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	<title>Les blogs d'Attac</title>
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	<description>Qui sommes-nous ? Fond&#233;e en 1998, suite &#224; la r&#233;daction d'un &#233;ditorial du Monde diplomatique : &#171; D&#233;sarmer les march&#233;s &#187; (d&#233;cembre 1997), Attac (Association pour la taxation des transactions financi&#232;res et pour l'action citoyenne) promeut et m&#232;ne des actions de tous ordres en vue de la reconqu&#234;te, par les citoyens, du pouvoir que la sph&#232;re financi&#232;re exerce sur tous les aspects de la vie politique, &#233;conomique, sociale et culturelle dans l'ensemble du monde.
Attac se revendique comme un mouvement d'&#233;ducation populaire tourn&#233; vers l'action, consid&#233;rant que le premier outil pour changer le monde est le savoir des citoyens. Attac produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Fin 2010, Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays, chaque organisation nationale &#233;tant autonome et devant simplement adh&#233;rer &#224; la plateforme internationale ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 170 comit&#233;s locaux.
L'association est dirig&#233;e par un conseil d'administration de 42 membres &#233;lus par les adh&#233;rents, et dispose de l'expertise d'un conseil scientifique de 110 membres.
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		<title>La permanence de la d&#233;mocratie &#224; travers l'histoire, </title>
		<link>https://blogs.attac.org/commission-democratie/experimentations-d-alternatives/article/la-permanence-de-la-democratie-a-travers-l-histoire</link>
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		<dc:date>2011-12-04T09:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Ruscassie</dc:creator>



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&lt;p&gt;La lutte des classes existe Mais quelles classes s'affrontent ? Rapports sociaux in&#233;galitaires et rapports d&#233;mocratiques L'&#233;volution historique des possibilit&#233;s d&#233;mocratiques &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; La lutte des classes existe &#187;, disait Warren Buffet, &#171; et c'est ma classe, celle des riches qui est en train de la gagner &#187;, ajoutait-il. Cependant, plusieurs classes s'affrontent, souvent plus de deux, notamment les travailleurs salari&#233;s, les travailleurs ind&#233;pendants, les capitalistes et, parfois, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-democratie/experimentations-d-alternatives/" rel="directory"&gt;Exp&#233;rimentations d'alternatives&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La lutte des classes existe Mais quelles classes s'affrontent ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rapports sociaux in&#233;galitaires et rapports d&#233;mocratiques
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'&#233;volution historique des possibilit&#233;s d&#233;mocratiques&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La lutte des classes&lt;/i&gt; existe &#187;, disait Warren Buffet, &#171; et c'est ma classe, celle des riches qui est en train de la gagner &#187;, ajoutait-il. Cependant, plusieurs classes s'affrontent, souvent plus de deux, notamment les travailleurs salari&#233;s, les travailleurs ind&#233;pendants, les capitalistes et, parfois, les aristocrates et les bureaucrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or cette lutte est tranch&#233;e sur le terrain politique o&#249; s'affrontent seulement la gauche et la droite. Comment s'op&#232;re cette transposition du terrain social &lt;i&gt;multiple&lt;/i&gt; au terrain politique &lt;i&gt;dual&lt;/i&gt; ? Par le fait que les rapports in&#233;galitaires opposent ceux qui en profitent &#224; ceux qui en sont victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, contrairement &#224; la formule utilis&#233;e par Warren Buffet, les &lt;i&gt;classes sociales statutaires&lt;/i&gt; ne se distinguent pas par un niveau de revenu (les riches, les pauvres). Elles s'opposent par le &lt;i&gt;statut social objectif&lt;/i&gt; que vivent leurs membres dans les activit&#233;s principales de la soci&#233;t&#233; : c'est-&#224;-dire en raison de la place que ceux-ci occupent objectivement dans les rapports sociaux interindividuels &#233;tablis dans les activit&#233;s de production. De leur place dans ces rapports de production se &lt;i&gt;d&#233;duisent&lt;/i&gt; des int&#233;r&#234;ts communs aux membres de ces classes et propres &#224; chacune : augmentation du revenu, all&#232;gement du travail oblig&#233;, modification ou maintien des rapports sociaux existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports sociaux jusqu'&#224; maintenant les plus pr&#233;sents dans les activit&#233;s de production de biens et de services (rapports de consentement et rapports de subordination&#8230;), servaient et servent les int&#233;r&#234;ts des &lt;i&gt;classes statutaires&lt;/i&gt; dominantes (aristocrates, capitalistes, bureaucrates) et s'attaquent aux int&#233;r&#234;ts des &lt;i&gt;classes statutaires&lt;/i&gt; domin&#233;es (travailleurs). Les int&#233;r&#234;ts de ces derni&#232;res commandent de r&#233;duire et supprimer cette domination et les int&#233;r&#234;ts des classes dominantes commandent de la maintenir et la renforcer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports sociaux les plus pr&#233;sents dans les activit&#233;s de production sont aussi les plus pr&#233;sents dans la plupart des autres activit&#233;s humaines. Ils y cr&#233;ent aussi des in&#233;galit&#233;s et y &#233;tablissent des groupes sociaux privil&#233;gi&#233;s et d'autres opprim&#233;s. C'est la domination masculine, la pr&#233;f&#233;rence nationale, le m&#233;pris pour tout groupe social domin&#233;, discrimin&#233;, rejet&#233; ou servant de bouc &#233;missaire (homosexuel, transgenre, &#233;tranger, Cagot, Noir, Dalit, couche ou caste opprim&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte politique de masse se polarise donc entre ceux qui sont oppos&#233;s &#224; ces rapports de domination (la gauche) et ceux qui les acceptent (la droite). Cette polarisation entre deux &lt;i&gt;communaut&#233;s politiques identitaires&lt;/i&gt;, qui s'impose surtout &#224; une &#233;chelle de masse, r&#233;sulte de la&lt;i&gt; tendance &#224; simplifier les enjeux&lt;/i&gt;, donc &#224; r&#233;duire &#224; deux le nombre de protagonistes. Les enjeux les plus d&#233;terminants pour la lutte politique de la gauche sont ceux qui mettent en jeu les int&#233;r&#234;ts des plus grandes masses. Ce sont parfois les droits des peuples domin&#233;s ou les droits des femmes, ce sont depuis longtemps les droits des travailleurs salari&#233;s puisqu'ils concernent de plus en plus de monde, par exemple en France, maintenant, 93 % de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supprimer l'omnipr&#233;sence de rapports sociaux in&#233;galitaires (rapports capitalistes, patriarcaux, nationalistes, monarchiques, bonapartistes, bureaucratiques, totalitaires&#8230;) c'est d&#233;velopper des rapports &#233;galitaires et les leur substituer : ce sont principalement les rapports &lt;i&gt;d&#233;mocratiques&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire les rapports respectueux des droits universels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le respect des droits individuels universels garantit la souverainet&#233; personnelle de tous les individus qui peuplent un territoire. Sur ce territoire, il fonde donc la souverainet&#233; populaire, c'est-&#224;-dire la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche et la droite, se d&#233;limitent elles-m&#234;mes par l'&lt;i&gt;identit&#233; politique subjective&lt;/i&gt; de leurs membres : cette identit&#233; est d&#233;termin&#233;e par les valeurs politiques dans lesquelles ils se reconnaissent, qui sont partag&#233;es &#224; une &#233;chelle de masse et qui sont &lt;i&gt;induites&lt;/i&gt; &#224; partir des int&#233;r&#234;ts sociaux en pr&#233;sence, en portant un jugement sur la l&#233;gitimit&#233; ou l'ill&#233;gitimit&#233; de ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la gauche et la droite sont des communaut&#233;s politiques &lt;i&gt;identitaires&lt;/i&gt; : la gauche se construit autour des principales &lt;i&gt;valeurs d&#233;mocratiques&lt;/i&gt; (universalit&#233; des droits, &#233;galit&#233; des droits, solidarit&#233;, la&#239;cit&#233;,&#8230;), la droite autour de &lt;i&gt;valeurs &#233;litistes&lt;/i&gt; (h&#233;ritage, m&#233;rite, pr&#233;f&#233;rence nationale, s&#233;lection communautaire, s&#233;lection par le revenu&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; politique subjective qui est commune &#224; tous les membres d'une communaut&#233; politique identitaire constitue un &lt;i&gt;potentiel politique&lt;/i&gt;. Cette communaut&#233; identitaire a ainsi la capacit&#233; d'adopter un programme cherchant &#224; &#233;tablir et &#224; d&#233;velopper les rapports sociaux qui sont l&#233;gitimes du point de vue de ces valeurs, et cherchant &#224; r&#233;duire ou &#224; supprimer les rapports sociaux qui leur sont contradictoires. Par exemple, le potentiel de la gauche concerne le d&#233;veloppement des rapports d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie qui permet &#224; une communaut&#233; identitaire de conqu&#233;rir le pouvoir politique est celle qui lui permet de se d&#233;velopper. La strat&#233;gie de la gauche doit donc &#234;tre de &lt;i&gt;construire son unit&#233; et son ind&#233;pendance&lt;/i&gt; autour de ses valeurs d&#233;mocratiques pour solidariser ceux qui combattent les rapports sociaux in&#233;galitaires. C'est une strat&#233;gie qui exprime la &lt;i&gt;permanence du combat pour la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, pour obtenir le respect des valeurs de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si pr&#233;c&#233;demment, un combat pour la d&#233;mocratie a permis de r&#233;duire la place des rapports sociaux in&#233;galitaires et de les marginaliser dans plusieurs secteurs d'activit&#233;, les m&#234;mes valeurs d&#233;mocratiques ouvriront, par la suite, l'acc&#232;s &#224; des droits nouveaux s'&#233;tendant &#224; des domaines d'activit&#233; bien plus larges. Par exemple, dans les pays colonis&#233;s, la conqu&#234;te de l'ind&#233;pendance politique (c'est-&#224;-dire celle de la souverainet&#233; populaire dans l'activit&#233; politique) est, g&#233;n&#233;ralement, une victoire qui pr&#233;pare la conqu&#234;te d'autres aspects de la souverainet&#233; populaire (droits civiques, droits sociaux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conqu&#234;tes ant&#233;rieures donnent davantage de &lt;i&gt;possibilit&#233;s&lt;/i&gt; pour les conqu&#234;tes &#224; venir et permettent de donner au combat d&#233;mocratique des &lt;i&gt;finalit&#233;s&lt;/i&gt; plus avanc&#233;es. Le programme d&#233;mocratique peut, initialement, privil&#233;gier la citoyennet&#233; politique mais, ult&#233;rieurement, s'&#233;tendre davantage dans les activit&#233;s &#233;conomiques et atteindre toutes les activit&#233;s sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux tous d&#233;buts du capitalisme, la d&#233;fense de valeurs d&#233;mocratiques contre les aristocrates, a pu souder les paysans et les travailleurs ind&#233;pendants avec l'embryon du salariat dont le combat contre les capitalistes &#233;tait encore marginal dans l'activit&#233; politique. Mais, avec le d&#233;veloppement du capitalisme, les finalit&#233;s de ce combat vont constituer l'enjeu principal de l'activit&#233; politique : les m&#234;mes valeurs d&#233;mocratiques vont conduire la gauche &#224; compl&#233;ter le projet de &lt;i&gt;r&#233;publique&lt;/i&gt; (politique) par celui de &lt;i&gt;r&#233;publique sociale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1848 &#224; 1905, la r&#233;publique sociale s'imposa progressivement comme valeur d&#233;mocratique importante jusqu'&#224; devenir la &lt;i&gt;finalit&#233;&lt;/i&gt; du combat pour la d&#233;mocratie. C'est ce qu'avait pr&#233;vu Karl Marx et que confirma Jean Jaur&#232;s : ils ne s&#233;paraient pas les libert&#233;s d&#233;mocratiques, dites &#224; tort &#171; bourgeoises &#187;, ni les droits civiques, des droits universels dits sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays o&#249; les &lt;i&gt;droits civiques&lt;/i&gt; sont bafou&#233;s, leur instauration peut s'av&#233;rer prioritaire, plus urgente que la reconnaissance des droits salariaux (Afrique du Sud de l'apartheid, Etats staliniens, dictatures du monde arabe&#8230;). Dans les pays industrialis&#233;s, frapp&#233;s par l'exode rural, la composition sociologique de la gauche, devient de plus en plus salariale et le droit du travail est l'enjeu le plus mobilisateur dans le combat de la gauche contre la droite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;volution historique des possibilit&#233;s d&#233;mocratiques
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La &lt;i&gt;R&#233;volution fran&#231;aise&lt;/i&gt; (1789-1794), fut suspendue en juillet 1794 par le coup d'Etat des &#171; thermidoriens &#187; qui consid&#233;raient que les conqu&#234;tes d&#233;mocratiques allaient trop loin et qu'elles freinaient l'enrichissement de la nouvelle &#233;lite &#171; bourgeoise &#187;. Les partisans d'une conception m&#233;caniste (notamment les guesdistes et les historiens d'ob&#233;dience stalinienne) interpr&#233;teront les conqu&#234;tes d&#233;mocratiques obtenues comme la r&#233;alisation de la &#171; d&#233;mocratie bourgeoise &#187;, que le salariat devrait d&#233;passer pour &#233;tablir le &#171; socialisme &#187;. La strat&#233;gie de la permanence de la d&#233;mocratie s'oppose &#224; cette th&#233;orie de la r&#233;volution par &#233;tapes qui r&#233;duit les droits d&#233;mocratiques aux seules libert&#233;s et ne fait pas reposer le socialisme sur les rapports sociaux d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Les &lt;i&gt;r&#233;volutions de 1848&lt;/i&gt;, reprenant le cours de la R&#233;volution fran&#231;aise, opposent encore les r&#233;publicains (la gauche) aux monarchistes (la droite), mais les salari&#233;s montrent les premiers signes d'ind&#233;pendance et les capitalistes s'en inqui&#232;tent. L'&#233;bauche de r&#233;publique sociale promue par les ouvriers parisiens avorta, lors du soul&#232;vement de juin 1848, en raison de ses ambigu&#239;t&#233;s fonci&#232;res et de la prise de conscience par la classe capitaliste du danger de mort que faisait peser sur leurs t&#234;tes les revendications des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La &lt;i&gt;Commune de Paris de 1871&lt;/i&gt; conclut la R&#233;volution fran&#231;aise ouverte en 1789. Elle &#233;tend le combat pour la r&#233;publique en s'attaquant aux privil&#232;ges des capitalistes et fait de la r&#233;publique sociale la finalit&#233; du combat de la gauche : la d&#233;mocratie exige le respect des droits universels et s'oppose donc aux rapports de subordination que cr&#233;e le contrat salarial en traitant en marchandise l'usufruit de la force de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La constitution de la &lt;i&gt;Deuxi&#232;me Internationale &lt;/i&gt; (en 1889 au congr&#232;s de Paris) est, selon le mod&#232;le du Parti social-d&#233;mocrate allemand (SAP en 1875, SPD en 1890), le choix d'engager les partis socialistes (ou sociaux-d&#233;mocrates ou travaillistes) de divers pays en faveur de toutes les mesures d&#233;mocratiques. Son intitul&#233;, flou et jamais officiel &#224; proprement parler, d'&#171; Internationale ouvri&#232;re &#187; r&#233;v&#232;le le poids majoritaire des ouvriers d'industrie parmi les salari&#233;s, et rec&#232;le aussi une double approximation : le recours r&#233;ducteur &#224; la partie ouvri&#232;re de la classe sociale statutaire (le salariat) pour d&#233;signer la classe sociale identitaire (la gauche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'&lt;i&gt;affaire Dreyfus&lt;/i&gt; fait &#233;clater, lors du d&#233;bat sur les &#171; deux m&#233;thodes &#187;, l'opposition entre la conception de Jean Jaur&#232;s, du mouvement socialiste comme permanence de la d&#233;mocratie, qui fit irruption dans l'histoire lors de la grande r&#233;volution de 1789-1794, et celle de Jules Guesde, du socialisme comme rupture avec la d&#233;mocratie caract&#233;ris&#233;e comme n&#233;cessairement bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La &lt;i&gt;r&#233;volution russe de 1905&lt;/i&gt; confirme l'&#233;volution des rapports de forces depuis 1848 : si le salariat &#233;tait num&#233;riquement faible dans un Empire tsariste essentiellement agricole, il &#233;tait plus concentr&#233; que dans les pays occidentaux. En mobilisant la paysannerie, la gauche devait s'opposer &#224; la fois au tsarisme et au capitalisme. Le caract&#232;re d&#233;mocratique de cette r&#233;volution exigeait donc l'alliance des sociaux-d&#233;mocrates (implant&#233;s parmi les salari&#233;s) et des socialistes-r&#233;volutionnaires (implant&#233;s parmi les paysans) et excluait toute alliance avec les partisans d'une monarchie constitutionnelle (droite lib&#233;rale). C'est ce que L&#233;on Trotsky formula dans la &#171; th&#233;orie de la r&#233;volution permanente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La &lt;i&gt;r&#233;volution sovi&#233;tique de 1917&lt;/i&gt; verra, d&#232;s avril, L&#233;nine et les bolcheviks se rallier &#224; la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente, ce qui sera d&#233;cisif pour assurer la victoire de la r&#233;volution jusqu'au renversement du capitalisme. Elle verra parall&#232;lement, en juillet, le ralliement de Trotsky &#224; la th&#233;orie l&#233;niniste du parti d'avant-garde, ce qui fut un pas important dans la division de la gauche, &#224; l'&#233;chelle mondiale, qu'organis&#232;rent en septembre 1920 les &#171; 21 conditions d'adh&#233;sion &#187;. Cette division facilita la d&#233;rive bureaucratique de l'URSS vers le totalitarisme et explique les &#233;checs subis au cours du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Les &lt;i&gt;fronts populaires en France et en Espagne&lt;/i&gt; (1936) ont &#233;chou&#233; dans la prise de pouvoir en raison de l'alliance qu'ils constituaient entre la gauche (la tradition socialiste) et la droite lib&#233;rale (la tradition radicale). En France, apr&#232;s 1905 (fondation de la SFIO) et surtout apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale, le parti radical qui avait jou&#233; un r&#244;le r&#233;publicain et la&#239;que, se d&#233;marquait d&#233;sormais de la gauche sociale car il ne se r&#233;clamait pas des valeurs sociales &#233;galitaires, port&#233;es par la SFIO et par le PCF, qui &#233;taient devenues pr&#233;pond&#233;rantes : les conqu&#234;tes sociales des accords de Matignon n'&#233;taient pas issues du programme du Front populaire, en raison de l'opposition du Parti Radical mais r&#233;sultaient de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. De m&#234;me, en Espagne, la soumission du PSOE et du PCE aux leaders de la droite lib&#233;rale, Aza&#241;a &#224; Madrid et Companys en Catalogne, leur fit refuser une politique de r&#233;forme agraire et celle d'accession du Maroc &#224; l'ind&#233;pendance : ils se priv&#232;rent ainsi des moyens de mobilisation qui auraient assur&#233; la victoire du mouvement r&#233;publicain contre le coup d'Etat militaire du 17 juillet 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Dans les pays du Tiers-Monde, les &lt;i&gt;mouvements anti-imp&#233;rialistes&lt;/i&gt;, de conqu&#234;te de la souverainet&#233; populaire (dits &#224; tort &#171; mouvements de lib&#233;ration nationale &#187; quoique souvent constitu&#233; sur un socle ethnique), constituaient la base de la gauche. Dans le combat pour l'ind&#233;pendance politique, la gauche pouvait se d&#233;velopper, mais seulement si elle affirmait son ind&#233;pendance envers le capitalisme national. En effet soutenir celui-ci, conform&#233;ment aux th&#232;ses droiti&#232;res de la &lt;i&gt;r&#233;volution par &#233;tapes&lt;/i&gt;, aurait conduit le mouvement anti-imp&#233;rialiste &#224; l'&#233;chec : si, d'une part, ce capitalisme national &#233;tait encore faible, il resterait soumis &#224; l'imp&#233;rialisme et s'allier avec lui freinerait le mouvement ; si, d'autre part, il &#233;tait d&#233;j&#224; fort, s'allier avec lui diviserait le mouvement, les capitalistes s'opposant &#224; la force montante des salari&#233;s. Selon une strat&#233;gie de r&#233;volution permanente, qui &#233;vitait le pi&#232;ge de cette alliance contre-nature et qui fut mise en &#339;uvre de fa&#231;on pragmatique, les luttes anti-imp&#233;rialistes furent victorieuses. Dans le premier cas : Vietnam (1945-1975), Alg&#233;rie (1954-1962), Guin&#233;e-Bissau (1956-1973), Angola (1956-1975), Mozambique (1962-1975), etc ; dans le second cas : Chine (1911-1949).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Durant la politique d'apartheid, en Afrique du Sud, l'ANC d&#233;veloppa le &lt;i&gt;mouvement anti-apartheid&lt;/i&gt; en donnant, avec la Charte de la Libert&#233; de 1955, la priorit&#233; &#224; la conqu&#234;te du suffrage universel, tout en soutenant le mouvement syndical. Au contraire, consid&#233;rant que la Charte de la Libert&#233; se limitait &#224; &#233;tablir la &#171; d&#233;mocratie bourgeoise &#187; parce qu'elle n'abordait pas les questions &#233;conomiques et salariales, l'extr&#234;me gauche sud-africaine s'isola en ne r&#233;pondant pas aux besoins du mouvement anti-apartheid en raison d'une conception sectaire de la strat&#233;gie de r&#233;volution permanente, conception qui accordait la priorit&#233; aux revendications des salari&#233;s, ind&#233;pendamment des enjeux les plus mobilisateurs dans l'imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de &lt;i&gt;Mai 68&lt;/i&gt; en France ne d&#233;boucha pas sur la prise du pouvoir par la gauche parce que celle-ci &#233;tait divis&#233;e, encore prisonni&#232;re de la politique dite de &#171; troisi&#232;me force &#187;, qui interdisait &#224; la SFIO de s'allier avec le PCF. Les conqu&#234;tes sociales des accords de Grenelle r&#233;sultaient de la mobilisation de pr&#232;s de dix millions de gr&#233;vistes et montraient le poids acquis par le salariat qui repr&#233;sentait d&#233;j&#224; 70 % de la population. Le respect de tous les droits d&#233;mocratiques alimenta des mouvements sociaux (salariat, f&#233;minisme, citoyennet&#233;, sexualit&#233;, sant&#233;, &#233;ducation, environnement) qui rendirent n&#233;cessaire l'unit&#233; de la gauche et dont les revendications s'inscrivirent peu &#224; peu dans les programmes des partis de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Impuls&#233;e par les gr&#233;vistes des chantiers navals de Gdansk, la constitution de &lt;i&gt;Solidarnosc (1980-1981)&lt;/i&gt;, syndicat qui rassembla rapidement 10 millions de travailleurs (sur 13 millions), r&#233;v&#233;la le potentiel dont disposait la gauche pour conqu&#233;rir, contre la bureaucratie stalinienne, les droits civiques et syndicaux. Le coup d'Etat du 13 d&#233;cembre 1981 d&#233;mantela la direction de Solidarnosc qui, rompant avec le congr&#232;s de septembre-octobre 1981, devint l'instrument de la hi&#233;rarchie de l'Eglise et qui, arriv&#233;e au pouvoir, facilita la conversion des bureaucrates en capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; En &lt;i&gt;Am&#233;rique latine&lt;/i&gt;, l'essor industriel que connaissent plusieurs pays (Br&#233;sil, Argentine, Venezuela, Chili&#8230;) a donn&#233; au salariat un poids important qui s'accro&#238;t avec l'exode rural. Ce renforcement, ainsi que l'exp&#233;rience politique accumul&#233;e, a permis &#224; la gauche d'acc&#233;der au pouvoir dans une majorit&#233; de pays. Il lui incombe de conqu&#233;rir la souverainet&#233; &#233;conomique, alimentaire et m&#234;me politique contre le capitalisme mondial et de garantir le respect des droits d&#233;mocratiques : droits civiques, droits des paysans &#224; la terre, droits des salari&#233;s, droit &#224; la sant&#233;, &#224; l'&#233;ducation, au logement, &#224; l'eau potable, &#224; l'assainissement, &#224; l'&#233;nergie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Dans le &lt;i&gt;Monde arabe&lt;/i&gt;, la chute des dictatures impose comme priorit&#233; la conqu&#234;te de la souverainet&#233; populaire au moyen de l'&#233;lection d'une assembl&#233;e constituante. La gauche doit donc mettre en avant des propositions qui s'appuient sur le suffrage universel : proportionnelle, r&#233;gime parlementaire et primo-minist&#233;riel, s&#233;paration des pouvoirs, r&#233;publique la&#239;que, reconnaissance constitutionnelle des droits universels, reconnaissance des contre-pouvoirs (syndicaux et associatifs). Ainsi la l&#233;gislation qui sera adopt&#233;e pourra, plus ais&#233;ment, garantir le respect des droits universels et, notamment, des droits des salari&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Droits constitutionnels, lois, contrats </title>
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		<dc:date>2010-03-11T19:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Ruscassie</dc:creator>



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&lt;p&gt;La hantise des fanatiques lib&#233;raux est d'&#234;tre confront&#233;s &#224; une hausse des salaires semblable &#224; celle qui a suivi Mai 68 ; ils ne veulent pas de compromis. Leur outil fut la croissance du ch&#244;mage : ils l'ont obtenue en d&#233;mantelant les droits acquis et le statut salarial construit au XX&#232;me si&#232;cle. &lt;br class='autobr' /&gt; L'offensive n&#233;olib&#233;rale mondiale, conduite depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingts, a donc abouti &#224; une crise &#233;conomique mondiale. Sans en tirer les le&#231;ons, les fanatiques lib&#233;raux continuent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-democratie/fondamentaux-de-la-democratie/" rel="directory"&gt;Fondamentaux de la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La hantise des fanatiques lib&#233;raux est d'&#234;tre confront&#233;s &#224; une hausse des salaires semblable &#224; celle qui a suivi Mai 68 ; ils ne veulent pas de compromis. Leur outil fut la croissance du ch&#244;mage : ils l'ont obtenue en d&#233;mantelant les droits acquis et le statut salarial construit au XX&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'offensive n&#233;olib&#233;rale mondiale, conduite depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingts, a donc abouti &#224; une crise &#233;conomique mondiale. Sans en tirer les le&#231;ons, les fanatiques lib&#233;raux continuent dans la m&#234;me voie. Leur hantise est d'&#234;tre confront&#233;s &#224; une hausse de la part des salaires semblable &#224; celle qui a suivi Mai 68 et qui, en France par exemple, a culmin&#233; &#224; 72 % en 1982, r&#233;duisant la part des profits &#224; 28 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur offensive a fait baisser cette part des salaires &#224; 63 % alors que, de 1949 &#224; 1973, elle oscillait autour de 67 &#224; 68 % (Pierre-Alain Pionnier, Economie et statistique n&#176; 422, page 6 &amp; 7 : &lt;a href=&#034;http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ES422A.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ES422A.pdf&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne veulent pas de compromis. Au cours des ann&#233;es quatre-vingts, dans tous les grands pays capitalistes, les profits et les tr&#232;s hauts revenus ont pris &#224; la masse des salaires, environ 10 % de la valeur ajout&#233;e par le travail. Ils veulent garder cet avantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur outil fut la croissance du ch&#244;mage. Ils l'ont obtenue en d&#233;mantelant les droits acquis, c'est-&#224;-dire le statut salarial construit au cours du XXe si&#232;cle : l'indexation des salaires sur les prix et la garantie de l'emploi dans le secteur public, l'extension du statut de fonctionnaire, le code du travail pour le secteur priv&#233;&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment ont-ils attaqu&#233; les droits acquis ?
En privatisant le secteur public &#8230;
et en permettant au contrat de faire exception &#224; la loi !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un march&#233; ou un contrat entre deux parties &#233;tablit un rapport social qui repose sur le consentement des deux. La n&#233;cessit&#233; d'obtenir le consentement des parties pour aboutir &#224; une d&#233;cision est certainement un progr&#232;s vers l'&#233;galit&#233; par rapport &#224; la soumission de tous &#224; une monarchie ou &#224; une bureaucratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans un rapport de forces in&#233;gal, le consentement du plus faible est seulement la soumission &#224; ce rapport de forces, il n'est pas du tout une garantie d'&#233;galit&#233; des droits. C'est pourquoi les monopoles industriels et les grandes surfaces commerciales captent des surprofits sur le dos de leurs sous-traitants et de leurs clients. Mais c'est aussi pourquoi les accords d'entreprise et de branche ne doivent pas faire exception &#224; la loi d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingts, la politique n&#233;olib&#233;rale s'attaque, avec constance, &#224; tous les monopoles publics pour cr&#233;er des monopoles priv&#233;s qui peuvent imposer leur loi, la loi du plus fort, aux travailleurs salari&#233;s et ind&#233;pendants et aux entreprises plus faibles (TPE et PME).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Dans le secteur priv&#233;, les droits sont abandonn&#233;s aux contrats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le contrat salarial est un contrat de subordination : les salari&#233;s vendent l'usufruit de leur force de travail, ils ne ma&#238;trisent donc pas l'usage de leur force de travail. Par contrat, ils doivent ex&#233;cuter le travail tel qu'il est command&#233; par le patron qui a achet&#233; leur force de travail (sauf la nue-propri&#233;t&#233;) et non tel qu'ils le d&#233;cideraient d&#233;mocratiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question essentielle, le total des salaires directs et mutualis&#233;s ne couvre pas la valeur ajout&#233;e par les salari&#233;s : une partie du fruit de leur force de travail est pr&#233;lev&#233;e par les patrons. Le principe &#233;galitaire &#171; &#224; chacun selon son travail &#187; n'est pas respect&#233; : les droits d&#233;pendent des contrats salariaux, bien que le statut salarial conquis au cours du XXe si&#232;cle garantisse une partie des droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi, qui pourrait &#233;tendre le domaine des droits et garantir leur &#233;galit&#233;, s'efface donc devant le consentement des parties. Le Code du travail, qui d&#233;finit le statut salarial, n'intervient que pour limiter la subordination, pour emp&#234;cher les abus de pouvoir : par exemple, en r&#233;primant le harc&#232;lement ou en d&#233;finissant un horaire l&#233;gal, un horaire maximum, un salaire minimum&#8230; Il prot&#232;ge la valeur d'usage de la force de travail car le salari&#233; garde la propri&#233;t&#233; de sa force de travail qu'il ne fait que louer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, c'est trop pour les lib&#233;raux. Pour faire reculer les droits, ils font reculer la loi : ils r&#233;visent &#224; la baisse le Code du travail o&#249; 500 articles ont &#233;t&#233; d&#233;class&#233;s du domaine l&#233;gislatif en domaine r&#233;glementaire et, en cas de &#171; faisabilit&#233; politique risqu&#233;e &#187;, plut&#244;t que d'abolir brutalement la loi, ils renversent la hi&#233;rarchie d&#233;mocratique des normes. Par exemple, ils permettent &#224; des accords d'entreprise de faire exception &#224; la loi des 35 heures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Dans l'&#233;conomie solidaire, les droits peuvent &#234;tre mieux respect&#233;s
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;tendre leurs droits, les salari&#233;s doivent notamment rester ma&#238;tres de l'usage de leur force de travail. C'est ce que facilite l'instauration de la d&#233;mocratie sociale dans l'entreprise, comme c'est le cas avec le statut juridique des SCOP et des SCIC. Celui-ci se distingue des autres statuts, tr&#232;s divers, qu'on trouve dans le secteur priv&#233; dit &#171; de l'&#233;conomie sociale et solidaire &#187; et qui restent des statuts capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la d&#233;mocratie sociale, ce sont les employ&#233;s qui adoptent les orientations de gestion et &#233;lisent la direction gestionnaire de leur entreprise selon le principe du suffrage universel : &#171; un employ&#233;, une voix &#187;. Ce ne sont pas les actionnaires (il n'y a pas d'actionnaires). Les parts sociales sont des pr&#234;ts de longue dur&#233;e qui sont r&#233;mun&#233;r&#233;s mais ne donnent aucun pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir dans une entreprise priv&#233;e soumise &#224; la d&#233;mocratie sociale appartient &#224; ses employ&#233;s : ils en sont les propri&#233;taires. Mais le pouvoir sur cette entreprise est exerc&#233; (de l'ext&#233;rieur) par l'Etat au travers de la loi, mais aussi par les autres entreprises dont elle d&#233;pend (ses concurrentes en situation de monopole et ses donneuses d'ordre) au travers du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans le secteur priv&#233;, la politique &#233;conomique des entreprises n'est pas programm&#233;e par la loi, comme elle l'est pour le secteur public, mais elle d&#233;pend des contraintes qu'&#233;tablit le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, gr&#226;ce &#224; la d&#233;mocratie sociale, les employ&#233;s sont partiellement ma&#238;tres de l'usage de leur force de travail, en raison des lois du march&#233; qui p&#232;sent sur leur entreprise, une partie du fruit de leur force de travail alimente les surprofits des autres dont elle d&#233;pend. Le b&#233;n&#233;fice conjoint du statut salarial et de la d&#233;mocratie sociale, facilite le respect des droits des employ&#233;s, mais ne le garantit pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Dans le secteur public, les droits peuvent s'imposer aux contrats
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le statut de fonctionnaire assure l'exclusivit&#233; de la loi et supprime le contrat. Dans la mesure o&#249; la loi ferait respecter les droits universels et &#233;gaux, elle les ferait primer sur le contrat et le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le salaire des fonctionnaires n'est pas directement fix&#233; par le march&#233; de la force de travail, mais par la loi&#8230; Mais celle-ci aligne g&#233;n&#233;ralement les salaires des fonctionnaires sur ceux du secteur priv&#233;. Elle pourrait pourtant rapprocher leur salaire de la valeur ajout&#233;e par leur travail. Elle tirerait alors tous les salaires vers le haut, sous la pression des luttes syndicales et du plein emploi, comme au cours des ann&#233;es 70, jusqu'en 1982, o&#249; la part des salaires atteignit 72 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les lib&#233;raux, cette possibilit&#233; est un risque qu'ils ne veulent pas courir. C'est pourquoi leur strat&#233;gie cherche &#224; d&#233;gager la voie pour les contrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour &#233;tendre le domaine des contrats, les lib&#233;raux soumettent &#224; la concurrence des services publics payants qui jouissaient d'une situation de monopole&lt;/strong&gt; : PTT, EDF-GDF, SNCF&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette op&#233;ration, appel&#233;e &#171; lib&#233;ralisation &#187;, est une attaque contre les droits des usagers, droits qui constituaient l'objet du service public. C'est une attaque contre les droits des salari&#233;s du service, qui &#233;taient prot&#233;g&#233;s par un statut les lib&#233;rant des contraintes du march&#233; (march&#233; de la force de travail) et de la menace du ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services mis en concurrence s'affrontent &#224; de nouveaux op&#233;rateurs qui utilisent les infrastructures et les r&#233;seaux existants mais qui ne sont, pourtant pas, soumis aux exigences d'une mission de service public : s'ils l'&#233;taient, ils n'auraient pas d'avantage concurrentiel par rapport &#224; l'op&#233;rateur public et ne pourraient pas r&#233;mun&#233;rer leurs actionnaires. N'ayant pas de dividendes &#224; verser, l'op&#233;rateur public pourrait, en effet, &#234;tre moins cher que les op&#233;rateurs priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi ce statut public est rapidement remis en cause &#224; l'occasion de nouveaux investissements : puisque le gouvernement a fait le choix du n&#233;olib&#233;ralisme, au lieu de couvrir les besoins de financement par des fonds publics (qui ne sont pas des capitaux, n'&#233;tant pas r&#233;mun&#233;r&#233;s), l'option prise est de faire appel &#224; des fonds priv&#233;s, donc &#224; des capitaux&#8230; que, par d&#233;finition, il faudra r&#233;mun&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette capitalisation, m&#234;me partielle, impose sa loi, celle du march&#233; : lors d'une prochaine augmentation de capital, les investisseurs regarderont le taux de profit et le cours de la bourse. Sans attendre que la capitalisation soit majoritaire, le service est g&#233;r&#233; comme une entreprise priv&#233;e : les actionnaires, notamment les fonds priv&#233;s d'investissement, demandent le profit imm&#233;diat maximum&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la repr&#233;sentation de l'Etat dans les conseils d'administration, elle devrait d&#233;fendre les droits dont le service public garantissait le respect. Mais non : d&#233;sign&#233;e pour repr&#233;senter une politique n&#233;olib&#233;rale, ses membres d&#233;fendent la &#171; capitalisation &#187; du service public, l'extorsion priv&#233;e de profits et de surprofits, et non la mission de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour organiser la privatisation des services publics gratuits, les n&#233;olib&#233;raux agissent par la d&#233;gradation volontaire de la mission de service public. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est conforme aux consignes que donne un certain Christian Morrison, auteur de &#171; La faisabilit&#233; politique de l'ajustement &#187;, dans le Cahier de politique &#233;conomique n&#176; 13, publi&#233; par l'OCDE en 1996 (&lt;a href=&#034;http://www.oecd.org/dataoecd/24/23/1919068.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.oecd.org/dataoecd/24/23/1919068.pdf&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services publics gratuits ou partiellement gratuits ont un co&#251;t, qui est financ&#233; par les d&#233;penses publiques : cotisations sociales ou imp&#244;ts. C'est le cas du syst&#232;me de Protection sociale, de la Sant&#233; publique, de l'Education nationale, des Administrations publiques et de leurs services parfois sous-trait&#233;s au secteur priv&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cahier de l'OCDE conseille donc aux gouvernements de r&#233;duire les subventions publiques, de r&#233;duire l'emploi, de r&#233;duire la qualit&#233; des services rendus, de fermer un service ici ou l&#224;, mais pas partout pour &#233;viter une riposte coordonn&#233;e, bref d'assurer la &#171; faisabilit&#233; politique de l'ajustement &#187; au point que des usagers puissent accepter ou souhaiter la privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ces man&#339;uvres que sont confront&#233;s l'Ecole publique, l'H&#244;pital public, les retraites par r&#233;partition, l'assurance maladie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour faire reculer les droits, les n&#233;olib&#233;raux ont privatis&#233; les entreprises publiques o&#249; le syndicalisme avait obtenu des acquis importants et qui servaient de mod&#232;le social &lt;/strong&gt; : Renault, Elf, Thomson, Dassault, Snecma, les banques nationalis&#233;es, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La motivation avanc&#233;e &#233;tait une conception restrictive du secteur public, rompant avec le programme du Conseil national de la R&#233;sistance et s'appuyant sur le contre-exemple du stalinisme pour dire qu'&#171; une &#233;conomie administr&#233;e &#187; n'est pas efficace, sans se rendre compte que toute &#233;conomie est administr&#233;e et notamment les multinationales capitalistes qui se sont dot&#233;es d'administrations mondiales particuli&#232;rement efficaces pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de leurs actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que les droits constitutionnels soient garantis !
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;conomie mixte, o&#249; cohabitent secteur public et secteur priv&#233;, les droits constitutionnels et les contrats ont leur place. Mais, si la loi, qui s'impose aux contrats, se limitait &#224; ne pas contredire les droits constitutionnels, ceux-ci n'en seraient pas garantis pour autant : sans les contredire, le vide l&#233;gislatif priverait les ayants droit des moyens publics de leur exercice. C'est pourquoi, dans une &#233;conomie mixte, les droits constitutionnels doivent &#234;tre constitu&#233;s en un &#171; ordre constitutionnel &#187;, qui exige de combler les vides l&#233;gislatifs par des lois correspondantes pour garantir l'effectivit&#233; de ces droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette fin, il est n&#233;cessaire de construire cet ordre constitutionnel pour que la loi garantisse les droits constitutionnels et pour que les contrats restent source de droits mais ne soient plus la porte d'entr&#233;e des in&#233;galit&#233;s : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; en instaurant une VIe R&#233;publique sociale, parlementaire et la&#239;que, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; en d&#233;veloppant un secteur public qui tire la part des salaires vers le haut, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; en instaurant la d&#233;mocratie sociale dans le secteur public pour en faire un mod&#232;le social, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; en &#233;tendant la d&#233;mocratie sociale dans le secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Instaurer une VIe R&#233;publique sociale
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les lois seront d'autant mieux respectueuses des droits universalisables, donc &#233;gaux, qu'elles seront adopt&#233;es par des proc&#233;dures d&#233;mocratiques. Cette exigence condamne la Ve R&#233;publique. La VIe R&#233;publique doit &#234;tre parlementaire et non bonapartiste. Elle doit reposer sur une constitution d&#233;mocratiquement adopt&#233;e, qui &#233;rige les droits universels en ordre constitutionnel, &#233;tablissant ainsi une hi&#233;rarchie d&#233;mocratique des normes (les droits constitutionnels s'imposent aux lois et celles-ci aux contrats) fondatrice de la d&#233;mocratie sociale et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La saisine des juridictions constitutionnelles ou administratives doit permettre de rappeler le l&#233;gislateur &#224; l'ordre constitutionnel. Le r&#233;f&#233;rendum d'initiative populaire peut permettre de compl&#233;ter le syst&#232;me l&#233;gislatif quand celui-ci ne garantit pas un droit constitutionnel et que, par exemple, le l&#233;gislateur institutionnel tarde &#224; respecter cet ordre constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La VIe R&#233;publique doit &#234;tre une r&#233;publique sociale. Elle permettra alors de mettre en &#339;uvre une politique &#233;conomique qui soit tourn&#233;e vers la satisfaction des besoins sociaux par le secteur public et qui traite en biens publics, pour les &#233;conomiser ou les prot&#233;ger, les biens communs de l'humanit&#233; (l'air, l'eau, la mer, la biodiversit&#233;, la diversit&#233; linguistique et culturelle, les connaissances scientifiques, les ressources mini&#232;res, le patrimoine artistique historique, la monnaie, les droits, la citoyennet&#233;, la force de travail humaine&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle pourra et devra assurer la redistribution des richesses pour en finir avec des in&#233;galit&#233;s de revenu insupportables, notamment en fixant un revenu maximum pour faire obstacle &#224; la recherche du profit imm&#233;diat maximum. Elle devra restaurer et renforcer le Code du travail, notamment en compl&#233;tant la loi des 35 heures pour orienter les gains de productivit&#233; au profit des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La VIe R&#233;publique devra r&#233;habiliter les d&#233;penses publiques qui, ainsi appel&#233;es (au lieu de &#171; pr&#233;l&#232;vements obligatoires &#187;), sont affirm&#233;es comme n&#233;cessaires &#224; la d&#233;mocratie. La r&#233;habilitation des &#171; contributions &#187; fiscales (qui sont des revenus mutualis&#233;s du travail ou de placement) accompagnera la restauration d'une tr&#232;s forte progressivit&#233; de l'imp&#244;t sur le revenu qui devra remplacer les taxes locales injustes, en m&#234;me temps que les taux de TVA devront &#234;tre divis&#233;s par 2. La r&#233;habilitation des &#171; cotisations &#187; sociales devra &#234;tre accompagn&#233;e du r&#233;tablissement des &#233;lections &#224; la S&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle devra aussi r&#233;tablir les collectivit&#233;s territoriales dans une fonction d&#233;mocratique &#233;tendue en instaurant partout le scrutin &#224; la proportionnelle, en supprimant les pr&#233;fets et en garantissant l'&#233;galit&#233; territoriale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**D&#233;velopper le secteur public
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La finalit&#233; des services publics est de garantir l'acc&#232;s aux droits universels l&#233;galement reconnus. Ils sont les moyens que la r&#233;publique doit fournir &#224; tous pour assurer la r&#233;alit&#233; de ces droits. La la&#239;cit&#233; de ces services est la condition qui en permet le libre acc&#232;s pour qu'aucune identification de l'institution ne vienne la rendre hostile &#224; quelque usager que ce soit. En priorit&#233;, ils doivent faciliter l'usage des biens communs de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque dans les march&#233;s, les rapports de forces in&#233;gaux faussent la concurrence, il faut renouer avec la position du Conseil national de la R&#233;sistance selon laquelle une entreprise qui acquiert une situation de monopole doit &#234;tre socialis&#233;e, c'est-&#224;-dire int&#233;gr&#233;e au secteur public. Les banques de d&#233;p&#244;ts doivent, de nouveau, &#234;tre s&#233;par&#233;es des banques d'affaires pour constituer un p&#244;le bancaire public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re public d'une entreprise soustrait partiellement au march&#233; de la force de travail celle qu'elle emploie. Il faut aller plus loin dans cette voie en unifiant progressivement le secteur public autour d'une grille publique des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique n&#233;olib&#233;rale conduite &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne a permis aux capitalistes de s'ouvrir de nouveaux march&#233;s gr&#226;ce aux privatisations. Le d&#233;mant&#232;lement des services publics des Etats-membres ne s'est &#233;videmment pas accompagn&#233; de la constitution de services publics &#233;quivalents &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne. C'est la t&#226;che qui concerne, &#224; moyen terme (?), la gauche europ&#233;enne : r&#233;aliser en Europe ce qui avait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; dans chaque Etat europ&#233;en au cours du XXe si&#232;cle. Mais, sans attendre, c'est &#224; la restauration des services publics des Etats-membres que doivent s'attacher ensemble tous les partis de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Instaurer la d&#233;mocratie sociale dans le secteur public
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La socialisation de l'entreprise et l'instauration de la d&#233;mocratie sociale en son sein sont, chacune, des proc&#233;dures qui r&#233;duisent le caract&#232;re marchand de la force de travail. La premi&#232;re permet de soumettre la force de travail &#224; la loi (son usage et sa r&#233;mun&#233;ration) et de la d&#233;tacher du march&#233;. La seconde permet aux employ&#233;s qui vont en faire l'exp&#233;rience, de contr&#244;ler les lois qui concernent l'activit&#233; de l'entreprise, pour s'assurer du respect de leur caract&#232;re d&#233;mocratique et de leur application ou pour y r&#233;sister si, &#224; l'application, ces lois se r&#233;v&#232;lent porter atteinte aux droits qu'elles devraient servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur conjonction permet de renforcer le primat de la loi sur le march&#233; et des droits constitutionnels sur les contrats marchands, mais aussi d'&#233;tendre l'ordre constitutionnel pour que soient garantis les droits constitutionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous tirons ainsi les le&#231;ons des exp&#233;riences d&#233;voy&#233;es et d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;es qui ont tent&#233; de d&#233;passer le capitalisme ou pr&#233;tendu le faire et qui ont prouv&#233; que, si la propri&#233;t&#233; publique &#233;tait n&#233;cessaire pour instaurer la d&#233;mocratie sociale, elle ne suffisait pas &#224; l'instaurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous tirons aussi ainsi les le&#231;ons de la d&#233;gradation du service rendu qui a pr&#233;par&#233; les privatisations r&#233;alis&#233;es depuis les ann&#233;es quatre-vingts. Nous avons pu mesurer les difficult&#233;s &#224; les combattre : il n'y a que les employ&#233;s des entreprises concern&#233;es qui se sont mobilis&#233;s parce qu'ils &#233;taient aux premi&#232;res loges. Croit-on que les directions gestionnaires des PTT auraient si ais&#233;ment accompagn&#233; et m&#234;me impuls&#233; la d&#233;gradation du service et les restructurations pr&#233;paratoires &#224; la privatisation, si elles avaient &#233;t&#233; &#233;lues, &#224; tous les niveaux, et savaient que leur r&#233;&#233;lection d&#233;pendait de leur gestion, au lieu de devoir leur poste &#224; la direction politique de tutelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie sociale cr&#233;era un meilleur rapport de forces pour le combat men&#233; par le mouvement syndical pour le respect des droits des employ&#233;s mais aussi des droits des usagers, que sont les citoyens, qui sont d&#233;tenteurs de la souverainet&#233; politique mais qui, &#224; la diff&#233;rence des employ&#233;s de l'entreprise, ne peuvent pas mesurer toutes les cons&#233;quences de la politique choisie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Etendre la d&#233;mocratie sociale au secteur priv&#233;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'instauration de la d&#233;mocratie sociale dans une entreprise priv&#233;e donne &#224; ses employ&#233;s la ma&#238;trise de l'usage de leur force de travail. Mais l'entreprise reste soumise aux rapports de forces qui se construisent dans les march&#233;s o&#249; elle est ins&#233;r&#233;e, tant qu'il n'existe pas de d&#233;mocratie &#233;conomique qui impose &#224; ces march&#233;s le respect des droits des consommateurs et des salari&#233;s des entreprises qui y interviennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, en l'absence de monopoles priv&#233;s qui viendraient fausser la concurrence dans la branche, l'existence d'un fort secteur public soumis &#224; la d&#233;mocratie sociale et &#224; une politique &#233;conomique respectueuse des sous-traitants impose &#224; ces entreprises un mod&#232;le social et &#233;conomique dans lequel les droits peuvent l'emporter sur les march&#233;s nationaux, tant en ce qui concerne la qualit&#233; de la production, les conditions de travail et les revenus des employ&#233;s et des porteurs de parts sociales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Prendre les moyens n&#233;cessaires pour atteindre les fins
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une telle &#233;conomie mixte op&#232;re une premi&#232;re rupture avec le capitalisme parce que, &#224; l'&#233;chelle &#233;tatique, l'ordre constitutionnel doit avoir une traduction dans la loi, elle-m&#234;me respect&#233;e par le march&#233; et le contrat. La force de travail y reste partiellement une marchandise, dans la mesure o&#249; il n'existe d'ordre constitutionnel ni &#224; l'&#233;chelle du march&#233; mondial et ni &#224; celle du march&#233; europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rompre compl&#232;tement avec le capitalisme, c'est instaurer un ordre constitutionnel &#224; l'&#233;chelle mondiale ou au moins europ&#233;enne et donc supprimer le caract&#232;re marchand des biens communs de l'humanit&#233;, notamment la force de travail, la monnaie et notre environnement vital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, ce d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie politique, de la d&#233;mocratie sociale et de la d&#233;mocratie &#233;conomique ne pourra pas &#233;chapper &#224; une crise politique de l'Europe lib&#233;rale car les lib&#233;raux refusent, en toute connaissance de cause, de faire le moindre pas vers une construction f&#233;d&#233;rale d&#233;mocratique qui permettrait d'imposer au march&#233; unique la loi et tout ordre constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;veloppement territorial de la d&#233;mocratie, d'une part, et le march&#233; unique europ&#233;en affranchi de tout pouvoir d&#233;mocratique, d'autre part, sont deux logiques qui s'affrontent. L'incompatibilit&#233; entre l'ind&#233;pendance de la banque centrale europ&#233;enne et le choix de la d&#233;mocratie en rupture avec un pacte de stabilit&#233; d&#233;j&#224; bombard&#233; par la crise, cr&#233;era une crise politique dont l'issue devra &#234;tre d&#233;mocratique : l'&#233;lection d'une Constituante europ&#233;enne pour adopter une vraie constitution d&#233;mocratique pour l'Europe f&#233;d&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette issue ne sera probablement pas ouverte &#224; court terme. Mais la crise mondiale du capitalisme peut pr&#233;cipiter la crise politique de l'Europe lib&#233;rale. Les gauches europ&#233;ennes doivent s'y pr&#233;parer car avancer dans la voie du primat du droit en France c'est montrer la voie de la solution d&#233;mocratique dont le peuple europ&#233;en a besoin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que l'&#201;tat ne se m&#234;le pas de nos identit&#233;s mais que l'&#201;tat fasse respecter nos droits</title>
		<link>https://blogs.attac.org/commission-democratie/fondamentaux-de-la-democratie/article/que-l-etat-ne-se-mele-pas-de-nos-identites-mais-que-l-etat-fasse-respecter-nos-644</link>
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		<dc:date>2009-12-07T18:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Ruscassie</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mes identit&#233;s me permettent de trouver une place dans la soci&#233;t&#233; et de jouer les r&#244;les sociaux qui me conviennent parce que je m'y sens &#224; l'aise, parce que je les crois conformes &#224; qui je suis. Elles sont des sentiments que j'&#233;prouve. Elles me situent comme &#233;tant &#171; de gauche &#187;, comme &#233;tant un &#171; homme &#187;, un &#171; Fran&#231;ais &#187;. Je me reconnais aussi dans d'autres identifications qui concernent mes croyances, ma sexualit&#233;, mon mode de vie, etc, mais que je ne souhaite peut-&#234;tre pas d&#233;voiler (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-democratie/fondamentaux-de-la-democratie/" rel="directory"&gt;Fondamentaux de la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mes identit&#233;s me permettent de trouver une place dans la soci&#233;t&#233; et de jouer les r&#244;les sociaux qui me conviennent parce que je m'y sens &#224; l'aise, parce que je les crois conformes &#224; qui je suis. Elles sont des sentiments que j'&#233;prouve. Elles me situent comme &#233;tant &#171; de gauche &#187;, comme &#233;tant un &#171; homme &#187;, un &#171; Fran&#231;ais &#187;. Je me reconnais aussi dans d'autres identifications qui concernent mes croyances, ma sexualit&#233;, mon mode de vie, etc, mais que je ne souhaite peut-&#234;tre pas d&#233;voiler publiquement. Les identit&#233;s de chacun sont multiples, sentimentales, subjectives, plus ou moins fortes, parfois compl&#233;mentaires, parfois contradictoires, parfois affich&#233;es, parfois priv&#233;es. Certaines restent non d&#233;finies : je peux me sentir apatride, agnostique, dans l'entre-deux. Je peux me tromper sur moi. Je peux me cacher aux autres ou tenter de les tromper. &#199;a me regarde. &#199;a ne regarde pas les pouvoirs publics.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nos identit&#233;s sont des constructions sociales et personnelles&#8230; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous donnons un nom &#224; ces identit&#233;s (politiques, de genre, nationales, ath&#233;e ou religieuses, d'orientation sexuelle, etc.) pour indiquer les valeurs auxquelles elles se rapportent : les r&#233;f&#233;rences qui, consciemment ou inconsciemment, sont importantes pour chacun de nous, parfois fondatrices de chacun de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, parmi les valeurs attach&#233;es &#224; l'identit&#233; &#171; de gauche &#187;, on d&#233;cline g&#233;n&#233;ralement : d&#233;mocratie, libert&#233;, &#233;galit&#233;, solidarit&#233;, la&#239;cit&#233;, droits sociaux, f&#233;minisme, droits des peuples, internationalisme, altermondialisme, droits universels &#224; l'air, &#224; l'eau, au logement, &#224; la libert&#233; de circulation, d'installation, d'opinion, d'expression, d'organisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais se sentir &#171; de gauche &#187; n'exige pas d'&#234;tre cons&#233;quents avec toutes ces valeurs : celui qui, dans cette liste, pioche quelques &#233;l&#233;ments seulement, peut arriver &#224; la conclusion qu'il se sent &#171; de gauche &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour aboutir &#224; cette identification subjective, l'&#233;tendue de la s&#233;lection pioch&#233;e varie avec les individus, elle &#233;volue dans le temps. Il en est de m&#234;me de toutes les identit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Soumettre notre subjectivit&#233; au moule d'une objectivit&#233; ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette identification se r&#233;alise sous influence sociale, mais elle est propre &#224; chaque individu et l'attachement &#224; certaines valeurs reste une r&#233;f&#233;rence g&#233;n&#233;rale dont la traduction concr&#232;te varie, elle aussi, avec les individus. Untel se sent fran&#231;ais, entre autres raisons parce qu'il est attach&#233; &#224; certaines habitudes alimentaires et, pourtant, il n'aime pas le camembert. Il appr&#233;cie les sushis et, pourtant, il ne se sent pas du tout japonais. Adh&#233;rer aux valeurs de gauche ne signifie pas qu'on sache le d&#233;cliner en un programme concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, vouloir d&#233;finir l'identit&#233; de gauche ou l'identit&#233; fran&#231;aise par des crit&#232;res universels, serait mettre la subjectivit&#233; individuelle &#224; la torture. Ce serait la faire passer par le moule d'une objectivit&#233; en fixant, dans chaque cas, un degr&#233; d'attachement minimal &#224; une liste de valeurs exigibles sine qua non autant qu'&#224; une liste de pratiques pr&#233;-&#233;tablies. Cela proc&#233;derait d'une inquisition inacceptable. Ce proc&#233;d&#233;, acceptable pour des machines, ne l'est pas pour des humains qui ont droit au respect de leur intimit&#233; et m&#234;me au respect de leur ignorance, sans chantage ni culpabilisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pas d'ing&#233;rence antid&#233;mocratique dans nos identit&#233;s ! &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quel est donc l'objectif vis&#233; par le gouvernement pour vouloir ouvrir un d&#233;bat national autour d'une centaine de questions o&#249; l'&#171; immigration &#187; appara&#238;t pr&#233;senter un danger pour l'&#171; identit&#233; fran&#231;aise &#187; ? Qu'on en juge : &#171; Comment &#233;viter l'arriv&#233;e sur notre territoire d'&#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re, aux conditions de vie pr&#233;caires g&#233;n&#233;ratrices de d&#233;sordres divers (travail clandestin, d&#233;linquance) et entretenant, dans une partie de la population, la suspicion vis-&#224;-vis de l'ensemble des &#233;trangers ? &#187; (question programm&#233;e par la circulaire d'Eric Besson aux pr&#233;fets !). Autant de cynisme est stup&#233;fiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment &#171; &#233;viter &#187; l'arriv&#233;e d'&#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re ? Comment ne conna&#238;tre que des &#233;trangers en situation r&#233;guli&#232;re ? Mais il suffit de respecter le droit de circulation et d'installation : la situation de tous deviendra r&#233;guli&#232;re ! Mettre une population en situation irr&#233;guli&#232;re ou, au contraire, lui garantir une situation r&#233;guli&#232;re, r&#233;sulte d'un choix politique : soit on adapte le droit &#224; l'&#233;conomie, soit on adapte l'&#233;conomie au droit. Soit la d&#233;mocratie est soumise au march&#233;, soit le march&#233; est soumis &#224; la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'on ne nous dise pas que l'arriv&#233;e d'&#233;trangers augmente le ch&#244;mage, comme si l'accroissement de la population &#233;tait une cause de ch&#244;mage&#8230; Les nouveaux venus vont consommer et&#8230; travailler pour que la production s'adapte &#224; l'accroissement de la demande : comment les colonies de peuplement se sont-elles d&#233;velopp&#233;es ? Nous pouvons faire mieux : une &#233;conomie d&#233;mocratique, respectueuse des droits sociaux, permet de r&#233;guler et d'organiser l'arriv&#233;e des nouveaux venus pour qu'ils trouvent un logement, une &#233;cole et un emploi au lieu d'&#234;tre concentr&#233;s dans des camps. Pour qu'ils s'int&#232;grent au lieu d'&#234;tre expuls&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce d&#233;bat sur l'identit&#233; fran&#231;aise est un leurre !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas d'un d&#233;bat sur l'identit&#233; fran&#231;aise dont nous avons besoin, mais d'un d&#233;bat sur la citoyennet&#233; politique et sur la citoyennet&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de Sarkozy et Besson est de se montrer en d&#233;fenseurs d'une identit&#233; fran&#231;aise qui serait menac&#233;e par l'arriv&#233;e d'&#233;trangers, surtout d'&#233;trang&#232;res qui porteraient un foulard voire une burka (mais les religieuses qui porteraient une cornette sont souhait&#233;es). Ils comptent ainsi poursuivre le retour vers l'UMP des voix du Front National : unifier la droite autour des id&#233;es de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#233;j&#224; bien engag&#233; : expulsion des r&#233;sidents &#233;trangers, destruction des services publics, r&#233;duction de la Fonction publique, d&#233;mant&#232;lement du Code du travail&#8230; Bref, la droite veut abroger la citoyennet&#233; sociale construite, en France, au cours du XXe si&#232;cle, et veut revenir au XIXe. Elle construit sa communication sur la peur, la x&#233;nophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, abroger la citoyennet&#233; sociale fran&#231;aise au nom de l'enrichissement des actionnaires passerait mal aupr&#232;s des &#233;lecteurs et m&#234;me aupr&#232;s de ceux de droite (de quoi les faire basculer &#224; gauche). En revanche, abolir la s&#233;curit&#233; de l'emploi, maintenir un fort volant de ch&#244;mage, r&#233;duire la part des salaires dans la valeur ajout&#233;e, rejeter des salari&#233;s dans la clandestinit&#233; pour les exploiter davantage&#8230; toute cette politique qui s'attaque frontalement aux int&#233;r&#234;ts de 93 % de la population fran&#231;aise, ne peut r&#233;ussir que si elle est r&#233;alis&#233;e sous couvert de d&#233;fendre l'&#171; identit&#233; fran&#231;aise &#187; contre les &#233;trangers clandestins &#171; en situation irr&#233;guli&#232;re, aux conditions de vie pr&#233;caires g&#233;n&#233;ratrices de (&#8230;) d&#233;linquance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Toutes les valeurs ne se valent pas. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutes les valeurs identitaires ne se valent pas d'un point de vue d&#233;mocratique. Certaines valeurs, porteuses de pratiques non d&#233;mocratiques, doivent &#234;tre combattues par la bataille des id&#233;es. Tel est le cas des valeurs &#171; de droite &#187; : l'&#233;litisme lib&#233;ral ou bonapartiste, la pr&#233;f&#233;rence nationale, l'&#233;galit&#233; des chances et la charit&#233; pour les perdants. Elles s'opposent &#224; l'&#233;galit&#233; des droits individuels pour tous, &#224; la citoyennet&#233; et &#224; la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines pratiques, d&#233;coulant de valeurs antid&#233;mocratiques (patriarcat, machisme), mais qui ne peuvent pas &#234;tre &#233;radiqu&#233;es dans la sph&#232;re priv&#233;e, doivent &#234;tre r&#233;glement&#233;es dans la sph&#232;re publique. D'autres, jug&#233;es d&#233;gradantes ou irr&#233;m&#233;diables, doivent &#234;tre interdites, y compris dans la sph&#232;re priv&#233;e (infibulation, excision&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; nationale n'est pas &#224; l'abri de telles d&#233;rives : les nationalistes s'attachent d'autant plus facilement &#224; leur identit&#233; nationale qu'ils y associent la pr&#233;f&#233;rence nationale (valeur &#233;minemment antid&#233;mocratique) qui sert leur int&#233;r&#234;t personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de la pr&#233;f&#233;rence nationale (et de son corollaire la souverainet&#233; nationale) voudraient attribuer les droits (droits civiques et droits sociaux) &#224; ceuxl&#224; seuls qui partagent le m&#234;me sentiment national qu'eux : dans ce cas, la reconnaissance des droits n'ob&#233;irait pas &#224; des crit&#232;res objectifs. Il s'agirait donc d'attribuer des privil&#232;ges &#224; une communaut&#233; subjective en imposant une inquisition des consciences ou en prenant une d&#233;cision arbitraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, les partisans de la citoyennet&#233; (et de son corollaire la souverainet&#233; populaire) attribuent les droits au peuple : &#224; ceux qui peuplent le territoire o&#249; s'exerce la souverainet&#233;. L'attache au territoire est un crit&#232;re objectif...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Identit&#233;, &#233;tat et statut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[(L'identit&#233; nationale, c'est-&#224;-dire la nationalit&#233;, exprime l'attachement &#224; une culture qui se manifeste par des r&#233;f&#233;rences historiques (souvent mythifi&#233;es), par un mode de vie dans lequel la langue peut avoir un r&#244;le essentiel. Elle peut &#234;tre fond&#233;e sur des valeurs d&#233;mocratiques mais, comme toute identit&#233;, c'est une construction subjective. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il en est de m&#234;me pour l'identit&#233; de genre (f&#233;minine ou masculine) : &#171; On ne na&#238;t pas femme, on le devient &#187; disait Simone de Beauvoir. On ne na&#238;t pas h&#233;t&#233;rosexuel ou homosexuel, on le devient. On ne na&#238;t pas &#171; de gauche &#187;, on le devient : c'est cette construction qui d&#233;finit la &#171; gauche &#187; comme classe sociale subjective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat salarial, comme tout &#233;tat, est l'insertion dans un rapport social objectif : on loue sa force de travail contre un salaire. C'est ce rapport social qui d&#233;finit le &#171; salariat &#187; comme classe sociale objective. &lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me, par exemple, &#224; l'inverse du genre, le sexe est un &#233;tat objectif : il est d&#233;fini par un chromosome, on na&#238;t ainsi. Quant &#224; la &#171; transition &#187; d'un sexe &#224; un autre, elle ne modifie pas la formule chromosomique, elle est une mise en conformit&#233; de l'apparence physique avec le genre subjectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le statut salarial est une conqu&#234;te sociale qui permet d'accompagner le contrat salarial (de subordination du salari&#233;) d'un ensemble de droits : sans atteindre les garanties apport&#233;es par le statut des fonctionnaires, le Code du travail introduit de la d&#233;mocratie dans le march&#233; de la force de travail. La citoyennet&#233; politique est aussi un statut juridique objectif, fondateur de la d&#233;mocratie politique. Le d&#233;bat que la gauche doit ouvrir publiquement est celui de la citoyennet&#233; (politique et sociale). &lt;br class='autobr' /&gt;
)]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Droits ou int&#233;r&#234;ts ?</title>
		<link>https://blogs.attac.org/commission-democratie/fondamentaux-de-la-democratie/article/droits-ou-interets</link>
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		<dc:date>2006-01-04T17:59:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Ruscassie</dc:creator>



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&lt;p&gt;Nous ne devons pas tomber dans le pi&#232;ge de donner aux revendications sociales une r&#233;ponse politique en termes d'int&#233;r&#234;ts Il faut r&#233;pondre en termes d'universalit&#233; et donc d'&#233;galit&#233; des droits . &lt;br class='autobr' /&gt; Les questions politiques qui suscitent les mobilisations les plus massives ou les plus fr&#233;quentes sont les questions qui concernent directement les droits du plus grand nombre. Parmi ceux-ci, dans les pays europ&#233;ens et notamment en France, nous pouvons citer les droits des femmes, la la&#239;cit&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/commission-democratie/fondamentaux-de-la-democratie/" rel="directory"&gt;Fondamentaux de la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous ne devons pas tomber dans le pi&#232;ge de donner aux revendications sociales une r&#233;ponse politique en termes d'int&#233;r&#234;ts Il faut r&#233;pondre en termes d'universalit&#233; et donc d'&#233;galit&#233; des droits .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les questions politiques qui suscitent les mobilisations les plus massives ou les plus fr&#233;quentes sont les questions qui concernent directement les droits du plus grand nombre. Parmi ceux-ci, dans les pays europ&#233;ens et notamment en France, nous pouvons citer les droits des femmes, la la&#239;cit&#233; de l'&#233;cole (janvier 1991 : un million &#224; Paris) et, le plus fr&#233;quemment, les questions sociales. Celles-ci concernent les services publics, la s&#233;curit&#233; sociale, les retraites (un million et demi &#224; Paris en mai 2003) et les luttes, plus fragment&#233;es mais quotidiennes, contre les licenciements, pour les emplois et les salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la gauche r&#233;sulte essentiellement du refus de ses principaux dirigeants &#224; r&#233;pondre positivement, concr&#232;tement, &#224; ces questions sociales : ils d&#233;&#231;oivent les &#233;lecteurs de gauche sur des questions qui concernent les int&#233;r&#234;ts directs des neuf dixi&#232;mes de la population, c'est-&#224; -dire de tous les salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, dans la soci&#233;t&#233; capitaliste actuelle, il n'y a plus que trois classes sociales, d&#233;finies par leur place dans les rapports marchands capitalistes (leur place par rapport &#224; l'usage de la force de travail) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- les salari&#233;s (ou le prol&#233;tariat), qui vivent d'un revenu salarial en vendant leur force de travail et qui constituent 89 % de la population,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- les capitalistes (ou le patronat), qui ach&#232;tent la force de travail et vivent, essentiellement de revenus du capital, de revenus de placement,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- les travailleurs ind&#233;pendants (petits commer&#231;ants, artisans, paysans, professions lib&#233;rales), qui ne vendent pas et n'ach&#232;tent pas de force de travail (et sont souvent sous-traitants ou clients de monopoles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les salari&#233;s, il existe diff&#233;rentes couches (cadres, salari&#233;s qualifi&#233;s ou sous-qualifi&#233;s, ch&#244;meurs...), qui sont d&#233;finies par le degr&#233; de d&#233;possession de leur travail (les rapports entre ces couches portent sur la ma&#238;trise du travail) et non par leur niveau de revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vocable de &#034;classes moyennes&#034; a une fonction id&#233;ologique : celle de cacher l'unit&#233; d'int&#233;r&#234;ts du salariat pour tenter d'opposer ses couches entre elles, en cultivant la peur devant les couches les plus domin&#233;es, et pour cr&#233;er ainsi des divisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les salari&#233;s ont un int&#233;r&#234;t commun qui est plus important que les diff&#233;rences d'int&#233;r&#234;ts qui les s&#233;parent en diff&#233;rentes couches : le moteur de leur activit&#233; sociale et politique r&#233;side dans la d&#233;fense de cet int&#233;r&#234;t commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, nous ne devons pas tomber dans le pi&#232;ge de donner aux revendications sociales une r&#233;ponse politique en termes d'int&#233;r&#234;ts : ni au nom d'un int&#233;r&#234;t particulier propre &#224; une couche sociale minoritaire ou majoritaire (cette r&#233;ponse pourrait &#234;tre corporatiste, divisant le salariat), ni au nom d'un int&#233;r&#234;t commun ou g&#233;n&#233;ral (cette r&#233;ponse pourrait &#234;tre introuvable ou abusive). Nous devons r&#233;pondre en termes de droits d&#233;mocratiques, d'universalit&#233; des droits et donc d'&#233;galit&#233; des droits (voir ce que dit Marx dans les &#171; Manuscrits de 44 &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si nous r&#233;pondions en termes d'int&#233;r&#234;t commun, nous devrions d&#233;terminer la population de r&#233;f&#233;rence au sein du peuple (tout le salariat ? le salariat et les travailleurs ind&#233;pendants ? quelle population d&#233;finie selon des crit&#232;res objectifs et publics ? ou quelle communaut&#233; rassembl&#233;e par une identit&#233; subjective ?). Or, plus on r&#233;tr&#233;cirait cette population, plus on affaiblirait son rapport de forces, moins on remettrait en cause le d&#233;sordre &#233;tabli. Mais, plus on &#233;largirait cette population de r&#233;f&#233;rence, plus on r&#233;tr&#233;cirait l'int&#233;r&#234;t commun, plus on passerait &#224; c&#244;t&#233; de ce qui est essentiel, moins on serait capable de mobiliser et moins on remettrait en cause ce qui est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me l'int&#233;r&#234;t communautaire n'ouvrirait pas la voie &#224; l'&#233;galit&#233; des droits. Il opposerait les communaut&#233;s entre elles et favoriserait la guerre de tous contre tous. En outre, il irait &#224; l'encontre du principe d'attribution individuelle (et non collective) de droits, selon des crit&#232;res objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous r&#233;pondions en termes d'int&#233;r&#234;t majoritaire, nous devrions choisir parmi toutes les options qui permettent de constituer une population majoritaire. On pourrait ainsi passer tout &#224; fait &#224; c&#244;t&#233; de l'essentiel et, notamment, aller &#224; l'encontre d'int&#233;r&#234;ts essentiels d'une minorit&#233;, par abus de pouvoir de cette majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, si nous voulions r&#233;pondre en termes d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, nous devrions &#233;tendre &#224; tout le peuple la population &#224; prendre en compte. L'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral en serait d'autant plus r&#233;duit et l'essentiel (le choix entre l'int&#233;r&#234;t des salari&#233;s et celui des capitalistes) serait &#233;vacu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, pour cacher les contradictions d'int&#233;r&#234;ts, nous d&#233;finissions l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral non par r&#233;f&#233;rence &#224; une population concr&#232;te mais par r&#233;f&#233;rence &#224; une entit&#233; abstraite, la &#171; nation &#187; (avatar public et forme f&#233;tiche de la &#171; nationalit&#233; &#187; priv&#233;e), alors nous donnerions &#224; la &#171; nation &#187; la fonction d'une population universelle, nous adopterions la pr&#233;f&#233;rence nationale. Les nationalistes (de Pasqua &#224; Le Pen, qui se disent souvent r&#233;publicains ou souverainistes) identifient l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#224; une abstraction, l'int&#233;r&#234;t &#171; national &#187; : la souverainet&#233; nationale, de ceux qui se sentent vraiment des &#171; nationaux &#187; remplace la souverainet&#233; populaire, de tous les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les lib&#233;raux, l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral r&#233;sulte de la libre confrontation des int&#233;r&#234;ts particuliers : le moyen en est donc la &#171; libert&#233; &#187;, con&#231;ue comme absence d'obligations d'origine publique ou priv&#233;e, l'&#233;galit&#233; dispara&#238;t. Les bonapartistes confient la d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#224; un homme providentiel, qui a le sens de l'Etat ou de la nation. Les nationalistes consid&#232;rent que l'Etat-nation est la meilleure garantie de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ou de l'int&#233;r&#234;t national dominant. Les communautaristes consid&#232;rent l'autonomie culturelle comme la garantie des int&#233;r&#234;ts communs et con&#231;oivent, &#233;ventuellement, l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral comme r&#233;sultat d'une harmonisation &#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;tant convaincu que des int&#233;r&#234;ts particuliers inconciliables ne peuvent pas d&#233;boucher sur un quelconque int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, on comprend qu'il faut construire une r&#233;ponse g&#233;n&#233;rale qui va donner satisfaction &#224; certains int&#233;r&#234;ts mais pas &#224; d'autres. Pour que la r&#233;ponse soit g&#233;n&#233;rale, elle doit pouvoir &#234;tre la m&#234;me pour tous et supprimer les oppositions d'int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous devons formuler cette r&#233;ponse en termes d'universalit&#233; des droits et d'&#233;galit&#233; des droits et non en termes d'int&#233;r&#234;ts : elle fonde la conception r&#233;publicaine qui s'attache &#224; la d&#233;mocratie, &#224; la suppression de toute domination (voir &#171; Le r&#233;publicanisme &#187; de Philip Pettit). La conception r&#233;publicaine a pr&#233;sid&#233; &#224; l'&#232;re des r&#233;volutions d&#233;mocratiques, de la r&#233;volution hollandaise de 1580 &#224; la r&#233;volution fran&#231;aise et fut d&#233;velopp&#233;e par la filiation qui relie Machiavel, Montesquieu et Marx, selon lesquels les soci&#233;t&#233;s reposaient sur des conflits d'int&#233;r&#234;ts et non sur un contrat social. La conception lib&#233;rale, centr&#233;e sur la libert&#233; d'entreprendre et d&#233;veloppant les fictions du contrat social et de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, est devenue dominante au XIX&#176; si&#232;cle gr&#226;ce &#224; la puissance croissante de la bourgeoisie, pouss&#233;e par la r&#233;volution industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux conceptions lib&#233;rale, bonapartiste ou nationaliste, la conception r&#233;publicaine ne repose ni sur l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, la libert&#233; ou la nation, ni sur l'int&#233;r&#234;t communautaire, majoritaire ou minoritaire, mais sur la d&#233;mocratie, c'est-&#224; -dire la souverainet&#233; populaire, l'universalit&#233; et l'&#233;galit&#233; des droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet universalisme est une construction. Il r&#233;sulte de choix entre des int&#233;r&#234;ts particuliers, en ne retenant que ce qui peut s'exprimer en termes de droits universels. Chaque &#233;tape de cette construction fait l'objet d'un jugement politique pour garder la solution qui para&#238;t la plus conforme au crit&#232;re de l'universalit&#233; et donc de l'&#233;galit&#233;. Il s'agit d'une d&#233;marche empiriste, inductive : cette construction se renouvelle avec chaque nouvelle exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'un universalisme abstrait, qui d&#233;coulerait d'un dogme atemporel, comme si les droits pouvaient &#234;tre fix&#233;s une fois pour toutes, quels que soient les moyens n&#233;cessaires &#224; leur respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, nous devons construire nos r&#233;ponses politiques sur l'universalit&#233; et l'&#233;galit&#233; des droits, mais ni sur l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, ni sur l'int&#233;r&#234;t national, ni sur l'int&#233;r&#234;t communautaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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