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	<title>Les blogs d'Attac</title>
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	<description>Qui sommes-nous ? Fond&#233;e en 1998, suite &#224; la r&#233;daction d'un &#233;ditorial du Monde diplomatique : &#171; D&#233;sarmer les march&#233;s &#187; (d&#233;cembre 1997), Attac (Association pour la taxation des transactions financi&#232;res et pour l'action citoyenne) promeut et m&#232;ne des actions de tous ordres en vue de la reconqu&#234;te, par les citoyens, du pouvoir que la sph&#232;re financi&#232;re exerce sur tous les aspects de la vie politique, &#233;conomique, sociale et culturelle dans l'ensemble du monde.
Attac se revendique comme un mouvement d'&#233;ducation populaire tourn&#233; vers l'action, consid&#233;rant que le premier outil pour changer le monde est le savoir des citoyens. Attac produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Fin 2010, Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays, chaque organisation nationale &#233;tant autonome et devant simplement adh&#233;rer &#224; la plateforme internationale ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 170 comit&#233;s locaux.
L'association est dirig&#233;e par un conseil d'administration de 42 membres &#233;lus par les adh&#233;rents, et dispose de l'expertise d'un conseil scientifique de 110 membres.
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		<title>Bloquer les projets d'APE (accords de &#171; partenariat &#233;conomique &#187;) &#224; tous les niveaux</title>
		<link>https://blogs.attac.org/ape/article/bloquer-les-projets-d-ape-accords</link>
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		<dc:date>2014-12-16T11:46:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques Berthelot, Jean Gadrey</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Andrew Mold, analyste des &#233;conomies d'Afrique de l'Est aux Nations Unies, estimait r&#233;cemment que &#171; le libre &#233;change et les importations europ&#233;ennes vont mettre en danger les productions existantes en Afrique et interdire l'&#233;mergence d'activit&#233;s futures parce qu'elles seront expos&#233;es &#224; la concurrence europ&#233;enne &#187;.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://blogs.attac.org/ape/" rel="directory"&gt;Les Accords de partenariat &#233;conomique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://blogs.attac.org/IMG/pdf/5pagesapevf.pdf' class=&#034;spip_in&#034; type='application/pdf'&gt;Cliquez ici pour t&#233;l&#233;charger ce document au format PDF&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andrew Mold, analyste des &#233;conomies d'Afrique de l'Est aux Nations Unies, estimait r&#233;cemment que &#171; le libre &#233;change et les importations europ&#233;ennes vont mettre en danger les productions existantes en Afrique et interdire l'&#233;mergence d'activit&#233;s futures parce qu'elles seront expos&#233;es &#224; la concurrence europ&#233;enne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps le Commissaire aux affaires africaines du gouvernement d'Angela Merkel, G&#252;nter Nooke, d&#233;clarait dans un entretien du 4 novembre 2014 (&lt;a href=&#034;http://tinyurl.com/lchnkfe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://tinyurl.com/lchnkfe&lt;/a&gt;) &#224; la t&#233;l&#233;vision publique allemande ARD que les projets d'APE entre l'UE et l'Afrique, et plus g&#233;n&#233;ralement la zone ACP (Afrique/Cara&#239;bes/Pacifique), risquaient de &#171; d&#233;truire &#187; les politiques europ&#233;ennes en faveur de ce m&#234;me d&#233;veloppement. Pour l'instant, cette position n'est pas celle du gouvernement allemand, qui a &#339;uvr&#233; en faveur de ces accords tout comme son homologue fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la d&#233;put&#233;e europ&#233;enne Ska Keller, elle emploie cette image : &#171; les pays en d&#233;veloppement ont un revolver point&#233; sur leur poitrine : ou bien ils signent, ou bien on r&#233;duit leur acc&#232;s aux march&#233;s europ&#233;ens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un appel unitaire pour bloquer les APE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces prises de positions rejoignent celles de la soci&#233;t&#233; civile, de nombreux &#233;lus et personnalit&#233;s en Europe et dans les pays de la zone ACP. En juillet 2014, un appel a &#233;t&#233; lanc&#233; afin que tous les Parlement concern&#233;s, au Nord et au Sud, bloquent la ratification finale des projets en cours. Il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; tr&#232;s largement sign&#233; par de grandes ONG (liste abr&#233;g&#233;e en annexe 1) et des personnalit&#233;s connues. Il y est notamment &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avec ces accords, les pays africains ne pourront plus taxer la plupart des produits europ&#233;ens qu'ils importent, entra&#238;nant des pertes budg&#233;taires consid&#233;rables, alors que leur d&#233;veloppement requiert un renforcement des capacit&#233;s d'intervention publique. Ce que l'UE promet de leur verser comme contrepartie est un mirage : il n'y a rien de plus que les sommes habituelles du Fonds europ&#233;en de d&#233;veloppement &#8211; 4 euros par habitant et par an ! &#8211; qui est un financement des &#201;tats membres hors budget communautaire, plus le &#171; recyclage &#187; marginal d'autres fonds communautaires d&#233;j&#224; programm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production agricole et industrielle des pays africains se verra concurrenc&#233;e par l'importation de produits europ&#233;ens plus comp&#233;titifs, souvent largement subventionn&#233;s, compromettant leurs possibilit&#233;s de d&#233;veloppement et leur int&#233;gration r&#233;gionale. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut s'attendre &#224; ce que d'autres partenaires commerciaux des pays africains concern&#233;s (notamment les &#201;tats-Unis et les grands pays &#233;mergents) exigent de ces pays dans les ann&#233;es &#224; venir les m&#234;mes avantages commerciaux que ceux qu'ils ont accord&#233;s &#224; l'UE, menant &#224; une lib&#233;ralisation encore plus destructrice de leurs march&#233;s et &#224; une d&#233;pendance accrue vis-&#224;-vis des cours des march&#233;s mondiaux. Les cons&#233;quences pr&#233;visibles seront une amplification des cas de famines, de maladies et de manque de soins, et de plus fortes migrations de populations priv&#233;es d'avenir dans leur pays, alors que la population d'Afrique de l'Ouest devrait passer de 340 millions d'habitants en 2014 &#224; 807 millions en 2050, dans un contexte de r&#233;chauffement climatique accentu&#233; dans cette r&#233;gion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Oppositions africaines&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; civile d'Afrique subsaharienne (ASS) est vent debout contre ces projets depuis 13 ans. Parmi les signataires de l'appel pr&#233;c&#233;dent on trouve notamment le tr&#232;s important ROPPA (R&#233;seau des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles d'Afrique de l'Ouest). Les paysans et leurs familles (la population rurale) repr&#233;sentent 63 % de la population de l'ASS (Banque mondiale, donn&#233;es de 2013) et 57 % des actifs (Faostat, 2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici de courts extraits d'un long argumentaire d'un d&#233;put&#233; s&#233;n&#233;galais, Cheikhou Oumar, intitul&#233;e &#171; Pourquoi je voterai contre les Accords de Partenariat &#201;conomique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'APE ne contribuera pas au d&#233;veloppement des &#201;tats de l'Afrique de l'Ouest. Au contraire, il sapera les bases &#233;conomiques d&#233;j&#224; fragiles de la plupart des pays&#8230; et mettra en comp&#233;tition la premi&#232;re puissance commerciale du monde et les pays les moins avanc&#233;s (PMA)&#8230; Comment comprendre qu'une r&#233;gion compos&#233;e de 12 PMA sur 16 puisse s'engager dans un tel accord alors que tout indique que ces PMA perdront beaucoup sans rien gagner de nouveau ? [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Effectivement, les 12 PMA d'Afrique de l'Ouest ont tout &#224; perdre puisque, sans APE, ils continueraient &#224; b&#233;n&#233;ficier de l'acc&#232;s au march&#233; de l'UE sans droits de douane tout en pouvant continuer &#224; taxer leurs importations venant de l'UE en vertu de la D&#233;cision &#171; Tout sauf les armes &#187; de l'UE de 2001. Avec l'APE englobant les 15 Etats de la CEDEAO plus la Mauritanie ces 16 Etats seraient oblig&#233;s d'ouvrir progressivement leur march&#233; en 20 ans aux importations &#171; lib&#233;ralis&#233;es &#187;, qui repr&#233;senteraient alors 82 % des importations totales en provenance de l'UE.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les PMA pourraient alors perdre plus d'1 milliard d'euros par an de droits de douane. Des pertes d'autant plus absurdes que les droits de douane annuels que les exportateurs des quatre pays non-PMA devraient payer &#224; l'UE s'ils ne signaient pas l'APE seraient de seulement 150 millions d'euros (sur la base des &#233;changes en 2013). Il suffirait de mutualiser tous ces droits pour que tout le monde y gagne !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;] Les n&#233;gociateurs de l'Afrique de l'Ouest et les &#201;tats qui les ont encourag&#233;s se sont bas&#233;s sur des contrev&#233;rit&#233;s largement d&#233;menties par des &#233;tudes rigoureuses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;** Premi&#232;re contrev&#233;rit&#233; : l'APE va accroitre la comp&#233;titivit&#233; des entreprises s&#233;n&#233;galaises.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La comp&#233;titivit&#233; des entreprises s&#233;n&#233;galaises d&#233;pend des politiques d'incitation mises en place par l'&#201;tat et des co&#251;ts des facteurs de production comme l'&#233;lectricit&#233;, l'eau, le carburant, la main d'&#339;uvre, la terre, le capital, etc. Ceci rel&#232;ve plus des plans et des strat&#233;gies de l'&#201;tat que d'une quelconque ouverture au march&#233; europ&#233;en. Un pays qui peine &#224; fournir l'&#233;lectricit&#233; et l'eau convenablement &#224; ses populations peut-il objectivement &#234;tre comp&#233;titif ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'argument selon lequel la suppression des droits de douane sur les intrants et mati&#232;res premi&#232;res import&#233;es d'Europe est le meilleur moyen pour accro&#238;tre la comp&#233;titivit&#233; des entreprises s&#233;n&#233;galaises est aussi faux. Ce que l'APE peut faire dans ce domaine, le Tarif ext&#233;rieur r&#233;gional (TEC) que l'Afrique de l'Ouest vient tout juste d'adopter en 2013 peut aussi le faire. Et mieux ! Le TEC a inscrit &#224; taux 0 %, 5 % ou 10 % tous les biens interm&#233;diaires et les intrants indispensables aux industries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; est que l'UE qui est d&#233;j&#224; le premier fournisseur du S&#233;n&#233;gal avec 41 % des importations de notre pays devrait accroitre sa pr&#233;pond&#233;rance avec l'APE&#8230;. Ce d&#233;mant&#232;lement tarifaire en faveur des produits provenant de l'UE s'effectuerait au d&#233;triment des autres partenaires commerciaux du S&#233;n&#233;gal. Ce qui est en contradiction avec la politique actuelle du gouvernement consistant &#224; diversifier ses partenaires commerciaux et &#224; encourager le commerce Sud-Sud.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;** Deuxi&#232;me contrev&#233;rit&#233; : l'APE va renforcer l'int&#233;gration r&#233;gionale et offrir des possibilit&#233;s d'exportation suppl&#233;mentaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutes les &#233;tudes, y compris celles de la CEDEAO, aboutissent &#224; la conclusion selon laquelle l'APE aboutira &#224; un d&#233;tournement de commerce &#224; l'int&#233;rieur de l'Afrique de l'Ouest. Autrement dit, les pays de la r&#233;gion perdront leurs parts de march&#233; dans d'autres pays de la CEDEAO au profit de l'UE. Les produits europ&#233;ens lib&#233;ralis&#233;s et subventionn&#233;s, d&#233;sormais plus comp&#233;titifs, chasseront ceux du S&#233;n&#233;gal du Mali, ceux du Mali seront chass&#233;s du Burkina Faso, ceux du Ghana &#233;ject&#233;s du Nigeria, etc. Comment peut-on accepter une telle situation sans rien faire ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un TAFTA en pire pour l'Afrique&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les analogies sont fortes entre ces APE et les projets, plus connus en Europe, de Trait&#233; transatlantique (TAFTA), de CETA (avec le Canada) et de TISA (sur les services, c'est le retour de l'AGCS). Des diff&#233;rences existent, mais l'essentiel est semblable, ce qui ne devrait pas &#233;tonner ceux et celles qui savent que leurs promoteurs sont les m&#234;mes : les firmes multinationales, la finance, appuy&#233;es par des dirigeants politiques au Nord comme au Sud. Pour eux, les APE ne sont pas d'abord des accords &#171; Nord-Sud &#187; pas plus que le TAFTA n'est d'abord un combat de l'Europe contre les Etats-Unis. Dans tous les cas, c'est d'abord une guerre &#233;conomique contre les peuples, au Nord comme au Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les promoteurs de ces accords, en &#233;chec partiel &#224; l'OMC, ont adopt&#233; une strat&#233;gie prioritaire de multiplication d'accords bilat&#233;raux dans le monde. Mais ils savent que cette multiplication, si elle aboutissait, d&#233;boucherait sur le libre &#233;change mondial dont ils r&#234;vent depuis des d&#233;cennies. Ils savent que ces diff&#233;rents accords ont des impacts crois&#233;s, que si le TAFTA &#233;tait mis en &#339;uvre, cela influerait (dans le sens d'une lib&#233;ralisation accrue) sur les &#233;changes avec les pays du Sud, et r&#233;ciproquement au Nord si les APE se g&#233;n&#233;ralisaient. Jacques Berthelot a fort bien explicit&#233; par exemple les incidences tr&#232;s n&#233;gatives du TAFTA/CETA, s'il &#233;tait sign&#233;, dans la zone ACP (&lt;a href=&#034;http://tinyurl.com/q77jhzs&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://tinyurl.com/q77jhzs&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux dispositions pr&#233;vues dans les APE, elles sont le plus souvent semblables &#224; celles du TAFTA. Si on lit attentivement le projet d'APE avec l'Afrique de l'Ouest, qui a fuit&#233; en septembre 2014, on y trouve &#233;videmment une forte baisse des droits de douane et, comme le mentionne l'appel, cet engagement terrible, &#171; tafta&#239;en &#187; : &#171; les pays africains s'engagent &#224; ouvrir des n&#233;gociations avec l'UE six mois apr&#232;s la conclusion des APE en vue d'une lib&#233;ralisation encore plus pouss&#233;e de leurs &#233;conomies, int&#233;grant le secteur des services, les march&#233;s publics, les investissements, la propri&#233;t&#233; intellectuelle et la concurrence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet APE pr&#233;voit, comme le TAFTA, des &#171; instances de concertation &#187; charg&#233;es du suivi, dont un &#171; Comit&#233; sp&#233;cial en mati&#232;re douani&#232;re et de facilitation du commerce &#187; qui ressemble au funeste article 43 du mandat pour le TAFTA. Et s'il est vrai qu'il n'y a pas en apparence de m&#233;canisme de r&#232;glement des diff&#233;rends investisseurs/Etats, ce n'est qu'une apparence car on y trouve un m&#233;canisme de r&#232;glement des diff&#233;rends &#171; entre les parties &#187;, en tous points semblable (trois juges priv&#233;s, etc.). Ici, les parties seraient l'UE et les &#201;tats africains, mais il est clair que si une multinationale &#224; base europ&#233;enne s'estimait l&#233;s&#233;e, elle saisirait l'UE, laquelle mettrait en branle ce m&#233;canisme priv&#233; s'imposant aux &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les dispositions des APE et du TAFTA sont proches, l'actuelle situation de domination n&#233;ocoloniale de nombre de pays ACP, ainsi que les in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques gigantesques entre ces deux ensembles, rend les APE potentiellement plus destructeurs encore pour les peuples du Sud et pour leur environnement. Pour avoir une id&#233;e de l'in&#233;galit&#233; &#233;conomique extr&#234;me entre l'UE et l'Afrique Sub-Saharienne (ASS), un seul chiffre suffit : Le PIB par habitant de l'ASS est de 1.615 $ en 2013 contre 34.290 $ dans l'UE, soit 21 fois plus !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8230; Mais non moins nocif en Europe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On aurait tort de ne voir dans ces APE que des mauvais coups pour le peuples de la zone ACP, ce qui est vrai par ailleurs. Mais ce n'est pas SEULEMENT par solidarit&#233; avec les victimes les plus nombreuses et souvent les plus faibles, au Sud, qu'il faut les bloquer. Car les d&#233;g&#226;ts que le TAFTA peut faire aux peuples d'Europe, &#224; leur soci&#233;t&#233;, &#224; leur environnement, et m&#234;me &#224; leur &#233;conomie, ou plus g&#233;n&#233;ralement &#224; des biens communs mondiaux comme le climat, ces APE n&#233;ocoloniaux les feraient aussi dans certains domaines essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils constitueraient, en Europe, un encouragement &#224; l'agriculture productiviste, pollueuse, destructrice d'emplois, &#171; tourn&#233;e vers l'exportation &#187;, au d&#233;triment de la n&#233;cessaire transition vers l'agro-&#233;cologie et vers la souveraient&#233; alimentaire. Ils favoriseraient pour les m&#234;mes raisons certains secteurs industriels non moins productivistes, exportateurs de biens de pi&#232;tre qualit&#233;, au d&#233;triment de politiques de transition industrielle &#233;cologique et de relocalisation. Ils multiplieraient les transports de marchandise sur de longues distances et les &#233;missions correspondantes de gaz &#224; effet de serre. En organisant &#171; librement &#187; le pillage des ressources du sous-sol et des &#233;nergies fossiles en Afrique, ils joueraient contre la transition &#233;nerg&#233;tique et mat&#233;rielle en Europe, contre la sobri&#233;t&#233; et l'efficacit&#233;, contre le climat, en prolongeant la p&#233;riode de recours d&#233;raisonnable aux &#233;nergies fossiles et aux minerais au lieu d'innover dans des modes de production et de consommation alternatifs peu carbon&#233;s et &#224; faibles &#171; bilans mati&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, sur le strict plan de l'&#233;conomie europ&#233;enne, ces accords ne seraient pas un cadeau pour le tissu essentiel des PME car, m&#234;me si &#224; court terme ils favorisent la minorit&#233; d'entre elles qui est tourn&#233;e vers l'exportation de biens &#224; faible valeur ajout&#233;e, ils freineront fortement l'&#233;mergence d'une demande de produits et services de qualit&#233; par les pays africains, d&#232;s lors que ces derniers ne se verraient pas reconnu le droit &#224; la souverainet&#233; alimentaire et &#224; la protection de leurs industries naissantes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Prot&#233;ger l'agriculture au Sud : vers la souverainet&#233; alimentaire &#224; terme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est indispensable de promouvoir dans les pays ACP la production agricole destin&#233;e &#224; l'alimentation plus qu'&#224; l'exportation et de compter pour cela d'abord sur l'autofinancement des agriculteurs gr&#226;ce &#224; des prix r&#233;mun&#233;rateurs et stables assur&#233;s par une protection efficace &#224; l'importation, dans un contexte de forte volatilit&#233; des prix mondiaux et des taux de change. A charge pour les pouvoirs publics et l'aide ext&#233;rieure de financer infrastructures et recherche-d&#233;veloppement. Le libre-&#233;change est ici un crime &#233;conomique et social, alors que, par exemple, le d&#233;ficit alimentaire de l'Afrique de l'Ouest a vivement progress&#233; depuis 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l'Afrique de l'Est (K&#233;nya, Burundi, Rwanda, Ouganda et Tanzanie) est r&#233;v&#233;latrice du r&#244;le essentiel d'une protection efficace pour r&#233;duire la d&#233;pendance alimentaire : gr&#226;ce &#224; des droits de douane tr&#232;s sup&#233;rieurs en Afrique de l'Est, cette r&#233;gion est devenue exportatrice nette de produits laitiers alors qu'elle &#233;tait d&#233;ficitaire en 2000. Dans le m&#234;me temps, l'Afrique de l'Ouest voyait son d&#233;ficit tripler. Il en va de m&#234;me pour les viandes. R&#233;sultat : la part des importations dans la consommation r&#233;gionale n'est en 2011 que de 1,1 % en Afrique de l'Est pour les produits laitiers et de 0,3 % pour les viandes contre respectivement 31,5 % et 11,5 % en Afrique de l'Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Prot&#233;ger les industries naissantes et les services publics&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est vrai de l'agriculture, grand enjeu d'avenir, l'est &#233;galement des industries et des services publics. Tous les pays industrialis&#233;s et les pays &#233;mergents ont construit leurs &#233;conomies et leurs capacit&#233;s exportatrices d'une part sur une forte protection tarifaire vis-&#224;-vis des importations en provenance de pays &#224; plus hauts niveaux de productivit&#233;, d'autre part sur la mise en place de services publics de d&#233;veloppement humain et d'infrastructures publiques &#233;galement prot&#233;g&#233;s. Ces APE ne sont rien d'autre que la n&#233;gation d'un droit au d&#233;veloppement &#233;conomique et humain de r&#233;gions enti&#232;res dont les peuples aspirent &#224; une meilleure coordination ou int&#233;gration r&#233;gionale afin de reprendre en main un d&#233;veloppement beaucoup plus &#171; endog&#232;ne &#187;, dont fait partie la souverainet&#233; alimentaire, &#224; l'oppos&#233; des pressions ext&#233;rieures qui les poussent &#224; privil&#233;gier des &#233;conomies &#171; tourn&#233;es vers l'exportation et l'importation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ancien gouverneur de la Banque centrale du Nig&#233;ria, le professeur Chukwuma Charles Soludo, d&#233;clarait le 19 mars 2012 que l'APE Afrique de l'Ouest serait un &#171; second esclavage &#187;. Une appr&#233;ciation proche de celle du rapport de Jean-Claude Lefort adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; de la commission internationale de l'Assembl&#233;e nationale le 5 juillet 2006 : &#171; &lt;i&gt;Si la Commission persiste, l'Europe commettra une erreur politique, tactique, &#233;conomique et g&#233;ostrat&#233;gique&#8230; Pouvons-nous vraiment prendre la responsabilit&#233; de conduire l'Afrique, qui abritera, dans quelques ann&#233;es, le plus grand nombre de personnes vivant avec moins de un dollar par jour, vers davantage de chaos, sous couvert de respecter les r&#232;gles de l'OMC ?&lt;/i&gt; &#187; et de celui du rapport de Christiane Taubira du 16 juin 2008 au Pr&#233;sident de la R&#233;publique : &#171; &lt;i&gt;Des r&#232;gles qui d&#233;truisent des &#233;conomies et d&#233;sesp&#232;rent des hommes sont-elles immuables ?&#8230; L'Europe se sent-elle invuln&#233;rable au point de s'affranchir d'alliances fond&#233;es sur des liens historiques, culturels, linguistiques, et les proximit&#233;s qui en sont issues ?&#8230; Il n'y a pas d'exemple d'ouverture de march&#233; qui ait conduit au d&#233;veloppement&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interpellation de Mamadou Cissokho, pr&#233;sident honoraire du ROPPA (R&#233;seau des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles d'Afrique de l'Ouest) lors de l'assembl&#233;e pl&#233;ni&#232;re du Forum public de l'OMC du 2 octobre 2014 consacr&#233;e &#224; &#171; Commerce et Afrique &#187; lui fait &#233;cho : &#171; &lt;i&gt;Tous les pays qui se sont d&#233;velopp&#233;s ont commenc&#233; par cr&#233;er les conditions pour le faire en se prot&#233;geant et ce n'est qu'apr&#232;s qu'ils se sont ouverts aux autres. On ne peut demander aujourd'hui &#224; l'Afrique d'&#234;tre le premier exemple qui montrera que c'est en s'ouvrant d'abord au commerce qu'elle va se d&#233;velopper&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;lecteurpdf613&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Annexe : s&#233;lection de signatures de l'appel&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Organisations de la soci&#233;t&#233; civile&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Forum social s&#233;n&#233;galais&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Panafricaine pour l'Education au D&#233;veloppement durable&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Organisation des Jeunesses Panafricanistes&lt;/li&gt;&lt;li&gt; CADTM Afrique&lt;/li&gt;&lt;li&gt; CADTM France&lt;/li&gt;&lt;li&gt; CADTM Belgique&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Elevages sans fronti&#232;res&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mouvement Utopia&lt;/li&gt;&lt;li&gt; S.O.S. Faim Belgique&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sortir du colonialisme&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Relocalisons&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Attac France&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Attac Gabon&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Attac Togo&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Attac Allemagne&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Attac Autriche&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les Amis de la terre France&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Coordination Rurale&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Solidarit&#233; socialiste (Belgique)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; SOS Faim Luxembourg&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Inter-Collectif Afrique (ICA)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Femmes en r&#233;sistance&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Survie (France)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Union syndicale Solidaires&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Fondation Copernic&lt;/li&gt;&lt;li&gt; The Fellowship of Christian Councils and Churches in West Africa (FECCIWA)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peuples Solidaires - ActionAid France&lt;/li&gt;&lt;li&gt; ROPPA (R&#233;seau des organisations paysannes et de producteurs de l'Afrique de l'Ouest)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Coordination SUD&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Artisans du monde&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Conf&#233;d&#233;ration paysanne&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Coordination europ&#233;enne Via Campesina (ECVC)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; CGT (Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; SOLAGRO&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Amis de la Terre Finlande&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Elu-e-s et responsables politiques&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Martine Billard, ancienne d&#233;put&#233;e, copr&#233;sidente du Parti de Gauche&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean-Luc M&#233;lenchon, d&#233;put&#233; europ&#233;en, copr&#233;sident du Parti de Gauche&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Eva Joly, eurod&#233;put&#233;e&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Yannick Jadot, eurod&#233;put&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jos&#233; Bov&#233;, eurod&#233;put&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Isabelle Attard, d&#233;put&#233;e, co-pr&#233;sidente de Nouvelle Donne&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pierre Larrouturou, co-pr&#233;sident de Nouvelle Donne&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ir&#233;n&#233;e Nissao NAPO, Pr&#233;sident de la F&#233;PEV-RAO (F&#233;d&#233;ration des Partis Verts et Ecologistes - R&#233;gion Afrique de l'Ouest)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Philippe Lamberts, eurod&#233;put&#233; belge&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**Personnalit&#233;s du monde associatif, de la recherche, des m&#233;dias, de la culture, etc.&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Susan George (Transnational Institute, pr&#233;sidente d'honneur d'Attac)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Eric Toussaint (pr&#233;sident du CADTM Belgique)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Nicolas Sersiron (pr&#233;sident du CADTM France)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Gus Massiah, membre du Conseil International du Forum Social Mondial (repr&#233;sentant du CRID)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Raoul-Marc Jennar, chercheur&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jacques G&#233;n&#233;reux, Professeur &#224; Sciences Po Paris&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Yves Le Bars, Pr&#233;sident du CFSI&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean Merckaert, Directeur de la revue Projet&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pierre Rahbi, agriculteur et &#233;crivain&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mireille Fanon-Mendes-France&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Nils Andersson, &#233;diteur&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Michel Peyret, ancien d&#233;put&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean Fabre, ancien Directeur adjoint du PNUD &#224; Gen&#232;ve&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Marc Dufumier, Professeur &#233;m&#233;rite, AgroParisTech&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pierre Khalfa, copr&#233;sident de la Fondation Copernic&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Djibo Bagna, Pr&#233;sident du ROPPA&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Maurice Oudet, congr&#233;gation des Missionnaires d'Afrique&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean Ziegler, ancien rapporteur sp&#233;cial des Nations Unies pour le droit &#224; l'alimentation&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Olivier de Schutter, ancien rapporteur sp&#233;cial des Nations Unies pour le droit &#224; l'alimentation&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dominique M&#233;da, Professeur de sociologie&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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