nature individuelle. Plus les individus s'&#233;l&#232;vent dans les structures du pouvoir &#233;conomique ou politique, plus le besoin psychologique du pouvoir est susceptible d'&#234;tre stimul&#233;. Certains y succombent, d'autres non, d'autres encore pr&#233;f&#232;rent s'en &#233;carter pour &#233;viter ce type de difficult&#233;s. Il s'en trouve aussi qui restent pendant un temps &#224; des postes de pouvoir sans succomber &#224; ces vicissitudes. En effet, les probl&#232;mes d'ego et de pouvoir, d'agressivit&#233;, d'intol&#233;rance, etc., sont les premiers pas vers les pratiques antid&#233;mocratiques, aussi bien au sein de la gouvernance globale non d&#233;mocratique qu'au c&#339;ur des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Castoriadis (2001), dans la lign&#233;e de Freud, affirme l'existence d'une instance originaire psychique qui se repr&#233;sente comme &#233;tant toute-puissante, dans l'enfance. &#192; l'&#226;ge adulte, les individus cherchent inconsciemment &#224; retrouver ce sentiment de toute-puissance. C'est pourquoi l'on dit commun&#233;ment que le &#171; pouvoir total rend totalement fou &#187;, car il favorise une r&#233;gression psychologique vers ce besoin de toute-puissance. D'un point de vue sociologique, Montesquieu (1748) avait aussi montr&#233; qu'un pouvoir, s'il n'est pas limit&#233;, tend &#224; devenir omnipotent et illimit&#233;, d'o&#249; sa doctrine de la s&#233;paration des pouvoirs entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alfred Adler (1870-1937) est un des trois p&#232;res fondateurs de la psychanalyse avec Freud (1856-1939) et Karl Abraham (1877-1925). Freud avait fait de la libido et des pulsions sexuelles la cause premi&#232;re du fonctionnement psychique humain. Dans son ouvrage Th&#233;orie et pratique de la psychologie individuelle (1918), Adler va &#233;laborer une th&#233;orie de la psychologie individuelle, fond&#233;e sur le besoin de puissance visant &#224; compenser un sentiment d'inf&#233;riorit&#233; inh&#233;rent &#224; tout &#234;tre humain n&#233;vros&#233;. Et comme, selon la psychanalyse, la quasi-totalit&#233; des &#234;tres humains sont n&#233;vros&#233;s, personne n'y &#233;chappe. Cette tendance sera toutefois plus ou moins d&#233;velopp&#233;e selon la structure psychique de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, Adler tend &#224; exag&#233;rer quelque peu la dimension pathologique du besoin de puissance. Pour Nietzsche, ce besoin est plut&#244;t un &#233;l&#233;ment naturel, sain, non pathologique, n&#233;cessaire au d&#233;veloppement de l'individu. Par contre, Nietzsche ne pr&#233;cise pas que ce besoin devient pathologique dans son exc&#232;s, en particulier dans le besoin exag&#233;r&#233; et souvent inconscient de compensation du sentiment d'inf&#233;riorit&#233;. Le besoin de pouvoir, le d&#233;sir de puissance est, selon Nietzsche, une pulsion &#224; d&#233;velopper, qui suppose l'&#233;dification d'une &#171; morale du surhomme &#187; fond&#233;e sur la volont&#233; de puissance plut&#244;t que sur l'humilit&#233; chr&#233;tienne, qui manifeste une morale des faibles. &#171; La vie est, &#224; mes yeux, instinct de croissance, de dur&#233;e, d'accumulation de force, de puissance : l&#224; o&#249; la volont&#233; de puissance fait d&#233;faut, il y a d&#233;clin &#187;, &#233;crit Nietzsche (1976).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re le discours du service &#224; autrui se cache souvent un besoin de reconnaissance, d'amour, de gloire, le besoin finalement de se servir soi. De m&#234;me, derri&#232;re le discours de l'efficacit&#233; se cachent souvent des besoins de puissance, voire des addictions &#224; la domination. Une telle analyse ne se limite d'ailleurs pas aux &#233;lites &#233;conomiques et politiques, elle concerne aussi les leaders et les dirigeants associatifs, ou autres bons samaritains d&#233;fendant une &#171; noble cause &#187;, telle la justice, l'&#233;galit&#233;, les droits de l'homme ou la d&#233;mocratie, et ce, jusqu'aux individus les plus simples. En mettant en avant le discours du sacrifice de soi pour une noble cause, ceux-ci cherchent en fait bien souvent &#224; se servir eux-m&#234;mes en priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression sociale et l'imitation viennent renforcer les diff&#233;rentes addictions. Beaucoup de citoyens ordinaires, s'ils &#233;taient plac&#233;s du jour au lendemain aux commandes d'une transnationale exer&#231;ant des pratiques ill&#233;gales ou d'une dictature, deviendraient probablement des dirigeants corrompus ou des tyrans. D'une part, pour des raisons psychologiques, li&#233;es au besoin de pouvoir (plus ou moins refoul&#233;), tel que l'analyse Adler (1918). D'autre part, du fait de la pression sociale de leurs coll&#232;gues et de l'imitation, par l'isomorphisme (Powell et DiMaggio, 1983, p. 152), afin de rester conforme aux pratiques de son milieu, de sa culture et de ses codes. L'individu tend &#224; reproduire les pratiques de sa classe sociale. C'est le ph&#233;nom&#232;ne de &#171; reproduction &#187; d&#233;crit par Bourdieu (1972). Comme l'explique Braudel, lorsqu'un dirigeant exerce au &#171; troisi&#232;me &#233;tage de la soci&#233;t&#233; &#187;, au sommet des responsabilit&#233;s nationales et internationales, il reproduit les r&#232;gles sociales, les pratiques de ses pairs qui se sentent au-dessus des lois cr&#233;&#233;es pour la masse des citoyens. Il se consid&#232;re &#234;tre membre de l'&#233;lite, donc au-dessus de cette masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les abus du pouvoir ne sont donc ni uniquement de nature psychologique, ni uniquement li&#233;s aux structures sociales, comme l'explique Braudel. C'est une erreur de penser que tous les grands dictateurs sont des psychotiques (m&#234;me si cela a pu &#234;tre le cas parfois). Il existe en r&#233;alit&#233; une relation dialectique entre le besoin psychologique du pouvoir et les structures de domination politique et &#233;conomique qui nuisent &#224; la d&#233;mocratie. On observe ainsi que les probl&#232;mes politiques rel&#232;vent aussi bien de d&#233;ficiences de nature sociale, donc collectives, que de faiblesses psychologiques, donc individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4 - L'addiction &#224; la reconnaissance sociale : la &#171; personnalit&#233; culturelle &#187; narcissique et pr&#233;datrice dans la culture capitaliste &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste exerce un impact sur notre psychisme, explique Christopher Lasch dans &lt;i&gt;La culture du narcissisme&lt;/i&gt; (1979). Dans la mesure o&#249; le capitalisme lib&#233;ral valorise la r&#233;ussite individuelle, le m&#233;rite, la comp&#233;tition entre les individus, cela renforce le culte de l'ego, la recherche de pouvoir, le besoin de reconnaissance, l'oubli de soi dans l'activisme, le fait de consommer plus qu'autrui ou de pouvoir acheter des biens et des services tr&#232;s on&#233;reux, afin d'afficher de mani&#232;re ostentatoire sa r&#233;ussite sociale, par exemple par l'achat d'une voiture haut de gamme ou d'une magnifique maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous r&#233;f&#233;rant ici &#224; l'id&#233;e de &#171; personnalit&#233; culturelle &#187; ch&#232;re &#224; l'anthropologue Abraham Kardiner (1969), le capitalisme forgerait ainsi une personnalit&#233; narcissique, individualiste et pr&#233;datrice. Cependant, si le capitalisme renforce effectivement cette tendance, elle existait d&#233;j&#224; chez les humains avant l'av&#232;nement de ce dernier. Cette orientation tend ainsi &#224; s'opposer &#224; la recherche d'une maturit&#233; int&#233;rieure fond&#233;e sur la connaissance de soi, le d&#233;tachement vis &#224;-vis de ses d&#233;pendances (possession, orgueil, besoin de pouvoir, de reconnaissance sociale&#8230;). Il s'agit du processus d'individuation, selon les termes du psychanalyste Carl G. Jung (1995, p. 280), contemporain de Freud. &#192; la diff&#233;rence de l'individualisation qui tend vers l'&#233;go&#239;sme, le narcissisme et la solitude, l'individuation contribue &#224; nous diff&#233;rencier, &#224; d&#233;velopper notre sp&#233;cificit&#233;, non pas pour nous hisser au dessus de la masse, mais pour apporter &#224; la collectivit&#233; une couleur diff&#233;rente, des qualit&#233;s personnelles. Il s'agit des bienfaits de la coop&#233;ration sociale par la diversit&#233;, qui se rapproche de l'utilit&#233; de la &#171; biodiversit&#233; &#187;, au plan biologique. Ainsi, le changement de soi, la transformation individuelle contribue &#224; changer le monde, &#224; la fois par l'action concr&#232;te et par la force de la diffusion de l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un tel besoin d'&#234;tre aim&#233; et reconnu ? Une des causes rel&#232;ve certes de l'analyse sociologique (Lasch, 2000), mais d'autres aspects r&#233;pondent &#224; des crit&#232;res plus psychologiques. L'apport principal de Freud et de la psychanalyse a &#233;t&#233; de montrer qu'il existait un inconscient et un subconscient qui dirigeaient nos comportements &#224; notre insu, de mani&#232;re plus ou moins forte, selon les moments, les situations et les personnes. Selon certains courants de la psychologie, le besoin d'&#234;tre aim&#233; et reconnu r&#233;side principalement dans un manque d'amour et d'estime de soi, qui peut venir de l'enfance et qui est entretenu &#224; l'&#226;ge adulte. Les deux peurs les plus fondamentales sont la peur du manque d'amour et du manque de puissance, qui pouss&#233;es &#224; l'extr&#234;me conduisent &#224; l'angoisse de la mort en situation de total abandon ou d'ins&#233;curit&#233; absolue. C'est pourquoi, en derni&#232;re analyse, la peur fondamentale qui r&#233;git toutes les autres est la peur de la mort, du vide absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc moins par la fuite de la r&#233;alit&#233; &#224; travers des actions relevant de la chirurgie esth&#233;tique ou par l'illusoire compensation qu'offre l'acc&#232;s &#224; des situations sociales valorisantes, que par un retour sur soi, que les &#234;tres humains peuvent se lib&#233;rer de la tyrannie de la qu&#234;te de reconnaissance et d'amour, de la peur du vide et de la mort. Une psychoth&#233;rapie ou simplement une autoanalyse consiste &#224; prendre conscience de ses peurs, &#224; &#234;tre &#224; l'&#233;coute de ses manques, puis &#224; les accepter, &#224; chercher &#224; y r&#233;pondre en les reconnaissant d'abord, puis en essayant de s'en d&#233;tacher, ou &#224; y r&#233;pondre par des actions concr&#232;tes. Le d&#233;passement de ses peurs inconscientes constitue alors une &#233;tape fondamentale vers le mieux-&#234;tre, vers l'acc&#232;s au bonheur de vivre et finalement &#224; l'autonomie v&#233;ritable de l'&#234;tre humain, fondement d'une soci&#233;t&#233; &#233;mancip&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5 - L'addiction &#224; la croissance infinie et &#224; la vitesse ext&#233;rieure&lt;/strong&gt; contre la qu&#234;te de la lenteur et de la simplicit&#233; int&#233;rieure &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; Occidentaux &#187; sont pouss&#233;s culturellement vers la suractivit&#233;, ce qui cr&#233;e une civilisation de la croissance et de la vitesse infinie, constate Virillo (1976). Une des raisons de cette &#233;ternelle course en avant et de l'hyperactivit&#233; des Occidentaux en particulier est le besoin de compenser la peur du manque, du vide et finalement la peur de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la culture moderne, notamment celle du capitalisme occidental techno- industriel, une des valeurs dominantes repose sur la recherche du rendement, de la productivit&#233;, de la croissance &#233;conomique sans limite. Dans la culture postmoderne, par contre, la priorit&#233; est donn&#233;e au temps int&#233;rieur, &#224; la qu&#234;te de la lenteur, comme opportunit&#233; de la &#171; simplicit&#233; heureuse &#187;, ce qui conduit &#224; d&#233;velopper davantage les qualit&#233;s int&#233;rieures de l'&#234;tre humain. Dans cette m&#234;me veine, Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, avait &#233;crit en 1881 d&#233;j&#224; un ouvrage intitul&#233; Le droit &#224; la paresse (Lafargue, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture capitaliste moderne pousse ainsi ses membres vers la qu&#234;te du pouvoir, de la pr&#233;dation de l'homme sur ses semblables et sur la nature (dont il est coup&#233;). D'autres cultures traditionnelles, celle des Indiens Kogis par exemple, privil&#233;gient la recherche de l'harmonie entre l'&#234;tre humain, la nature et la terre, qui est consid&#233;r&#233;e comme une &#171; m&#232;re symbolique &#187; (Julien, 2008). Cette recherche implique naturellement, dans ces cultures comme chez les tenants de l'&#233;cologie post-moderniste, le respect de la nature, afin de pr&#233;server sa propre sant&#233; et de partager des richesses &#233;conomiques et naturelles, en particulier lorsqu'elles sont limit&#233;es et non renouvelables (p&#233;trole, uranium, m&#233;taux&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;servation des biens ne peut se limiter &#224; des lois relevant de l'h&#233;t&#233;ronomie, c'est-&#224;-dire des lois ext&#233;rieures &#224; l'&#234;tre humain, elle suppose une &#233;thique de l'autolimitation individuelle, ainsi que l'exprime Castoriadis (1996), une auto-limitation fond&#233;e sur le principe de la &#171; sobri&#233;t&#233; heureuse &#187; (Pierre Rabi) ou de la &#171; simplicit&#233; volontaire &#187; (Burch, 2003) s'inscrivant dans le registre de l'autonomie. Cette d&#233;marche d'autolimitation peut ainsi &#234;tre qualifi&#233;e de &#171; simplicit&#233; heureuse &#187;. Elle vise aussi &#224; d&#233;velopper les qualit&#233;s psychologiques de l'&#234;tre humain (se d&#233;tacher du besoin de poss&#233;der, de consommer, du besoin de pouvoir, de l'oubli dans l'activisme&#8230;), des qualit&#233;s qu'il est n&#233;cessaire d'acqu&#233;rir afin de pouvoir mettre en &#339;uvre une r&#233;elle auto-limitation en vue d'un partage &#233;quitable, entre tous les &#234;tres vivants, des ressources non renouvelables notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche exclusivement m&#233;canique et mat&#233;rialiste du corps appuy&#233;e sur une m&#233;decine fond&#233;e sur la chimie, omet de prendre en compte le fait que la sant&#233; physique et la sant&#233; mentale d&#233;pendent de l'harmonie entre l'&#234;tre humain, les autres et la nature. Elle tend &#224; nier le fait que la sant&#233; physique est en relation avec la sant&#233; psychique. La d&#233;fense de l'&#233;cologie suppose souvent plus qu'une prise de conscience de nature seulement politique et intellectuelle. Elle n&#233;cessite parfois le d&#233;veloppement d'une &#171; culture de la nature &#187; soucieuse d'une coexistence harmonieuse et attentive aux espaces occup&#233;s par les autres habitants (Flipo, 2009). Le philosophe Arne Naess avance que la pr&#233;servation de la nature suppose une exp&#233;rience v&#233;cue de la nature, comme source de plaisir, de bien-&#234;tre, de sant&#233; mentale et physique. Sans cela, il est difficile de r&#233;ussir &#224; se motiver pour la d&#233;fendre. Si notre &#171; moi &#187; est &#233;largi et approfondi, alors la protection de la nature nous permet de nous sentir libres et est alors per&#231;ue comme la protection de nous-m&#234;mes&#8230; De m&#234;me que nous n'avons pas &#224; nous faire la morale pour respirer&#8230; si notre &#171; moi &#187; au sens large englobe un autre &#234;tre, nous n'avons besoin d'aucune exhortation morale pour le prot&#233;ger&#8230; ni d'une pression ext&#233;rieure, telle que la loi, pour prot&#233;ger la nature et les animaux qui y vivent (Naess, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un raisonnement purement intellectualiste qui tendrait &#224; dire, &#224; propos de l'&#233;cologie et plus largement du monde, que seul ce qui est scientifiquement v&#233;rifi&#233; existe, conduit &#224; un r&#233;ductionnisme scientiste. Ce type de raisonnement se coupe de l'approche sensitive et v&#233;cue, symbolique et mythologique, de la r&#233;alit&#233;, excluant une relation &#233;quilibr&#233;e entre l'intellect et l'intuition. Or une large part de la compr&#233;hension de la vie passe par l'exp&#233;rimentation personnelle, le ressenti, avant de passer par le crible de la &#171; raison raisonnante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;6 - L'autolimitation individuelle contre l'addiction &#224; la d&#233;mesure individuelle et collective
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant d'aborder les questions plus sp&#233;cifiquement psychosociologiques, interrogeons nous sur les questions de l'autonomie individuelle et collective dans la d&#233;mocratie. Dans cette derni&#232;re, explique Castoriadis, &#171; le peuple peut faire n'importe quoi et doit savoir qu'il ne doit pas faire n'importe quoi &#187; (Castoriadis, 1996). C'est pourquoi, le peuple est confront&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233; de l'autolimitation, &#224; la n&#233;cessit&#233; de poser des limites &#224; ses actes, de lutter contre l'hubris, c'est-&#224;-dire la d&#233;mesure li&#233;e &#224; la perte de limite, le chaos. &#171; Le projet d'autonomie est litt&#233;ralement aussi un projet d'autolimitation &#187;, nous dit Corn&#233;lius Castoriadis (1996, IV, p. 137). Selon lui, il s'agit de se donner &#224; soi-m&#234;me ses propres lois et limites. Il ne faut pas attendre cela de l'&#201;tat, de la police. Qui posera des limites &#224; la libert&#233; humaine, qui emp&#234;chera les humains de faire des d&#233;lits, d'attenter &#224; autrui ? Rien ni personne d'autre que leur propre conscience, leur propre &#233;thique, leur propre r&#233;flexion. Car aucune institution ne suffira jamais &#224; garantir les principes d'autonomie et d'autolimitation. Ces principes doivent &#234;tre int&#233;rioris&#233;s par les &#234;tres humains, estime Castoriadis, leur &#233;ducation doit leur transmettre des valeurs fortes, un souci de la chose publique, un int&#233;r&#234;t pour la conscience et la responsabilit&#233; (David, 2000, p. 176).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'explique Castoriadis, &#224; travers son projet d'autonomie, les meilleures lois, r&#232;glements et proc&#233;dures promulgu&#233;s par les organisations internationales, les &#201;tats, les entreprises et m&#234;me les associations ne suffiront pas &#224; lutter contre l'addiction au pouvoir, ni &#224; faire respecter la d&#233;mocratie ni en leur sein ni &#224; l'ext&#233;rieur. En effet, un comportement d&#233;mocratique ne rel&#232;ve pas seulement d'un savoir-faire. Le dialogue d&#233;mocratique suppose aussi le dialogue et l'&#233;coute sinc&#232;re entre les personnes, une certaine &#233;thique de la discussion, une volont&#233; de dialogue de chaque individu, une ouverture &#224; l'autre dans le respect de ses limites, de ses diff&#233;rences&#8230; En un mot, un savoir-&#234;tre ne se limitant pas &#224; un savoir-faire. Il y a peu d'espoir de &#171; faire de la politique autrement &#187; sans cette prise en main du premier niveau politique : la conduite de chacun par lui-m&#234;me. N'oublions pas ce vieil adage : &#171; la fin ne peut justifier les moyens &#187;. Pour cette raison, l'autre pan de l'action politique rel&#232;ve de l'action de soi sur soi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7 - Le d&#233;tachement des addictions individuelles et collectives suppose une mutation anthropologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, face au besoin de possession, de consommation, de domination, la condition du changement &#233;conomique et politique suppose un changement anthropologique, c'est-&#224;-dire une mutation dans la vision de l'homme, ses besoins et ses valeurs fondamentales. Castoriadis relativise l'importance de r&#233;fl&#233;chir aux institutions d'une soci&#233;t&#233; autonome. Il rappelle constamment que, pour construire une soci&#233;t&#233; autonome, il ne suffit pas d'empiler les am&#233;nagements techniques, les changements de structure, d'&#233;conomie, d'institutions. Tous ces changements n'ont aucun sens si les attitudes, les motivations profondes des &#234;tres humains ne changent pas. Ainsi, construire une soci&#233;t&#233; r&#233;volutionnaire ne signifie pas simplement changer les structures administratives, changer les institutions, changer l'appareil de production&#8230; Cela signifie changer de valeurs, changer de m&#339;urs, de morale, de mentalit&#233;, op&#233;rer ce que Castoriadis appelle &#171; une mutation anthropologique &#187;. &#171; C'est seulement au niveau culturel qu'une politique de la libert&#233; peut s'ancrer profond&#233;ment et durablement, et par cons&#233;quent &#234;tre investie par les individus &#187; (David, 2000, p. 78).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'ancienne analyse des marxistes, fond&#233;e sur le primat des changements &#233;conomiques, n'&#233;tait pas suffisante pour Castoriadis. Un changement anthropologique est aussi la condition indispensable d'un changement d&#233;mocratique et d'une r&#233;volution soci&#233;tale. Chaque culture, chaque r&#233;gime politique cr&#233;e ce que Castoriadis appelle un &#171; type anthropologique &#187; qui lui correspond et que les individus int&#233;riorisent. Cela se rapproche du concept de &#171; personnalit&#233; culturelle &#187; (Kardiner, 1969). C'est dire que chaque soci&#233;t&#233; inculque &#224; ses membres ses valeurs et ses normes, ce qui induit de mani&#232;re involontaire et inconsciente un type de personnalit&#233; sp&#233;cifique dans chaque culture. On peut ainsi parler de la personnalit&#233; du Fran&#231;ais, du Chinois, de l'Alg&#233;rien, du Britannique&#8230; L'anthropologue Linton (1893-1953) exprime une opinion plus nuanc&#233;e, estimant que chaque individu contribue &#224; transformer partiellement cette &#171; personnalit&#233; de base &#187; en fonction de son &#233;ducation, de son statut, de ses r&#244;les sociaux, de son histoire personnelle (Linton, 1945). Margaret Mead va plus loin en montrant que non seulement l'individu est construit par sa culture, mais qu'en s'appropriant celle-ci, chaque individu contribue aussi &#224; la transformer (Mead, 1963).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, on observe une circularit&#233; du collectif et de l'individuel, du social et du psychologique. &#171; Pourquoi la situation contemporaine est-elle tellement incertaine ? &#187;. Dans ses recherches de philosophe et de psychanalyste, Castoriadis a abord&#233; les niveaux individuels et sociaux du changement social. Selon lui, les institutions aussi bien que les psych&#233;s s'auto-&#233;laborent dans le temps. &#192; l'instar de la socialisation individuelle, le psychisme individuel est le r&#233;sultat d'interactions avec les autres, et le d&#233;veloppement d'une civilisation est le fruit des rencontres et des conflits avec les autres civilisations. Selon les cultures et les milieux sociaux, certains consid&#232;rent que l'individu n'a, &#224; sa naissance, aucune tendance psychologique et mentale inn&#233;e, tandis que d'autres estiment qu'une part minime ou importante existe d&#232;s la naissance. &#192; la diff&#233;rence de la culture occidentale, les traditions bouddhistes, par exemple, croient aux vies ant&#233;rieures et consid&#232;rent donc qu'une partie de notre caract&#232;re et de nos capacit&#233;s intellectuelles est l'h&#233;ritage de vies pr&#233;c&#233;dentes et constitue donc une part inn&#233;e de notre personnalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la conception occidentale, c'est d'abord l'&#233;ducation qui nous fa&#231;onne, puis les conduites d'autres adultes (familles, amis, coll&#232;gues&#8230;) mod&#232;lent nos modes de comportements et nos conduites. On observe ainsi une circularit&#233; entre la dimension psychique et les contraintes, la pression sociale, c'est-&#224;-dire les pressions &#233;ducative, professionnelle, sociale qui orientent un dirigeant dans ses d&#233;cisions. Lorsqu'un &#234;tre humain normal, moyen, se situe dans une situation sociale qui ne limite plus son besoin d'omnipotence (l'enfant roi), son besoin de pouvoir (Adler, 1918), sa volont&#233; de puissance (Nietzsche, 1976), alors il tend &#224; se laisser aller &#224; des actions et &#224; prendre des d&#233;cisions non d&#233;mocratiques et parfois ill&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par un changement int&#233;rieur personnel (psychologique, pratique, voire spirituel&#8230;), par le renoncement &#224; son besoin de pouvoir sur l'autre, pour se consacrer &#224; un v&#233;ritable service des autres, que la soci&#233;t&#233; peut &#233;voluer plus rapidement. En effet, lorsqu'une grande masse d'individus op&#232;re un changement de conscience, alors les r&#232;gles soci&#233;tales, les lois internationales, les pouvoirs mondiaux se transforment vers plus d'&#233;quit&#233;. Ces changements de conscience et les nouvelles r&#232;gles soci&#233;tales, emp&#234;chent alors certains individus plac&#233;s au sommet des organisations (&#233;conomique, politique, sociale, religieuse&#8230;) de se laisser d&#233;river vers leurs faiblesses (par exemple, le besoin de pouvoir sans limite), qui les conduisent &#224; reproduire les pratiques antid&#233;mocratiques et parfois ill&#233;gales des dirigeants pr&#233;c&#233;dents. C'est donc la transformation int&#233;rieure des individus qui agit sur la r&#233;gulation globale de la soci&#233;t&#233;, qui elle-m&#234;me fa&#231;onne de nouveaux individus via les diverses formes de l'&#233;ducation des masses (&#233;cole, m&#233;dias, discours politiques&#8230;). Car une &#233;ducation des masses, fa&#231;onn&#233;es par des &#233;lites ou des peuples empreints du besoin de pouvoir, ne fait que se reproduire elle-m&#234;me, cr&#233;ant une soci&#233;t&#233; ad&#233;mocratique, voire une dictature.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;8 - Conclusion &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Essayons &#224; pr&#233;sent d'hi&#233;rarchiser les diff&#233;rentes formes de pouvoir qui sont responsables de la situation actuelle des addictions des individus et finalement de la soci&#233;t&#233;. Nous avons vu qu'il existe une circularit&#233; incessante entre les actions individuelles et collectives, entre la psychologie et le social, entre l'&#233;ducation des enfants et le mim&#233;tisme entre adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue chronologique, la premi&#232;re cause rel&#232;ve sans doute de la dimension psychologique li&#233;e &#224; l'&#233;ducation dans l'enfance. En effet, durant cette p&#233;riode, les &#234;tres humains int&#232;grent tous les comportements d&#233;viants d'une soci&#233;t&#233;, tels que les besoins de domination, de possession, de reconnaissance, de narcissisme&#8230; et les peurs qui en sont la cause. Une fois adultes, ils mettent en pratique, font exister et &#233;duquent leurs enfants de cette mani&#232;re &#224; travers les m&#233;canismes de &#171; reproduction sociale &#187;, tels que les analyse Bourdieu (1970).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde cause qui explique les comportements des individus rel&#232;ve des d&#233;terminismes &#233;conomiques et id&#233;ologiques. Comme l'a montr&#233; Marx, les in&#233;galit&#233;s sont le r&#233;sultat d'une lutte des classes, de l'exploitation, de la domination et de l'ali&#233;nation. Gramsci (1975) a lui aussi soulign&#233; l'interaction entre les superstructures et les infrastructures, entre les forces productives et l'id&#233;ologie (de l'&#201;tat, de la soci&#233;t&#233; civile&#8230;). Avec la dimension psychosociologique, le capitalisme, mais aussi les carences d&#233;mocratiques, restent donc les causes principales des addictions diverses et vari&#233;es.&lt;/p&gt;
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		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Thierry Brugvin est Docteur en sociologie, enseignant en psychosociologie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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